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Ses doigts se perdaient dans la chevelure poisseuse et claire de son amie qui dormait profondément dans ses bras, paisible et douce, tel un chiot qui retrouvait sa mère. Elles étaient baignées de sang, adossées contre le mur en ferraille qui avait servi à l'exécution, bariolé de rouge et de noir. À terre gisait une bonne douzaine de meisters de Shibusen, dans le silence apaisant rompu par les quelque gouttes de sang suicidaires, trépassant lorsqu'elle se jetaient dans les flaques de sang. Mais dans ce calme reposant, on ne pouvait aussi entendre qu'une faible respiration, désespérément seule. Il n'y avait personne pour lui dire que la forme dans ses bras ne rendrait à présent plus aucun souffle et que son corps maigre se raidissait au fil des minutes qui paissaient, transformant son corps au statut de cadavre. Cette vérité, quoique bien réelle, était pourtant difficile à envisager malgré ses yeux ternes et sa peau blafarde.
Et finalement, la lourde porte en ferraille s'ouvrit, l'éblouissant comme le vampire qui revoit la lumière pour la première fois depuis plusieurs siècles et qui voudrait mourir sans pouvoir s'empêcher d'observer la beauté de l'aurore. Mais aucun bruit ne parvint à son cerveau, comme si elle n'était que spectatrice face à cette scène. Seul un murmure pouvait être audible, un long et doux murmure qui semblait la pousser à mourir. Des armes furent pointées sur elle, certaines étaient effrayées, d'autre étaient horrifiées mais l'expression qui trônait sur la plupart des visages était simple; c'était de l'incompréhension. Et lentement, elle sombra dans un sommeil qu'elle crut éternel, comme un lourd coma qui dévorerait son âme toute entière.
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Ce fut la lumière bleutée de son portable qui la réveilla, éblouissant la meister encore dans son lit. Elle plaqua son traversin contre ses oreilles, attendant que la sonnerie du réveil se décide à cesser. Une fois que la mélodie agaçante fut terminée, elle se leva mollement, faisant sortir Blair de ses doux rêves par la même occasion. Ayant eu un sommeil agité, le chat s'était endormie au bout du lit pour éviter de se faire écraser, ce qui était arrivé trop de fois à son goût. Elle suivit la jeune femme jusque dans la cuisine et se roula dans l'un des pulls que Soul avait laissé traîner, ronronnant de bonheur. Il faisait froid dans l'appartement en cette saison et Maka préférait porter des pulls et user de bouillottes plutôt que d'allumer le chauffage. C'est donc emmitouflée dans l'une de ses couvertures en plumes qu'elle prépara du café et le petit déjeuner, sans oublier de cuisiner celui de son partenaire. Son cerveau était encore déconnecté et le reste de son corps marchait de façon automatique alors elle se mit à paniquer quand elle s'aperçu que les tasses habituellement posées sur le comptoir n'étaient pas à leur place.
C'est à ce moment là que Soul, intrigué, arriva dans la pièce. Il sourit devant ce spectacle et sortit deux tasse qu'il mit sous ses mains pour qu'elle les saisisse, évitant ainsi à son système d'afficher le message ''FATAL ERROR''. Sans prêter attention à lui, Maka alla les déposer sur la table alors qu'il s'asseyait sur une des chaises et l'observait faire son rituel matinal. Ses yeux vagabondèrent à travers la pièce silencieuse dans lequel il pouvait entendre ses oreilles siffler, résultat de bien des années à écouter de la musique trop fort. Il se saisit de la télécommande et alluma la télé, n'arrivant toujours pas à réveiller la blonde emmitouflée dans sa couverture à carreaux roses et bleus. Il observa la nuit à travers les fenêtres, sombre et nuageuse en ce mois de novembre.
Finalement, assez réchauffée, Maka laissa tomber son armure de coton et continua de cuisiner sans elle pour enfin servir son arme démoniaque qui bava devant son plat. Blair vint se blottir sur les genoux du jeune homme qui s'empressa de préciser qu'il ne céderait pas à ses quémandages. La meister fit couler du sirop d'érable sur sa gaufre et croqua dedans, semblant ailleurs.
« Tu as bien dormi? demanda Soul.
-Plutôt, oui. Et toi? »
Le jeune homme ne répondit pas, sachant très bien que cette question n'existait que pour meubler la conversation. Mais étonnamment il n'en fut rien puisque Maka insista pour savoir la réponse à la question qu'elle venait de poser.
