Me revoilà avec un nouveau chapitre...
Ne m'en veuillez pas si je suis un peu longue à poster la prochaine fois pour cette fic ou pour Héritage (ça ne sera peut-être pas le cas mais je ne sais pas encore trop comment je vais réagir...), mon chat vient de mourir, euthanasié, après une longue maladie, heureusement sans douleur jusqu'à hier. Il avait 16 ans et même si j'avais beau m'y attendre, ça reste un coup dur.
J'ai pensé que emerald974 n'était pas la seule à se poser des questions à ce sujet alors j'ai décidé que quelques petites précisions sur les prénoms que j'ai attribués aux charmants enfants de nos personnages préférés seraient les bienvenues :
Elianthe : inspiré d'une fleur (l'hélianthe, j'ai retiré le 'h' c'est plus joli…). Baptisée ainsi pour respecter la tradition familiale d'Harry (sa mère et sa tante ont toutes les deux des noms de fleurs). Petite touche malfoyenne : cette fleur signifie 'méfiez vous des apparences'.
Althaїr : étoile principale de la constellation de l'Aigle. Appartient également à celle du Cygne. Ce nom rend hommage à la tradition des Black qui sont toujours prénommés d'après une étoile, et indirectement à Severus de par la symbolique de l'aigle (force, courage et orgueil).
Samael : littéralement 'le venin de Dieu'. Samael est l'ange de la mort, un démon destructeur et très séducteur. Tout indiqué pour un Malfoy, d'autant plus que j'adore ce nom !
Mya : j'aime bien c'est tout…
Bonne lecture!!
Chapitre 2
Severus gardait les yeux rivés dans ceux de cet individu qui se prétendait son fils.
Potter, apparemment incapable de surmonter le choc de la nouvelle d'un hypothétique lien entre le professeur qui le martyrisait depuis six ans et son parrain vénéré, s'était à nouveau évanoui et Minerva, accompagnée d'Albus, tentait de le ranimer.
Severus n'en faisait nullement cas. L'audace de ce gosse était invraisemblable ! Oser lui annoncer ainsi de but en blanc une pareille monstruosité ! Certes il devait admettre que ce morveux avait incontestablement la beauté et le charme d'un Black mais il ne ressemblait en rien à un Snape. Bien qu'il soit depuis fort longtemps passé maître dans l'art subtil de la mauvaise foi et qu'il en use et abuse à son gré, Severus n'était pas idiot au point de ne pas reconnaître l'exceptionnelle beauté de son éternel ennemi. Mais penser qu'il pourrait un jour coucher avec ?!?! Il faudrait lui passer le corps bien que celui de Black soit indéniablement attirant ! Même douze longues années dans ce cul-de-basse-fosse qu'était Azkaban n'avaient pas réussi à lui faire perdre l'élégance aristocratique de sa famille. Il avait conservé pendant un certain temps un air indéfinissable de bête traquée qui ne s'était dissipé qu'après son retour de derrière le Voile. Depuis ce jour, Pettigrew avait été capturé lors d'un raid et toutes les charges et accusations qui pesaient contre le dernier rejeton des Black avaient été levées. Sa réhabilitation et la possibilité d'enfin sortir du Square Grimmauld quand il le souhaitait avaient réalisé des miracles sur l'animagus. Il avait repris du poids et des couleurs saines, redevenant en peu de temps l'un des célibataires les plus convoités du monde magique malgré la guerre. Non pas que Severus soit le moins du monde intéressé…
Il fut très tenté d'exercer sa Légilimencie sur cet horripilant gamin, toujours collé contre le mur, les bras croisés. Juste pour vérifier quelques affirmations…
Connaissant au demeurant relativement bien son père, Althaїr savait ce qui lui trottait dans la tête et décida de prendre les devants :
- N'essaye même pas, lança-t-il d'une voix glaciale presque aussi impressionnante que celle de Severus. Je maîtrise parfaitement l'Occlumencie depuis l'âge de douze ans.
- Vraiment ? s'enquit Severus d'une voix plate, sans la moindre émotion, levant un sourcil inquisiteur. Il semblerait que ce gosse ait du caractère… Intéressant.
- Tu m'as appris.
