Auteur : verityburns ( u/2494960/verityburns )

Titre : The Road Less Traveled (Le chemin le moins fréquenté)

Genre : Romance/Humour

Résumé : Sherlock se rend compte que la vie amoureuse de John implique un niveau de risque inacceptable... et si il rencontrait une femme plus tolérante que la moyenne et finissait par se marier ?

Pairing : Sherlock/John

Rating : M

Disclaimer : L'univers appartient à ACD et aux créateurs de la série, et l'histoire à verityburns.

Avertissements : Traduction & fic slash assez graphique (traitant de relations amoureuses et sexuelles entre garçons).

Je vous remercie pour vos reviews! En particulier Eiffel et Clina à qui je n'ai pas pu répondre.

John entre en scène :) J'ai oublié de préciser que cette fic se situe entre les épisodes 2 et 3 de la série, ça vous permet de voir un peu mieux où en est l'histoire et donc leur relation. Enjoy!


Chapitre 2 : Neutraliser l'ennemi

POV John

« Et ne reviens pas ! »

Je tressaillis légèrement lorsque la porte claqua, avant d'abaisser mes "fleurs d'excuse" et de reculer, mes épaules s'affaissant un peu. Enfin, Mme Hudson serait sûrement contente du bouquet. Elle avait vraiment eu l'air d'apprécier les cadeaux antérieurs de Sarah, Rachel et Alice : il n'y avait aucune raison pour que le bouquet rejeté de Jane ne passe pas tout aussi bien avec mon endurante propriétaire.

Je soupirai en me détournant et en entamant le court trajet de retour à la maison. J'avais vraiment mis de plus grands espoirs dans ma relation avec Jane. Elle avait eu l'air tellement plus compréhensive concernant ma situation avec, comme elle le disait maintenant, "Le Diabolique et Démoniaque Colocataire des Enfers". Ça avait sûrement été une erreur de mentionner que l'urgence qui m'avait fait quitter le rendez-vous de la veille s'était avérée être Sherlock se coinçant le doigt dans une bouteille.

ooo

« Pourquoi tu ne t'es pas contenté de casser la bouteille ? »

« Ne sois pas ridicule, John, ça aurait complètement invalidé l'expérience. »

« Tu ne pouvais pas juste attendre que je rendre, ou demander à Mme Hudson ? »

« Mme Hudson n'a pas de formation médicale – et si elle m'avait blessé le doigt ? C'est le doigt avec lequel j'écris mes messages, John. »

ooo

Oui, à la réflexion il aurait mieux valu être un peu plus vague dans mon explication à Jane, ou peut-être inventer quelque chose de dangereux et/ou de mortel. Je soupirai à nouveau. À ce train-là, je n'allais jamais tirer mon coup.

Je venais juste de franchir la porte d'entrée quand mon téléphone sonna pour me signaler un nouveau message - "Scotland Yard. Viens tout de suite, si possible. SH." Je jetai un coup d'œil nostalgique à la théière, puis soupirai et me retournai…

En m'approchant du bureau de Lestrade, je pus entendre des éclats de voix à l'intérieur – la voix de Sally Donovan étant la plus stridente. Elle répondait clairement à une agression dans sa harangue, ses mots devenant de plus en plus faciles à distinguer alors que j'approchais la porte ouverte,

« …pourquoi nous restons tous ici à attendre qu'un malade nous honore de ses hypothèses, quand il est parfaitement clair qu'il est le psychopathe à l'origine du crime dès le départ. Sa place est dans un asile, et pas ici où il fait perdre leur temps aux vrais officiers de police qui travaillent, c'est juste un tordu ! »

Je vis Sherlock en atteignant le seuil et je fus surpris de voir un air blessé sur son visage – ce n'était pas une expression que j'avais déjà vue sur lui, et elle me hérissa les poils. Il baissa la tête dès qu'il me vit, la levant quelques secondes plus tard avec cet habituel sourire arrogant fermement en place, et dirigé expressément vers Donovan. Sa bouche s'ouvrit, sans doute pour délivrer un réplique cinglante et bien méritée, mais je le battis à ce jeu-là. « Qu'est-ce qui se passe ici ? » aboyai-je, faisant appel à mon âme de sergent major pour amener le silence dans la pièce et attirer tous les regards dans ma direction.

