Me revoili ! =)
Légèrement vexée d'avoir eu deux commentaires pour mon prologue =/
Bref, peut-être que le début ne vous a pas plu mais voilà la suite !
En tout cas, merci à ma Iliana et à super Luna (xD). Vous êtes géniales ! =D
Il faut avoir un chao en soi pour accoucher d'une étoile qui danse.
Friedrich NIETZSCHE
Chapitre 1 : Au clair de lune, je l'ai cru.
Nikki avait imaginé toutes les réactions que son créateur aurait pu avoir : la colère, l'incrédulité, l'évanouissement… mais certainement pas le rire. Castle était hilare, se penchant en arrière, un bras barrant son ventre, les yeux plissés dans un immense sourire.
- J'en ai croisé des fans qui se reconnaissent dans mes personnages mais vous (il éclata de rire), vous c'est le summum !
Il s'essuya un œil, un petit rire coincé dans la gorge. Nikki ne savait pas comment le prendre. Elle croisa les bras, furieuse, et tapa presque du pied.
- Oh non ! s'exclama-t-il en voyant son air, ne me dites pas que vous étiez sérieuse !
- On ne peut plus sérieuse.
Il secoua la tête, désespéré. La jeune femme face à lui ne bougeait pas, une lueur farouche dans le regard. Il avait fait la description de Nikki dans les moindres détails, la gardant jalousement dans un coin de son ordinateur. Personne n'avait pu la lire. Alors comme se faisait-il que la jeune femme lui ressemble tant ? Il était beaucoup trop fatigué et trop mal pour être rationnel.
- Très bien, céda-t-il, je vais vous poser des questions sur Nikki.
Devant le sourire malicieux de la jeune femme, il préféra ajouter :
- Les réponses ne sont connues de personne, à part moi.
- Et moi, précisa « Nikki ».
Castle soupira longuement : ce sera plus dur qu'il ne l'avait pensé. La flamme de la bougie crépita puis faiblit une poignée de seconde. Elle se raviva alors qu'ils se fixaient dans le blanc des yeux.
- Bien commença l'écrivain, racontez-moi le jour où Rook à percé Nikki à jour.
Alors que la jolie créature gardait le silence, il la fixa puis brusquement, perdit toute l'excitation que cette histoire avait pu lui procurer.
- Vous pouvez toujours me dire que c'est un canular et vous en aller. Je ne porterai pas plainte.
Elle lui lança un regard amusé qu'il lui sembla connaître puis, la tête haute, déterminée, elle raconta son histoire.
oOoOoOoOo
- Pourquoi moi, monsieur ! s'exclama-t-elle en levant une main devant elle, paume ouverte. Je n'ai pas besoin d'un gigolo sur mes enquêtes !
- Je crois qu'il n'arrive toujours pas à croire que vous courrez en talons après nos suspects, s'amusa-t-il.
- Sérieusement ? fit-elle en baissant légèrement le menton de dépit, sans quitter son supérieur du regard.
- Peut-être, il a gardé son âme d'enfant et la curiosité est leur principale qualité.
- Défaut, monsieur, corrigea-t-elle, leur principal défaut.
Il sourit : cette collaboration allait être drôle. Lorsqu'il vit sa meilleure détective soupirer longuement, il sut qu'il avait gagné.
- Très bien, céda-t-elle, mais si vous trouvé son corps criblé de balle dans une ruelle, je vous en prie : ne pensez pas à moi.
Elle sortit du bureau, légèrement furieuse, et s'installa au sien, prenant sa tête entre ses mains. Lorsqu'un paquet se matérialisa devant elle, une grimace lui tordit la bouche.
Non, pas déjà ?
- Bonjour lieutenant ! fit son pire cauchemar d'une voix enjouée.
- 'jour, grogna-t-elle en plongeant dans sa paperasse.
Il la regarda du coin de l'œil, clairement amusé, puis tira une chaise pour se mettre à ses côtés, face à elle. Il l'entendit soupirer puis fixer l'emballage papier qu'il avait posé sur son bureau.
- Ce n'est pas une bombe, vous pouvez l'ouvrir, ironisa-t-il.
