Couple : Toujours PiJun /!\ Shonen-Ai (et oui le lemon sera pour...LA PARTIE 4. HAHAHA.)
Note : C'est pas bon d'écrire à minuit avec une copine surexcitée qui dit des conneries derrière nous. (L) Mais merci beaucoup à elle (tiens bah du coup je la spécial dédicace à Manon, hop hop hop, on est folle.) parce qu'au moins ladite copine m'inspire à mort donc j'ai réussi à finir à ... à pas temps. (Non, je n'ai pas deux jours de retard ! Non, je ne poste pas une fic de Noël le...31 DECEMBRE ! C'est ma dernière fic de l'année 2010, uwaaaah, c'est émouvant ;.; (non ?) Du coup j'espère encore plus qu'elle vous plaira ! =^^=) Désolée si c'est un peu beaucoup mélodramatique et merci d'avoir attendu. Et puiiis... A L'ANNEE PROCHAINE ! Et pour les culturées je dirais même... A mardi ;)
Le plus passionné des Noëls hésitants
Partie 2
_J'VAIS ME TUER !
_Jun...Jun, calme-toi...murmura Ohno.
_POURQUOI J'AI DIT OUI !
_Jun s'il te plait, pleurnichait Aiba.
_JE SUIS TROP CON. QU'EST-CE QUE JE VAIS FAIRE ! ACHEVEZ-MOI.
_Allez Jun, soupira Shô, on t'a jamais vu dans un état pareil, c'est bon quoi...
_NON C'EST PAS BON ! IL VA SE FAIRE DES FILMS ! ALORS QUE JE SUIS PAS...QUE JE SUIS... JE SUIS PAS ! UN COUTEAU. DONNEZ MOI UN COUTEAU !
_Mais Jun, c'est bon, c'est rien ! T'auras qu'à lui dire au moment venu, c'est pas grave il comprendra...tenta de nouveau Sakurai.
_Mais je sais qu'il comprendra ! Et mon plan est parfait de toute façon, seulement je sens que je vais encore me foirer et...et puis je sais plus si je dois vraiment lui dire ça ou pas...et vous avez vu dans quel état je suis à cause de lui ? JCROIS QUE C'EST LA PREMIERE FOIS QUE JE PETE UN PLOMB COMME CA.
_Juuuun, respire entre deux, geignait toujours Masaki accroché au bras de son ami, tu me stress à mort là ! Si tu y réfléchissais au calme ? Ne ? Ça va aller !
_NON CA VA PAS ALLER. J'AURAI JAMAIS DU DIRE OUI. J'AURAI JAMAIS DU !
_Jun lâche ça ! Jun, lâche ces ciseaux Jun ! Fais pas le con !
_Jun arrête ! Arrête Jun, ressaisis-toi !
_MAIS TOUT EST FOUTUUU !
BAM, fit la chaise dans laquelle Ninomiya Kazunari venait de frapper de toutes ses forces.
_MATSUMOTO JUN ! Veuillez avoir l'obligeance de bien vouloir fermer votre gueule avant que mon poing ne vous la défigure !
Un long silence tomba sur la salle et les quatre jeunes hommes se rassirent sagement côte à côte sur le canapé.
_Bien. On va récapituler. Redis-moi le mail que t'as envoyé Tomo-chan.
_Eh ben...bredouilla MatsuJun, il vient me chercher chez moi à dix-neuf heure et puis on va dans un restaurant...français, il me semble, et étoilé, qui est à Ginza, et puis après ben...je sais pas.
_Il t'a pas dit quelque chose comme quoi il te ramènerait lui-même ou...?
_Non...le mail s'arrête là...
_Zut, murmura Nino, venant de sa part ça veut dire qu'il s'attend à plus qu'un simple dîner.
_QU'EST-CE QUE T'ENTENDS PAR PLUS ! PLUS COMME ALLER AU CINEMA OU...
_Non, le coupa-t-il sèchement, plus comme chez lui ou à l'hôtel.
_T'étais pas obligé de le dire si directement, dit Jun en se laissant tomber sur le sol.
_Il faut quand même que tu t'enfonces ça dans le crâne JunJun : ce mec est raide dingue de toi.
_J'avais remarqué merci, grogna le jeune homme dont le teint était devenu écarlate.
_Et à mon avis il s'attend à ce que tu l'aimes aussi.
_Mais je ne...
_Matsumoto Jun, est-ce que tu sens que tu pourrais être amoureux de Yamashita Tomohisa !
_Euh, Nino, attend, bredouilla Aiba en se relevant précipitamment.
_L'idiot du village il me laisse parler.
Masaki croisa les bras et se rassit aux côtés de Sakurai, boudeur.
_Il va faire pire que mieux, lui chuchota-t-il à l'oreille.
_Pas sur, répondit Shô, attends de voir.
La tête baissé, le regard fixé sur ses pieds, Jun ne savait que répondre. Doucement, hésitant, il se releva finalement et attrapa le bras de Ninomiya, qu'il emmena dans le couloir avant de fermer la porte.
_Je peux pas le dire en face de tout le monde...
_De toute façon même si tu essaies de leur cacher quoi que ce soit ils le sauront...allez, dis-moi sérieusement.
_Sérieusement ?
_Oui.
_Je sais pas. Le baiser était super agréable... depuis dès que je le voyais mon coeur s'emballait et...quand il me parlait c'était encore pire, j'avais l'impression de brûler sur place, mes jambes tremblaient, mais je n'arrivais pas à le prendre au sérieux ! Mais c'est pas comme si...enfin tu sais...Je trouvais son geste tellement stupide, irréfléchi...et puis le coup des lettres...tout ça m'avait tellement énervé que je me concentrais uniquement sur le dégoût et la colère que je ressentais. Je me disais qu'il avait fait ça juste pour...pour tout gâcher quoi ! Et quand hier il est venu me demander de passer Noël avec lui... quand il m'a attrapé le bras et qu'il a posé sur moi ce...ce regard ! Aaah, j'ai pas envie de t'en parler !...Mais... Bon, j'ai pas su dire non... et cela malgré le fait que je suis déjà pris pour Noël, s'empressa-t-il d'ajouter. Et pourtant, quand il n'est pas avec moi, il me hante, mais je n'ai pas l'impression de l'aimer...je m'imagine vraiment très mal sortir avec lui...
_Bah pourtant c'est pas le plus moche de notre agence...
_Ouais ouais, je sais...donc, quand je suis pas avec lui il me hante mais je n'ai pas l'impression d'être amoureux, et quand je le vois...ma tête est complètement vide et je perds tout mes moyens !
_Je vois... soupira Shô.
