Disclaimer : Infinite Undiscovery ne m'appartient pas, je refuse d'être responsable de l'existence d'Aya.
Note de l'auteur : Ce texte a été rédigé dans le cadre de la 78ème nuit du FoF, il fallait écrire sur le thème Princesse en moins d'une heure. Il n'a pas été bêta-readé, je m'excuse donc d'avance pour les coquilles qui doit traîner.
Timeline : Entre Sapran et Fayel, pas de spoilers à proprement parler...
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Tribulation au clair de lune
De l'utilité d'une princesse
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Eugene était le mieux placé pour savoir que Sigmund pouvait parfois se comporter de façon étrange (pour ne pas dire immature) et de prendre des décisions improbables. Il en avait fait les frais bien trop de fois pour pouvoir les compter, mais il ne put s'empêcher de penser que son ami venait de perdre la tête.
Même si elle s'était évertuée à le cacher, ils savaient tous deux qui était Aya et Eugene n'était pas sûr d'avoir envie de mettre les pieds à Fayel en l'absence de la jeune femme. Sigmund avait beau être le Libérateur, celui qui brisait les chaînes et donnait de tout son être pour sauver le monde, la Force ne recevait pas pour autant un soutien unanime. (Dans l'absolu, Sigmund n'avait pas besoin du soutien de toutes les nations pour continuer leur mission, mais Eugene n'avait pas vraiment envie d'être à nouveau le seul compagnon du jeune Lord.)
- Sigmund, soupira une nouvelle fois le mage, j'ai bien vu moi aussi que Aya avait été profondément perturbée par ce qui est arrivé à Sapran et à ces pauvres gens, mais on ne peut pas se présenter devant l'Emir Sharuk en lui expliquant que nous avons laissé sa fille en arrière pour être sûr que ton sosie sorti de nulle part reviendra. Par Veros, Siggy, tu as conscience que tu nous mets dans une situation impossible ?
Bien sûr, Sigmund ne répondit rien. Il savait déjà tout cela mais Eugene se sentait obligé de lui dire à voix haute, juste au cas où. C'était d'ailleurs pour cela qu'il ne lui accorda qu'un regard rapide avant de se tourner vers les autres et Lord Sigmund, le Libérateur et leader de la Force Libératrice, était de retour.
Il n'y avait qu'Eugene pour voir que Sigmund n'était pas toujours le héros que les gens voyaient en lui. Personne n'aurait pu soupçonner en lui le petit garçon bizarre et insupportable qu'il avait été et qui ne s'était vraiment pas arrangé en grandissant. (Même Lord Touma, qui avait grandi avec eux, n'avait pas cru Eugene quand celui-ci avait déclaré qu'il arrivait à Sigmund de lui tirer la langue.) Il y avait aussi Genma, mais ce n'était pas pareil. Genma était à la tête des Chuchoteurs de la Nuit, il n'était pas un membre de la Force et, contrairement aux apparences, Sigmund n'avait aucune autorité sur lui. (Genma était juste très patient.)
Mais Sigmund était avant tout son ami et c'était aussi parce qu'il le considérait comme un frère qu'il n'insista pas et se mit en marche en essayant de mettre ses inquiétudes de côté pour le moment.
Cela ne marcha pas vraiment.
Il comprenait quel pouvait être le raisonnement de Sigmund. Aya avait été profondément affectée sur ce qui était arrivé sur ses terres, elle se sentait responsable de ces gens et il était évident qu'elle voulait faire quelque chose pour eux. Capell n'avait été que l'excuse parfaite pour elle car, malgré son statut, elle n'aurait jamais osé défier l'autorité de Sigmund. Eugene avait beaucoup de respect pour la princesse de Fayel. Elle était encore jeune, pouvait agir de façon irréfléchie et il lui restait encore beaucoup à apprendre mais elle était déjà une femme forte et, maintenant qu'elle était complètement guérie, il n'y avait pas vraiment de quoi s'inquiéter pour elle. Et c'était bien là le problème, ce n'était pas pour Aya que Sigmund était inquiet.
Sigmund était inquiet pour Capell. Pire, il était de mauvaise humeur à l'idée que le jeune musicien soit parti.
L'existence de Capell avait été une véritable surprise. Ils se ressemblaient tellement que cela était difficile de concevoir que cela ne pouvait être qu'un simple hasard. Eugene avait pensé que Sigmund avait juste été Sigmund et qu'il avait joué de son charisme pour impressionner le pauvre garçon afin qu'il s'occupe d'Aya sans lui laisser le choix et le temps d'y réfléchir. Après tout, Sigmund faisait ça avec tout le monde et quand il avait une idée en tête, rien ni personne ne pouvait l'arrêter. Tout ce qu'on pouvait y gagner, c'était un Grinn Valesti. Et il fallait être fou pour tenter d'y survivre quand on voyait dans quel état finissait souvent ses ennemis.
Sigmund lui avait affirmé qu'il ne savait pas qui était Capell, et Eugene savait que son ami lui avait dit la vérité quand il lui avait posé la question la première fois. Cependant, au fil du temps, Eugene ne pouvait s'empêcher de penser que quelque chose avait changé, que quelque chose clochait. Ce n'était pas Capell, Capell restait un mystère absolu d'autant plus qu'il semblait débarquer de nulle part, mais c'était Sigmund qui se comportait de façon de plus en plus curieuse.
Il ne laissait jamais le flûtiste s'éloigner de lui, gardant constamment un oeil sur lui et ce n'était pas par méfiance qu'il le faisait. Capell ne représentait absolument aucun danger, il était redoutable avec une épée en main mais ce n'était que pour se défendre en cas d'absolue nécessité et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il s'était révélé capable de briser les chaînes lui aussi. Non, c'était juste que Sigmund n'avait plus d'yeux que pour Capell. Il veillait sur lui avec une bienveillance troublante, Capell avait l'air troublé et presque traumatisé à chaque fois que Sigmund lui parlait en privé et son style de combat était devenu plus agressif, moins prudent depuis qu'il était dans les parages.
Cela n'avait été que des doutes, que le mage avait essayé de mettre de côté afin de se concentrer pleinement sur leur mission mais la vérité l'avait frappé et il ne pouvait plus l'ignorer.
Capell était devenu important pour Sigmund. Pire, il semblait lui être devenu indispensable.
Peut-être que Sigmund n'avait eu aucun égard pour la vie de la princesse en lui ordonnant de ramener Capell, peut-être que Sigmund était capable d'un tel sacrifice pour un seul garçon.
Mais dans ce cas, de quels autres sacrifices Sigmund serait-il capable ?
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Je voulais faire un truc drôle et, finalement, je me retrouve encore avec un OVNI.
