Merci à pyreneprincesse de suivre cette fic :)

Chapitre 2

Le temps passa et Charlotte revit Thomas.

Promu major de son année, il avait immédiatement été engagé, un exploit.

Mais il n'était pas comme tout le monde, la jeune fille le sentait.

Il semblait toujours en proie à une douleur sourde, une douleur interne.

Mais il ne disait rien.

Il l'écoutait raconter mille et une anecdotes, un petit sourire aux lèvres.

Et quand elle lui demandait pourquoi, il lui répondait toujours :

« Je préfère t'écouter. Je n'ai rien à te dire. »

Mais les zones d'ombres étaient trop importantes et face au mutisme de Thomas, Charlotte en eut marre.

Les disputes commencèrent sur fond d'examens, de barbecue ou de sortie.

Ils étaient en couple, oui.

Il l'aimait, il le lui avait révélé, un soir de pleine lune.

Et elle ne pouvait pas imaginer une vie sans le voir tous les jours.

Mais était-ce suffisant ?

La gorge nouée et les larmes aux yeux, Charlotte déclara :

« Thomas, je... je crois qu'il vaut mieux qu'on... »

« Non. »

« Quoi ? »

« Non. »

« Mais si ! Ce sera mieux pour nous deux et... »

Il se leva, la rejoignant.

Il prit son visage entre ses mains, lui révélant :

« Je ne peux pas vivre sans toi, Cha'. »

« Mais... tu ne me dis rien, jamais rien, Tom. »

Il soupira et elle se dégagea, allant se poster à la fenêtre.

Elle l'aimait, oui, à en crever.

Mais elle n'avait que vingt ans.

Et à vingt ans, est-on sérieux ?

Oo*oO

Il y avait six mois qu'il était parti.

Six mois où elle oscillait entre désespoir intégral et crises de larmes.

Ses parents avaient beau lui dire que sa douleur s'estomperait avec le temps, qu'elle finirait par l'oublier, elle n'y arrivait pas.

Elle n'arrivait pas à oublier ce regard brun si profond où se mêlaient douleur, solitude et... espoir.

Elle lui avait redonné espoir, oui.

Mais il était parti, comme ça, sans un mot.

Alors peut-être que...

« Charlotte ? »

Elle sursauta, tournant la tête.

Face à elle, barbu à faire peur, Thomas.

Elle le dévisagea sans vraiment y croire, sentant son cœur se serrer dans sa poitrine, et elle balbutia :

« Tho... Thomas ? Mais... qu'est-ce que... »

« Je rentre de mission. »

« De mission ? »

Elle remarqua alors l'uniforme, entièrement noir.

« Tu... »

« Je suis entré dans les Forces Spéciales. »

« Mais... »

« La police n'était pas... suffisante. »

Elle hocha la tête, ne sachant pas quoi dire.

Et puis, de toute façon, que dire ?

Il semblait heureux et...

« Je t'aime, Charlotte. »

Elle écarquilla les yeux, ne s'attendant pas à une révélation de la sorte.

Surtout pas après six mois de silence radio intégral.

Elle secoua la tête, reniflant :

« N... non. Tu... tu ne peux pas... me faire ça. »

« Non, je sais. »

« Tu... t'es parti. »

Il acquiesça, la mâchoire crispée.

« Je sais. »

« Pourquoi ? »

« Je... je devais... régler certaines choses. »

« Et... maintenant ? »

« Si tu... »

« Charlotte ? »

Tous deux tournèrent la tête vers le jeune homme qui venait de les interrompre et Charlotte vit les yeux de Thomas s'assombrir, devenant presque noirs.

Il grogna :

« Tous mes vœux de bonheur. »

« Non ! Thomas, attends ! Ce n'est pas du tout ce que tu crois ! »

Mais il ne l'écouta pas, continuant sa route.

Toutefois, une main petite et blanche se posa sur son bras, l'empêchant de continuer.

En soupirant, il se retourna, faisant face à Charlotte.

Ses yeux gris brillant de larmes, elle chuchota :

« Ce n'est pas du tout ce que tu crois. »

« Alors qui c'est, ce type ? »

« Le copain de Saskia. »

Il la dévisagea, soupçonneux, et elle rit, petit son tremblotant de larmes.

« Je te le jure. »

« ... »

« Thomas ? »

Il ne répondit pas.

Enlaçant leurs doigts, il colla leurs deux fronts, déclarant :

« Je veux vivre avec toi, Charlotte. »

« D'accord. »

« Mais ? »

« Mais tu dois me raconter, Thomas. Tout. »

Il acquiesça en soupirant, sachant qu'il lui devait bien ça, et elle sourit, les joues toujours baignées de larmes.

« Tu m'embrasses ? »

Oo*oO

Sans un mot, Thomas l'avait amenée dans un cimetière.

Là, il l'avait conduite à une tombe.

Pas besoin de parole, l'inscription était on ne peut plus claire.

« Marianne Rocher : 01-04-1944 / 05-06-1998. Fille, épouse et mère exemplaire. Que son âme repose en paix. »

« Alors c'était pour ça que... tu ne voulais pas me parler. »

« Elle était à l'hôpital et... »

« Je suis vraiment désolée, Thomas. »

Il haussa les épaules, détournant le regard.

Mais Charlotte l'obligea à la regarder, lui disant :

« C'est normal d'avoir de la peine, Thomas. »

« Ça va, j'ai... »

« Accepté sa mort ? »

Il serra la mâchoire et baissa les yeux, prenant sa main dans la sienne.

« Si je ne te disais rien, c'était parce que... je n'avais plus de famille. Mes parents... ne s'aimaient plus mais... mon père refusait le divorce. Alors... »

« Ils faisaient semblant. »

« Hhh. Mon père a fini par... partir et c'est moi qui... »

Elle ne le laissa pas terminer, collant ses lèvres aux siennes.

Il posa ses mains sur sa taille et elle enroula ses bras autours de son cou.

En manque d'air, elle finit par se reculer après un moment, collant leurs deux fronts l'un à l'autre.

Elle murmura :

« Promets-moi une chose, Thomas. »

« Quoi ? »

« Promets-moi qu'on se parlera toujours, quoi qu'il se passe. »

« Je te le promets. »


Bonus chapitre 3 :

* « Mais toi, tu voudrais ? »

« Devenir sa femme ? Oui. Toutes les petites filles rêvent d'un mariage de princesse, non ? »

* Elle baissa la tête vers la main de Thomas, posée sur sa taille, et elle l'imagina avec une alliance.

Non, ce n'était pas de la science-fiction, tout compte fait.