_EEH ? SHÔ ?
_Tu aurais pu essayer de nous l'expliquer calmement tu sais, dit Ohno, on aurait compris.
_Et puis pourquoi tu voulais nous le cacher, murmura Aiba, on est tes meilleurs amis !
_Va à ce rendez-vous, dit alors Ninomiya, et profite simplement de lui parler de nouveau. Vois comment évoluent les choses ! Si tu ne te sens pas prêt pour quoi que ce soit d'autre, alors dis le lui sérieusement, d'accord ? Il sera sûrement déçu, mais petit à petit, tout redeviendra comme avant, et il préférera être sûr de tes sentiments plutôt que de douter toute sa vie... Ça va aller, tout est toujours parfait avec toi Jun.
_Si tu le dis...
_Ne réfléchis pas, ne ? Profite du restaurant, c'est lui qui paye.
Un léger rire s'échappa des lèvres de Matsumoto.
_Ok, t'as raison. Je vais y aller et faire comme j'avais prévu de le faire. Mais avec votre soutien en plus. Et puis je verrai bien sur place.
_Et puis aussi, dit Nino, sache que tu ne dois pas être gêné ou choqué ou déstabilisé ou quoi que ce soit par le fait d'aimer un mec. Aimer un autre homme, ça n'a rien d'anormal, ça reste de l'amour, tout ce qu'il y a de plus beau.
_Pou...pou...pourrais-tu arrêter de me regarder quand tu dis ça ? bafouilla Riida.
_Il est quel heure ? demanda alors Jun en se disant qu'il valait mieux oublier ce qu'il venait d'entendre.
_Ah ! Tu...tu vas rire...
_Non, je le sens pas...
_Haha...Mais si, c'est drôle, il est...il est dix-sept heure trente...Et tu mets une heure environ pour rentrer chez toi, alors euh...
_...C'est une blague ? Mais je suis pas habillé. Je suis pas prêt du tout là. Je suis pas coiffé ni...attends, comment tu veux que je me prépare en une demie-heure ? Je suis son sempai alors je me dois d'être parfait ! Comment je vais faire ! Comment je vais faire ! En plus...AH ! se souvint-il alors. J'avais rendez-vous avec une fille ce soir !
_ARRETE DE MENTIR ET COURS JUN, COURS !
La porte claqua.
19h02 Appartement de Matsumoto Jun.
S'habiller chaudement tout en restant classe et élégant, mais sans pour autant en faire trop, était assez difficile à vrai dire. Mais Yamapi avait réussi, comme d'habitude, en se contentant de vêtements simples bien assemblés, de sa veste en cuir et son écharpe, et de son inséparable bonnet. Il était debout devant la porte de la maison de son senpai depuis au moins deux bonnes minutes, et sa main refusait de taper contre le bois. Il fallait le faire cependant. Il fallait le faire, maintenant qu'il était là, il ne pouvait plus hésiter. Il était si excité que ses membres tremblaient. Et ajoutez à cela le froid glacial de ce mois d'hiver, Yamapi était passé en mode vibreur.
_Ca-ca-ca-calme toi To-Tomo... O...Ok. On y va.
« Toc toc toc » De derrière la porte, le leader put entendre le cri de panique de Matsumoto Jun qui vint ouvrir et referma aussi vite une fois un précipité « DEUX MINUTES ! » prononcé. Il faisait froid, Yamashita allait devoir attendre, mais au fond, ces deux simples mots de son sempai l'avait remotivé. Ce n'était pas un rêve, et personne ne lui avait posé de lapin. Jun avait juste besoin de temps pour se préparer, comme à son habitude. Un léger sourire étira ses lèvres, et une petite minute après cela, la porte s'ouvrait de nouveau, sur le membre d'Arashi, qui, essoufflé, lui offrit un grand sourire.
_Désolé ! J'ai un peu manqué de temps. Bon, je suis pas très bien coiffé et habillé...
_C'est rien, tant que c'est toi ça me va.
Jun écarquilla les yeux, troublé. A vrai dire, trop absorbé par sa préparation, il en avait oublié qu'il avait rendez-vous avec Yamapi, et quand il réalisa le sens de la phrase qu'il venait d'entendre, son coeur se mit à battre à toute allure.
_On y va ?
_Hein ? Ah … Euh...Oui !
Il enfouit sa main dans sa poche pour chercher les clés de sa maison, mais pris dans une forte panique, il ne réussit qu'à faire tomber le contenu de sa poche sur le sol enneigé. Il s'empressa de se pencher pour ramasser ses affaires et recula sa main d'un mouvement brusque lorsqu'il vit que Yamapi avait avancé la sienne. Le leader récupéra les objets et les tendit à Jun en lui souriant.
_Bah... Qu'est-ce qu'il y a ?
_B...Betsuni...
Il avait eu très peur, un instant, que ses doigts ne frôlent ceux de son ami. Un peu plus et on se serait cru dans un shôjo ! Il allait falloir être constamment sur ses gardes. Il attrapa les clés et ferma la porte, puis se tourna vers Yamapi, qui semblait plus heureux que n'importe qui aurait pu l'être.
_Bon ! On y va ? Je suis garé juste devant. (NdAki : je sais pas si Pi a le permis...ou une voiture..Mais on s'en fout non ?)
Le Arashi acquiesça doucement de la tête et suivit Yamashita jusqu'en bas des escaliers. Ledit Yamashita lui ouvrit la porte de sa voiture et Jun y entra précipitamment, échappant ainsi au froid glacial qui régnait à l'extérieur. La nuit avait déjà englobé la ville et seules les lumières vives et colorées des bâtiments de Tokyo parvenaient à percer son manteau noir. Le leader démarra et la première partie de leur trajet se fit dans un silence complet.
_On va manger dans un restaurant français, dit alors Tomohisa, ça te va ?
_Oui oui ! J'aime bien la cuisine française. J'ai déjà essayé d'en faire mais c'est pas facile...
_Bon eh ben j'espère que ça ira. En fait, je suis allé en France en novembre.
_Eh, vraiment ? La chance ! T'as vu quoi ?
_Ben les grands classiques, comme tout le monde...Paris, la tour Eiffel, le château de Versailles... Une superbe ville Paris. Magnifique.
_J'irai un jour... et donc depuis, t'adores tout ce qui touche à la France ?
_Yep, j'aime bien parler français aussi. Mais je sais quasiment rien dire !
_Waah ! Qu'est-ce que tu sais dire ? Moi je sais juste dire merci !
_Oui voilà...Merci beaucoup, Je vous en prie, ano... Bon-jour, au ruvoir...
_ça va ?
