Voilà déjà un deuxième chapitre, j'espère que vous l'aimerez! La partie trois sera en ligne dès demain! ;)

Laissez-vos commentaires, j'adore recevoir des feed-back! Bonne lecture...


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Partie deux

Dean s'arrêta un instant, reprenant son souffle comme s'il s'était retenu depuis qu'il était parti ce matin. Les yeux qui s'embrouillaient, il ne voyait pratiquement rien. Quelques arbres, une rivière, du gazon,… Son cœur commençait à s'accélérer quand il vu finalement une silhouette, mais il ne pouvait pas dire immédiatement si elle était assise ou couchée. Il essuya ses yeux pleins d'eau, d'un coup de mains presque rageur. Dean put finalement situer la silhouette de Castiel qui était assise sur le bord de la rivière, emmitouflé dans son manteau.

Il est en vie, je suis arrivé à temps. Merci, merci, merci…

Dean s'assura de se calmer avant d'aller vers Castiel, reprenant tranquillement sa respiration. Il avança vers la rivière, faisant le moins de bruit, comme s'il avait peur que Castiel s'enfuisse lorsqu'il le verrait.

Tranquillement, il vint s'asseoir sur sa droite juste un peu en arrière de Castiel, mais assez proche pour que Castiel le vit approcher et sursaute à sa présence.

- Dean, qu'est-ce que tu fais là?

Il ne répondit pas directement. Les mots se mélangeaient dans sa tête pendant qu'il essayait de ne pas pleurer en voyant le visage peinturer de larmes de Castiel.

Je suis désolé, Cas.

J'aurais du être là pour toi.

Je ne te laisserais pas partir comme ça!

J'ai besoin de toi.

Tout se mélangeait et il regarda Castiel de profil et voyait la peine et la douleur qu'il avait vécue toutes ces semaines.

- Vas t'en Dean, s'il te plaît.

Et des larmes s'échappèrent encore des yeux de Cas. Le cœur de Dean se serra encore plus que lorsqu'il était arrivé. Il détestait voir Castiel pleurer, il sentait toujours que c'était de sa faute. Il se sentait mal qu'une partie de lui soit heureuse de voir Cas enfin depuis longtemps, mais encore plus que ça, le Winchester se dit qu'il aurait dû aller le voir bien plus tôt. Alors Dean répondit presque dans un murmure;

- Je ne te laisserais pas seul.

Cas se retourna finalement vers Dean et le regarda, les yeux presque haineux.

- Et pourtant c'est ce que tu fais tout le temps, déclara-t-il, la voix chavirant entre la colère et la tristesse avant de rajouter: À chaque fois.

Le chasseur sentit sont cœur s'alourdir et ses yeux piquer bien plus qu'avant, il reprit sa respiration avec difficulté. Il savait qu'il l'avait laissé là, sans aide ni rien. Il savait combien de fois il l'avait laissé tombé ou déçu.

- Et le plus dur c'est qu'à chaque fois tu reviens… souffla Castiel.

Les deux amis prirent le temps de comprendre complètement le sens de cette phrase. Puis, Castiel se leva pour partir plus loin, loin de Dean.

- Castiel, ne t'en vas pas. Puis, voyant que Castiel ne l'écoutait pas, il se leva pour le suivre.

- Reste là où tu es! Je… Je ne veux pas que tu sois là, cria Castiel en le regardant dans les yeux.

- Cas…

- Non! Pas de «Cas...». C'est fini Dean et je ne veux pas que tu sois là pour voir ça, parce que comme je te connais, tu vas mettre ça sur ta faute! Et la dernière chose que je voudrais ce soit que tu vives en pensant ça!

- Bien sûr que c'est de ma faute! Et je le sais.

- Non! Non! Arrête, Castiel était partagé entre partir en courant et rassuré Dean, ce qu'il avait toujours fait depuis tellement longtemps.

- Si je n'avais pas dit qu'on pouvait avoir confiance en Métatron, tu n'aurais pas perdu ta grâce, si je ne t'avais pas laissé tomber, tu n'aurais pas eu à faire un pacte avec Crowley et si je t'avais aidé avec le combat au paradis, tu n'aurais pas tué autant d'anges et ils ne t'auraient pas laissé tomber, eux aussi, ta famille. Merde! Si je n'étais pas allé en enfer, tu serais encore comme avant et tu n'aurais jamais souffert comme maintenant, expliqua le Winchester, se remémorant quelques unes de ses pires conneries.

