Chapitre 2 : 2ème jour.
Secret
Tell me what you want to hear
Something that will light those ears
Sick of all the insincere
So I'm gonna give all my secrets away
This time don't need another perfect lie
Don't care if critics ever jump in line
I'm gonna give all my secrets away
One Republic - Secrets
7h30.
Harry faisait tournoyer encore et encore sa cuillère dans son jus. Cela n'avait aucune utilité autre que de le détendre lui. Il n'écoutait plus personne. Ron,à sa droite, avait plus le sourire que hier. Il avait tenté maintes et maintes fois de lui dire que ce qu'il pensait était faux sans grand succès. Au contraire, cet imbécile pensait le rassurer. Le brun avait finalement laissé tomber. Qu'il pensait ce qu'il voulait. Il ne lui lâcherait pas son secret de toute façon. Cela lui donna une idée. Il savait ce qu'il devait faire, ce qu'il ferait aujourd'hui.
Ce serait sa priorité.
Il attendit sagement que les gens partent un par un. Puis Hermione embrassa son petit ami, salua tous les autres et s'enfuit à son cours. Ron se tourna vers lui et il lui sourit. Ils se levèrent et le brun fit ralentir le roux pour que tous les autres prennent de l'avance. Son cœur se mit à battre étrangement vite, ce qu'il allait demander était osé et n'arrangerait pas son cas, mais il serait vite fixé.
- Dis-moi, Ron. Est-ce que tu as un secret ?
Le roux fronça les sourcils sans comprendre. Alors Harry l'encouragea :
- Je t'ai dis mon plus grand secret… alors… Je me suis dit que peut-être… Tu me dirais le tien.
Harry prit un air ravagé. Un mélange entre la quémande d'un chiot et la tristesse d'un enfant de six ans. Il joua un peu plus en reniflant, prêt à fondre en larmes. Ron écarquilla les yeux et se recula un peu, pris au dépourvu. Il se gratta la tempe, cherchant dans sa mémoire.
- D'accord, d'accord. Ecoute je sais que faire ton coming-out n'était surement pas prévu… Et je suis désolé d'avoir vendu la mèche à Ginny… Je ne pensais pas qu'elle le dirait à tout le monde… Mais…
Harry se mordit la lèvre alors que ses yeux s'embuaient. L'espace d'un instant, il se trouva horrible de jouer ainsi avec ses sentiments. Mais il fallait qu'il sache. Après tout, c'était son meilleur ami. Il n'avait rien à se cacher normalement. Le brun sentit que son cœur s'arrêta. Il se tint le haut de sa robe de sorcier, et cela ne rajouta que plus de dramatisme à la scène. Le roux craqua. Il se pencha vers lui et murmura contre son oreille :
- Ne le dis à personne… mais j'ai trompé Hermione.
Harry fut choqué. Son cœur repartit immédiatement, l'aiguille de son horloge fit quelques tours en trop, comme si on l'avait tendu avant de la lâcher.
- Quand ? Demanda-t-il sur le même ton.
- Il y a deux ou trois mois… Avec une Serdaigle… Mais… Ne m'en veux pas, Harry… Elle est tellement… Tu sais… La scolarité avant tout. Et du coup… Mon instinct primaire à la con.
Il se dandinait d'un pied sur l'autre, pris en faute. Il n'osait même plus croiser son regard. Harry hocha la tête avant de sourire.
- Je sais… Ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. C'est bien que l'on puisse tout se dire.
Il tapota son épaule alors que le rouquin sembla soudainement plus tranquille. Harry sourit, il savait combien cela faisait du bien de dire la vérité à quelqu'un. Même si lui son confident était l'homme le plus agaçant du monde, le plus égoïste et immature aussi… Alors qu'il raccompagnait Ron à leur cours, Harry se dit que son horloge de cœur agissait bizarrement. C'est lui qu'il avait choisit pour être la clef qui le remontait. Drôle de mécanique…
12h.
