Trois jours après sa présentation officielle aux capitaines, Urahara Kisuke était dans ses nouveaux quartiers à regarder un certain inconnu fureter dans ses affaires. Bon, ce n'était pas vraiment un inconnu, il s'agissait du capitaine de la Cinquième Division...qui s'était simplement invité sans un mot, avec un grand sourire et une bouteille, et qui avait aussitôt été intéressé par les choses sur les différentes étagères.

Shinji avait joyeusement ignoré les semi-excuses complètement confuses de son nouveau collègue quand à l'état de la pièce (très honnêtement, il n'en avait rien à faire de l'empilement chaotique d'objets, c'était tout à fait pareil dans sa chambre, et bon, ce n'était pas du tout important...) et s'était planté devant l'objet qui lui avait tapé dans l'œ phonographe était couvert d'une fine pellicule de poussière, à part au niveau du bras où il y avait des traces de manipulation, et Shinji l'avait tout réparé d'un geste habitué. Puis il avait ignoré les remerciements de Kisuke, presque terrifiants dans leur sincérité, et avait versé le sake dans les deux premiers verres.

Et sans vraiment savoir pourquoi, il s'était juste laissé emporter par l'alcool et par l'aura apaisante de Kisuke. Ses doutes quand à la sincérité de l'homme en face de lui disparaissaient avec une vitesse folle, et il se retrouva à lui confier des choses qu'il avait jusqu'à présent gardées que pour lui. Les mots ne venaient pas facilement, c'était compliqué de formuler à voix haute ces petites craintes qui paraissaient si stupides, et pourtant... Pourtant il lui raconta absolument tout sur Aizen, sur ses certitudes, sur ses impressions qui ne pouvaient pas se taire, ne s'interrompant uniquement que pour prendre une longue gorgée du verre que Kisuke remplissait à fur et à mesure de la discussion.

Quand Shinji s'arrêta de parler, la gorge encore sèche, il ne se souvenait pas du tout de ce dont il avait parlé. Probablement rien d'important, vu le que Kisuke le regardait avec toujours le même sourire accueillant, et finalement le capitaine de la Cinquième se leva, un geste vague en guise de salut.

- Faudra s'refaire ça, ok?

- Bien sur, Hirako-taichô. Vous savez où me trouver, après tout.

Shinji lutta contre l'envie de le reprendre à ce sujet et se laissa sortir. Il n'était juste pas conscient du regard trop innocent qui se posait sur lui à ce moment-là ; le regard de celui qui aimait passer pour beaucoup plus idiot qu'il l'était et qui n'oubliait rien de ce qui avait été dit.


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Et on continue la balade :3