Castiel s'accroupit et s'appuya à un arbre, ne pouvant plus supporter son propre poids. Dean resta là, le regardant comme si c'était de sa faute s'ils étaient là.

- Mais Cas, je sais qu'au fond de toi, tu ne veux pas vraiment faire cela. Alors, maintenant, donne-moi le fusil.

Sans le révéler à Castiel, il l'avait vu qui sortait un peu de sa poche, plus tôt. Et il avait vu le réflexe de son ami de le toucher pour voir s'il était encore là.

- Dean, ce n'est pas ton choix, c'est le mien et ce n'est pas de ta faute.

- Alors c'est de la faute à qui? Parce que personne ne t'a fait souffrir autant que moi, cria Dean, les yeux coulants désormais de larmes.

- C'est de ma faute! Je suis faible! Castiel ne put pas reprendre sa respiration normalement, ses pleurs étaient trop forts. Dean vint à côté de lui et le prit dans ses bras. Castiel prit quelques secondes avant de rajouter: J'ai toujours fait ce que je croyais juste, mais à chaque fois je faisais le mauvais choix. Une chance que mon Père était parti, puisque j'aurais chuté bien plus tôt.

Dean prenait les épaules de Castiel dans ses bras et remarqua que même avec son manteau, elles étaient plus minces et petites, alors il remarqua qu'il avait perdu du poids. Il appuya la tête de Castiel sur son épaule. Cas s'accrochait à la veste de Dean comme si c'était tout ce qui le raccrochait à la vie.

- Je ne peux plus le supporter, Dean, souffla-t-il dans son oreille.

- Je sais, mais tu dois être fort. Et je sais que tu l'es… Je le sais.

Ils restèrent dans cette position jusqu'à ce que chacun d'eux arrête de pleurer. Le chasseur n'avait pas l'habitude de pleurer, mais savoir qu'il aurait pu perdre Castiel avait fait s'effondrer tous les murs qu'il aurait pu avoir construit pendant sa vie, qui le protégeait de montrer sa peine. C'était comme si tous ces sentiments avaient explosé et qu'ils avaient créé un ouragan que même Dean n'aurait pu empêcher.

- Maintenant, peux-tu me donner le fusil? Demanda Dean, d'une voix grave brisé.

- Non. Je dois le garder. Tu ne comprends pas tout ce que j'ai fait de mal! J'ai laissé tomber toutes les personnes auxquelles je tenais. Mes frères, mes sœurs, mon Père, toute ma famille et ensuite, ma deuxième famille. Sam et… Toi. Je vous ai tous fait du mal. Je me suis même persuadé que tu me détestais, et que c'était pour ça que tu m'avais dit de partir et non à cause de Sam. Que se n'était qu'une excuse. J'ai tué des centaines d'anges et des humains, alors que j'étais censé les protégés. J'ai échoué et maintenant tous les sentiments me frappent. Ça fait tellement plus mal que je ne le croyais, tu sais? Dean hocha la tête, l'écoutant attentivement. Comme si avant, ça ne passait qu'en m'effleurant, mais maintenant, ça me transperce et m'arrache le cœur. Tout ce que j'ai vu, tout ce que j'aurais dû ressentir depuis des centaines d'années. Tout vient me faire mal. Et je ne peux plus le combattre, je ne suis pas assez fort et ça ne finira jamais. C'est peine perdue.

Dean garda le silence avant de le reprendre dans ses bras, pas pour Castiel, mais pour lui. Ils étaient maintenant couchés sur le gazon, collé l'un à l'autre.

- J'étais seul, tu sais. Complètement seul. Et je ne savais pas quoi faire.

- Je sais, souffla douloureusement Dean les yeux fermés, sa bouche faisant de l'air chaud sur le cou de Castiel. Je suis désolé. Puis il prit quelques minutes avant de continuer: Tu dois tout de même te battre, même si ça te paraît peine perdue, même si tu y perds quelques plumes en chemin. Tu dois te tenir debout et te battre, parce que tu mérites de vivre Castiel. Tout ce que tu as fait, tu le faisais pour le bien des humains, comme tout le monde t'a dit de faire. Tous tes échecs n'en sont pas. Toi, tu as voulu arranger les choses, contrairement aux autres. Tu as su les guider pour qu'ils aient le choix. Team Free Will, tu te souviens? Et puis tu ne m'as pas laissé tomber, je l'ai fait et ce n'était pas parce que je te déteste, c'est Sam et tu le sais. J'aurais tellement aimé que tu sois là et non à des kilomètres et des kilomètres de moi. Chaque seconde, j'ai regretté de t'avoir laissé passer cette porte.

