Re-bonjour tout le monde !

Etant donné que je ne vous ai pas donnés grand chose à vous mettre sous la dent, je vous propose la suite de cette fiction dès maintenant. Je ne sais pas du tout ce qu'elle vaut, alors n'hésitez surtout pas à me le dire !

HuddyAleja : Merci pour ce message de bienvenue ! En espérant que cette suite t'intéressera tout autant :).

CoolMhouse : Ah ! Moi aussi je reconnais ce pseudo :). Mélodie ? Poésie ? Whao, que de beaux qualificatifs. Je suis contente de savoir que cette courte introduction te donne envie de découvrir la suite. Merci beaucoup pour cette review très encourageante, en espérant que cette suite t'enchantera tout autant :).

Bonne lecture !


Sa voix était en tous points identiques à celle gravée dans ses souvenirs. Son ton était suppliant, presque supplicié. Mais il ne voulait pas l'entendre, ni même cautionner son apparition. Il souhaitait simplement qu'elle s'évapore et le laisse vivre seul face à ses derniers instants. Elle n'avait pas le droit de lui voler une nouvelle partie de sa vie.

« Va t-en. » parvint-il à articuler.

Aucune réponse à son injonction. Et pourtant, il était certain qu'elle se trouvait encore à quelques centimètres de lui. Au-delà des brûlures causées par les flammes, il parvenait à sentir la chaleur de sa présence. Il savait qu'elle attendait qu'il soit prêt à l'écouter.

« Jamais. Disparais. » cracha-t-il, dans un mélange de mépris et de désespoir.

Il tressauta. Une main venait de se poser sur son épaule. Et la brûlure qu'elle lui infligeait était plus atroce que toutes celles qui recouvraient déjà son corps. Le paroxysme de la douleur n'avait d'égal que le poids de ce toucher.

Il voulut la chasser, mais n'en eut pas la force. Au lieu de cela, il cracha ses poumons, asphyxié par l'épaisse fumée qui prenait davantage ses aises dans l'exiguïté de la pièce. Il sut alors qu'il ne pourrait jamais l'évincer comme sa volonté le lui dictait.

« House.. » s'apitoya à nouveau la voix.

L'intonation se voulait encore plus bouleversante. Sa portée, elle, eut pour effet d'accentuer sa souffrance.

« Arrête.. » supplia-t-il.

Il savait pourtant qu'elle ne s'arrêterait pas avant la fin. Elle resterait là, à ses côtés, à le regarder s'éteindre à petit feu, en murmurant son nom au creux de son oreille tant qu'il continuerait à la rejeter.

« House.. » entendit-il une fois de trop.

Il ne voulait pas l'écouter, mais la douleur devenait trop aiguë.

« Parle. » plia-t-il en espérant l'atténuer.

La pression sur son épaule cessa. Il inspira et expira longuement, se délectant du semblant d'air qu'il imaginait retrouver au milieu de l'immense quantité de fumée ingérée. Mais il ne profita qu'un court instant de l'infime apaisement qui lui était offert.

« Je sais ce que tu vis.
_ Je ne pense pas. rétorqua-t-il aussi sèchement que cela lui était permis.
_ Tu as tout perdu, sinon tu ne te laisserais pas mourir au cœur d'un incendie.
_ Qu'est-ce-que tu veux ? interrogea-t-il, essoufflé et agacé.
_ Je ne sais pas. »

Il peinait à respirer et gaspillait son énergie en posant des questions sans réponse. Il ne savait même pas pourquoi il se donnait la peine de lui répondre.

« Tu veux que je vive ?
_ Je ne veux plus que tu souffres comme tu souffres à ce jour.
_ Si tu n'étais pas partie, je n'en serais pas là aujourd'hui. trouva-t-il la force de répliquer, avec le ton empli de reproches qui était de rigueur.
_ En es-tu sûr ? »

Ce n'était pas vraiment Cuddy. Il ne la ferait jamais plier à coup de culpabilité.

Il laissa la question en suspens, confronté à l'incertitude. Les événements auraient-ils été radicalement différents si elle était restée ou aurait-elle dû affronter sa déchéance ? Personne ne le saura jamais. Mais il était persuadé que bien des choses auraient changé.

« Je ne peux rien affirmer. Les "Et si.." ne sont faits que d'hypothèses. » souffla-t-il avec ce qui se voulait être presque un murmure.

Sa déclaration resta sans écho. Il n'y avait rien à ajouter face à une vérité manifeste, finalement admise par chacun. Le sujet était clos.

« On aurait pu être heureux. reprit-elle sans attendre.
_ En es-tu certaine ? l'imita-t-il, refusant de les laisser bercer dans des illusions.
_ J'aime y croire. »

Il appréciait son honnêteté. Elle lui faisait moins mal qu'une complaisance dans le mensonge.

Elle avait eu foi en leur couple. L'espoir qu'elle y avait placé n'avait pas toujours été déchu. Et encore aujourd'hui, il n'aurait pas été étonné d'apprendre qu'elle nourrissait un remords. Celui de savoir que l'histoire aurait pu mieux se terminer.

« D'un côté, je ne veux pas que tu meurs. D'un autre, je n'ai pas le droit d'être aussi égoïste. »

Son cœur étouffé se serra. Cet aveu, mêlé entre sincérité, lucidité et craintes inavouées le touchait, si bien qu'il cessa de lutter et se retourna pour lui faire face.