Regard noir. Il sourit puis détourna le regard, l'innocence même. Il entendait le papier craqué près de lui.
- Un muffin aux groseilles ? s'étonna-t-elle en le fixant droit dans les yeux. Pourquoi ?
- Votre regard devant la vitrine de la boulangerie lors de notre première rencontre, il a dévié sur cette catégorie de muffin.
Les yeux de la jeune femme se mirent à briller et un léger sourire vint étirer ses lèvres : elle était sous le charme. Il posa son coude sur son bureau puis mit son menton dans le creux de sa main.
- Vous a-t-on déjà dit que vos yeux sont magnifiques ?
Le peu de sourire qu'elle avait s'estompa et Nikki leva les yeux au plafond. Elle referma le paquet puis l'écrasa contre le torse du journaliste. Elle se pencha vers lui, son visage très près du sien et lui déclara :
- Je hais les muffins aux groseilles, Jamie.
Puis elle se leva et fila. Son nez c'était froncé lorsqu'elle lui balançait gentiment cette dernière tirade. Il n'en perdit pas une miette.
- Votre nez se plisse lorsque vous êtes en colère… C'est trognon !
Il l'entendit soupirer d'exaspération et il sourit. Il s'amusait comme un petit fou ! Il trottina jusqu'à la jeune femme mais elle se retourna brusquement et écrasa son index sur son torse.
- Il y a plein d'autre flic à New York donc vous êtes simplement là pour me pourrir la vie, hein Jamie ?
- Oui, il y a d'autres femmes flic à New York mais toutes ne sont pas comme vous.
Lorsqu'elle fronça les sourcils, il retint de justesse un commentaire.
- Que fait une belle – très belle – et brillante jeune femme dans la police ? Pourquoi ne pas avoir choisit une autre branche, un autre métier qui aurait mit vos qualités encore plus en valeur ? Ce sont les questions que je me suis posées en vous rencontrant, puis j'ai comprit…
Le visage de Nikki s'était assombrit et il sentit son doigt glisser légèrement sur son torse. Les traits de son joli visage se crispèrent.
- Votre empathie pour les victimes, cette détermination qui se devine jusqu'aux bouts de vos doigts, cette compassion qui ne ressemble en rien à celle de vos collègues. Vous comprenez les victimes parce qu'un jour, vous avez tenu ce rôle, vous aussi vous avez perdu un être cher.
Ses yeux cillèrent un instant, ils se voilèrent et son doigt glissa un peu plus.
- Quelqu'un que vous aimiez et qui vous a été arraché sans scrupule.
Il ne la quittait pas des yeux, totalement subjugué par cette force de la nature. Tandis qu'elle, elle faisait de son mieux pour retrouver son souffle, entrecoupé par la douleur. Rook pouvait presque vivre le jour du drame dans son regard soudain fatigué. Etait-elle ainsi ? Si prévisible ?
- Voilà pourquoi vous êtes là, voilà pourquoi je suis là, pour découvrir votre secret. Même si je suis persuadé que je n'arriverai jamais à le résoudre.
Brusquement, elle sortit de sa torpeur, déglutissant difficilement. Il lui tendit le paquet de viennoiserie dans l'espoir de détendre l'atmosphère.
Sans un regard, elle entra dans la salle de repos et lui claqua la porte au nez.
Il n'osait dire s'il avait gagné un bon point ou si, justement, il venait de perdre sa si fragile place.
oOoOoOoOo
Il resta un instant bouche bée, « Nikki » abordait un petit sourire rêveur à ces souvenirs. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-elle savoir ? Il la submergea de questions en tout genre auxquelles elle répondit sans aucune difficulté.
- Papa ? fit une voix derrière lui.
Il se retourna, l'esprit toujours ailleurs et fit face à sa fille et sa mère.
- Pumpkin ? Mère ? Que faites-vous debout ?
- Et toi donc, Richard ! On a entendu du bruit, tout va bien ? s'exclama sa mère en s'approchant pour poser une main sur son front. Tu es brûlant !
- J'ai probablement attrapé la crève hier, dans la journée, se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules.
