Titre : Albédo

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)

Rating : M

Disclaimer : Les personnages sus-nommés appartiennent à Akira Amano qui devrait – avis personnel – vraiment se lancer dans la création de doujins ou alors hum apporter quelques modifications de ci de là. Après tout, il n'y a qu'un « ai » de différence entre shonen et shonen-ai … Bref.

Synopsis : Gokudera Hayato est vendeur dans un magasin d'équipement de sport dans la station de Rusutsu ( île d'Hokkaido – Japon ). Son quotidien est d'un ennui mortel jusqu'à l'arrivée d'un nouveau client aux cheveux bruns...

Musique ( que j'ai oublié de préciser ) : Always Love – Nada Surf / Flowers - New Radicals

Note : ( Postage en coup de vent ) Bonjour,

Fred sans Jamy, au rapport : Je remercie comme d'habitude, c'est à dire avec autant d'entrain si ce n'est un peu plus à chaque fois les lectrices, revieweuses, celles et ceux qui suivent dans l'ombre de leur pc ( manifestez-vous, je ne mords pas ; ) ). Merci beaucoup pour votre soutien !

A bientôt.

Mes amitiés et toujours de bonnes fêtes,

PS : Je m'excuse encore du manque de temps, le saligaud è_é, m'empêchant temporairement de répondre aux dernières reviews et celles des anonymes. Tsubaki I ( RAVIE de te revoir ici également ^_^ ) et hikari je vous remercie chaleureusement !

Note 2 : « Albédo » est un mot latin qui signifie blancheur. Il correspond à la fraction de l'énergie solaire renvoyée vers l'espace. Sa valeur est comprise entre 0 et 1. Plus une surface est réfléchissante, plus son albédo est élevé. Les éléments qui contribuent le plus à l'albédo de la Terre sont : les nuages, les surfaces de neige et de glace et les aérosols. Par exemple, l'albédo de la neige fraîche est de 0,87, ce qui signifie que 87 % de l'énergie solaire est réfléchie par ce type de neige.

-x-x-

Il avait neigé de nouveau pendant la nuit. Une couche blanche encore inviolée couvrait châssis, toits et fenêtres à cette heure matinale ; On pouvait entendre, au dehors, l'effervescence des touristes se précipitant sur les pistes et dans les rues de bon matin.

Gokudera grogna paresseusement puis émergea des trois couches de couvertures le recouvrant en esquissa aussitôt un frisson ; son souffle était distinguable à la clarté du jour naissant et indiquait la nette différence de température évidente entre le corps encore chaud et la température glaciale régnant dans le minuscule appartement. Il fallait réellement qu'il pense à s'installer sur son lieu de travail ; profiter de la chaleur ambiante pendant que son patron n'était pas là. Ou alors …

Une autre idée germa dans son esprit, le mettant en scène en train de profiter d'une chaleur oui, mais pas n'importe laquelle, celle d'un corps. L'italien s'empara de son paquet de cigarettes disposé sur la table de chevet et s'alluma un rouleau de tabac ; s'autorisant à craquer plus d'allumettes qu'il n'en fallait afin de se réchauffer quelque peu les mains. Il pensait à ce Takeshi Yamamoto et rien que ça suffisait à réchauffer les moindres parcelles de sa peau. Mince, c'était bien la première fois qu'il pensait à quelqu'un de la sorte ! Et puis, il fallait avouer qu'en temps normal, c'était lui qui faisait le premier pas vers autrui. « T'es trop intimidant » lui avait avoué un de ces quelconques coups d'un soir ; « Attirant et intimidant à la fois. C'est plutôt assez déroutant ». L'italien savait qu'il était, en temps normal, atteint de misanthropie chronique. Celle-ci même lui conférant un caractère proprement asocial qui faisait que finalement, peu de gens venaient vers lui ; peu de gens de son bord s'entend. Néanmoins, il savait pertinemment que quand il se décidait – en de rares fois – à se bouger un un peu, les résultats étaient toujours couronnés de succès. Bien évidemment, il y avait aussi ces midinettes, clean sous tous rapports et qui avaient de l'espoir à revendre lorsqu'elles pénétraient dans l'enceinte du magasin et se trouvaient face à lui. Aucun intérêt.