Harry était allongé sur l'herbe, au même endroit que la veille. Le soleil atteignait presque son zénith et lui faisait un bien fou. Il eut un petit sourire satisfait. Son manège avait dupé tout le monde. Il avait découvert plus de secrets qu'il ne l'aurait imaginé. Ainsi, il apprit que Neville avait couché avec une sirène un jour. Mais il ne se rappelait plus si c'était cela ou un Strangulot. Luna lui avait dit qu'un ange était venu la voir pour lui dire qu'elle n'avait que dix ans à vivre. Elle ne l'avait jamais dit à Neville de peur qu'il ne la quitte.
Dean lui avait confié qu'il était amoureux de Seamus depuis plus de quatre ans… Et Seamus de Dean depuis leur première année. Il ne manquait plus qu'Hermione pour parfaire sa collection de petit secret à trouver. Il se sentait comme un enquêteur, il ne savait pourquoi il avait besoin de toutes ses vérités. C'était jouer avec ses amis… Il se demandait encore quel était le but de tout ça. Allait-il tout garder pour lui, ou tout balancer afin que tout le monde sache… Juste une envie ou une vengeance… Il ne se sentit pas bien sur le coup. Qu'est-ce qui le poussait à être aussi mesquin, il se le demandait…
Enfin… il ne serait pas là pour les représailles de toute façon. Il s'en ficha.
- Sérieux ? C'est tout ce que tu as trouvé à faire de ta avant, avant, avant, avant… avant dernière journée ? Il y en a un en trop non ? Je ne sais plus…
Harry ouvrit les yeux pour voir son ennemi juré s'installer à côté de lui. Il soupira mais sourit tout de même.
- Tu vois, je crois voir les choses un peu mieux depuis que je sais que je vais mourir. Même ta présence me semble agréable…
- Beurk… Grimaça le blond.
- Oui, j'y ai pensé aussi.
Le brun émit un petit rire. Et il fut certain d'avoir entraperçu le même sur les pointes de ses lèvres. Il ne s'était pas retint assez fort. Enfin quand le calme revint, Harry fronça les sourcils.
- Je ne sais pas pourquoi je fais tout cela… Je cherchais quelque chose de vraiment spectaculaire pour après tout raconter à tout le monde. Quel monstre est-ce que je suis… ?
Malfoy haussa les épaules.
- Pathétique, tous ses secrets… Demande à des Serpentard, si la vérité ne te fait plus peur. Il te feront faire des cauchemars.
Harry se redressa immédiatement et le regarda.
- Comment tu sais ?
- Je te rappelle que tu m'as permis de t'espionner ! Je ne fais que te suivre… Ron a trompé sa copine… Quel imbécile. Avec la gueule qu'il a, il ne trouvera jamais mieux que ce thon de Granger !
- Je recommence à te détester ! Eructa Harry en serrant les poings.
- Ah, parce que tu avais arrêté ?!
Son cœur commença à lui taper dans les oreilles. Il tenta de se calmer, mais c'était dur. Il lui fallut plusieurs minutes avant de pouvoir respirer correctement. Il fixa le lac et les vaguelettes que le vent ramenait sur la berge. Il aimait bien ça. Cela rythmait avec les cliquetis de sa boite à musique. Il savait que Malfoy plaisantait, mais il ne put s'empêcher d'espérer qu'il ne l'entende pas. Enfin, quand il put à nouveau parler, Harry lui demanda :
- A toi… Quel est ton secret, Malfoy ?
- Oh non ! Tu ne m'auras pas avec ton air de chien battu et tes mots qui touchent. Tu oublies que je suis un Serpentard, la manipulation, je la connais mieux que toi.
Harry le vit se lever et partir de son pas lent. Les mains dans les poches de son jean. Aujourd'hui non plus, il ne portait pas sa robe noire. Un t-shirt en « v », un collier noir, des baskets… Harry le trouva… sexy, avant de se frapper le front. Toute cette histoire homosexuelle était en train de le rendre fou. Le voilà à trouver beau un autre homme… Surtout Malfoy.
- Harry ?
Le brun secoua la tête avant de se retourner vers Ron qui l'avait appelé. Décidément, on ne souhaitait pas le laisser tranquille aujourd'hui. Le roux l'aida à se lever.
- A qui tu parlais ? Lui demanda-t-il.