Le réveil, et surtout l'exclamation, d'Harry interrompirent leur échange.
- Non, claqua le Gryffondor d'un ton ferme et sans appel. Sirius ne peut pas épouser ce bâtard de Snape !!
- Retenue demain soir, 20h, Potter ! D'une part, mes parents étaient mariés lors de ma naissance et, d'autre part, je suis votre professeur. Vous vous adresserez à ma personne avec le respect qu'elle mérite.
- Respect ? Mais qu'est-ce qu'on en a foutre ?!?!?! Si j'ai bien suivi leurs élucubrations, je vais me retrouver coincé avec un Mangemort cruel et détestable, Ron avec la fouine et mon parrain avec son pire ennemi !! Je me contrefous d'une retenue !! aboya Harry.
- Mr Potter ! s'indigna McGonagall. J'admets que la nouvelle est plutôt difficile à digérer mais manquer de respect à un membre du corps professoral ne vous simplifiera en rien la tâche.
La main d'Hermione sur son épaule et les regards noirs combinés de son professeur de potions avec celui du jeune Black, qui n'appréciait pas outre mesure l'insulte faite à son père, finirent par lui faire perdre toute velléité de révolte. Il soupira et s'excusa sans conviction, du bout des lèvres. Il ne vit pas les larmes qui menaçaient de se déverser des yeux de sa fille. Elle n'avait jamais entendu ses parents ne serait-ce que se disputer, et bien qu'elle sache qu'ils avaient été ennemis durant une période pendant la guerre, elle ne s'attendait pas à une telle haine, à un tel ressentiment entre deux hommes qui s'adoraient.
- Je pense que tout le monde a eu son compte d'émotions pour la soirée. Vous devriez retourner dans vos dortoirs. Mle Zabini, vous rejoindrez votre mère dans la tour Gryffondor. Mr Black, Mr Malfoy et Mle Potter-Malfoy, direction les cachots. Vous suivrez les cours comme tous les autres élèves en attendant qu'une solution soit découverte. Mr Black, je vous attendrai dans mon bureau demain matin à 7h précises. Il faut informer Sirius de la situation avant qu'il ne l'apprenne de lui-même et ne cause, dans sa hâte, une catastrophe. Severus, je vous demanderai d'être également présent, ainsi qu'Harry. Je pense que Sirius sera soulagé de la présence de son filleul. Prenez rendez-vous avec Mr Malfoy et Mle Zabini pour discuter de cet incident de potion dès que votre emploi du temps le permettra, Severus. Je prendrai des mesures pour que le secret de vos identités et de votre ascendance ne sorte pas de ce château. Cela vous mettrait en grave danger, ainsi que vos parents, considérant le fait que Voldemort est plus actif que jamais.
- Il… il est toujours… paniqua Samael. On est en quel mois ??
- Octobre. Alors on va s'en débarrasser ?? demanda instantanément un Ron surexcité à la perspective d'une vie sans cette menace permanente, oubliant momentanément qu'elle impliquait un mariage et une famille avec Draco Malfoy.
- Oui. Mais il serait dangereux de vous dire comment ou à quel moment, intervint Althaїr. Vous n'obtiendrez aucun renseignement à ce sujet de notre part. Seulement que cela va bientôt commencer et ce, d'une manière inattendue.
- Pfff… Rabat-joie. T'es sûr d'être le fils de Sirius ?? râla Ron.
- Certain, ricana Althaїr avec un petit sourire suffisant ressemblant étrangement à celui de Severus. A ce qu'il parait, je serais le portrait craché de mes pères…
Dumbledore, sentant la moutarde monter au nez de son professeur de potion à cette innocente remarque, se pressa de congédier tout ce petit monde.
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Calé dans son fauteuil, Dumbledore appréhenda la nouvelle qu'il allait devoir relayer… Sirius n'était pas plus facile à approcher que Severus, bien que dans un style différent, et les événements de la soirée l'avaient laissé étrangement épuisé.
Soupirant, il se leva et se dirigea vers sa cheminée. Jetant une pincée de poudre dans les flammes, il annonça clairement l'adresse de la résidence Black et pénétra dans l'âtre. Il ressortit dans le salon de Sirius.
- Albus ? Il s'est passé quelque chose ? Harry va bien ? paniqua immédiatement l'homme.