Seulement là, c'était un peu Noël avant l'heure : un beau brun venait de fouler ce même espace et dès lors l'alchimie avait opéré. Yamamoto Takeshi semblait être un gars droit, honnête – peut-être un peu trop -, franc, du genre sportif décérébré et merde ce qu'il était attirant. Il plaisait tellement à l'argenté qu'il fallait sincèrement qu'il revoit l'ordre de ses priorités, à savoir, serait-il finalement un simple coup parmi tant d'autres ou une - rare – relation à potentielle longue durée ? Gokudera n'était pas en mesure d'y greffer une réponse et cette nouveauté lui procurait un vif sentiment dérangeant. Amoureux ? Sans blague, est-ce que lui pouvait tomber amoureux ? D'autant plus, aussi rapidement ? La réponse, une des rares positives le concernant, lui provoqua un intense frisson dans tout le corps si bien qu'il écrasa sa cigarette non terminée et se dirigea, une couverture enroulée autour de son corps, vers la petite salle de bain ; au moins, il avait l'eau chaude et c'était assurément un luxe sur lequel il n'allait pas cracher afin de se réchauffer un tant soit peu.

Vingt-minutes plus tard, le jeune homme sortait, la chaude couette ayant reprit sa position sur ses épaules et s'habillait rapidement avant de s'observer une dernière fois dans un miroir, replaçant quelques mèches argentés de ci de là puis de rassembler quelques affaires et de quitter son logement. Dehors, un léger vent piquant vint lui fouetter la figure et il enfonça un peu plus les mains dans ses poches ainsi que le bas de son visage dans son écharpe, accélérant perceptiblement le pas afin de retrouver son lieu de travail... Nous étions dimanche et à chaque fois l'argenté se disait que la situation était vraiment impossible.

Finalement, l'idée d'aller prendre un café dans le bar – même ouvert un dimanche - d'en face s'évapora complètement de son esprit quand, approchant du magasin de sport, il vit un groupe de jeunes femmes qui visiblement s'égosillaient devant sa vitrine. « Merde ! » il s'approcha, se préparant psychologiquement à voir des morceaux de verres éparpillés au sol et accessoirement son futur renvoi. Il se stoppa net et son cœur s'emballa telle une machine folle quand son regard tomba sur un certain brun, rencontré la veille, adossé sagement contre le mur, mains dans les poches et plus que tout ayant remarqué que le troupeau de demoiselles n'avaient de cesse de le regarder, des étoiles plein les yeux. Sa tête pivotait tantôt à droite, tantôt à gauche, espérant visiblement qu'on le sorte de cette situation. Gokudera étira un sourire contre sa volonté en observant le tableau ; Ce type complètement attirant sous tous rapports et qui là, visiblement, avait un mal fou à gérer l'attirance immuable qu'il pouvait exercer sur autrui. La situation était cocasse et le fumeur serait bien resté à sa place encore quelques instants afin de terminer de se persuader que Yamamoto Takeshi était vraiment le genre de type complètement craquant ; mais finalement et plus que tout, l'envie de le revoir était assurément la plus forte. Il se rapprocha lentement, essayant au mieux de garder un air indifférent mais ne manquant pourtant pas de dévisager une à une les demoiselles louchant un peu trop sur le brun à son goût. Il s'empourpra quelque peu quand le regard du sportif s'illumina en le remarquant.

« Salut, je... Je ne pouvais pas attendre. J'avais trop envie de te voir, expliqua, non sans mal, ce dernier en se frottant fébrilement la nuque. Et comme je ne savais pas où tu habitais... »

Les gloussements des filles avaient gagné en intensité devant la proximité un tant soit peu suggestive des deux jeunes hommes. Yamamoto avait délicatement attiré l'autre contre lui et avait déposé un doux baiser dans les cheveux encore humides. Ce dernier avait plissé les yeux, sans réellement savoir si c'était le parfum enivrant de son homologue lui ayant chatouillé les narines ou bel et bien les éclats de voix sordides du groupe de dindes qui en était l'instigateur.