Harry se mordit la lèvre. Devait-il lui mentir ? Il fut tenter et puis sa raison reprit le pas. Après tout, il se fichait de ce qu'il pouvait penser. Et en plus, il voulait voir sa réaction. S'énerverait-il ? Serait-il jaloux ? Ou juste lui dirait-il de ne plus l'approcher. D'accord, Malfoy avait encore raison, il tentait à tout prix de briser son amitié avec tous. La tentation fut trop forte alors il murmura :
- Malfoy.
Comme il l'imaginait, le roux se tendit. Il fit le poisson plusieurs fois avant d'arriver à bégayer :
- Quoi ? Mais… Tu… Lui ?
Enfin, il se tut. Harry le défia de dire quoi que se soit. Il attendit encore un peu, il fallait qu'il aille jusqu'au fond de sa pensée. Qu'il sache ce qu'il avait dans la tête. Et avec ses amis Griffondor, ce n'était pas difficile. Trop impulsifs, trop immatures… Mais le roux ne fit que le surprendre un peu plus en soupirant, comme s'il avait été obligé.
- C'est donc lui… La personne que tu aimes en secret… Harry, tu aurais du nous le dire de suite !
- Non, je… Se défendit-il. Non ! Encore une fois, tu comprends tout de travers ! Il m'aide… à… aller mieux.
- Mais de quoi tu parles, Harry !?
Son ton condescendant ne lui plut pas du tout. Il tentait de lui accorder le bénéfice du doute sans y croire un seul instant. Surtout qu'il haussa un sourcil, comme s'il était complètement fou ou stupide. Harry lui en voulut énormément. Il lui en voulut de ne pas savoir, ne pas l'aider à la place de Malfoy. Il lui en voulut de ne pas comprendre qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre et qu'il n'en profitait pas avec lui. Au lieu de cela, il le jugeait, le dévisageait et tirait tout de travers.
- Malfoy a raison ! Tu es vraiment un imbécile quand tu t'y mets !
Harry le contourna et partit, fâché. Ron tenta de le retenir en vain. Le brun savait qu'il n'y était pour rien. Après tout, c'était lui qui avait décidé de ne rien leur dire. Il ne pouvait pas leur en vouloir. Et pourtant c'était ce qui arrivait. Son cœur rata quelques grésillements, il sentit l'aiguille tordue par la tristesse s'enfoncer dans sa poitrine. Il avait mal. Il se sentait bête… Il n'en démordit pas pour autant, rongé par la colère.
15h.
Les yeux dans les yeux, le brun ne lâcha pas prise, bientôt une demi-heure qu'il était assis devant elle, mais celle-ci avait du mal. Elle n'arrêtait pas de murmurer qu'elle n'avait rien à cacher, mais Harry n'y croyait pas une seconde. Tout le monde cache quelque chose dans son cœur. Tous… ont un secret. Il était temps de se transparaître à lui. De montrer son vrai visage. Hermione finit par craquer. Elle posa son livre sur la table de la bibliothèque et chuchota :
- Bon, très bien ! Mais jure moi que jamais… jamais… jamais tu ne le répèteras à Ron.
- Promis ! Je le jure ! Que Merlin m'entende.
Hermione sourit avant de chuchoter :
- Je ne suis pas amoureuse de Ron. Je ne sais pas comme lui dire que je ne veux plus être avec lui.
Harry se replaça sur sa chaise et la regarda d'un air ennuyé. Il pensa à Malfoy. Ce dernier avait raison, aucun de ses secrets n'étaient palpitants. Aucun ne faisait battre son cœur plus que de raison. Ils étaient fades, sans texture. Ils n'avaient pas d'importance… Tout ça, c'était la faute de ce maudit Serpentard ! Il allait très bien avant qu'il ne lui ouvre les yeux. Encore ! Il fallait qu'il paye. Il fallait qu'il lui dise son secret à lui ! Harry se leva. D'abord le retrouver. Cependant Hermione l'attrapa par le bras. Il l'avait oublié.
- Tu m'en veux ? Paniqua-t-elle.
- Non, bien sûr ! Quitte-le, il ne t'aime pas non plus.