_Haha, oui ! Comment ça va ? Twès bien et … vus ? Vous ? Veu ?
_Va ? Et v...vus ? Vous, c'est vous !
_Oui, non...Un deux trois..
_Ooh tu sais compter ?
_Qu...quatre...ano...
_C'est tout ?
_Ju..t'aime …?
Un long silence répondit à ces deux derniers mots. Perdu dans sa discussion, Matsumoto en avait oublié la vraie raison de sa présence ici, dans cette voiture, aux côtés de Yamapi.
_Roh, sempai, soit pas gêné comme ça, ajouta alors Yamashita sans pour autant le regarder, riant du petit rire gêné de celui qui se rend compte seulement maintenant de ce qu'il vient de dire. De toute façon, continua-t-il après un léger silence, ce n'est plus un secret pour personne maintenant, ne ?
Il gara la voiture et se retourna vers son senpai, à qui il offrit un sourire qui se voulait tendre.
_On est arrivé Jun !
_Hein ? Ah ? Oui...
L'esprit encore un peu flou, comme si un intense brouillard flottait autours de lui, Matsumoto Jun sortit de la voiture, manquant de déraper sur le verglas.
_Fais attention à pas glisser...
_Oui, oui...
Les mains enfoncées dans les poches pour ne pas les exposer au froid glacial de cette fin d'année, leur bonnet enfoncé sur leur tête cachée derrière d'épaisse lunettes de soleil, ils marchèrent sur le trottoir quelque peu glissant, mais que des hommes avaient au préalables nettoyés de l'épaisse couche de neige qui recouvrait le reste de la rue, et quelqu'un leur ouvrit solennellement les grandes portes vitrées du restaurant « Au bon français » (Plus original tu meurs). Une douce chaleur les enveloppa presque aussitôt, alors que leurs yeux se posaient, émerveillés, sur une salle plus luxueuse que le bureau de Johnny Kitagawa même. De grands lustres dorés accrochés au plafond éclairaient la salle grouillante de monde d'une douce lumière, de jeunes serveurs et serveuses serrés dans leurs uniformes se glissaient entre les tables pour répondre aux besoins des clients qui mangeaient en riant tout bas, en murmurant des mots polis à leur conjoint ou conjointe, assis autours d'une table joliment dressée et décorée de bougies. Quelques notes de piano venaient parfaire ce tableau impressionnant.
_Wah, sugoi ne...souffla Matsumoto.
_C'est presque trop...
_Oui mais c'est magnifique...
_Super romantique...
_Ah ça c'est sur, ils ont sortis le grand jeu pour Noël...
Une jeune femme qui les regardait en souriant gentiment, attendant qu'ils finissent leur discussion, les interpella et les tira tous deux de leur admiration.
_Messieurs ?
_Oui ?
_Vous avez réservé ?
_Ah, bien sur, murmura Yamapi avec un sourire.
Il s'approcha de la jeune femme au registre et lui souffla en baissant la tête.
_Au nom de Yamashita Tomohisa, mais ne le dites pas trop fort...
_Euh...Bien sur Yamashita-san, je comprends... Si je puis me permettre de poser la question est-ce que...
_Vous aurez tous les autographes que vous voulez. Et je suis sur que mon ami Matsumoto-san en sera ravi également.
_Je...Je vous remercie. Nous vous avons réservé une table à l'écart, comme nous...
_En avions convenu, très bien merci.
_Si vous voulez bien me suivre...
Serrant fort contre elle son registre, sentant son coeur battre à toute allure contre la planche, elle se dirigea d'un pas mal assuré vers un recoin de la salle principale, dissimulé des autres clients par un petit muret et de hautes plantes vertes, et leur indiqua la table d'un gracieux mouvement du bras.
_Vous avez donc réservé notre menu Noël, mon collègue va venir dans très peu de temps, une très bonne soirée à vous... murmura-t-elle avant de s'éloigner.
Les deux jeunes hommes se regardèrent et s'offrirent un sourire entendu, et tandis que le leader de NEWS allait s'assoir, Matsumoto Jun détaillait chaque détails de la table. Une petite table ne pouvant accueillir plus de deux personnes, recouverte d'une nappe d'un blanc immaculé, sur laquelle était disposées plusieurs différents types de verres et de couverts, et deux magnifiques assiettes sans doute faites de porcelaine. Disposés délicatement un peu partout, des pétales de fleurs ajoutaient une couleur rouge vive à la tablée, et au centre, deux grandes bougies se consumaient doucement. Il déglutit difficilement, sentant son rythme cardiaque s'emballer lorsqu'il se rendit compte de la signification de ces pétales, de ses flammes qui se mouvaient gracieusement devant ses yeux, de ses deux seules assiettes posées face à face. Ce repas de Noël était un repas de couple, ou l'amour était roi, et la couleur pourpre des pétales, la passion brûlante de ce feu, tout ça rappelait un sentiment qu'il ne connaissait que trop peu, alors que l'homme devant lui le vivait en ce moment-même. L'amour était présent tout autours de lui, l'enveloppait et pesait sur ses épaules au point que c'en était écœurant. Il fallait qu'il décline aujourd'hui les avances de son kouhai. Mais le décor ne s'y prêtait décemment pas... Et alors que l'anxiété s'installait de plus en plus dans son cœur, une chose nouvelle le frappa. L'envie violente d'être aimé et écouté l'espace d'une soirée. De profiter de cette sortie pour nouer des liens forts, et, rien qu'une fois, voir poser sur lui des yeux réellement amoureux. Et il verrait plus tard pour le « déclin des sentiments de Yamapi ». Après tout comme l'avait dit Ninomiya; « Profite du restaurant, c'est lui qui paye. » Il prit alors une grande inspiration, et sous le regard curieux de Yamapi, tira sa chaise et s'y assit. Ils n'eurent pas le temps de s'extasier plus sur la décoration qu'un homme arrivait vers eux, poussant devant lui un petit chariot sur lequel attendaient une magnifique assiette de foie gras et dans un seau rempli de glace, une grande bouteille de champagne. Offrant aux clients qui s'étaient enfin débarrassés de leur surplus de vêtements un magnifique sourire, le serveur ouvrit la bouteille de champagne en un petit « POP » qui surprit Yamashita et le fit rire. Un sourire éclaira aussitôt les lèvres de Matsumoto. « J'avais oublié que son rire me faisait autant plaisir... A quel point ça m'avait manqué de rire pour des bêtises avec lui... Ah...oui, ça m'avait manqué...» A l'entente de ce rire si spécifique au leader de NEWS, le Arashi s'était quelque peu détendu et observait maintenant le liquide transparent qui coulait doucement dans sa coupe de cristal, s'arrêtant juste à temps pour ne pas faire déborder la mousse. Le serveur posa la bouteille sur la table, à côté des bougies, et déposa dans leur assiette des petites tranches de pains grillées sur lesquelles reposaient un morceau de foie gras décoré d'une poudre rouge sombre et surmonté de quelques baies. Il s'inclina poliment.