« Viens, rentrons à l'intérieur » fit-il en attrapant le brun par le bras cependant qu'il ouvrait la porte de la boutique.

Une fois dans la chaleur ambiante du magasin, l'argenté baissa les stores afin de clore aussi sec le spectacle débile qu'offrait ce groupe de décérébrées. Aucun intérêt, encore.

« Elles commençaient à me faire peur » glissa le brun en observant avec incertitude la fenêtre.

Hayato se débarrassa de son blouson et de son écharpe qu'il posa négligemment sur le comptoir puis se tourna vers lui :

« C'est surement la première fois qu'elles voient un gars aussi... S'empourpra t-il en réalisant ce qu'il venait de dire, le plus naturel du monde. Heu, sinon tu veux un café ? »

Les propos étaient sortis naturellement et dès lors, le fumeur se baffa mentalement et à nouveau, face à son manque de réserve. Mince, à chaque fois qu'il se trouvait en présence du brun, il semblait perdre un certain contrôle sur son propre corps.

La possible teinte rosée que prirent les joues du sportif lui sembla tellement illusoire et il ne comprit pas comment il se retrouva dans les bras de celui-ci une demi-seconde plus tard, trop absorbé par ses pensées.

Pris en sandwich entre le comptoir et le corps chaud et parfumé d'une odeur de pain qui venait de sortir du four, Gokudera réprima un frisson quand le nez de son vis-à-vis vint se coller contre son cou, effleurant joyeusement le grain de peau soyeux. Les courts cheveux sombres lui chatouillaient l'oreille et bientôt il passait lui aussi ses bras autour de sa taille, collant un peu plus les deux corps l'un contre l'autre. Le nez taquin du sportif remonta sensiblement vers la joue rosée puis vers l'oreille aux aguets :

« Je n'ai pas arrêté de penser à toi depuis hier … »

Un courant électrique parcourut le corps du métis. « J'ai pas arrêté de penser à toi depuis hier » répéta t-il dans sa tête, cultivant la tentative vaine qu'il allait lui aussi lui balancer le fond de sa pensée, qui était en l'occurrence exactement la même. Cependant il n'en fit rien … Maudissant sa réserve qui revenait au mauvais moment, la bougresse.

Se décollant sensiblement de son corps, Gokudera s'installa sur le comptoir et l'attira de plus belle contre lui, entre ses jambes, puis colla aussitôt leurs lèvres avec une impatience manifeste. Le baiser, chaste aux premiers abords devint rapidement un peu plus osé ; Les langues, pourtant impatientes, se rencontrèrent timidement, se touchant, s'attirant avec une certaine réserve. C'était agréable et la chaleur montait en adéquation avec l'intensité de l'échange allant crescendo. Lentement et savourant le flot de sensations les assaillant, les deux jeunes hommes savouraient avec un délice indicible les lèvres de l'autre et bientôt, un gémissement étouffé s'en échappait tandis que les muscles s'entortillaient avec toute la suggestibilité que cela impliquait, passant d'un rythme doux à une cadence nettement plus affirmée. La main du sportif vint se poser contre la joue de son homologue, caressant avec une passion rare la peau délicieusement rosie par un certain excès de chaleur.

Lorsque le baiser se termina, par manque d'air des deux jeunes hommes, Yamamoto garnit le visage de doux baiser cependant que sa main continuait de caresser les joues puis bientôt le cou de son homologue. Gokudera était complètement ailleurs, perdu quelque part, dans une agréable contrée rythmée par les douces caresses du brun contre sa peau échaudée. Ce dernier étira un tendre sourire et sortit aussitôt de l'intérieur de son blouson, un paquet quelque peu aplati d'où émanait une délicieuse odeur de pain chaud, qu'il agita nerveusement :

« Le café passera mieux avec ça, ha ha »