Il avait dit ses mots à la vite, surtout pour qu'elle le lâche. Il ne remarqua pas la douleur laissée sur son visage. Il ne vit pas la tristesse dans son regard. Malfoy était redevenu sa priorité. Il parcourut les couloirs remplis d'élèves avant de lui mettre la main dessus. Il était adossé au mur, attendant le prochain cours avec ses amis Serpentard. Son regard le perça immédiatement. Il lui fit un signe de tête de le suivre et le blond sourit narquoisement. Sans donner d'explication à ses amis, sans même leur adresser un signe, il le suivit. Harry se dirigea vers la sortie et ce n'est que lorsque la cloche sonna qu'il s'arrêta. Les couloirs étaient à nouveau vides, ils étaient devant l'entrée.
- Alors, Potter ? On incite ses amis à se séparer. Quelque chose ne tourne vraiment pas rond chez toi !
Le brun soupira, se demandant encore comment il avait pu faire. Il se promit de vérifier que sa cape d'invisibilité était toujours à sa place ce soir même. Il ne releva pas et le poussa à marcher à côté de lui.
- Dis moi ton secret…
- Non !
- Malfoy, l'éthique fait que tu ne devrais pas refuser les dernières volontés d'un mourant !
- Depuis quand pense-tu que j'ai une quelconque éthique, Potter ?
Harry ne répondit rien. Comment faisait-il pour avoir toujours le dernier mot ! Il savait trop bien parler. Et lui ne savait comment faire pour l'obliger à révéler son plus gros secret. Il voulait quelque chose d'honteux. Quelque chose de vraiment bête, de sensationnel. Quelque chose qui le ferait ressentir un peu plus… vivant.
- Mais si tu veux, j'en connais pas mal des Serpentards. Ils n'ont aucun secret pour moi !
- Comment tu fais ? Demanda Harry, curieux.
- Du Veritaserum bien sûr. Si tu crois que je m'amuse à mendier comme toi. Non… Je les drogue, il réponde à mes questions, je suis content.
- Pourquoi cela ne m'étonne pas, marmonna-t-il.
- Alors ? Je t'échange trois d'entre eux contre le mien !
Harry hésita. C'était mieux que rien. Car il était certain qu'il ne lui dirait jamais. Même sous la torture. C'était un Malfoy et un ancien mangemort. La torture… Il savait ce que c'était. Et puis Harry n'était pas devenu assez dingue pour cela. Cela lui arracha un sourire.
- Je prend ! Dis !?
- Alors, Théodore Nott a tué un centaure, Pansy Parkinson a du sang de vampire au quatrième degré, et attention voilà le pire : Blaise Zabini est vraiment gay et complètement en amour pour ton Weasel ! T'y crois ça ? Moi je trouve ça répugnant.
Il eut un frisson de dégoût alors que le brun le regardait, horrifié. Et puis il pouffa en voyant sa tête.
- Des trois, tu trouves que c'est lui le pire ?
- Il est amoureux d'un homme Griffondor Weasley ! Rien que de le dire, ça me donne envie de vomir.
- Tu es vraiment bête. Rit-il encore.
Harry s'arrêta net quand il remarqua que le blond souriait aussi. Il plissa des yeux, il ne comprenait pas. Il avait l'impression que son monde était en train de s'écrouler. Il allait mourir, et au lieu d'être avec ses amis à leur demander de l'aider, il était là, en train d'écouter et de rire avec Malfoy. Pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi seulement en sa présence ? C'était à la fois grisant et repoussant. Il se passa une main dans ses cheveux et soupira.
- Bon, je vais retourner à mon cours avant qu'ils ne remarquent que je ne suis pas là.
- Tu ne suis pas tes priorités, Potter. C'est dommage… et stupide à la fois.
Le brun ne sut comment le prendre. Il avait l'air de lui en vouloir. Mais il n'avait pas réellement de priorités. Il les inventait au gré de ses envies. Si seulement il pouvait lui donner une liste. Il semblait tellement mieux les connaître que lui. Qu'avait-il réellement à faire ? Il avait l'impression qu'en dix-sept ans de vie, il avait vu plus de choses que la moitié du monde. Il n'avait rien… toujours pas d'envie, toujours pas de souhait, toujours pas de voyage autour de globe. Non, il voulait juste rester là… jusque la fin. Auprès de lui ? Son cœur grésilla à nouveau et cette fois-ci encore, le blond s'en rendit compte tout de suite. Il se surprit… à aimer ça.