_Bon appétit, murmura-t-il en français avant de s'éloigner lui aussi.
_Hehe...
Yamapi, son humeur grimpant toujours un petit peu lorsque ses yeux voyaient de l'alcool, attrapa le verre entre ses doigts, incitant Jun à en faire de même, et le cristal tinta.
_Kampai ! s'exclamèrent-ils.
Ils burent en silence. Leurs yeux se croisèrent en silence, et alors que le regard de Yamapi cherchait celui de son ami, celui de Jun le fuyait inexorablement, trop effrayé pour parler, pour le voir, et pour accepter les sentiments profonds qu'il pouvait lire dans ces pupilles sombres. Était-il lâche ? Il avait la gorge soudainement serrée, alors qu'il pensait que tout irait mieux avec un bon verre d'alcool. Il ne savait pas quoi dire. Est-ce que le repas allait se passer ainsi, dans un silence oppressant ? Il reposa le verre qui trembla sur la table, et posa ses mains sur ses genoux, toussota et reporta son attention sur les gens qui dinaient et discutaient un peu plus loin. Alors ça ressemblait à ça un couple ? Des regards langoureux, des doigts qui s'unissent sur la nappe, des sourires échangés et de douces paroles, de doux mots susurrés au dessus du verre. Alors qu'eux d'eux fixaient leurs assiettes, n'osant même pas toucher à leur plat, alors que Jun qui quelques secondes avant souhaitait se sentir aimé, avait envie de disparaître, de s'effacer peu à peu jusqu'à redevenir rien. L'amour brûlant qu'il sentait émaner de son ami l'effrayait. Il ne pouvait rien lui dire. Il savait qu'il ne l'aimait pas mais n'avait pas la force de lui dire non. Il n'arrivait même plus à parler correctement. Lâche...?
Yamashita Tomohisa de son côté, souhaitait lui aussi s'effacer. Ou remonter le temps et revenir à cette foutue soirée où il avait embrassé son senpai, pour tout effacer et tout reprendre. Trouver un sujet de conversation intéressant. Il fallait trouver un sujet de conversation. Il ne fallait pas essayer de draguer Matsumoto, ou quoi que ce soit s'y approchant. Il ne serait à l'aise que s'il lui parlait...comme avant. Comme si de rien n'était. Il ne voulait vraiment pas que ça se passe mal. Cette soirée, il l'avait tant rêvée, tant espérée...il voulait qu'elle soit parfaite. Jun lui avait fait l'honneur de venir à son rendez-vous alors il fallait le combler...enfin le combler...pas au sens de...enfin, ne pas l'ennuyer quoi ! Alors que son cerveau s'embrouillait de plus en plus, s'emplissant d'images qu'il n'était jamais très bon de voir lorsqu'on était en présence d'autres personnes, et qu'il faisait de son mieux pour rester concentré sur son foie gras, un serveur à quelques mètres de lui prononça une phrase qui le fit pouffer de rire et il manqua de s'étouffer en avalant une gorgée de champagne. "Avec modération" avait dit l'homme en tendant une bouteille d'alcool de plus à une table voisine. "Avec modération"... il ne comptait plus le nombre de fois où ses amis leur avait recommandé, à lui et à Jun, de boire avec "modération". Mais qu'est-ce que c'était "modération" ? Quand on boit, on boit ! On ne peut plus vraiment compter, et deux verres peuvent très vite devenir 4, puis 8, et ainsi de suite !
_Pourquoi tu rigoles ? souffla alors la voix curieuse de Matsumoto Jun.
_Tu te souviens de la soirée de mi-octobre ?
_Attends...
_Mais si ! On n'était qu'à deux !
_Au .. Au... Ah oui ! Au bar de Ruka-chan !
_Ouiii ce bar là !
_Qui fait aussi boîte de nuit ! Et ... on y était allé juste après ?
_Et on avait rencontré des fans... Et comme t'étais complètement déchiré...
_Non non non ! Me rappelle pas ça, hahaha !
_T'avais fait une bataille de vodka avec elle !
_Je m'en étais foutu partouuut ! Et après notre strip-tease..
_Hahaha ouii ! Hola, ça m'étonne qu'on ait pas fini en Une d'un magazine people après ça...
_Ruka-chan nous a appelés pour nous dire qu'on n'aurait plus jamais le droit de revenir dans son club ! Parce qu'on avait cassé la moitié des tables en montant dessus !
_Personne n'arrivait à nous retenir...enfin je me souviens que de ça, après c'est un peu flou...
_Tu m'étonnes...on avait fait un petit mont avec nos bouteilles et tu t'étais assis dessus en disant que c'était la montagne sacrée de l'amitié, ou quelque chose de ce genre...
_Et puis on avait dansé autours... avec les filles... roh la la...
_En tout cas ce dont je me souviens le mieux c'est de mon mal de crâne le lendemain.
_Ne ? C'était affreuuuux, j'avais un marteau dans la tête ! Mais ça valait vraiment le coup c'était génial...
_Oui... la seule fois où j'ai eu plus mal à la tête c'était la fois où nos deux groupes ont répété ensemble...
_Parce que Masuda et Aiba voulaient rester ensemble pour faire les idiots, je me souviens !
_Et Ryo et Shô arrêtaient pas de hurler...
_Et le chorégraphe aussi...
_On faisait vraiment les cons... Mais le pire c'était quand même Masu.
_Tu rigoles ? Aiba-kun était bien pire, arrête de défendre ton groupe !
_Je le défends pas, ce ne sont que des faits !
_Mouais, n'empêche que Nino qui a cassé la chaise c'était quand même puissant !
_Koyama était mort de rire mais il s'est fait défoncer, hahaha ! On faisait tellement de bruit que Johnny-san a été mis au courant...
_Et il nous a passé un savon ! Mais c'était trop drôôôle !
_Ca c'est sur... les seuls capables de faire pire sont les Kanjani je pense...
_Tu sais quoi ? On aurait du les inviter !
_Aaah tu rigoles ? La dernière fois qu'on a fait une soirée tous ensemble c'est parti en live total ! En plus comme Koki et Jin s'étaient ramenés c'était encore pire...
_Yasuda a finis à poil... Dans la rue...
_Yuu est vraiment génial.
_C'est un gros sadique !
_Mais justement, haha !