L'argenté le gratifia d'un regard conquis. Non vraiment si en plus Yamamoto lui offrait des croissants et parvenait à rendre ce breuvage infâme meilleur, il allait définitivement le demander en mariage, songea t-il ironiquement en dirigeant vers la petite cuisine tandis que le brun lui emboitait le pas. La pièce était résolument petite et ce fait sauta dès lors aux yeux du sportif qui songea qu'il ne l'avait décidément pas trouvé si exiguë la première fois. Étais -ce parce qu'il était à présent sûr de ce qu'il ressentait pour le vendeur taciturne ? Ou alors cette envie durement réprimée de le prendre dans ses bras ? Surement. Mais dans tous les cas, l'étroitesse de la pièce renflouait d'autant plus l'attirance inextinguible qu'il avait pour son … hum petit copain ? Dans sa tête, il était clair qu'ils sortaient ensembles mais dans celle de l'argenté, étais-ce la même chose ? Même avec un laps de temps aussi court passés ensembles, le brun pouvait néanmoins affirmer avec certitude que le vendeur n'était pas de ces gens qui exprimaient facilement ce qu'ils ressentaient. Il se passa rapidement une main dans ses cheveux déjà suffisamment ébouriffés et empoigna une chaise sur lequel il s'installa.

« Goku...

- Hayato, rectifia aussitôt ce dernier tandis qu'il préparait le breuvage noirâtre.

- Hayato... Je me demandais si, hésita t-il, si … Comment dire ?

- Mh? si quoi ?

- Si tu … Enfin si tu accepterais d'aller boire un verre ensembles ce soir ? » Demanda t-il, finalement.

Gokudera enclencha la cafetière et s'adossa contre le plan de travail, croisant ses bras contre son torse en cette attitude follement sexy qui vrillait les sens de son homologue. A ce moment, Takeshi faisait des pieds et des mains pour ne pas l'attirer sur ses genoux et de le bécoter gentiment de peur de paraître décidément trop entreprenant le lendemain même où il s'était enfin décidé à l'aborder. En réalité, Takeshi l'avait depuis longtemps repéré et s'était évertué à l'observer de l'autre côté de la rue, à travers la vitrine sans réellement oser l'accoster. Ce n'est que quand il le vit sortir de ce bar en compagnie d'un homme dont il semblait plutôt assez proche, qu'il en avait déduit, avec un certain soulagement, que le bel argenté était probablement du même bord que lui et cette information lui avait de suite fait pousser des ailes ; celles-ci même l'ayant finalement et enfin poussé à entrer dans la boutique. Si l'acquisition d'une planche de snowboard faisait bel et bien partie de son programme, elle n'était aucunement le seul moteur l'ayant amené à entrer dans le magasin. Son manque d'originalité chronique finirait par lui jouer des tours, songea t-il avec amertume en repensant à sa tentative stupide mais qui, avait pourtant porté ses fruits, à son grand soulagement. La voix du fumeur le sortit alors de ses pensées et il reporta ses yeux sur lui :

« Ce soir ? Ouais, pourquoi pas ? Mais étant donné que je bosse demain, je ne resterai pas tard.

- Pas de problème. »

L'après midi passa à vitesse grand V aux yeux de l'argenté ; ils étaient passé par l'hôtel situé au pied de la station et Gokudera avait pu intégrer avec douleur le fait que le brun y avait prit une chambre et qu'il n'était pas de la région ; il devrait, de fait, repartir d'un moment à l'autre. Cette information résonna en lui avec amertume. Finalement, et nonobstant la véracité des faits, l'information avait du bon : l'argenté avait pu se rendre compte qu'il était dingue du sportif aux cheveux bruns et ce dès le premier regard. La perspective de ne plus le revoir était absolument infâme et il ne préférait pas y penser et également ne rien montrer.