- Fais attention, un jour… Il s'arrêtera pour de bon. Murmura-t-il.
Il le regarda étrangement.
- C'est étrange… Tu… On dirait que tu… Hésita le blond.
Mais finalement il ne dit rien d'autre, préférant le regarder comme s'il pouvait lire au plus profond de lui. Harry se noya dans le gris nuage de ses yeux, et encore une fois il se demanda comme avait-il fait pour louper autant de détail sur lui. Il avait les yeux gris… Des yeux profonds qui en disaient tellement plus que son apparence. En ce moment, on pouvait voir qu'il était légèrement perdu, incapable de différencier le vrai du faux. Et puis la seconde suivante, il se concentra et il arbora de nouveau cette assurance qui lui donnait l'air si dur.
- J'espère que ces petits secrets t'auront fait te sentir plus… vivant.
Le Griffondor le regarda s'en aller. Il commençait à percevoir d'autres petites choses. Malfoy devait savoir simplement parce qu'il commençait à devenir comme lui. Sûrement ressentait-il le même sentiment de vide qu'il avait là maintenant. Oui, le brun ne s'était jamais arrêté deux secondes pour voir et comprendre. Il avait juste continuellement détesté chacun de ses faits et gestes. Il se promis d'en savoir plus… Surtout sur la couleur de ses yeux qui changeaient en fonction de ses ressentiments.
20h.
Après le repas, Harry avait rejoint la tour de Griffondor avec tout le monde. Comme il s'en doutait, une certaine gène pesait lourd dans la salle commune. Ron évitait son ex-petite amie comme la peste. Dean et Seamus se dévorait du regard sans oser faire le moindre pas. Luna rêvassait à de petits anges tous nus, Neville triturait un bouquin alors qu'Harry voyait bien qu'il ne lisait rien du tout. Il n'y avait que ce dernier qui se sentait bien. Cette tension faisait que son cœur battait normalement.
Il attendait chaque fait et geste de sa troupe d'amis avec de l'adrénaline aux joues et des mains tremblantes. Il ne souhaitait qu'une chose que cela explose. Mais comme toujours, il ne se passa rien. Les filles furent les premières à monter se coucher. Les autres les suivirent peu de temps après. Harry fit la moue alors qu'il ne restait plus que Ron et lui en bas. Finalement il se leva, mais pas pour aller se coucher. Il prit sa cape d'invisibilité, qui visiblement n'avait pas bougé d'un pouce, et se dirigea vers la porte.
- Où vas-tu ?
- Voir quelqu'un, lui répondit machinalement Harry.
Il se retourna et le défia d'un sourcil de l'en empêcher. Ron se mordit la lèvre, signe qu'il avait compris de qui il parlait, et chuchota :
- Harry, tu sais que ce n'est pas bien de…
Il soupira et haussa les épaules.
- Fais attention.
Harry hocha la tête et partit. Il était énervé. Pourquoi ses amis ne faisaient jamais rien ! Pourquoi étaient-ils toujours prompts à se soutenir, se pardonner ou abdiquer. Aucun d'eux n'avait envie que l'on voit la part de ténèbres qu'ils ont en eux. Le brun rit seul. Il n'y avait aucun ténèbres en eux. Ils étaient juste inconscients qu'il y avait pire qu'eux. Ses choses anodines, ce n'était rien comparé à tout le reste. Il fallait qu'il sache… Ce que Malfoy cachait ! Peut-être aurait-il dû faire un peu de Veritaserum. Si ce n'était que Malfoy, il ne s'en voudrait pas vraiment.
Sans qu'il ne le remarque, ses pas le conduisirent tout au haut de la tour d'Astronomie. Et il fut heureux de voir qu'il était là. Il n'avait même pas eu besoin de la carte du maraudeur. Il poussa lentement la porte et le regarda un moment. Toujours assis dans la fenêtre, les pieds pendouillant dans le vide, il attendait sagement. Il l'attendait lui peut-être. Il lui donna raison.
- Potter, tu sais très bien que ça ne prend plus avec moi, ta cape d'invisibilité.
