Mon papa est décédé le 03 décembre dernier des suites d'une longue maladie. J'espère que vous comprendrez à quel point il m'a été difficile de vous livrer ce chapitre. Ça a été dur. Je m'y suis prise à plusieurs fois, et même temps ça m'a fait du bien. C'est une façon d'échapper à la peine et au manque pendant quelques heures. Vos commentaires sont pour moi des marques d'amitié qui me motivent. Aujourd'hui, elles soulageront aussi ma peine. Merci pour les encouragements que vous m'avez donnés à la suite du premier chapitre. C'est grâce à eux que je peux publier ce deuxième chapitre ce soir. Bonne lecture.


Les réponses aux « sans compte » :

Coco, EdwardxBella, FLOPY69, jess, Guest(1), Guest(2), kiff : Merci beaucoup pour vos encouragements et vos mots gentils.

Rc : Merci beaucoup. Je ne pense pas adopter de fréquence précise de publication de chapitres. C'est suivant l'inspiration et le temps libre ! Je préfère 1000 fois mettre quelques jours de plus à publier que mettre en ligne un chapitre médiocre et bâclé, par respect pour moi mais surtout par respect pour les lecteurs.

magaxa68 : Ça c'est de la critique enthousiaste, merci !


CHAPITRE 2

PDV Edward

NE M'ECHAPPE PAS

8 mois plus tôt, un bureau de l'USS à New-York

_ Je sais que la perte d'Eric est encore récente mais il te faut une nouvelle recrue. La White Threat est de plus en plus active, on ne peut pas se laisser dépasser. On ne sait toujours pas ce qu'ils mijotent ni quelle sera leur prochaine cible.

Carlisle me fixait, le regard compatissant mais ferme à la fois, comme lui seul savait le faire.

_ J'entends bien, Carlisle, mais mets-toi à ma place deux minutes. Eric venait d'être recruté au sein de la cellule. C'était un agent du SWAT expérimenté et ses tests étaient excellents. Il est mort égorgé au bout de trois missions. Merde ! Si même les meilleurs y laissent leur peau, qui dois-je recruter ?!

_ Cela n'a rien à voir avec les capacités d'Eric et encore moins avec un défaut de jugement de notre part, tu le sais. Notre cellule n'est pas officielle. Personne n'aurait dû savoir pour la mission ou pour l'identité et le rôle d'Eric.

_ Tu penses à un traitre parmi nous ?

_ Je ne sais pas. Je ne l'espère pas, en fait. Après, nous savons aussi que la White Threat a des moyens technologiques illimités, ils auraient pu identifier Eric d'une autre manière.

_ Peut-être…, répondis-je dubitatif. Tu penses à quelqu'un en particulier pour incorporer notre cellule ?

_ Pas vraiment… Cependant… je me disais…

_ Viens-en au fait, Carlisle, je n'ai pas toute ma soirée.

_ Je pensais qu'il serait judicieux de recruter un civil. Pas un soldat ou un super-flic. Quelqu'un de performant mais plus « passe-partout ».

_ Un civil qui aurait un mental d'acier, manierait les armes et les explosifs et aurait des aptitudes physiques et intellectuelles supérieures à la moyenne ? Mais ça risque de prendre du temps avant que je trouve la recrue parfaite, Carlisle ! D'ailleurs, est-ce que ce genre de personne existe ?!

_ Il suffirait de le former sur la partie opérationnelle. Un bon mental et des aptitudes physiques et intellectuelles seraient un bon début, Edward.

_ Je ne sais pas, répondis-je sceptique.

_ En fait je pensais à une femme, dit Carlisle tout-à-trac.

Silence.

_ Tu te fous de moi ?!, explosai-je.

_ Réfléchis deux minutes, Edward. Qui oserait soupçonner une femme de travailler pour une cellule aussi sensible du gouvernement ? Mieux encore, qui oserait penser qu'une femme puisse être un agent opérationnel ?

_ Tu as perdu la tête. Et quand bien même tomberais-je d'accord sur ton argument, cette fille-là est introuvable ! Je ne suis pas sexiste mais bon sang, Carlisle, physiquement, ce sera difficile de trouver une femme capable de se défendre contre des hommes formés au combat et assez résistante pour supporter la torture !