- Calmez-vous Sirius. Harry se porte pour le mieux dans les circonstances actuelles.
- Quoi ?? C'est sensé me rassurer ??
- Asseyez-vous, mon cher, que je vous explique.
Il ne repris pas la parole avant que l'animagus ne se soit installé à contrecœur.
- Pendant le dîner, quatre jeunes personnes sont apparues dans la Grande Salle. Rassurez-vous, il ne s'agit nullement de Mangemorts ayant Merlin sait comment contourné les sorts anti-transplanage, non, non, rien de si dramatique. Ces jeunes gens sont des étudiants de Poudlard mais ils viennent de notre futur. Une erreur de potion, apparemment. La raison pour laquelle je vous en fait part est que l'une de ces personnes se trouve être votre enfant. Je préfère vous en informer avant qu'Harry ne vous le révèle et que vous ne suiviez vos instincts pour le moins… emportés.
- Je vais avoir un enfant ? balbutia Sirius, confus.
- Il semblerait.
- Je peux… le rencontrer ?
- Bien entendu, mon cher. J'ai demandé à toutes les personnes concernées d'être présentes, demain matin à 7h dans mon bureau. Cela vous convient-il ?
- Oui, bien sûr…, répondit Sirius, complètement dans le vague.
Un enfant ! Il allait avoir un enfant !! Il en rêvait depuis si longtemps… Il avait bien évidemment fait une croix sur une quelconque descendance lorsqu'il avait été emprisonné à Azkaban. Son statut de criminel en fuite et recherché n'avait certes pas assoupli la situation… Il ne réalisait pas le moins du monde qu'il était redevenu aussi populaire qu'à l'époque des Maraudeurs et qu'il n'avait qu'à se baisser et ramasser le premier venu, homme ou femme, pour obtenir ce qu'il voulait. Azkaban avait laissé sa marque sur l'estime qu'il se portait et il était loin du gamin insouciant et dragueur d'autrefois.
Un enfant !! Sirius était purement et simplement extatique à cette perspective. Il ne remarqua pas même le départ discret du directeur, ravi que cela se soit passé au mieux de ses espérances.
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Poudlard, pendant ce temps.
Nous retrouvons notre troupe hétéroclite de Gryffondors et de Serpentards de tous âges, échouée comme un banc de baleines sur une plage, au pied de la gargouille directoriale.
Étonnamment, ce fut Harry qui prit la parole le premier.
- Je vais me coucher. Bonne nuit.
- Harry, attends ! Il y a beaucoup de choses dont nous devons discuter et…, commença Hermione.
- Je veux pas le savoir, Mione. Je ne veux pas parler, encore moins parler de ces individus à l'identité douteuse !
N'attendant pas de réponse, le Survivant s'enfuit dans un couloir, en direction de la tour Gryffondor.
- Ça va lui passer, Mione, tenta de la consoler Ron, lui prenant doucement la main.
- Lâche-la !! siffla Samael, rageur. Tu n'as pas à tenir la main de tante Mione comme ça, sous le nez de son mari et de sa fille, sans parler du mien !!
- Tu n'as pas d'ordre à me donner, Malfoy ! Je tiendrais la main de MA petite amie si j'en ai envie ! contra Ron, très énervé et oublieux des tentatives de la jeune femme pour libérer ses doigts de son emprise. Comment ce sale rejeton de Malfoy pouvait-il oser lui ordonner de ne pas toucher à la fille avec il sortait depuis un an ??
Severus sentait poindre une migraine et n'allait pas tarder à étriper ces abrutis s'ils ne se calmaient pas d'ici peu.
- Ton fils a raison, Ron. Tu ne peux pas ignorer le fait que nous ne nous marierons pas ensemble, raisonna la préfète. Il n'est pas convenable, ne serait-ce que pour nos enfants, que nous montrions un quelconque signe d'affection différent de la simple amitié l'un envers l'autre. Il va bien falloir faire un effort pour connaître un peu mieux nos futurs conjoints, après tout.
- Non, mais t'es folle ?!?!?!?! Il est hors de question que tu ailles batifoler avec Zabini !!
