Chapitre 1 : alléluia ! Enfin la rentrée.

Poudlard express, dans un wagon désert, à plus de 200 kilomètres heures et le premier septembre de l'année 1976. Je rêvassais bien heureuse que j'étais. « Débarrassée», un adjectif qui à ce moment précis m'allait comme un gant, oui j'étais débarrassée. Débarrassée de l'ambiance sinistre de mon très cher « chez moi », de mes parents adorables mais tellement agaçants à tout essayer pour nous rapprocher. Le « nous » c'était mon frère jumeau et moi-même. Oh mais oui j'allais oublier, j'étais débarrassée, à moitié, de Théophile, ou Théo, mon frangin insupportable et détestable. Bon d'accord, il est lui aussi à Poudlard (à mon plus grand désespoir, je vous l'avoue) mais ne faisant pas partis de la même maison je ne le voyais que rarement, ô bonheur.

Mais que fais-je ? Je présente mon prétendu frère avant moi, catastrophe ? C'est certain ! Moi, sorcière de sixième année, blonde et yeux bleus (banale ? vous vous foutez de moi j'espère !), je me prénomme Tatiana Collina. Et ce n'est pas rien, vous pouvez me croire ! Mon père est le plus grand emmerdeur jamais connu sur Terre et à travers les âges (univers moldu et sorcier mélangés), il est détesté par toute la communauté sorcière et par les rares moldus ayant eu l'honneur de le rencontrer. Mais moi je l'adore littéralement, c'est le membre de ma famille qui a le plus d'humour (noir, mais humour quand même), je m'amuse comme une folle avec lui. Ma mère ? Tout à fait normale, à part le fait qu'elle supporte mon père, ce qui fait d'elle une personne mythique, presque légendaire, d'après mes camarades. Elle est extrêmement gentille, en faite pour faire court, c'est l'exact opposé de mon père. Les contraires s'attirent ? Oui, c'est la seule explication que j'ai trouvé pour ce fait relevant de l'extraordinaire. Belle présentation ? Oui je suis assez fière de moi mais elle ne serait pas complète si je ne vous informais pas d'un détail, minime certes, mais qui a son importance ; Serpentard est ma maison. Pas très original, beaucoup de sorciers y sont allés, mais dans mon cas ce n'est pas ce qu'on peut appeler le top du top. Ma mère, ancienne griffondor et fière de l'être, a eu un véritable choc quand elle l'a appris. Mon père quand à lui a été furieux, pendant près d'un mois, m'envoyant des beuglantes toutes les semaines et même plus si le cœur lui en disait. Lui aussi avait été envoyé dans cette maison et l'avait haït dés le premier jour. Pourquoi ? Il n'a jamais voulu me le dire. J'ai bien eu quelques suppositions mais rien de vraiment concret. La non-pureté de son sang ? Surement pas ! Collina est l'une des familles les plus pures d'Italie, mon père est l'exemple même de la pureté. Bref, entre les insultes postales de mon père et celles verbales de mon frère, mon premier mois en tant qu'apprentis sorcière a été de loin le pire qu'il m'ait été donné de vivre, ou plutôt de subir. Bien heureusement, mon père s'est vite calmé, allant jusqu'à s'excuser de son comportement, évènement à jamais marqué dans l'histoire.

Me coupant dans mes pensés, la porte du compartiment s'ouvrit sans douceur. Je vis débouler une véritable furie blonde. Aurore Dubois. Ma meilleure amie depuis…un bon bout de temps. Elle aussi serpentarde, et elle aussi, sa famille ne l'a pas super bien pris. Sa famille était abonnée à Serdaigle depuis des générations et voilà que la petite dernière débarque à serpentard. Autant dire que sa mère à frôler la crise cardiaque, mais avec le temps, elle s'y est fait… comme la mienne !

_Tati ! Je peux savoir pourquoi tu as posé tes fesses dans le dernier compartiment ? Je t'ai cherché pendant…une demi-heure !? Beugla ma chère meilleure amie.