Dans tous les cas, une demi-heure plus tard top chrono, son esprit était complètement absorbé par la classe folle qui émanait du sportif, une fois celui-ci, habillé en circonstance et une vieille planche de snowboard à la main. Gokudera se mordit la lèvres jusqu'au sang ; Qu'on soit d'accord, il en avait vu des sportifs sexy fouler le sol de son magasin, retirer leur bonnet et leurs lunettes de soleil puis s'ébrouer façon « Dieu Du Stade », mais ce n'était rien comparé à ce que, présentement, le brun ou plutôt la vision du brun exerçait sur lui. Takeshi souriait. Il souriait comme un enfant cependant qu'il posait la planche au sol et ajustait les lanières de ses boots noires et blanches puis en faisait de même une fois la planche sous ses pieds. Il semblait retrouver ses repères ; retrouver un monde qu'il semblait avoir perdu. En somme retrouver quelque chose qui caractérisait son être tout entier et il apparaissait, aux yeux de l'italien, juste magnifique. Ce dernier, resté quelque peu en retrait et mains dans les poches ne pouvait en détacher ses yeux ; ses iris couleur d'argent et de vert pâle pivotaient tantôt à droite, tantôt à gauche cependant que Yamamoto effectuait de simples aller-retour afin de s'échauffer puis de se ré-habituer doucement à son sport de prédilection, qui n'en restait pas moins difficile. Une fois sa position stable et ses mouvements devenu fluides, le brun se détacha et revint, tout sourire, vers l'argenté :

« On dirait que j'ai quelques restes, ha ha, rit-il en se grattant la nuque.

- A ce niveau, ce n'est pas des restes mais bel et bien de la technique. Néanmoins, je constate que tu es modeste.. C'est courant chez les sportifs de cette trempe ? Sourit l'italien devant les joues qui pourtant déjà rosies par le froid, l'étaient désormais d'autant plus.

- Ça m'arrive mais je … Je pense que je vais augmenter un peu le niveau. Un vendeur charismatique me regarde et j'ai vraiment envie de lui en mettre plein les yeux, pour le coup » sourit-il à son tour en déposant un baiser sur sa tempe.

Hayato s'empourpra également. Le peu de bon sens qui lui restait lui lançait en un écho assourdissant dans les moindres recoins de sa tête, qu'un tel vêtement - une combinaison de snowboard en l'occurrence - était probablement trop chiante à enlever et que le brun risquait la pneumonie s'il le déshabillait maintenant, après l'avoir fait basculer sur le sol neigeux qui en y pensant, devait être un matelas assez confor... « Non mais ça va pas, mon vieux ! Tu craques total ! »

Yamamoto était à l'aise sur sa planche et il fallait avouer que le spectacle était vraiment agréable à l'œil. Le sérieux pouvait désormais se lire sur son visage et il s'autorisa quelques sauts de plus grande ampleur cependant qu'il descendait, avec assurance, la vaste pente luisante au soleil perçant au travers du ciel d'hiver. « Je rectifie: les sportifs sont tous des vantards » lui avait glissé le fumeur, un sourire malicieux au coin des lèvres, tandis qu'il revenait rapidement dans sa direction, s'arrêtant, freinant pile devant lui et arrivant à hauteur de son visage pour lui voler un baiser avant de repartir joyeusement en ne manquant pas de lui lancer un coup d'œil aguicheur.

La fin d'après-midi pointait à l'horizon et finalement Hayato n'eut pas besoin d'amorcer la possible chute du brun que celui-ci se retrouvait par terre, immobile à même le sol. L'italien fronça les sourcils et se précipita vers le probable blessé avant que celui-ci n'éclate de rire et ne l'attire contre lui. « Espèce de... ! » Vociféra t-il en lui enlevant ses lunettes de soleil. Yamamoto sourit de plus belle et attira son visage près du sien afin d'y capter impatiemment ses lèvres dans un doux échange. L'argenté se détendit et ferma les yeux, de concert avec son délicieux assaillant. Quand ils cassèrent le baiser, le brun retira un de ses gants et passa tendrement sa main dans les cheveux argentés :

« Merci d'être venu … »

-x-x-

La nuit était tombée quand les deux jeunes hommes pénétrèrent dans le bar situé en face du lieu de travail de l'argenté. La petite clochette tinta avec enthousiasme et bientôt la chaleur de l'établissement couvrait les corps des deux nouveaux venus.

« Hoy Gokudera ! Un « thé glacé » comme d'habitude ? » Lança le patron en le gratifiant d'un sourire.

Ici le fameux « thé glacé » était l'appellation commune des deux carrés de glace trônant joyeusement dans leur whisky pur malt.