« Il fait froid...
-Fais comme moi, prend plusieurs couettes. »
L'arme démoniaque ne put s'empêcher de sourire à ce jeu de mots visiblement non intentionnel de Maka qui lui adressa un regard curieux.
« Tu oublies que j'aime bien dormir sans couverture. »
Elle haussa les épaules et but une gorgée de son café en se levant, lui laissant la tâche ingrate de la vaisselle qu'il détestait tant, pour se diriger vers la salle de bain où elle fit couler de l'eau avant de se doucher. Le bruit de la pluie artificiellement chaude lui permit d'étouffer ses pleurs et d'effacer ses larmes qui lacérèrent ses joues rosies par la chaleur. Après quelques minutes, elle sortit de la salle de bain et fila vers sa chambre tandis que Blair s'engouffrait dans la pièce emplie de vapeur. La jeune femme enfila son uniforme qu'elle avait lavé pendant la nuit et se dirigea vers la sortie avec Soul.
« Tu veux que je t'accompagne? lui demanda-t-il, ayant été attentif à leur discussion de la veille. »
Il essuya une réponse négative et dût prendre sa moto pour aller seul à Shibusen. Cependant, en arrivant à l'école des dieux de la mort, il s'avéra que personne n'avait vu sa manieuse ce matin. Agacé, il conclut qu'elle devait s'être arrêté quelque part en chemin et qu'il faudrait qu'il aille voir maître Shinigami seul. C'est en ronchonnant qu'il se rendit dans son bureau aux murs inexistant, empli des tombes de Death Scythes légendaires et de leurs meister. Comme à son habitude, il accueillit l'arme démoniaque d'une humeur bien matinale.
« Bonjour Soul!
-Yo, maître Shinigami. Mauvais temps, hein? ironisa Soul en regardant le ciel gris par les fenêtres encrée dans le ciel bleu infini.
-Effectivement! Mais passons, veux-tu; je suis sûr que ce que j'ai à te dire sera difficile à encaisser pour toi mais je te pris de m'écouter. Même si tu l'ignores, tu te doutes bien de ce qu'il se passe, n'est-ce pas?
-Je ne vous comprend pas, que voulez-vous dire?
-Je vais mettre Maka avec Marie pendant quelque temps afin qu'elle apaise sa longueur d'onde et comme tu le sais, son efficacité n'est plus à prouver.
-Je comprends.
-Pendant ce temps, tu feras équipe avec Anna. Et si les choses évolues entre vous deux, il se pourrait que vous restiez en équipe définitivement. »
Soul n'entendit pas la suite de ce que lui disait le dieu de la mort, trop bouleversé par ce qu'il lui avait dit quelque secondes plus tôt. Il ne resta plus que lui et le vide de ce silence angoissant qui bourdonnait dans sa tête.
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Ses yeux s'ouvrirent péniblement à la lumière du jour qui filtrait à travers les rideaux blancs et qui réchauffait son corps endoloris. Le réflexe instinctif qu'elle eut de se couvrir les yeux à l'aide de sa main fut honorable mais sans grande aide puisqu'il s'avéra que quelque chose la retenait. Confuse, elle essaya de se ressaisir en s'asseyant mais la souffrance la plaqua au matelas sur lequel elle était allongée. Une peur panique lui prit les tripes, sa respirations était soudainement devenue pénible et elle avait l'impression que sa gorge allait s'ouvrir en deux et faire tomber sa tête. Elle tenta de dégager sa main qui restait bloquée par quelque chose mais plus elle forçait, plus elle avait l'impression que c'était sans espoir tandis qu'elle sentait quelque s'encrer douloureusement dans son poignet. Furieusement, elle tirait encore et encore. Elle voulait désespérément se libérer, prête à s'arracher le bras s'il le fallait.