Castiel ne sut pas quoi dire, alors il resta en silence, repassant les mots de Dean encore et encore dans sa tête. Il le serra encore plus fort et pour un instant, il crut qu'il y avait un espoir, une petite trace d'espoir. Alors, d'un mouvement hésitant avec sa main qui, involontairement, tremblait, il prit son fusil qu'il avait dans sa poche et le donna à Dean avant de revenir dans ses bras, des larmes muettes coulant sur ses joues encore un peu humides.

Des heures passèrent, dans un silence qui n'était pas vide, mais parfois interrompu par quelques commentaires. Ils ne faisaient qu'apprécier le contact avec l'autre, mais Castiel bougea un peu, remontant par la même occasion sa manche, et alors Dean vu encore pire que le fusil dans la poche de Cas. D'un mouvement doux et lent, il remonta encore plus la manche du manteau à Castiel. Des rayures rouges écarlates tapissaient sa peau pâle. Ils en avaient tellement que Dean ne put s'empêcher de les compter, se disant mentalement qu'à chacune d'elle, il aurait pu être là et l'empêcher.

17. 17 fois, uniquement sur cet avant-bras. Il aurait pu l'en empêcher 17 fois, mais il avait été trop loin, trop occupé. Il comprenait maintenant comment Castiel avait du être autant désespéré pour se faire cela à lui-même.

Lentement, il passa sa main sur les lignes qui exprimaient la douleur que Castiel avait à l'esprit. Ses souvenirs le rongeaient. Castiel se retenait pour pleurer, même s'il savait que c'était ce qu'il avait fait le plus souvent depuis qu'il était humain. Pour lui, la vie d'humain ne s'était résumé qu'à des jours plus noirs que le précédant et des nuits à essayer de ne pas laissé ses instincts prendre un rasoir. Malheureusement, à chaque fois qu'il se laissait faire une nouvelle coupure de sang, il se sentait encore plus faible. Parce que c'était tellement plus simple de faire mal à ses problèmes, qui se trouvaient toujours à être lui-même, que de les régler.

- Je suis désolé, dit Castiel en regardant la main de Dean sur son avant-bras tout de même appréciant ce touché.

- Tu n'as rien à t'excuser, Cas. Absolument rien.

Et alors seulement, Dean remarqua qu'il faisait noir. C'était déjà la nuit, mais il ne voulait pas se levé ou quitté Castiel. Alors, il continua de passé sa main sur le bras de Cas, jusqu'à arrivé à sa main et la prendre. Les deux regardant leurs doigts se croisés et leur main prendre celle de l'autre.

Et les heures passèrent encore, mais aucun des deux ne voulait s'endormir, même si leurs corps leurs disaient de le faire et que ça avait été une journée éprouvante et la chaleur de l'autre les berçant, à limite du sommeil. Mais ils voulaient rester réveillés pour prendre le plus longtemps de cet instant. Parce qu'ils savaient qu'ils devraient partir un jour, même s'ils ne le voulaient pas.

- J'ai vraiment cru que je t'avais perdu, lâcha Dean dans un chuchotement grave et déchirant.

- Promets-moi que tu ne me quitteras pas en me laissant encore seul.

Dean attendit, puis réalisant que c'était la dernière chose qu'il voulait. Il ne laisserait plus jamais Cas, même si le Paradis et l'Enfer les menaçaient, même si Dieu les obligeait, il ne laisserait plus jamais Castiel.

- Je te le promets.

Et ils reprirent leur silence, Dean prenant encore Castiel dans ses bras et le chasseur, passant parfois sa main dans les cheveux de l'ancien ange, parfois prenant la main de celui-ci ou jouait délicatement avec ses doigts. Castiel se laissait faire, tant qu'il sentait Dean proche de lui. Et ils se foutaient bien de savoir si c'était normal de faire ça et de ressentir cela, parce qu'ils savaient d'une certaine façon que ce ne l'était pas, mais que ça ne les regardait qu'eux. Dean posa son menton sur la tête de Castiel, ses cheveux le chatouillant un peu, sentant qu'il ne pourrait pas rester réveillé plus longtemps. Mais plus que tout, il voulait que le lendemain, il se réveille comme cela, avec Castiel à ses côtés, appuyer sur lui, leurs mains entrecroisées.