Le brun sursauta. Depuis quand savait-il pour la cape ? Le brun la retira et la posa à terre.
- Je savais que tu l'utilisais à mon insu. Et c'est comme ça que tu sais tout ce que je fais ou dis, n'est-ce pas ?
Le blond haussa un sourcil sans même prendre la peine de se tourner vers lui.
- Non. Tu as tout faux. En fait… au début, je croyais que tu te moquais de moi… Alors j'ai joué le jeu. Mais maintenant… je crois bien que tu ne fais absolument attention… Ou alors… Tu as peut-être oublié.
- Je ne comprends pas.
Harry s'installa à ses côtés. Le blond osa à ce moment le regarder. Il le fixa sans rien dire et le brun se sentit bizarre. Il arrivait à terme de son deuxième jour de sursis et il ne voyait toujours pas où Malfoy voulait en venir. Pourquoi le pourchasser ainsi ? N'avait-il pas peur qu'il finisse par s'attacher à lui ? Il l'avait bien dit, peu importe ce qu'il fasse, il mourrait bientôt.
- Mon plus grand secret… chuchota-t-il en regardant la lune. Je crois que c'est toi. En ce moment-même. Ron essaye de comprendre, il sait et ne sait pas en même temps. Il prend tout de travers.
- Non, Potter… Le détrompa-t-il en reprenant sa voix traînante. C'est toi qui ne sait. Tu as raison, c'est ton plus grand secret… Un secret à toi-même.
Harry secoua la tête de droite à gauche.
- Ne dit pas ça ! Je crois que… Je l'accepte.
- De quoi ?
- De t'apprécier.
La surprise put se lire dans ses yeux. Harry s'amusa à les détailler. Il savait que c'était de la surprise, ils étaient devenus plus clairs, presque blancs. Puis le Serpentard recommença à triturer son bracelet marron. Comme si tout à coup, il était devenu bien trop serré. Enfin, il soupira et murmura :
- Tu es vraiment bête. D'accord, je vais te le dire, mon secret.
Harry sourit. Il se redressa et attendit comme un enfant. Il avait réussi sans le faire exprès. Il l'avait atteint. Il allait savoir. Il s'attendait à quelque chose de sombre. Un meurtre, une vengeance ou bien lui dire qu'il était un deuxième Voldemort. Il s'attendait à tout sauf cela :
- Une fois, j'ai rêvé qu'on était amis, toi et moi. Depuis la première année. Tu étais toujours à Griffondor, mais tu venais manger à la table de Serpentard. Tu m'avais aidé à faire les quatre cent coups. J'étais là quand tu avais besoin d'aide. Tu m'as empêché de devenir mangemort. Je n'ai jamais été la cause de la mort d'Albus Dumbledore… Tout ça, effacé par de simples sourire et des rires. Ton rire.
Le brun avait la gorge nouée. Il venait de le poignarder en plein cœur. En tout cas, c'était la même douleur. Le blond le regarda alors qu'il s'asphyxiait. Harry tenta de remettre de l'air dans ses poumons en vain. Malfoy ne fit rien pour l'aider. Enfin, le brun, dans un toussotement arriva à reprendre le dessus. Il sentit des larmes perler sur le coin de ses yeux tellement ce fut dur. Il n'était pas sûr qu'elles n'étaient uniquement dues qu'à son cœur malade. Quand sa respiration arrêta de lui faire mal, il inspira et expira correctement.
Le silence était d'or mais rien n'y faisait, Harry voulait en savoir plus. A peine remis de sa crise, il lui demanda :
- Que s'est-il passé après ?
- Oh, fit lentement sa Némésis. La cloche a sonné et on s'est disputé, encore. Cela m'a rappelé la définition du mot utopique. Mais tu sais, je ne regrette pas d'avoir fait ce rêve. Parce que j'ai vu une tout autre réalité. C'était comme si une vie qui n'était pas la mienne était passée devant mes yeux. Un monde parallèle où Draco Malfoy n'était pas… un mangemort de naissance.
Il marqua un temps de silence avant de reprendre :
- Alors, est-ce à la hauteur de tes espérances ?
- Je n'en demandais pas tant. Sourit le brun.