Alors son regard s'orienta vers le sujet de son angoisse et elle découvrit qu'elle était menottée à l'un des barreaux du lit. Incompréhension et angoisse défilèrent dans ses yeux, car elle savait que celui qui l'avait mise là avait des raisons de le faire, et de bonnes, qui plus est. Des larmes coulèrent sur ses joues alors qu'elle se rappelait de l'acte irréparable qu'elle avait commis. Elle sentit une main saisir son poignet et y passer lentement un tissu imbibé de désinfectant pour nettoyer la plaie. Assis à sur une chaise disposée près de son lit, Spirit nettoyait le sang qui avait coulé sur sa peau. Les marques de menottes n'étaient pas récentes et prenaient une couleur noirâtre à force d'être frottées. Le death scythe semblait exténué, le regard hagard et le teint sale. Depuis combien de temps était-elle couchée ici?
« Papa? Soupira-t-elle. »
L'homme releva la tête et la foudroya d'un regard partagé entre fureur profonde et inquiétude désespérée. Quand il eut fini de nettoyer les coupures, il jeta le tissus à la poubelle d'un geste colérique en se tournant vers sa fille.
« Qu'est-ce qui t'as pris? Tu es devenue complètement folle?! Pourquoi tu as fais ça? »
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Maka était assise calmement, les yeux clos, sur un large banc noir dans une des vielles rues de Death City, écoutant les bruits autour d'elle. Les chauds rayons du soleil l'enveloppait et elle se faisait une joie de remplir ses poumons de l'air pur à grande goulées. Son cerveau était comme déconnecté et elle surpris son cœur à ralentir au fur et à mesure que les minutes passaient. Mais l'air changea soudainement, devenant sec et pesant d'une odeur profonde de sang frais. Les oiseaux se turent, elle ne sentit plus le vent lui brûler glacialement la peau, son corps était autre part. Le vent soufflait dans les cheveux de la jeune femme, portant des bruits de pas dans le lointain qui se rapprochaient d'elle ainsi que celui d'un grincement régulier. Le temps semblait ralentir à mesure que la personne qui marchait avançait vers elle. Maka n'osait pas ouvrir les yeux, de peur de voir quelqu'un qu'elle ne désirait pas. Une main froide se posa sur sa joue et elle ne pût s'empêcher de sentir un long frisson le long de sa colonne vertébrale. Son corps, déjà engourdi, se raidit plus encore. Lugubrement, une plainte s'éleva et une douleur atroce se propagea dans son poignet.
Sans le vouloir, elle ouvrit ses yeux émeraudes, haletante. Elle était de nouveau dans la rue de Death city sous le soleil radieux d'un matin d'hiver, essayant de se convaincre qu'elle venait d'avoir une hallucination déroutante; une hallucination qui avait laissée un hématome noir de la forme d'une main sur son poignet. Elle tenta de le couvrir avant d'avoir le souffle coupé par le vent glacial qui s'écrasa sur sa gorge. Alors, une frayeur sans nom s'empara d'elle et lentement, elle toucha fébrilement son cou, e bandage qu'elle avait mit n'était plus là. Le froid a un effet endolorissant, qui vous fais trembler; mais ce n'était pas à cause de ça que les membres de Maka était secoués: son reflet dans la vitrine de l'autre côté de la rue l'effrayait.
Elle se voyait assise sur ce banc noir et sa gorge n'était plus couverte, mais il y avait une distorsion de la réalité. Le reflet qu'elle voyait dépeignait une jeune fille blonde habillée d'un long manteau noir couverte de sang dans une rue dont les bâtiments en ruines étaient noyés de brouillard. Mais le plus effrayant était la silhouette noir qui s'élevait derrière le banc et qui semblait la regarder froidement. Un filet de sang fin comme une aiguille coula le long du cou de Maka qui s'empressa de l'essuyer. Elle traversa la rue en quelque enjambées et se colla à la vitrine pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur et lentement, la forme noire disparue, telle une fumée noire. Il ne restait plus que la meister face à son propre reflet, seule et ensanglantée.
Des mains surgirent de derrière et l'attrapèrent pour la mener à une rue sombre. Elle se débâtît pour se séparer de son agresseur mais s'aperçut que c'était Soul, la regardant d'un air inquiet et désespéré. Il toucha la large plaie sur le cou de sa meister puis retourna ses yeux vers sa partenaire, terrifier. Il enleva son foulard et l'enroula autour de sa cicatrice puis la prit dans ses bras sans mot dire. Maka ferma les yeux de nouveau, cherchant à partir sans qu'elle ne puisse y parvenir.