_ Des femmes l'on fait pendant la seconde guerre mondiale, mon petit. Relis tes bouquins d'Histoire.

Cette fois-ci, Carlisle était catégorique.

_ Ecoute, reprit-il, tu peux mettre Emmett, Jared et Jasper sur le coup. A vous quatre vous aurez plus de chance de débusquer la recrue idéale.

_ Vraiment, je ne sais pas si c'est de l'ordre du faisable, Carlisle.

_ On va faire un compromis. Je te laisse six mois pour trouver une fille capable d'intégrer la cellule. Si tu ne la trouves pas, on reprend nos habitudes et on recrute un homme.

_ Ca fait six mois avec un effectif réduit…

_ Alors à toi de te débrouiller pour trouver la fille parfaite dans un délai plus court.

_ Putain, Carlisle, tu ne peux…

_ Fin de la discussion, me coupa-t-il, j'ai une réunion et je suis déjà en retard. Tiens-moi informé de l'évolution de tes recherches.


3 mois plus tard

J'étais un peu désespéré, il faut l'avouer. Cela faisait un peu plus de trois mois que les mecs de l'équipe et moi écumions les salles de sport et les universités renommées à la recherche de notre future recrue. Une femme… Aucun d'entre nous ne pensait trouver cet être imaginaire. Carlisle était à côté de la plaque sur ce coup.

Il faisait une chaleur caniculaire cette nuit-là et j'arpentais les rues malfamées du Bronx lorsque je décidai qu'il était temps de boire une bière ou deux, histoire d'oublier la plus merdique des missions qu'il m'ait été donné d'accomplir.

J'entrai dans le premier bar de la ruelle, facilement repérable à son enseigne clignotante rouge et verte. « Little Italy ». Pas besoin d'avoir fait 20 ans de FBI pour deviner que ce bar miteux était un repère de la petite mafia italo-américaine.

Je m'installai à la table la plus au fond, côté fenêtre et dos au mur, histoire de garder l'œil sur les habitués à qui mon arrivée n'avait pas échappé. On n'est jamais trop prudent.

J'en étais à ma deuxième bière lorsque la porte s'ouvrit à toute volée, laissant entrer la plus belle, la plus étrange et la plus en colère des créatures.

Entre 1,65 et 1,70m, un corps voluptueux et tout en muscle, de longs cheveux bruns descendant en cascade jusqu'à la moitié de son dos, de grands yeux gris expressifs, une bouche petite et délicate. La peau mate et luisante de transpiration, la « bombe anatomique » était vêtue d'un mini-short en jeans absolument indécent et d'un débardeur à fines bretelles qui laissait entrevoir un soutien-gorge rouge. Complétez le tout avec des rangers lui montant à mi-mollets. J'étais totalement à la merci de cette fille.

_ Je veux voir Mario, où est-il ?, demanda-t-elle au barman sans autre forme de procès.

_ Il est absent, Bella, lui répondit-il en la dévorant des yeux.

_ Non, il est dans l'arrière boutique en train de compter ses billets ou de massacrer un pauvre gars qui lui doit de l'argent alors au lieu de me reluquer les nibards, va le chercher et dis-lui que je veux lui parler, espèce de demeuré.

Le barman sourit et partit dans l'arrière boutique. Quelques secondes après, un bel italo très apprêté accompagné de deux gardes du corps du « type molosse » vinrent à la rencontre de la jeune femme.

L'italo caricatural au possible scruta sans vergogne la dénommée Bella sous le rire amusé de ses complices.

_ Cara mia, tu as l'air bien énervée. Que me vaut l'honneur de ta visite ?

_ Je viens te rendre ton fric.

_ Je ne me souvenais pas que tu m'en devais, chérie. En ce que te concerne, j'aurais préféré un dîner aux bougies suivi d'une nuit d'amour passionnée, Bella.

_ Tu sais très bien pour quoi je suis là. Voici les 5000$ que te doit Charlie, répondit-elle en lui tendant séchement une lourde enveloppe.