Un grand sourire étirant ses lèvres, riant un peu plus à chaque fois qu'il se rappelait un souvenir de ce genre, Yamapi croqua dans sa tartine de foie gras et incita Matsumoto à faire de même.
_Uwoooh umai ! s'exclama ce dernier. C'est vraiment trop super bon !
_J'adore quand tu t'emballes comme ça sempai, fit remarquer Pi en riant encore, t'as des yeux d'enfants.
_Mais ch'est pas ma faute, ch'est cro bon !
_Ca me rappelle la fois où on était allé aux onsens tous les deux, tu étais dans le même état quand on est allé au restaurant ensuite...
_Voui je me souviens...
Tous les deux avalèrent leur foie gras et Yamashita baissa la tête. Jun pencha un peu la sienne sur le côté, observant de la sorte le sourire de son ami. Dans ce sourire, Matsumoto put lire plus de tristesse que dans des torrents de larmes. Et ce visage qui riait et rayonnait quelques secondes à peine avant cela lui serrait le coeur tant il lui faisait de la peine. Il était si beau à cet instant, faiblement éclairé par la lumière du restaurant, ses mèches fines tombant devant son visage et cachant ses yeux brillants, que Jun ne put s'empêcher de soupirer. Si c'était pour être si triste, autant ne jamais se rappeler de tous leurs souvenirs communs. Si c'était pour lui offrir ce regard si tremblant et ce sourire si peiné, autant se crever les yeux pour ne plus jamais rien voir. Si c'était pour entendre de profonds soupirs s'échapper de ces lèvres pleines, autant devenir sourd à jamais. Si c'est pour souffrir à ce point, se dit-il, autant que Tomo s'arrache le coeur ou me tue pour ne plus jamais m'aimer, parce que son rire est vraiment un trésor que je veux préserver. Pourquoi, pourquoi on en est à là aujourd'hui...pourquoi on se rappelle de ces souvenirs comme s'ils étaient morts et lointains ? Parce qu'ils le sont...
Yamapi lui ne voyait pas les choses sous cet angle. Le soupir de Matsumoto, il l'interprétait plus comme une marque d'ennui. Il devait être las de se rappeler de tous ces souvenirs alors qu'il le détestait. Alors qu'il le dégoûtait. "Non, il m'aime pourtant...Je suis sûr qu'il m'aime ! Allez...il m'aime quoi ! Non ? Si ? Alleeez, entre nous... On peut s'arranger ? Il m'aime !" Secouant la tête pour stopper cette auto-discussion, Yamapi se dit que vraiment, il avait tout gâché. Mais il voulait juste l'embrasser...il voulait juste lui faire comprendre ses sentiments... Juste ? Non, ce n'était pas rien. Un silence extrêmement gêné s'installa alors autours des deux jeunes hommes. Il ne fallait pas tout gâcher pour une histoire de souvenirs ! Bien sur il était triste de se dire que tout cela était bel et bien finis, bien sur il aimait tout de même s'en rappeler et en rire avec son sempai, mais là il voulait juste le voir sourire de nouveau et rompre son ennui, car il va de soi qu'il devait s'ennuyer. Et pour égayer une soirée de Noël, rien de tel que des cadeaux ! Ah...Mais il aurait peut-être mieux valu attendre le dessert ? ...Bah, tant pis ! Il se pencha et plongea ses mains dans son sac pour en sortir un paquet joliment emballé qu'il tendit à l'homme de sa vie en lui offrant un magnifique sourire.
_Tiens ! Pour toi ! Joyeux Noël sempai !
Le visage dudit sempai s'empourpra aussitôt et ses yeux s'écarquillèrent. Le cadeau. Avec tout ça, il en avait oublié de lui offrir un cadeau ! Et Yamapi lui, y avait pensé ! Il lui avait fait un cadeau, pour lui... Son coeur s'emballa.
_Tu l'ouvres ?
_Ah ! ... Oui ! Merci beaucoup !
Il s'en empara et déchira le papier précipitamment, sous le regard attendri de son kôhai, et découvrit une petite boîte ainsi qu'un magnifique jean de marque Dolce & Gabanna. Ses yeux s'allumèrent devant le magnifique vêtement de couleur sombre qui avait du lui coûter extrêmement cher.
_Uwaaah ! Mais c'est...mais il est...Uwaaah !
_Content que ça te plaise... Il y autre chose aussi...
Matsumoto, emballé, reposa le pantalon et se saisit de la boîte blanche qu'il s'empressa d'ouvrir, et y découvrit une grande et magnifique bague qui avait du coûter encore plus cher.
_Gyaaah ! Elle est trop belle ! Mais...attends...
Alors qu'il croyait que son coeur ne pourrait jamais battre plus vite qu'il ne battait déjà, il se détrompa. Il le sentait frapper contre sa poitrine, si fort, qu'il aurait pu en sortir. Trop, c'était trop, on avait rarement pu être aussi attentionné envers quelqu'un. Yamapi avait de l'argent, certes, mais pas autant ! Cette façon qu'il avait de le regarder, le bonheur qui pouvait se lire dans ses yeux à l'instant précis où Jun avait laissé échapper une exclamation de joie, ce sourire satisfait qui s'étalait sur son visage... Jun se rendit compte alors que c'était sûrement l'une des choses qu'il chérissait le plus, qu'il ne voulait vraiment pas perdre. Une chose qui comptait plus que tout pour lui. Jamais il ne pourrait dire non à son kohai après ça, jamais il n'en aurait la force...mais pourquoi, pourquoi n'en avait-il pas la force ? Pourquoi lui qui était d'habitude si sûr de ses idées perdaient tout ces moyens face à cet homme ?
_Ano...détends-toi sempai, dit Yamapi en riant, c'est pas une demande en mariage tu sais !
_Je...je sais ! Je pensais pas à ça hein, s'exclama Matsumoto en rougissant de plus bel et en mentant de son mieux, car on ne pouvait pas s'empêcher d'y penser. Je me disais juste que ça avait du te coûter super cher...
_Peu importe le prix si ça te fait plaisir Jun...
_Bon Tomo, soupira Jun.
Ledit Pi sursauta lorsqu'il entendit Matsumoto l'appeler de cette façon et s'exprimer ainsi.
_H...Hai ?
_Arrête avec tes phrases de tombeur romantique, ne ? dit-il en rougissant encore. J'ai...J'ai pas de cadeau pour toi, moi !
Le leader des NEWS sourit et pencha la tête sur le côté.
_Mais que tu aies accepté d'être avec moi ce soir c'est le plus génial des cadeaux Jun !
_A...A...Arrête !