- Tu crois que là où tu vas, tu pourrais tout recommencer autrement ?
- Non. Scanda le brun. Mais… peut-être changer certaines choses.
Malfoy hocha la tête et se contenta de ça. La nuit commença à les envahir, tout était sombre maintenant. La lune se montrait moins timide, et il pouvait entendre le chant de quelques animaux étranges.
- Tu sais quoi ? S'activa soudainement Malfoy. Allons à Pré au Lard, demain, tu veux ? Il y a une de tes priorités que tu as oublié. Je t'y emmènerais.
Comment pouvait-il savoir ce qui était le mieux pour lui ? Il ne le connaissait pas, il ne savait pas… A moins que Malfoy l'aimait peut-être un peu. Il avait peur de lui demander. Il savait que son ennemi avait un seuil, et il s'était déjà bien confié à lui pour une seule soirée. Peut-être demain…
- Et les cours ?
- Sérieusement ?
- Et tes amis ?
- Ils se fichent de ce que je fais tout comme je me fous de ce qu'ils font.
- Et mes amis ?
- Tu veux que je te frappes ?
- D'accord. Finit-il par dire.
- Ah bon ? S'étonna le blond, ne s'y attendant sûrement pas. Fais attention, Potter, je pourrais croire que tu es réellement gay et que tu aimes me voir.
- Ne dit pas n'importe quoi, imbécile ou tu iras seul.
- Non, c'est bon ! Je retire.
Il gratta son bracelet et cette fois-ci le brun le remarqua.
- Tu sais, ça ne me dérange pas de la voir, ta marque. Tu peux le retirer, s'il te gène.
Malfoy lâcha son poignet et fronça les sourcils. Harry retrouva le bon vieux Draco Malfoy, mangemort dans l'âme sur son visage. L'acier devint foncé, il était en colère. Comment avait-il pu ne pas voir toutes ses nuances, autrefois ? Il se dit qu'il n'aurait peut-être pas dû. Il ne pouvait toujours pas le considérer comme un ami. Il ne savait pas. Le blond se leva sur le rebord et sortit sa baguette. D'un sort silencieux, il appela son balai et sauta dessus.
- A demain, Potter. Neuf heure, ne sois pas en retard.
Le brun ne fit qu'hocher la tête. Il fut bien loin en une fraction de seconde. Harry replia ses jambes contre lui et soupira.
- Je ne le serais pas…
- Tu parles encore tout seul ? Retentit la voix de Ron derrière lui.
Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours là lui ? Il ne pouvait pas arriver un moment avant ? Il aurait vu qu'il n'était pas seul ! Qu'il n'était pas fou.
- Tu me suis ? Demanda tout de même Harry.
- Non, fit-il en secouant la carte du maraudeur sous son nez. Tu étais avec… Malfoy, c'est ça ?
- Pourquoi tu poses la question si tu connais la réponse ? Grinça le brun.
Pourquoi s'énervait-il ? Pourquoi le rejetait-il ? Ron ne faisait que s'inquiéter pour lui. Il devrait au contraire, se sentir mieux. Se sentir entouré.
- Je… Harry… Allons nous coucher, veux-tu ?
Son ami ramassa sa cape et l'attendit près de la porte. Harry regarda l'endroit où Malfoy avait disparu et sourit. Demain, il passerait plus de temps avec lui. Il se leva et suivit le roux sans faire d'histoire, sans lui adresser le moindre mot non plus. Il n'écouta pas ce qu'il disait, il était coincé dans sa tête. Il se mit au lit rapidement. Et s'endormit, bercé par la douce musique de son horloge. Plus que cinq jours avant la fin, lui rappelait-elle…
… ensuite on éprouve de la colère.
Cinq jours avant la fin. Alors Malfoy éprouverait-il des sentiments pour Harry ou ne fait-il que s'amuser de la situation non conventionnelle de notre cher sauveur de l'humanité sorcière ?
Merci pour vos reviews et encouragements. (Je m'excuse pour les quelques fautes qui traînent, j'espère qu'elles ne sont pas nombreuses et ne gâchent pas votre lecture.)
A bientôt,
Personne ne l'a jamais connue.