« Deux « thés glacés » » Répondit-il en lui rendant son sourire.

Le patron acquiesça d'un signe de tête et salua aussitôt le brun qui émergea de derrière son compagnon. Les deux hommes s'installèrent au bar, observant l'homme d'âge mur déposer deux larges verres devant eux qu'il emplit du liquide mordoré avant d'y ajouter les glaçons. Yamamoto se saisit de son verre et le leva en direction de son homologue, un sourire fleurissant au coin de ses lèvres :

« A ces deux derniers jours !

- A ces deux derniers jours … » Répéta t-il presque à voix basse en faisant s'entrechoquer leurs verres et ne quittant pas son vis-à-vis du regard.

Et ils burent chacun une gorgée plus que suffisante sans cesser de quitter l'autre des yeux. La tension sexuelle était, à ce stade, tellement forte et c'était tellement évident qu'ils allaient s'envoyer en l'air en sortant de l'établissement que finalement le véritable défi résidait dans le simple fait de tenir un peu plus longtemps que le premier verre. Gokudera se força à dégager ses yeux embués de l'attirance inébranlable que le brun exerçait sur lui. Merde, il était si flagrant que même le patron lui lança un clin d'œil amusé depuis l'autre côté du bar.

« Blessure de guerre ? » Demanda t-il d'un ton détaché mais avec des pommettes trop rosées pour être honnêtes, en portant sa main contre le menton de son vis-à-vis.

Lorsqu'il se rendit compte que non seulement sa main n'était toujours pas revenue à sa place initiale quelques secondes plus tard et que le brun souriait tendrement, lui conférant cette moue irrésistible et lourde de sens, il l'a retira aussitôt en murmurant un vague « désolé » et lapa une nouvelle gorgée de whisky.

« C'est plutôt une blessure symbolique, répondit-il simplement en portant lui aussi son verre à ses lèvres. Et toi, tu sembles aimer les piercings »

Gokudera frissonna de plaisir quand, cette fois-ci, la main chaude vint écarter les mèches anthracites en une caresse sensuelle et les placer derrière les oreilles criblées de bijoux argentés.

« Tu en a d'autres … ? » Souffla le brun d'une voix de miel en se rapprochant, faisant glisser sensuellement un bras autour de sa taille.

Les verres s'ajoutaient sur le comptoir et les deux hommes, légèrement altérés par l'alcool, continuait de fricoter bien sagement, collés l'un à l'autre, ne cessant de se dévorer du regard de façon hautement suggestive. Le patron leur jeta un rapide coup d'œil et songea un instant à venir mettre son grain de sel afin de les pousser à aller finir leurs quasi-préliminaires ailleurs que dans son bar. C'était tellement évident que chacun des deux attendait que l'autre fasse le premier pas... Le gérant tiqua sur ce fait : En temps normal, Gokudera ne faisait pas tant de chichis pour coucher avec un homme. Cette fois-ci semblait bel et bien différente …

« Hoy Hayatooo ! Hips ! Encore en train de fricoter ? »

Le sus-nommé tourna à demi le visage vers le nouveau venu.

« Shamal... » Grogna t-il en reportant son attention sur son verre qu'il vida d'une traite ou presque.

Le dénommé Shamal vint se poster à ses côtés, les coudes largement affalés sur le comptoir et dévisagea aussitôt le sportif. Ce dernier plissa les yeux quand il reconnu le gars en question : c'était lui qu'il avait vu de nombreuses fois sortir de l'établissement en compagnie de l'argenté, bras dessus bras dessous.

« Son physique me pique les yeux, lâcha t-il en grimaçant.

- C'est drôle, j'allais dire la même chose, rétorqua le brun en étirant un sourire feint.

- T'as pas des patients à torturer ? Fiches le camp. » Grinça Gokudera en levant les yeux au ciel dans sa direction.