La tête baissée, les yeux grands ouverts, Jun se cachait de Yamapi, fuyait son regard. _Héhéhé, j'adore te faire tourner en bourrique comme ça seempaai ~~ Non mais...c'est vrai en plus hein.
Le membre d'Arashi se mordit la lèvre et s'inclina poliment.
_Bon ben...merci...et désolé... Euh, je...
Yamashita plissa les yeux. "Eh merde, j'en ai encore fait trop... Faut vite que je rétablisse la situation. N'empêche qu'il est trop craquant. Kami-sama, il reste des chances pour que mes sentiments soient partagés ? Please !"
_En parlant de cadeaux, dit-il, j'ai reçu un truc trop louche d'une fan cette année...
_Ah oui ? répondit Jun en relevant brutalement la tête, soulagé de voir que la conversation prenait une direction plus abordable.
_Voui... Bon alors sa lettre était très mignonne, elle s'extasiait sur mes derniers concerts et tout ça, m'encourageait de tout son cœur et j'allais arrêter de lire seulement dans l'enveloppe yavait un truc hyper louche...
_Quoi ? demanda Matsumoto dont la curiosité avait été piquée.
_Eh ben...une photo d'elle, et des cheveux. Les siens je suppose.
_Eh ? Elle était mignonne au moins ?
_Bah pas vraiment c'est ça le pire...et puis bon les filles c'est pas trop mon truc en ce moment. Bref, y'avait donc ses cheveux et sa photo et à la fin, sur un petit mot elle avait écrit un truc vraiment mais...enfin... ça m'a fait trop flipper quoi !
_Mais parle plutôt que de faire durer le suspens !
_Elle disait que c'était le plus magnifique des présents qu'elle pouvait m'offrir pour mon anniversaire, et que je devais nouer son cheveu à un des miens, et scotcher ensemble nos deux photos pour qu'ainsi on soit unis à jamais...
_EEEH ! Uwaaah kohai ! C'est franchement trop flippant !
_Flippant ne ? J'ai cru que j'avais affaire à une sorcière...bwaah !
Yamapi frissonna de dégoût à ce souvenir.
_Enfin, ça m'a bien fait rigoler quand même.
_Tu m'étonnes ! La pauvre était toute seule dans son délire, hahaha !
_Mais trop ! Elle s'imaginait quoi ? Que je la voyais en rêve et que je l'aimais alors que je la connais même pas ?
_Bwaahahaha horriiible ! Les fans sont vraiment terribles parfois ! En plus si elle est moche...
_Mais oui c'est ça qui est rageant ! Pourquoi nos fans les plus louches sont pas canons au moins ? ça pourrait compenser !
_Hahaha, on est méchants...
_Mais noon...c'est elles aussi ! Et toi, ça t'es jamais arrivé ce genre d'expériences bizarres ?
_Hola, si...dans le genre bizarre c'était franchement bizarre ! Pire que toi je crois !
_Raconte, raconte !
_Bon voilà...C'était ya deux ans je crois. J'étais tranquille avec le groupe en train de répéter, et là un membre du staff m'appelle. Le mec me dit d'un ton hyper stressé ; "Matsumoto-san il y a un colis pour vous ! Il y a un colis pour vous !" "Un colis ? de qui ?" je réponds. "D'une fan, d'une fan!" Je lui demande depuis quand ils acceptent les paquets de fans trop volumineux et tout ça, mais finalement le type insiste, donc bien sur je vais à la réception pour voir ce dont il s'agit. Tous les gens se retournaient sur mon passage, et chuchotaient, genre : "C'est lui a reçu le colis ? C'était pour lui ? Oh mon Dieu..." Donc je commence sérieusement à me poser des questions...
Fier de son effet et de la curiosité qui grandissait dans le regard avide de Yamapi, il marqua une légère pause.
_Et ? Et ?
_Et donc j'arrive à la réception, et le gars du téléphone m'accoste, et me dit de le suivre, il courait presque, et en même temps j'avais la bizarre impression qu'il avait envie d'exploser de rire... Alors là j'arrive devant une grande boîte qu'il me désigne du doigt, me surveillant pour voir quelle tête j'allais faire, alors qu'une femme du staff était assise sur une chaise, au bord de l'évanouissement, et qu'un autre mec horrifié, hilare et surpris en même temps l'éventait.
_Et c'était quoi ? le pressa Yamashita.
_Minute, minute ! Donc j'ouvre, j'avais le coeur qui battait fooort ! Et je tombe sur un petit bout de papier avec écrit : "Offrande au dieu Matsumoto. Qu'il resplendisse pour toujours." Et en dessous...
_En dessous ...?
_Un oiseau mort.
_...EEEEEEEEEEH ? Uwaaah ! Uwaaaah !
La tête renversée en arrière, une main sur son coeur Yamapi n'en revenait pas.
_Attends...Attends...C'est horrible ! Uwaaah c'est horrible ! Je vois pas quoi dire d'autre à pars horrible !
_Horrible hein !...Mais bizarrement ma première réaction ça a été d'éclater de rire !
_Non mais tu m'étonnes... c'est énorme !
_La fille me prend pour un DIEU. Tu te rends compte ? Un DIEU. Hahaha ! Et elle me sacrifie un pigeon quoi ! Non mais si elle voulait me faire une offrande elle aurait pu trouver quelque chose de plus classe quand même !
_Elle aurait pu t'offrir son corps, ça aurait été plus marrant.
_Oui enfin après ça dépend du corps qu'elle avait !
_Hahaha. Sûr. Si t'étais tombé sur un boudin, LA, ça aurait été vraiment drôle !
_Oui, enfin quand même, une fois mon hilarité puis mon écœurement passé, j'étais quand même vachement flatté. C'est pas tous les jours que je reçois un pigeon !
_Ah, ça...
_Un Dieu. Haha, un dieu.
_Oui enfin c'est bon, c'est elle qui était folle hein !
_Eh ! Je te rappelle que je recevais quand même plus de lettres que toi ! Même si maintenant le nombre baisse un peu. Faut dire que comme je reçois plus celles de Cla...
Un lourd silence s'abattit de nouveau sur les deux hommes.
_Euh...Je...Désolé.
