CHAPITRE 2

Le bruit signalant la réception d'un message électronique me sort de ma léthargie. Notre ordre de mission est arrivé.

Je me lève et me dirige vers le labtop d'Heero laissé ouvert sur la table base. En me voyant me déplacer vers le canapé, les autres sortent de leur torpeur pour me rejoindre. Heero décide de ce placer derrière le canapé aussi loin que possible de moi lui permettant tout de même de voir l'écran de l'ordinateur. Cette initiative n'est pas pour me déplaire, au contraire. Après que tout le monde est prit note de son rôle lors de la mission je vais pour me diriger vers ma chambre. Sans un mot ni un regard pour les autres je sors de la pièce mais je sens son regard sur moi. Je ne sais pas se que je pourrais y lire si je le regardais mais je m'en moque. J'ai mal.

Le jour J est enfin arrivé. Depuis la gifle, je n'ai plus ouvert la bouche. Uniquement le strict nécessaire. J'avais un mauvais pressentiment et je n'aimais vraiment pas ça mais je le mettais sous le coup de l'atmosphère tendu de ces derniers temps. La mission avait été préparée comme du papier à musique mais elle ne se déroula pas comme prévu. On aurait dit que les soldats de Oz avaient été prévenus de notre attaque.

Etant donné la relation actuelle entre Heero et moi, il a été décidé que mon binôme serait Quatre et que Heero aurait Trowa. Quatre et moi avions réussi à harponner un soldat ennemi pour le questionner. Je commence :

Alors on dirait que notre attaque surprise n'était pas réellement une surprise ?

En effet. Répond le soldat visiblement très fière de lui malgré la blessure mortelle que je lui ai fait.

Et on peut savoir comment vous avez fait ? Demanda à son tour Quatre

Apparemment ils ont enfin comprit qu'il fallait valoriser la qualité à la quantité dans les effectifs d'Oz. Poursuivi-je moqueur.

Vous avez tout à fait raison… mais le mérite devrait vous revenir.

Comment cela ?

Vous vous êtes grillés tout seul… Cette idiote de Peacecraft parle beaucoup trop. Elle racontait à qui voulait entendre qu'elle sortait avec l'un d'entre vous. Et nous, nous voulions justement l'écouter. Il nous a fallut l'approcher afin de lui faire porter un mouchoir.

Pourquoi nous le dévoiler ? Demanda Quatre.

Parce que ces informations ne vous servirons plus à rien. Vous allez y rester. Dit-il avec un petit sourire.

Tu rêves mon vieux. Répliquais-je. Le sourire du soldat s'agrandi.

Nous avons bien compris après vos précédentes détentions dans nos prisons que vous ne direz rien. Alors il a été convenu pour vous éloigner et empêcher de détruire nos projets de vous éliminer. Il ne vous a pas semblé bizarre de me trouver seul ? Tout en disant cela il regarda dans un coin de la pièce où nous nous trouvons.

Intrigué Quatre alla voir de plus près. Il écarquille les yeux sous sa découverte et se précipita auprès de moi tout en me criant que c'est une bombe et que nous n'auriont plus le temps. Ni une ni deux nous nous ruèrent vers la sortie n'oubliant pas de prévenir les autres.

Franchissant la sortie en courant nous apercevons nos compagnons au loin. Etant plus à l'aise à la course que Quatre j'avait plus d'avance. Je ne m'inquiétais pas jusqu'à ce que j'entende Trowa hurler le nom de son amant. Terrifié, je me retourne pour voir la base exploser. Je ne pense qu'à le protéger et ne pas le perdre comme j'ai perdu tant d'autres. Le souffle est tellement fort qu'il propulse Quatre en avant. J'ouvre les bras afin de le réceptionner au mieux et d'amortir sa chute. Tout se passe très vite, pas plus d'une seconde. Je suis propulsé en arrière, j'ai mal mais se n'est pas grave du moment que Quatre n'a rien. La douleur est tellement forte que j'ai l'impression de ne plus rien sentir : mes jambes, mon dos, ma tête. Mon meilleur ami a tant de choses à découvrir, fonder une famille avec l'homme qu'il aime et qui l'attend. Oui, qui l'attend.

Un mois plus tard.

J'entends un bip régulier. Je me sent si faible mais tente de me relever. Rien. Je n'arrive pas à bouger. La panique commence à me gagner et le bip régulier commence à s'affoler. Je n'arrive pas à ouvrir les yeux. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?

J'entends la porte s'ouvrir et des pas s'approcher rapidement. Ami ou ennemi ? Je me pose la question quand la personne près de moi prend la parole :

Monsieur Maxwell, je suis le docteur Bratt. Vous êtes à l'Hospital suite à un grave accident. Si vous m'entendez faites moi un signe. Evidemment mon corps ne semble pas vouloir m'obéir. Frustré, je fronce les sourcils. Bien. Votre corps a subit de graves séquelles qui font que pour atténuer la douleur nous vous injectons un produit paralysant. Maintenant que vous êtes réveillé nous réduirons progressivement le dosage pour que vous retrouviez l'usage de vos membres. Par contre la douleur réapparaîtra sans doute. Mais pour l'instant je vais vous retirer le tube qui vous aide à respirer.