Bon, j'ai peut-être oublié quelques petits détails ; Aurore Dubois est la pire des garces de tout Poudlard. Vaut mieux ne pas être son ennemi, vous pouvez me croire. Les autres disent que je suis pire mais j'en doute fortement. La dernière personne à l'avoir bousculé, s'est retrouvée à plonger la tête la première dans le lac, sous le rire dément de mon amie. « Tati » ? Hum, oui, c'est un de mes nombreux surnoms, made in Dubois. Mais ça varie, Tati à Titi, Titine, passant même par Tata ou Tatinette, de Tina à Tiana, Nina… Bref bon nombre de petit nom plus ridicules les uns que les autres. J'ai longtemps protesté mais mon amie est d'un tel entêtement que j'ai vite compris que c'était inutile. Pas bête la guêpe !

_Tant que ça ? M'exclamais-je faussement désolée, un sourire mauvais aux lèvres.

Elle éclata de rire, et secoua la tête faisant virevolter ses courts cheveux bouclés, blonds virant sur le roux. Nous étions toutes les deux blondes mais pas du tout de la même nuance ; moi, ils étaient d'un blond doré et complètement lisse et m'arrivaient aux épaules. D'un coup de baguette, ses valises allèrent se poser dans le porte bagage. Elle s'assit en face de moi, me vrillant de son regard chocolat.

_Alors, tes vacances ? me demanda-t-elle.

_Nul, marmonnais-je. Mais tu étais déjà au courant, il me semble qu'on s'est envoyées une bonne centaine de lettres toute les semaines, finis-je, ironique.

_Ce que tu peux être de bonne humeur à la rentré, toi, ça ferait presque peur, s'amusa-t-elle.

_Vas te faire cuire un œuf de dragon, Laura, lâchais-je, énervée.

Pourquoi Laura ? Tout simplement parce qu'Aurore détestait son prénom, Il n'a pas fallu longtemps pour qu'on la rebaptise. Laura étant assez proche d'Aurore, nous l'avons choisi. Nous avions passé toute une nuit à la recherche d'un prénom convenable, et Laura, étant compliquée, refusait toutes mes propositions. Ce n'est que le lendemain, alors qu'on rattrapait notre nuit blanche en Histoire de la magie, qu'Aurore a eu LA révélation. Cette merveilleuse aventure m'a quand même valu un T en histoire de la magie !

Laura s'installa à son aise sur la banquette ; c'est-à-dire allongée sur tout un tas d'oreillers qu'elle avait fait apparaître. Elle me souri, narquoise, et me demanda:

_Alors, comme ça, t'es préfète ? Quand j'ai su ça je suis tombée de ma chaise tellement je riais.

_Dommage que tu ne t'es pas cassé le cou, lui répondis-je calmement.

Je ne lui avais pas annoncé la nouvelle mais je savais parfaitement qu'elle le saurait. Son père était un grand ami de Dumbledore, Il était au courant de tout et du coup, sa fille aussi.

_Menteuse ! Je t'aurais affreusement manquée, dit-elle fièrement.

J'éclatais de rire mais elle avait raison, le monde sans elle n'aurait rien de marrant.

_N'empêche, les profs sont tombés sur la tête. Toi, préfète ? Les bouffondors vont perdre tous leurs points.

_Pour ça, tu peux me faire confiance. Ils vont pleurer !

Sur ces paroles, nous partîmes dans un fou rire assez étrange mais on ne peut plus sadique.

_Je déteste ces calèches !

_Qu'est ce que tu ne détestes pas, Laura ? Demandais-je avec ironie.

_Toi, et je dois être la seule ! Balança-t-elle sauvagement.

J'éclatais de rire devant cette réflexion tout à fait véridique.

_Et ça te fait rire comme une béquasse ! T'es vraiment un cas désespéré… soupira-t-elle en levant les yeux au ciel, noir et étoilé.