- Qui te parle de batifoler, Ron ? J'ai dis connaître un peu mieux, pas rouler dans le foin !! Et je te signale que tu ferais bien d'en faire autant avec Draco ! s'exclama-t-elle en pointant le doigt dans la direction générale dans laquelle elle pensait que se trouvait le jeune homme, manquant d'éborgner le pauvre blondinet dans l'opération, celui-ci se tenant plus proche d'eux qu'elle ne l'avait estimé. Vous allez avoir un enfant d'ici moins de trois ans, il faudrait peut-être commencer à essayer de s'entendre, tu crois pas ?
- Je ne m'entendrai jamais avec ce sale serpent !
- C'est dingue, ça !! On pourrait croire que ce qui te poserait le plus de difficultés dans la situation actuelle ce serait d'apprendre que tu vas te marier avec un homme puisque tu ne t'es jamais intéressé qu'à des filles jusqu'à maintenant, mais non, le problème c'est qu'il soit à Serpentard !! Grandis un peu !
- Oh ferme-la !!!
Interdite, Hermione le regarda bouche bée.
Severus haussa un sourcil, la conversation prenait tout doucement un tour qui l'intéressait.
Minerva faillit avaler de travers le bonbon au citron qu'elle avait dérobé dans le pot d'Albus avant de sortir.
Draco et Blaise écarquillèrent un peu les yeux sous le coup de la surprise. Jamais la belette n'avait parlé ainsi à la Miss-je-sais-tout !
Leurs futurs enfants s'entreregardèrent, blasés. Rien d'inhabituel dans tout cela. Ces deux-là ne pouvaient s'empêcher de se disputer pour un oui ou pour un non…
- Ecoute, Mione, poursuivit le plus jeune mâle Weasley après avoir pris une grande respiration, je me fous de l'homosexualité comme de la 34ème révolte des Gobelins de 1203. Je n'ai rien contre mais ça n'est pas ma tasse de thé pour autant.
- Et comment pourrais-tu le savoir, hein ?
- S'il te plait, soupira-t-il en levant les yeux au plafond, tu ne veux tout de même pas que je te décrive en détail le nombre de fois où je suis tombé sur les jumeaux en pleine action avec leur conquête du moment ? Parce que sinon on en a pour la fin de l'année.
- Oh, souffla Hermione, rougissant violemment.
- Alors arrête de me faire la morale. Les Weasley et les Malfoy sont ennemis jurés depuis le début des temps et la présence de ces intrus n'y changera rien !
- Mr Weasley, un peu de calme, je vous prie. Vous allez trop loin et certaines informations feraient mieux de rester dans le domaine de la vie privée, ne croyez-vous pas ? toussota McGonagall, deux plaques d'un rouge cramoisi inesthétique ornant des pommettes.
Prenant un air dûment repentant, Ron baissa la tête et le petit groupe se sépara pour rejoindre leurs dortoirs respectifs sous le regard amusé de Severus. Il avait toujours eu une petite faiblesse pour les jumeaux. Oh, pas physiquement. Ils étaient bien trop jeunes et pas du tout son type… Non, non, il appréciait leur talent. Ils faisaient incontestablement partie des meilleurs étudiants auxquels il avait enseigné l'art délicat des potions. Pour preuve, leur commerce, bien ennuyeux pour les professeurs qui devaient maintenir un semblant d'ordre dans cette école de fous, mais florissant et d'une qualité rare. Il allait même jusqu'à leur reconnaître une certaine ingéniosité dans la conception de leurs farces… tant qu'il n'en faisait pas l'objet. Il fallait cela dit convenir que personne, pas même les jumeaux Weasley, n'oserait tenter un coup pareil en sa présence.
Il surveillait du coin de l'œil les étudiants qui marchaient devant lui. Atteignant l'entrée de ses quartiers, il interpella le rouquin :
- Mr Malfoy, Mle Zabini, vous viendrez dans mon bureau demain soir à 20 heures précises pour m'indiquer la procédure exacte que vous avez suivie pour réaliser cet échec cuisant. Je vous conseille vivement de réfléchir longuement au moindre des gestes que vous avez effectués. La plus petite imprécision pourrait s'avérer fatale.
- Oui, Oncle Sev, répondit Samael.