Le trentenaire, lui aussi visiblement bien altéré par l'alcool, posa son verre vide en un claquement sourd et en commanda de suite un autre. Il étira un sourire enjôleur et posa ni plus ni moins que sa main sur les fesses de son ex-amant. Il réprima un léger cri de douleur quand son poignet se retrouva prisonnier de la poigne du sportif qui étirait toujours son sourire innocent cependant qu'il bataillait férocement pour ne pas lui broyer l'os dans la minute. La jalousie possessive lui vrillant violemment les sens n'était pas feinte, elle.

« Putain mais hips! c'est quoi ton problème à toi ? T'es pas son maque que je sache alors casses-toi ! Les beaux gosses comme toi qui jouent les durs, moi ça me fout en rogne !

- C'est drôle, moi c'est les vieux pervers jaloux, alcooliques et qui ont de l'espoir à revendre qui me foutent en rogne » répliqua l'argenté en se redressant et s'allumant une cigarette le plus naturellement du monde.

Shamal se dégagea férocement de la poigne de l'autre et dévisagea tour à tour les deux jeunes hommes.

« Mais bordel t'es qui toi pour lui ? » Cracha t-il à Takeshi.

Les traits de ce dernier s'affaissèrent aussitôt ; qu'est-ce qu'il était pour Gokudera ? C'était là une bonne question auquel il avait une réponse, sa réponse mais …

« C'est mon mec, avoua calmement Gokudera en le prenant par les épaules et déposant quelques billets au milieu des verres vides. Sur ce ... Ce fut un plaisir comme toujours, salut. »

Le brun était quelque peu abasourdi et ne répliqua rien tandis que l'argenté le traînait par le bras hors de l'établissement et se contentait de traverser la rue, déserte à cette heure, puis d'ouvrir rapidement la porte du magasin dans lequel il s'engouffra aussitôt, tenant toujours fermement son homologue. Une fois à l'intérieur et sentant la poigne contre son bras disparaître, le brun marmonna un rapide « désolé » qui fut brusquement étouffé quand une bouche avide, au goût d'eau-de-vie s'écrasa contre la sienne. Gokudera agrippait fermement le col de son homologue cependant que sa langue s'engouffrait dans sa bouche pour y retrouver sa consœur à laquelle elle s'enroula aussitôt celle-ci trouvée. C'était chaud, impétueux, enivrant et suintait tellement d'une irrémédiable envie d'aller plus loin …

« C'était quoi cette possessivité ? Ça me rend dingue … Souffla l'italien contre les lèvres alors qu'il cassait le baiser, agrippant toujours jalousement le vêtement de son homologue.

- Je... Désolé mais ce type était...

- D'aucun intérêt.

- T-tu n'as jamais ... Avec lui ?

- Non. La seule chose que j'ai faite avec ce pauvre type c'est de le ramener quand il était ivre mort et ce malgré ses tentatives à répétition. Je dois surement être trop gentil, un truc comme ça, grogna t-il. Fais chier.

- Ça me rassure... Alors comme ça, je suis ton « mec » ? » Sourit-il en enfouissant son visage dans le cou face à lui qu'il se mit à garnir de baisers papillons.

Gokudera ne répondit pas ; Il se mordit violemment la lèvre. Il avait chaud, très chaud et la possessivité de son amant à son égard l'excitait plus que jamais. Yamamoto Takeshi le rendait complètement dingue et ce d'autant plus avec quelques verres dans le nez. Son entre-jambe frémit douloureusement : Il avait envie de lui ici et maintenant.

Il ferma les yeux, inspirant à plein poumons l'odeur caractéristiques des cheveux noirs et commença à défaire le blouson avec une impatience manifeste. Le sportif releva ses yeux emplis lui aussi d'un ardent désir vers les siens :

« Je peux plus attendre, j'ai trop envie de toi, Takeshi »

La suite de lettres, de mots résonna en lui en un écho voluptueux : L'accord avait été donné.

A suivre …

Merci pour la lecture. Lemon au prochain et dernier chapitre. Il est déjà écrit et ne devrait, de fait, pas tarder ( en principe … [Voix intérieure] Ne prédis jamais tes publications, Eikaow, vu ta capacité manifeste à ne pas les suivre. T_T [/Voix intérieure] )

A bientôt, mes agneaux.