Nous étions dans une calèche, qui, dit-on, est tirée par des sombrals invisibles aux yeux des personnes qui n'ont vu personnes mourir. Je ne les vois pas et je ne m'en plain pas ; Laura m'a dis qu'ils étaient moches ! Laura a vu sa tante mourir à sainte Mangouste quand elle avait dix ans.

_Alors nous sommes deux, ma vieille ! Rétorquais-je avec mon sourire en coin.

_Non, moi je n'en ris pas. Bien au contraire, cette haine maladive que me portent nos très chers camarades m'attriste beaucoup, Déclara-t-elle faussement désemparée, une main sur son cœur.

_Je n'en doute pas ! Raillais-je avant de bondir en dehors du véhicule.

_Poudlard, enfin ! Comme tu m'as manqué mon château préféré, dis-je en faisant de grands gestes théâtraux et en fixant l'école de sorcellerie.

_bien, désormais tu ne pourras plus démentir ; Tu es complètement chtarbée ! S'écria la blondasse qui me servait d'amie. Tu parles à un château !

_Et alors ? C'est une école de magie, si ça se trouve il peut me comprendre, expliquais-je avec violence en la fusillant des yeux.

_Mais bien sûr ! Je n'en ai jamais douté.

_Mais arrêtes donc de t'empiffrer de cette façon !

_Je fais ce que je veux !m'exclamais-je, la bouche pleine.

_Berk ! Prononça Laura, dégoutée.

Je rigolai devant sa mine écœurée, et me resservit des pommes de terres.

_On ne te nourris pas chez toi ? Demanda narquoisement le garçon à côté de moi.

_Je n'étais pas d'humeur de manger, j'étais désespérée. Tu me manquais tellement, mon Lulu ! Déclarais-je, en regardant Malefoy.

_Tu n'as pas perdu ton humour débordant, à ce que je vois ! Railla-t-il alors que je retournais à mon assiette.

_Tu aurais été trop déçu, rétorqua Laura, doucereuse.

_Je ne crois pas t'avoir parlé Dubois, Lui répondit le blond.

_Et alors ? Je n'ai pas besoin de ton consentement pour t'adresser la parole !

_Disons que toute la table serait soulager que tu la ferme.

Et ils continuèrent à s'engueuler à qui mieux mieux. J'aurais bien aimé y participer mais j'avais mieux à faire ; comme par exemple, remplir mon ventre. Ah ce très cher Lucius, qu'est ce qu'il était amusant de discuter avec lui…

_Alors ce vieux fou de Dumbledore, t'as choisi comme préfète ? me demanda Malefoy en ignorant mon amie qui était à deux doigts de lui balancer son assiette à la figure.

_On dirait… marmonnais-je en le regardant de nouveau, mais le pire c'est qu'il t'ait choisi aussi ! Lui lançais-je, moqueuse.

_Tu dois aussi savoir que ton stupide frère l'est aussi, me répondit-il sans prendre en compte ma pique.

_Tu dois être heureux, ça vous rapprocheras. Mais un conseil, fais le premier pas parce que Théo est bien trop coincé, lâchais-je sous les rires de Laura.

Malefoy, rouge de colère, se leva et cria :

_Tu vas regretter d'avoir proférée ces conneries, Collina ! On ne se fou pas d'un Malefoy impunément.

Laura et moi étions pliées de rires à en tomber de nos chaises. Il n'y a rien de plus ridicule de voir Malefoy criant comme une fillette effarouchée ! Se croyait-il menaçant ?

_Arrête ton cirque, Malefoy ! Lâcha Laura s'étant calmée, ce qui était loin d'être mon cas.

_Ne t'inquiètes pas Dubois, toi aussi tu gouteras à ma vengeance, menaça le blond en se ruant vers la sortie laissant un silence dans la pièce.

Enfin silence, c'était vite dis ! Deux folles hurlaient de rire à la table des serpentards ; et j'étais fière d'être l'une d'elles.