« Je ne poserais pas de question, Maka, je te jure. murmura-t-il. »
Il l'emmena à leur appartement, fébrile et angoissé, afin de nettoyer les plaies de sa meister. Il fit couler de l'eau chaude dans une bassine et se procura un pansement dans l'armoire de la salle de bain. Il avait vu quelque chose qui l'avait terrifié dans cette ruelle, quelque chose qui semblait l'éloigner plus encore de la vérité et du tempérament secret qu'elle avait en ce moment. Mais quand il revint, il rencontra ces yeux verts qui semblait si lointains mais pourtant bien présent; les yeux de Maka qui réfléchissait de manière trouble, emplis de doutes. Jamais de toute ces années passées avec elle il n'avait vu une telle expression se dessiner sur son visage et il craignait que la jeune femme sois sous l'emprise d'une folie insidieuse, pire que celle de Stein qui se décelait facilement.
Doucement, il nettoya sa plaie rouverte et y posa un pansement blanc pour finir par enrouler sa gorge dans une épaisse couche de bandage. Elle posa sa tête contre son torse et le remercia silencieusement avant d'entendre quelqu'un sonner à la porte. Précipitamment, ils se relevèrent tout deux pour ranger le matériel de premier secours et aller ouvrir à la porte. Black*Star sonnait à la porte secondé par Tsubaki, gênée d'un tel comportement chez son meister. Dès que Soul lui ouvrit, il lui sauta dessus pour le ruer de coup amicaux, réaction typiquement masculine qui échappait aux filles qui se regardèrent d'un air dubitatif.
Maka dût préparer un repas pour leur amis qui revenait d'une mission périlleuse au Pérou et qui en avaient marre de ne manger que de la soupe de lentilles. Mais comme d'habitude, elle resta absente à table, assise à côté d'eux, mangeant calmement. Elle repoussa les brèves mais multiples tentatives de Tsubaki essayant de la faire parler, esquissant une moue souriante ou donnant une réponse vague à ses questions. Elle et Soul n'avaient pas vraiment clarifié certaines choses et elle aurait préféré qu'on la laissât dans son coin pour le reste de la soirée. Mais tout compte fais c'était une bonne chose que leur amis soient passés, évitant de se retrouver face à cet angoissant silence qui meublait le néant de sa vie, reportant par ailleurs la confrontation que son partenaire avait l'intention de lui imposer et dont le sujet ne l'enchantait pas tant que ça.
« Au fait, Maka, entreprit Tsubaki une fois de plus, comment s'est passé votre dernière mission, de votre côté?
-Plutôt bien, elle a été fructueuse. Nous devions combattre une sorcière et nous l'avons fait avant la fin du temps impartit.
-Comme d'habitude, alors!
-Mais vous ne nous doublerez jamais! rétorqua Black*Star, gorgé d'orgueil.
-Ce n'est pas une course, rétorqua la japonaise, agacée. Tu penses vraiment trop à la compétition.
-Et tout le monde sait que Maka est meilleure que toi. ajouta Soul pour en remettre une couche. »
Les deux garçons se regardèrent, chacun esquissant un sourire provocateur sur le visage devant Maka et Tsubaki qui commencèrent à débarrasser la table d'un air désabusé. La cuisine était spacieuse pour leur appartement et permettait aux deux filles d'y circuler librement en se faisant la conversation.
« Désolé d'être passé à l'improviste, Black*Star tenait vraiment à vous voir.
-Ce n'est pas grave, ça change un peu d'avoir du monde.
-Il s'est passé beaucoup de choses pendant notre absence?
-Non, rien de spécial, des sorcières, des oeufs du grands dévoreurs et puis rien d'autre. Je crois que nous avons le droit à un petit répis en ce moment. Ça change d'Asura et d'Arachnaphobia, si on veut.
-C'est vrai, j'espère que ça va durer. »
Le visage de la meister fut teinté d'un doux sourire face à la sincère naïveté de son amie face à son vœux impossible. Il y aurait toujours des sorcières avides qui voudront changer le monde, tout comme Médusa l'avait fait quelques années auparavant. Des individus voulant répandre la folie étaient nombreux et se comptaient par millions. Son cœur se resserra à l'idée que d'autres personnes telles que Chrona erraient dans l'obscurité, perdus et désespérés. Son regard pensif n'échappa nullement à Tsubaki qui posa ce qu'elle avait dans les mains et vint l'étreindre. Elle avait toujours eut des allures de sœur aînée et mature que Maka appréciait, faisant office de confidente pour ceux qu'elle aimait. Mais cette fois ci, la jeune femme sût que son attention ne produirait rien chez elle.