- Je vous demande pardon ? énonça lentement Severus, sa voix veloutée avoisinant le zéro absolu.
- Nous avons compris, Professeur Snape, intervint Mya, bâillonnant le jeune rouquin de la main. Samael ne pensait pas à mal, je vous assure. A notre époque, vous êtes très proche de Draco et… enfin… nous avons quelques habitudes… Je… Il ne le fera plus.
- Il ferait bien. Rentrez dans votre dortoir.
Severus entra dans son appartement et se dirigea immédiatement vers le placard dans lequel il rangeait sa provision d'alcool. Il se versa un verre de whisky Pur Feu bien tassé et alla s'effondrer élégamment dans son fauteuil favori.
Oncle Sev ?? Quel culot !! Je ne peux pas croire que je laisserai un jour ces gamins m'appeler ainsi, futur ou non…
***********
Tour Gryffondor, dortoir des garçons.
Ron entra dans la chambre des Gryffondors de septième année. Les rideaux du lit d'Harry étaient tirés, indication très claire de sa volonté de ne pas être dérangé.
Il soupira.
Il avait besoin de parler avec son meilleur ami… Hermione ne pouvait pas comprendre… De toute façon, elle avait disparu dans le dortoir des filles sitôt le tableau franchi. Elle maternait visiblement sa fille.
Ron s'allongea sur son lit sans prendre la peine de retirer ses vêtements.
Il soupira à nouveau.
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Tour Gryffondor, dortoir des filles.
- C'est Mya ton prénom, n'est-ce pas ? demanda Hermione alors qu'elle guidait sa fille vers un lit supplémentaire ajouté à la dernière minute par le château.
- Oui, maman.
- Tu… tu pourrais m'appeler Hermione, s'il te plait ? Je ne crois pas être prête à endosser le rôle de mère d'une fille à peine plus jeune que moi…
- Je comprends. Je vais essayer mais ne m'en veux pas si je dérape de temps en temps.
- Bien sûr que non ! Je… je me suis donc mariée avec Blaise Zabini si j'ai bien saisi…
- Oui. Je ne sais pas grand-chose des rivalités qui existent entre vous à l'heure actuelle. Je sais que vous vous êtes mis à sortir ensemble en septième année et que vous ne vous êtes plus quittés depuis.
- Septième année ? C'est-à-dire maintenant ?? paniqua Hermione. Ça va trop vite pour moi…
- Désolée, grimaça Mya. Je devrais me taire…
- Non, non, ça va… Je pense que nous devrions nous réunir avec tous les autres pour discuter calmement de tout cela demain. Puisque tu es installée, je vais me coucher. Si tu as besoin de moi, je serais dans ma chambre, celle du préfet. Bonne nuit.
- Bonne nuit.
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Cachots, salle commune des Serpentards.
Blaise et Draco s'étaient installés dans un canapé de velours vert, des mugs remplis de chocolat chaud et crémeux entre les mains. En face d'eux, dans un autre canapé, les trois adolescents venus du futur en faisait autant.
Draco ouvrit la bouche mais avant qu'il n'ait eu l'opportunité d'émettre un son, une tornade d'un rose guimauve se rua dans la pièce. Il referma la bouche avec un claquement qui aurait sûrement été sonore et parfaitement audible sans le barrissement suraigu de l'héritière des Parkinson.
- DRAAAAACOOOOO !!! Enfin !!!!! Où étais-tu passé ?? Tu m'as manqué, babilla Pansy, s'asseyant d'autorité sur les genoux du petit blond et glissant ses mains dans ses cheveux, les décoiffant.
Avant que le jeune homme ne puisse répondre, Althaїr se retrouva soudainement avec un deuxième mug fourré manu militari entre les doigts. Aie, aie, aie…
Samael se leva, raide comme un piquet, le regard glacial, et saisi brutalement la jeune femme qui trônait sur les genoux de son père par le col de sa robe de chambre dégoulinante de mauvais goût et la tira violemment en arrière.
Pansy atterrit sur le sol de pierre gelé des cachots avec un bruit sourd.
- Aie, euh ! Non mais ça va pas ? Tu prends pour qui, morveux ? lança-t-elle hargneusement.