Clara et Yamapi étaient une seule et même personne, bien entendu. Comment avait-il pu oublier cela ? Ces mots qui le faisaient vibrer, lui redonnaient espoir et chaque jour un peu plus de motivation émanaient en fait de la personne devant lui. De la personne qui l'aimait. Et il avait tendance à un peu l'oublier. Ils avaient discuté, bien tranquillement, et il avait cru, l'espace d'un instant, retrouvé en Yamashita l'ami avec qui il passait tant de temps auparavant. Mais tout ça était impossible. Il ne pouvait que fantasmer cette relation de franche amitié, car chaque mot prononcé pouvait les replonger tous les deux dans la peine, et leur rappeler la situation dans laquelle ils se trouvaient être. Les lettres. Beaucoup des lettres qu'il recevait étaient de la main de Yamapi. La personne pour qui il avait cru entretenir un début de sentiment d'amour n'était autre que...Yamapi. De nouveau, une douloureuse inquiétude s'empara de lui et lui noua le ventre et la gorge. Il ne devait pas oublier ce pour quoi il était ici, et tout ce qu'il avait à dire ou ne pas dire, à faire ou ne pas faire. Il fallait s'en tenir au plan.
Tomohisa lui, croyait à présent tout espoir perdu. S'ils repartaient sur ce sujet, plus jamais ils ne pourraient rebondir. Plus jamais après s'être rappelé leurs cris, leurs larmes, leurs ébats et enfin leur vif baiser, ils ne pourraient reprendre une conversation normale, et recommencer leur relation amicale depuis le début. Alors au point où ils en étaient, autant essayer tout de suite de s'expliquer.
_De toute façon, soupira Yamapi, il fallait bien qu'on s'explique un jour...
Alors on y arrivait ? Matsumoto le savait, il attendait ce moment lui aussi, il l'attendait autant qu'il le redoutait. Yamashita sortit de son sac un paquet de cigarettes, en alluma une et la porta à sa bouche, soupirant de bien être et soufflant au loin la fumée noire et son odeur âcre. Le regard tourné vers les gens qui dînaient un peu plus loin, insouciant, il commença à parler d'une voix quelque peu hésitante.
_Excuse-moi de m'être fait passer pour Clara. C'est que je... je voulais pouvoir me déclarer à toi. J'en pouvais plus de garder mes sentiments enfouis tout au fond de moi, j'avais besoin de te le dire mais j'en avais pas la force. J'osais pas. J'avais peur. Mais je n'en pouvais plus de te mentir, je voulais pouvoir te, euh...enfin, te couvrir des compliments que tu méritais...c'est un peu débile. Et un peu ...gnangnan ... Mais ça me tenait vraiment à coeur. J'en pouvais plus, c'était trop lourd à porter... Et puis ça me faisait tellement plaisir de voir ton sourire lorsque tu lisais mes lettres...
Matsumoto Jun fronça légèrement ses sourcils et passa une main dans ses cheveux. Il avait bien compris tout ça, dès lors où il avait compris la véritable identité de Clara, et après tout, Yamapi avait ses raisons d'avoir fait ça, et même si ça lui faisait mal, même s'il se sentait blessé... Les lettres étaient vraiment formidables, et c'est vrai que ça le rendait heureux. Non, ce qu'il ne comprenait vraiment pas, c'était ses sentiments à lui. Ca lui faisait beaucoup de bien, de se sentir aimé par Clara, cette jeune fille européenne, alors pourquoi est-ce qu'il bloquait tant sur le fait d'être aimé par Yamapi ? Au fond, qu'est-ce que ça changeait ? Pourquoi est-ce que ça lui faisait moins plaisir, pourquoi est-ce que ça le mettait dans des états pareils ? Homme ou femme, peu importe, il s'était toujours dit cela...Alors pourquoi, pourquoi ? Il chassa ces pensées de son esprit et reporta son attention sur son kôhai.
_Je t'en veux plus pour ça. Et puis après tout, c'est vrai que ça me rendait heureux. Ce qui m'énerve réellement, dit-il d'une voix autoritaire, c'est que tu aies volé puis brûlé mes lettres...explique-toi.
_Oui oui...j'y viens... J'avais trouvé une de tes lettres un jour, et j'avais pas pu m'empêcher de la lire.
_Pourquoi...pourquoi t'as lu une de mes lettres ? siffla Jun entre ses dents, alors qu'il sentait la colère s'emparer de lui.
_Calme, calme, murmura Yamapi en levant les mains en signe de paix, elle était ouverte et posée sur ton bureau...j'étais rentré parce que je te cherchais, et n'importe qui à ma place aurait été tenté de lire cette lettre.
_Mouais, c'est ça, mais ça justifie pas grand chose quand même...
Yamashita lui offrit un sourire triste et tira une bouchée de sa bien-aimée cigarette.
_Bref, continua-t-il, je l'ai donc un peu lue... et... ça m'a foutu en rogne pas possible. Je l'ai terminée et je me suis saisi d'une deuxième lettre -laisse moi finir. Je me suis saisi d'une deuxième lettre donc, et ma colère grimpait encore et toujours.
_...Pourquoi ?
Tomohisa plissa les yeux. Le simple souvenir de ces mots délicatement écrits sur du papier rose le faisait rager. Son visage s'empourpra et d'une traite, il avala la fin de son verre, et glissa sa cigarette entre ses lèvres, serrant les poings pour ne pas s'emporter.
_Toutes ces pouffiasses qui t'écrivaient leur amour, et toi qui crevait de joie... Elles disaient t'aimer de tous leur coeur, n'attendre que toi et t'admirer plus que quiconque, alors qu'elles ne connaissaient rien de toi. Elles ne t'avaient jamais vu rire ou pleurer pour de réelles choses, elles ne savaient pas réellement ce que tu as vécu, elles ne se doutent en rien de ce que tu vies et de ce que tu pourras vivre. Elles acceptent tes défauts pour la plupart, mais uniquement ceux qu'elles connaissent. Elles parlent de toi comme si elles te connaissaient par coeur mais elles ne savent rien de toi ! Elles ne te supportent pas chaque jour, elles ne t'écoutent pas, elles n'ont pas le coeur serré quand elles savent que tu es triste puisqu'elles ne le savent pas ! Et elles t'aiment comme des dingues ! Mon cul ouais ! Et toi tu criais de plaisir en lisant tout ça... Et moi qui était juste à côté de toi, je pouvais rien faire, je devais te regarder mais pas question que je le gueule, mon amour, alors que moi, il était certainement plus justifié que celui de ces connes... Ca m'a vraiment mis en colère. Vraiment.
_Tout d'abord ne parle pas d'elles comme ça, cracha Jun trop énervé pour s'attendrir. Et ensuite, la colère ne décide de rien Yamashita ! Si ce monde était régi par la colère, tu sais pas comme on serait dans la merde ! Elle est importante mais elle résout rien, tu t'es emporté comme un con !