Sa mère feignit un soupir d'exaspération et retira sa main.
- Tu as encore des doutes ? Tu étais à tordre quand tu es revenu ici !
oOoOoOoOo
Kate sortie en trombe du palais de justice, le souffle court et saccadé. Elle tira sur son col pour avoir un peu d'air. Elle mourrait de chaud ! Elle descendit les marches, des gouttelettes de pluie lui frappaient le visage. Des bruits de pas pressés retentirent derrière elle, sans se retourner, Beckett sut qui venait la rejoindre. Elle posa ses mains sur ses genoux légèrement pliés, essoufflée. Pourquoi l'était-elle ?
- Kate ? fit Castle une fois près d'elle.
Elle ne répondit rien, mais se releva et rejeta la tête en arrière, plissant les yeux pour ne pas recevoir cette pluie qui lui paraissait brûlante. Elle se tourna brusquement vers son partenaire, un sourire immense mais empreint d'une légère folie.
- C'est drôle tout de-même Castle, je viens de classer l'affaire de ma vie et il pleut.
L'écrivain ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle dans tout ça mais hocha la tête, hésitant. La pluie se faisait torrentielle et déjà, ils étaient trempés jusqu'aux os.
- Kate, mettons-nous à l'abri, demanda-t-il en tendant un bras vers elle.
- Quand j'étais petite, ma mère me disait que lorsqu'il pleuvait, c'était pour nettoyer toutes les mauvaises choses que nous avons faites, se rappela-t-elle.
Castle s'approcha d'elle, une main dans la poche, l'autre alla se poser doucement sur l'épaule de sa partenaire. Elle se dégagea en se retournant brusquement, les lèvres pincées dans une colère qu'elle tentait de retenir.
- Pourquoi pleut-il, Castle ? demanda-t-elle.
Il n'avait pas de réponse concrète à lui donner mais il savait pourquoi elle lui posait cette question.
- Tu n'as rien fait de mal, Kate, arrête de te blâmer.
Elle eut un sourire étrange qui lui fit froid dans le dos. Beckett roula des yeux, chassant une larme et se retourna. Une voiture manqua de l'arroser mais elle ne bougea pas d'un pouce.
- Kate… commença-t-il en se rapprochant, ses deux mains dans les poches.
Elle leva une main, paume ouverte, doigts écartés pour le faire taire. Il ne rajouta rien mais se rapprocha encore.
- Tu sais, commença-t-elle dans un sourire en coin, lors de l'affaire du sniper, je n'ai pas arrêté de t'envoyer sur les roses.
- C'est normal, tu étais à cran, on réagit de cette manière avec les gens…
Il ne termina pas sa phrase, de peur qu'elle ne fuie.
- … qu'on aime ? termina-t-elle en lui adressant un sourire sincère. Je sais.
Il rentra sa tête dans ses épaules, se cachant un minimum du froid et de la pluie qui dégoulinait désormais dans son dos.
- Mais aujourd'hui… je crois que…
Elle se pinça les lèvres alors qu'il attendant patiemment la suite. Il était à peu près sûr qu'elle ne terminerait pas sa phrase, se contentant d'un « non rien, oublie ».
- Je crois que je vais avoir besoin de toi, termina-t-elle si bas qu'il crût avoir rêvé, baissant le menton dans un sourire timide.
Lentement, il ressortit sa tête de ses épaules tandis qu'elle fixait un point invisible à ses pieds. Et pour toute réponse… il éternua très fort. Du coin de l'œil, il la vit sourire et sans le savoir, il venait de lui donner la seule chose qu'elle souhaitait recevoir de sa part.
oOoOoOoOo
- Papa ? demanda la jeune fille en posant une main sur son bras.
Il releva la tête et offrit un sourire à sa fille. Lorsqu'elle pencha la tête sur le côté pour voir qui se trouvait derrière lui, il ne put retenir une grimace.
- Qui est-ce ? fit-elle en désignant l'inconnue du menton.
Il fit un pas sur le côté puis, montrant la jeune femme d'une main, il annonça :
- Mère, Alexis, je vous présente Nikki Heat.