_ Comme c'est touchant. L'arnaqueuse au grand cœur vient s'acquitter des dettes de son père de substitution…

_ Attention à ce que tu dis, Mario. Prends l'argent et ne t'approche plus de Charlie ou de son club.

_ Pas de menace, ma chérie. Je déteste ça. Et comme je te l'ai déjà dit, si tu veux que je laisse Charlie tranquille il te suffit de bosser pour moi. Tu seras bien payée et si tu passes tes nuits dans mon lit, en bonus, tu seras traitée comme une reine.

_ Va te faire foutre !

_ Dommage… J'aime bien Charlie…

Avant même que quiconque ait eu le temps de réagir, la jeune femme envoya un coup de pied retourné dans le sternum de l'italien qui s'écroula au sol dans un juron. Les deux colosses se jetèrent sur elle. J'aurais dû réagir. Elle avait manifestement besoin d'aide. Et pourtant, une part de mon instinct me dicta de ne pas intervenir. Protéger est dans ma nature, c'est même mon métier. Et puis la jolie Bella avait réduit mon sexe en une torche brûlante de désir. Pourtant je ne fis rien. Me contentant d'observer comment elle allait se sortir de ce pétrin mais prêt à me lancer dans le combat si ça devenait dangereux pour elle.

Un des colosses surprit Bella par derrière et la maintint contre lui en lui bloquant la gorge avec le pli de son bras. Elle ne chercha pas à se débattre. Au lieu de ça, elle prit appui contre lui et quand le deuxième homme s'apprêta à lui asséner un coup de poing dans le ventre elle lui balança ses deux jambes dans le bas ventre et se dégagea de celui qui était derrière avec un coup de coude bien placé dans les côtes. S'ensuivit une série de coups de poing et de clés de jambes, c'était incroyable. Cette fille ne se battait pas comme une furie, non, bien au contraire. Tout en elle était maîtrise, puissance contrôlée et grâce. Les coups étaient techniquement parfaits, analysés, réfléchis. Elle les évitait aussi bien qu'elle les portait. Freefight. Boxe peut-être aussi. Rien d'improvisé. Les muscles venaient de là. Son charisme aussi. Cette fille n'avait pas eu peur une seule fois.

Cette fille était notre future recrue.


Après cet épisode haut en couleur, la vidéo que j'avais prise de la lutte dans le bar avec mon téléphone nous conduisit à identifier la mystérieuse Bella.

Bella Doe, père inconnu, mère décédée lors du braquage d'une pharmacie qui avait mal tourné, recueillie et élevée par Charles Swan dit « Charlie » et qui lui a donné son nom, propriétaire d'un club de sport de combat exclusivement réservé aux hommes dans le Bronx. Diplômée en langues de l'université de New-York, puis disparue dans la nature, préférant les arnaques de haut-vol à une brillante carrière d'interprète. Vit dans Bronx où elle change régulièrement d'adresse. Pratique intensive du free fight et de la boxe, bonne résistance à l'alcool, pas de relation sentimentale, jamais de relation sexuelle suivie avec le même partenaire. Vie sociale quasi inexistante.

Bref, intelligente, belle à en crever, dangereuse… et seule.

Je la fis suivre pendant plusieurs semaines. Il ne lui en fallut pas autant pour convaincre sans qu'elle le sache les gars de l'équipe. Emmett, Jasper et Jared étaient subjugués.

La facilité avec laquelle elle blousait les riches pigeons, ses entraînements et ses combats dans la salle de sport, son affection indéniable pour le vieil irlandais, ses errances solitaires et nocturnes dans les rues du Bronx, tout chez elle m'intriguait… et me plaisait, et ça, ça me déplaisait.

Alors ce matin-là, lorsqu'Emmett la bouscula dans le van après l'avoir suivie au Starbuck, je peinai à garder le contrôle. Toute mon expérience professionnelle me disait qu'elle serait peut-être la meilleure des recrues pendant que mes instincts d'homme, eux, me criaient que j'allais au devant de gros, gros ennuis.

Après de longues secondes à nous observer, je pris sur moi pour lui dire :

_ Bonjour Mlle Swan. Je suis Edward Cullen, chef de la cellule USS. Bienvenue en enfer.