Une violente quinte de toux le reprit. Sa respiration devenait de plus en plus pénible et acquis un caractère beaucoup trop anarchique. Il sentait le regard de la jeune femme porté sur lui tandis qu'il tentait de mettre un terme à sa suffocation. Lorsqu'enfin elle cessa, il replongea dans les yeux bleus qui lui faisaient face.

« C'est ton choix, il t'appartient. Je ne peux et ne veux pas influer dessus. J'aimerais seulement m'assurer que c'est le bon. »

Ses intentions étaient louables. Il hocha la tête comme pour accepter de discuter car au fond, il ne savait pas vraiment quelle était la meilleure décision à prendre.

« La mort n'intervient que s'il ne subsiste aucune raison de vivre. reprit-elle face à toute son attention.
_ Je n'en vois justement aucune. Tout est sombre, sans espoir et voué à être réduit en cendres, tout comme ce bâtiment. avança-t-il par intermittence, entre quelques respirations chaotiques.
_ Il faut vivre et vouloir s'en sortir pour espérer voir le meilleur. » raisonna-t-elle en lui saisissant la main.

Troublé, il porta son regard sur le plancher du premier étage rongé par les flammes, au chatoiement fascinant, presque envoûtant. Elles continuaient à mener une danse enflammée, attendant patiemment l'heure où elles pourraient enfin sceller son sort.

Mais alors qu'il cherchait la solution, il entendit un léger craquement, signe avant coureur d'un effondrement. Sitôt qu'il comprit, une montée d'adrénaline lui permit de puiser de l'énergie dans des forces inespérées et il roula sur lui-même, entraînant machinalement l'apparition de Cuddy dans sa manœuvre.

Le plafond qui céda sous la puissance du feu s'échoua sur la place qu'ils occupaient quelques secondes plus tôt. Le chaos s'intensifiait tandis que son temps de réflexion s'amenuisait.

Mais à cet instant, il était pétrifié. Cuddy était étendue sur lui et le dévisageait, sans se soucier du brasier. Et comme si ce supplice ne suffisait pas, elle décida de joindre la parole à son toucher oppressant.

« Pourquoi ? »

Elle quitta sa position avec précaution et s'allongea à nouveau à ses côtés.

La question était simple. Mais la réponse, elle, n'avait rien d'évident.

Sa vie n'était qu'une succession d'échecs. Avant tout, lui-même en était un. Au-delà de son génie, Grégory House était un échec. Il avait fini par tout rater. Et plus il regardait derrière lui, faisait le point sur sa vie, plus cela lui paraissait évident.

Telle une bête noire, il avait semé le mal et tout noirci autour de lui. Il n'avait jamais rien eu de meilleur à offrir. Au final, chacune de ses connaissances ne s'en serait que mieux portée si elle ne l'avait pas connu.

Une mort pitoyable pour une vie misérable. C'était un enchaînement qui lui paraissait somme tout logique. Personne ne s'en étonnerait, tout le monde devait s'attendre à ce qu'il meurt un de ces jours, bêtement.

Alors, pourquoi ? Pourquoi cet instinct de survie ? Qu'avait-il encore à vivre ?

« Qu'est-ce qui pourrait m'arriver de bien maintenant ?
_ Certaines choses, à condition que tu t'en donnes les moyens.
_ J'ai déjà laissé passer toutes mes chances. conclut-il amèrement.
_ Alors ne laisse pas passer celle qui te permettrait d'accompagner Wilson dans ses derniers instants.
_ Comment ? questionna-t-il.
_ Tu connais la réponse. »

La justesse de ses propos le frappa. Elle avait raison sur ce point. Il ne pouvait pas laisser Wilson seul au devant de son triste sort. S'il y avait bien une dernière chose qu'il devait vivre avant de mourir, c'était la démonstration d'une amitié sans limite.

« Bats-toi pour lui comme il l'a toujours fait pour toi. »

Une raison pour rester en vie. Mais pour vivre, il devait mourir. Pas au sens littéral, non. C'était plus difficile : il devait quitter sa vie et accepter sa mort symbolique. C'était le lourd prix à payer pour pouvoir soutenir son ami.

« Tu as raison. » admit-il, épuisé.

Dopé par la détermination, il leva son corps affaibli. Debout sur ses jambes, il observa le feu qui continuait à tout dévorer. Les flammes voraces l'avaient cerné et ne tarderaient à venir retourner leur puissance contre lui. Il était piégé, s'en était fini.

Son regard tomba sur Cuddy, qui se dressait désormais à quelques mètres de lui. Elle le dévisageait, impassible.

« Ce n'est pas terminé. » affirma-t-elle avec force et conviction.

Son doigt fendit l'air, pour indiquer une direction juste devant elle. House pivota sur lui-même et découvrit l'objet de son intérêt. Une brèche au milieu du brasier. Sitôt qu'il la vit, il se retourna à nouveau vers Cuddy.

Il la regarda intensément, oubliant l'espace d'un instant l'Enfer qui l'encerclait. Soixante secondes coupé du monde, à fixer une illusion comme si elle était réelle. Une minute pour un regard qui en disait plus long que n'importe quelle parole alors qu'il se portait sur un mirage. Un court temps qui dura, jusqu'à ce qu'un craquement significatif se fasse entendre et qu'une poutre s'effondre et ne vienne rompre le contact visuel. Une déflagration naquit soudainement du sinistre et s'élança vers l'image de Cuddy. Ses mâchoires brûlantes et destructrices assoiffées de sang la happèrent dans leurs méandres tandis qu'un cri strident couvrit l'exultation des flammes atteignant leur dessein.

TBC..