Silence.

« Aurais-je tort d'affirmer que vous, » Je montrai brusquement Lestrade du doigt, qui était appuyé d'un air las contre le coin de son bureau, « avez demandé à Sherlock de venir ici vous assister pour un problème que vos vrais officiers de police qui travaillent, » mon sarcasme était plus qu'apparent et mon doigt pointa Donovan, puis Anderson, « ont été incapables de résoudre ? »

Lestrade ne réussit pas à répondre, ce que je pris comme un oui légèrement en état de choc.

« En tant qu'inspecteur en charge de cette unité, » continuai-je, mon regard se durcissant, « n'êtes-vous pas responsable du comportement et de la conduite de ceux qui sont sous vos ordres ? » Encore des visages ébahis; même Sherlock paraissait quelque peu pris de court par ma réaction. « Comme c'est le cas, je compte sur vous pour exiger de vos subordonnés des excuses appropriées, » Je m'arrêtai pour fusiller Donovan du regard, « pour l'impolitesse choquante dont ils ont fait preuve à l'égard du consultant que vous avez invité, et dont vous utilisez si fréquemment l'assistance non rémunérée. »

Encore du silence. Donovan et Anderson semblaient gelés sur place et Lestrade n'était pas bien mieux ils étaient tellement habitués à voir le John tranquille et facile à vivre qui suit Sherlock et fait ce qu'il dit. Ils n'avaient jamais vraiment rencontré John, le Soldat. Il était clair que les présentations auraient dû être faites il y a longtemps. Je n'avais jamais aimé la façon dont ils se comportaient avec Sherlock, sentant qu'ils le prenaient pour acquis et le traitaient de manière épouvantable, mais ça n'avait jamais semblé l'embêter du tout, alors j'avais laissé passer – jusqu'à maintenant.

« Sherlock, » j'attirai son attention. « Oui, John ? » répondit-il avec empressement, un air étrange dans les yeux – était-ce du triomphe ?

« Est-ce qu'on en a fini, ici ? » demandai-je, ne voulant pas dépasser les limites s'il y avait encore du travail qu'il voulait faire. « Oui John, » répondit-il à nouveau, se déplaçant dans ma direction.

« Je vous enverrai un message, » lança-t-il par-dessus son épaule à Lestrade, qui semblait revenir légèrement à lui.

« Euh, merci, Sherlock, » marmonna-t-il.

Je croisai son regard avant de me tourner pour suivre Sherlock hors de la pièce et il hocha légèrement la tête, l'air plutôt honteux. J'en déduisis qu'au moins Donovan recevrait des instructions sur ce en quoi consistait un comportement acceptable, et pas avant un certain temps.

Sherlock fut inhabituellement silencieux lorsque nous descendîmes dans l'ascenseur, et évita mon regard. Lorsque nous nous installâmes dans le taxi, je touchai son bras. « Est-ce que ça va ? » lui demandai-je, un peu inquiété par ce comportement qui ne lui ressemblait pas.

« Je vais bien, » répondit-il, regardant toujours par la fenêtre. Il semblait se débattre avec quelque chose. Soudain il se tourna vers moi. « Cette chose que tu as faite, » dit-il, baissant les yeux et déglutissant avant de fixer à nouveau son regard sur moi, « personne n'a jamais fait ça pour moi avant. »

« Te défendre, tu veux dire ? » tentai-je de clarifier.

« Être de mon côté, » dit-il à voix basse, baissant une fois de plus la tête.

Je ne savais pas trop comment répondre à ça, alors je ne dis rien, détournant le regard au moment où nous dépassions Hyde Park Corner, jusqu'à ce que je sente les doigts de Sherlock s'enrouler dans les miens, qui étaient posés sur mon genou. Je sursautai avec surprise, me tournant pour lui faire face, mais il regardait nos mains et semblait nerveux. Il resserra ses doigts autour des miens brièvement, tapota ma main deux fois, puis se retira, se retournant vers la fenêtre.

Ça avait été une matinée très bizarre.