Ainsi, quand il fut l'heure de partir pour Black*Star et elle, Tsubaki ne pût s'empêcher de s'en aller avec un arrière goût d'impuissance au fond de la gorge. Regardant Maka une ultime fois, son visage s'étira pour l'éclairer d'un sourire réconfortant auquel la meister répondit sans y mettre son cœur. Quand la porte se referma et qu'elle se retrouva seul avec son partenaire, l'arme démoniaque le regarda d'un air grave, une lueur d'inquiétude dans les yeux. Il lui répondit par un regard qui se détourna, signe qu'il valait mieux ne pas engager la conversation. Cependant, l'un comme l'autre ne pouvaient ignorer cette situation bien longtemps et savaient qu'un jour où l'autre, ils devraient faire quelque chose pour leur amie, que ce soit retirer cette épine profondément encrée en elle et qui la faisait tant souffrir; ou bien l'achever pour faire cesser cette douleur qu'elle cachait dans on coeur.
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Ce sentiment malsain l'avait réveillée aux environs de trois heures du matin, son sang se glaça soudainement dans ses veines et ses mains s'agrippèrent à ses couvertures dans un accès de frayeur. Dans le coin de la pièce se dressait la même ombre qu'elle avait vue dans le reflet de la vitrine, grande et sombre, courbée telle un bossu. Maka se redressa tout en écoutant la respiration rauque qui résonnait dans la pièce, terrifiée par cette créature qui la suivait. Lentement, elle montra quelque chose de son doigt osseux. La jeune femme regarda dans la direction que lui indiqué son ''hôte'', il montrait un point rouge dessiné sur la carte représentant le désert du Névada. Elle se leva et examina de plus près l'endroit qui n'était pas bien loin d'ici et quand elle se retourna vers l'ombre, elle avait disparue.
Saisissant son manteau, elle enfila des vêtements et prit les clefs de la moto de Soul avant de passer discrètement la porte d'entrée pour se rendre à l'endroit indiqué. Il était vrai qu'aller là bas était fou, insensé et même peut être bien suicidaire, mais elle devait savoir ce que cela signifiait. Elle sortit de Death City et roula dans le grand désert pendant une trentaine de minutes, laissant derrière elle une fumée de sable provoqué par les roues du véhicule. Une fois arrivée sur les lieux, elle reconnu bien l'endroit: le cimetière des Grands Dévoreurs. C'était là qu'étaient enterrés tout ceux qui menaçaient dangereusement Shibusen et elle savait qui se trouvait là. Quand elle examina la carte qu'elle avait emporté avec elle, son regard vérifia la position exacte du point, ses connaissances personnelles aidant.
Mais elle savait exactement où aller. Elle lâcha la carte au moment où elle vit une fleur qui s'épanouissait sous la lumière de la lune, une plante noire comme la cape de Shinigami poussant au beau milieu du désert. Ses mains tombèrent au sol pour gratter la terre aussi dure que de la pierre et elle regretta de ne pas avoir apporté de pelle. Il n'y avait qu'une chose qu'elle pouvait trouver ici, de toute façon et ce qu'elle cherchait était bel et bien un corps. Ses doigts ensanglantés creusèrent encore et encore, jusqu'à ce que la terre, gelée par le froid, décide à s'effriter sous ses doigts. Au bout de quelque temps, elle fixa ses mains abîmées et décida de prendre quelque chose de plus efficace. Le bout de boit qu'elle prit dura un temps mais fini par s'effriter jusqu'à ce qu'il se casse sur quelque chose.
Maka regarda attentivement ce qui avait posé problème pour se rendre compte qu'un crâne était enterré sur la terre, et pas n'importe lequel. Alors elle le déterra et le saisit fébrilement entre ses doigts partagée entre colère, tristesse et soulagement. Elle tint le crâne au creux de sa poitrine, comme elle avait tenu la tête de Chrona il y avait exactement trois ans. Et une chose n'avait pas changée: dans les deux cas, son amie était morte. Au milieu du désert s'élevèrent des pleurs que seule la lune pût entendre, observant les deux silhouettes qui se détachaient du reste du paysage, sans pour autant que l'une d'entre elles ne puisse voir l'autre.