Il savait qu'il était peut-être méchant. Mais ce qu'il savait aussi, c'est qu'il fallait qu'ils s'expliquent sur un point important de sa vie, et si il se laissait emporter par les belles paroles de son kôhai, qui bien malgré lui faisaient battre son coeur plus vite, alors il serait incapable de se mettre en colère et il ne bouclerait jamais cette histoire. C'est donc inquiet de ce qui allait suivre, et soucieux de ne pas succomber, qu'il écouta Yamapi.
_Yavait pas que ça sempai... Yavait pas que de la colère incontrôlable et de l'amour dans mon coeur... il y avait de la jalousie. Beaucoup de jalousie. De l'envie. Si tu savais comme ça me faisait mal... Je voulais pouvoir te dire à quel point je t'aimais, comme toutes ces filles, je voulais pouvoir te rendre heureux par ces mots. Mais regarde, à quel point ils nous ont blessés. Regarde où on en est à présent. Je t'aime vraiment. Je voulais te le dire tous les jours mais je pouvais pas. Et ça me rendait fou de te voir sourire lorsqu'elles te le disaient. J'étais jaloux. Alors j'ai tout pris. J'ai tout brûlé. J'ai pleuré comme un gosse, pendant des heures...
Tenant toujours sa cigarette qui se consumait doucement entre ses doigts, Yamapi prit sa tête entre ses mains, ses mèches tombant doucement devant son visage. Il se sentait ridicule de lui dire tout ça, il était extrêmement gêné, et ses doigts cachaient du mieux qu'ils pouvaient ses yeux rougis.
_Je suis vraiment con...
Matsumoto ne répondit pas. Sa tête s'était vidée et il n'arrivait plus à penser à rien. La seule chose qu'il voyait, la seule chose qui comptait à présent, c'était cet homme si fort qui avait été son ami si longtemps, qui se livrait, au bord des larmes, au bord du gouffre.
_J'ai tout gâché... On se retrouve ici tous les deux un soir de Noël, à se remémorer de vieux souvenirs communs comme s'ils étaient lointains et presque oubliés...
Là encore, Jun ne put répondre quoi que ce soit. Pas ce sourire Yamapi, se plaignait-il intérieurement, s'il-te-plaît Yamapi...Pas ce sourire là, comment veux-tu que j'arrive un temps soit peu à t'en vouloir ?
_Alors que... alors que c'était il y a quelque mois seulement... Je suis désolé...
Les yeux clos, partagé entre la colère et la peine, il ne répondait toujours rien. Ses yeux s'ouvrirent de nouveau et il tomba sur ce même visage, enfoui entre ces mêmes mains.
_C'est bon, réussit-il à dire, je t'en veux pas tant tu sais... Je pense juste que tu as réagi un peu trop impulsivement. Et...Oui, tu as gâché pas mal de trucs. Désolé, mais oui.
_Mais... dit Yamapi sans pour autant relever la tête, mais en fermant les yeux plus fort et en attrapant quelques mèches de ses cheveux entre ses doigts. Mais ça faisait tellement mal ! De t'aimer, seul dans mon coin ! Je pensais que ça te ferait plaisir, comme avec ces filles ! Je devenais fou ! Je le suis encore ! Je voulais rien gâcher ! Je voulais être ton ami mais ... pas te mentir sur mes sentiments...
Une larme glissa sur sa joue et vint s'écraser contre son assiette. "Je suis pathétique, pensait-il, un gosse, on dirait un gosse...Je m'enfonce... ça redeviendra jamais comme avant...Je me fais pitié à moi-même putain !" Matsumoto lui, sans trop comprendre pourquoi, se leva, tendant sa main vers le visage de Tomohisa. Mais bien vite il referma ses doigts et laissa tomber son bras le long de son corps, avant de se rassoir mollement sur sa chaise et de finir lui aussi sa coupe de champagne. "Ca ne sert à rien de toute façon".
_J'aurai pas du t'embrasser, pardon. Je comprends que...cette pensée doit réellement te dégoûter. Mais moi j'ai l'impression que c'est une des plus belles choses que j'ai faites... une des seules choses vraiment bien qui me soit arrivée.
Il glissa son doigt le long de ses lèvres, tachant au mieux de se rappeler de cette douce saveur.
_Je t'aime vraiment... dit-il pour la deuxième fois.
Le coeur du membre d'Arashi se mit alors à battre de plus en plus vite, et il avait l'horrible impression que ça lui était arrivé un nombre incalculable de fois dans cette seule soirée. Ses jambes tremblaient et il avait les mains moites, la gorge serrée. Il sentait un feu inconnu et incontrôlable grandir de plus en plus en lui et prendre l'entière possession de son corps. Jamais il n'avait eu aussi chaud. Mais il ne comprenait réellement pas pourquoi. Alors qu'il avait réussi à garder son calme...enfin, à mieux le garder que ce qu'il présageait, il se sentait de nouveau fondre de l'intérieur et ça l'énervait terriblement. Il avait réussi à se mettre en colère contre Pi, et normalement il aurait encore dû l'être. Alors pourquoi perdait-il ses moyens maintenant ? Il se releva presque d'un bond, alors que Yamapi avait écrasé sa cigarette dans un cendrier qu'une jeune femme venait de déposer, et se saisit de la bouteille d'alcool, riant d'un petit rire gêné et incontrôlable.
_Bon allez ! Je nous sers ! Haha ! Rien de tel que l'alcool pour... Rien de tel que l'alcool ! Ne ? On... on va boire un peu, ne ? Hahaha...je...Je tremble, mais je sais pas trop pourquoi...c'est...c'est plutôt bizarre hein ? Désolé, je...
Alors qu'il allait renverser le contenu de la bouteille sur la nappe, Yamapi se releva et posa sa main sur la sienne, pour l'aider à se calmer, s'emparer de la bouteille et les servir à sa place. Encore une fois, Jun maudit son coeur de s'emballer à ce point, et ses jambes tremblaient tellement qu'il fut obligé de se rassoir. Qu'est-ce qu'il lui prenait, à Pi ? Ah...Cette main, cette main chaude et puissante, douce et... Et qu'est-ce qu'il lui prenait à lui ? Il ne se rendait plus compte de rien. Il s'empara de son verre qu'il porta à ses lèvres, mais dans l'état dans lequel il se trouvait, ne réussit qu'à renverser l'alcool sur la table, et quelques gouttes tombèrent sur sa chemise.
_RAAAH LE CON ! Haha, pardon, je suis tout...maladroit...je...je passe aux toilettes. Comme ça je reviens pour le plat, hein ? A tout de suite...
Yamapi le regarda s'éloigner en souriant.
_Tout est foutu.
-A suivre-
Merci d'avoir lu et pensez donc aux reviews.
Ryo no AkiNishikido :).