Quand la chose fut faite je toussais légèrement. J'essaye de parler mais seul un murmure sort de ma bouche. Quatre.

Ne vous inquiétez pas, votre ami va très bien. Je les préviendrais de votre réveil. Vous devez vous reposer, je repasserais.

Sur ces paroles je retombais dans le sommeil mais tranquillisé sur l'état de Quatre.

Je me réveille de nouveau et pousse un léger soupir.

Duo ! Tu es réveillé ? Je reconnais la voix de Trowa. Elle parait soulagée.

Hum, Tro… Où est Quatre ?

Quatre va bien ne t'inquiète pas. De qui te souviens-tu exactement ?

Toi hurler ne nom de Quatre, je me retourne, l'explosion, je devais protéger Quatre et puis le trou noir.

Duo cela va faire un mois que tu es dans le comas. En voulant protéger Quatre tu as mis ta vie en danger.

C'est bon, tu me dis que Quatre va bien. C'est l'essentiel.

Ne dis pas n'importe quoi. Tu as failli mourir par ma faute. S'exclama Quatre qui venait de faire son apparition dans la pièce.

Je ne suis pas mort. Si je devais recommencer, je le referai. Mon petit Kitty… Je ne pu finir ma phrase que Quatre se jeta sur moi en pleurs. Je le laisse faire un sourire aux lèvres malgré la douleur. Allez ne pleure plus, Boys don't cry as-tu oublié ? Ah oui c'est vrai, tu n'es plus un petit garçon mais un homme à présent. Merci Trowa.

Duo !! S'exclama Quatre. Je l'imagine avec des rougeurs au niveau des joues. Je ne peux le vérifier puisqu'un bandage me recouvre encore le crâne ainsi que les yeux.

Quatre et Trowa me racontèrent brièvement se qu'il s'est passé durant mon absence. Lors de l'explosion, les trois pilotes ont eut très peur et nous ont conduit à l'Hospital le plus proche. Quatre avait des blessures superficielles. Par contre moi après avoir réceptionner le petit blond, je suis retombé assez durement au sol et ma tête a prit un méchant coup. J'appris que tout le monde est venu me voir sauf deux. Quatre a interdit à Heero et Réléna de finir.

Quatre est en colère contre Heero de s'être emporté contre moi que se soit verbalement que physiquement alors qu'au final j'avais eu raison au sujet de Réléna. Quand à Réléna. Après que Quatre ait rapporté les dires du soldat de la base Heero s'est séparé de la jeune femme. Cette dernière ne voulait venir me rendre visite uniquement pour reconquérir le japonais en pensant que s'il voyait qu'elle culpabilisait il reviendrait sur sa décision. Cependant, comme l'avait dit ce soldat, Réléna parle beaucoup trop. Dorothy n'aillant pas apprécié ses motivations raconta tout à Quatre dont elle est devenue très proche.

Le docteur Bratt entre dans la chambre. Bonjour doc… mais qui est cette jeune femme avec vous ? Demandais-je avec un grand sourire.

Comment…?

Vos façons de marcher à tous les deux. Le coupais-je

Ah… Nous sommes là pour vous enlever vos bandages aux yeux…

En parlant de ça…Vous m'avez opéré au niveau du crâne…Heu…Dites moi que vous n'avez pas touché à mes cheveux !! M'étranglais-je.

Duo !! S'exclama Quatre.

Je vous l'avais bien dis. Dit Trowa mais on pouvait noter de l'amusement.

On va voir cela immédiatement. Répondit le médecin. Il déroula la bande autour de ma tête et termina par les cotons sur mes yeux.

Après plusieurs examens, le docteur Bratt a conclut que je suis aveugle et que mon état ne pouvait pas changer. Ce fut un choc mais je ne pouvais me laisser aller avec un Quatre totalement hystérique dans la pièce. Heureusement qu'il a Trowa pour le soutenir. J'ai réussi à ne pas pleurer lorsque je me suis rendu compte que je ne reverrai plus le beau sourire de mon meilleur ami, l'œil amoureux de Trowa lorsqu'il est tourné vers son blondinet, le visage rouge de colère de Wufei lorsque j'écorche son prénom. Ma gorge se serre quand je pense ne plus pouvoir admirer deux magnifiques yeux d'un bleu profond. Car malgré les disputes et autres entre nous, je n'ai jamais cessé de l'aimer et de continuer à le regarder évoluer même sans moi. J'ai attendu que l'heure des visites soit finie pour pouvoir enfin pleurer de tout mon saoul sans craindre d'être vu par l'un de mes amis pour qui je me dois d'être fort. C'est en pleurs que je m'endors.

Mon 'nouvel' handicap ne me permit pas de voir la personne derrière la vitre me regarder avec tendresse, tristesse, regrets, colère et impuissance alors que je fini de pleurer.


à suivre...