- Je suis son fils. Tu ne poseras plus jamais tes mains de traînée sur mon père, suis-je bien clair ? … Suis-je bien clair ? répéta-t-il lorsqu'il ne reçut pas de réponse à la première sommation.
A sa plus grande honte, Pansy ne parvint pas produire un son moins indigne qu'un pitoyable couinement de souriceau apeuré devant les yeux bleu-gris, durs comme l'acier, qui la fixaient. Croiser le regard d'un Malfoy en colère n'avait décidément jamais fait partie de ses objectifs dans l'existence.
- Pourquoi dis-tu qu'elle est une traînée ? interrogea doucement Blaise.
- Parce que c'est ce qu'elle est. Une immonde petite pute qui se tape tout ce qui porte un pantalon dans Poudlard et qui ne demanderait rien de mieux que de mettre la main sur l'argent de la famille Malfoy, rien de plus !
- Il n'y a jamais eu le moins bruit de couloir à ce sujet et les ragots vont toujours bon train à Poudlard…
- Oh, même avec un cerveau de la taille d'un pois chiche, elle sait qu'on ne trahit pas impunément un Malfoy. Elle n'a pas poussé la connerie au point de coucher avec des Serpentards. Trop de risques cela soit utilisé contre elle, n'est-ce pas ? se moqua-t-il, les lèvres étirées dans un sourire méprisant, devant les yeux écarquillés de la jeune fille.
Pansy était toujours sur le sol, à l'endroit même où il l'avait fait tomber. Sa robe de chambre s'était ouverte et dévoilait une nuisette jaune pâle qui accentuait la blancheur de sa peau, la rendant presque cadavériquement cireuse.
- Penses-tu ! Elle s'envoie des Poufsouffles ! Tellement plus facile de les menacer pour les empêcher de parler après coup… Au fait, tu ne serais pas déjà enceinte de McMillan, par hasard ?
Le sang se retira du visage de la fille et les yeux de Draco se rétrécirent dangereusement.
Sa tasse atterrit dans les mains surprises de Blaise, qui faillirent bien la lâcher, et il se leva pour faire face à sa petite amie.
- Disparaît de ma vue. Tout de suite.
Son ton parfaitement égal et d'un calme olympien était suffisant pour qu'elle s'enfuie à toutes jambes, retenant tant bien que mal ses pleurs pour ne pas ajouter à son humiliation.
- Comment sais-tu cela ? demanda Draco d'une voix sans émotion. Certes, il n'avait jamais vraiment aimé Pansy mais ils étaient ensemble depuis longtemps et son père prévoyait de négocier d'ici peu le contrat de mariage avec la famille Parkinson. Elle avait de nombreux défauts, plus d'ailleurs que de qualités, mais il n'aurait jamais pensé qu'elle puisse le trahir. C'est elle qui avait recherché sa compagnie avec insistance depuis qu'ils étaient entrés à Poudlard.
- En fait, c'est papa qui m'a raconté…, hésita Samael, ayant au moins la décence de paraître mortifié après son éclat. Il se rassit et récupéra sa tasse de laquelle il prit une gorgée de liquide avant de poursuivre. Quand j'avais cinq ans, cette fille est venue au Manoir, faisant un scandale sous les fenêtres, exigeant qu'on la laisse entrer et qu'on l'indemnise pour ce qu'elle avait subi. Tu étais sorti avec Grand-Père pour te débarrasser d'elle et j'avoue qu'elle m'avait fait peur à l'époque avec ses hurlements de cochon qu'on égorge… Papa m'a rassuré et m'a raconté qui elle était et pourquoi elle estimait à tort que les Malfoy lui devait quelque chose. Il m'a dit qu'après la rupture entre vous, ses parents n'ont eu de cesse de la marier avec n'importe qui pourvu qu'il soit de sang pur. Elle a fini fiancée à Goyle sans avoir pu donner son avis. Lui n'a vu dans tout cela qu'un mariage arrangé lui permettant d'avoir accès aux affaires financières des Parkinson. Il a très vite remarqué qu'elle grossissait mais, ne portant pas d'intérêt particulier à sa fiancée, il a laissé courir. Jusqu'au jour où il est devenu évident qu'elle était enceinte. Il savait que cet enfant ne pouvait être le sien puisqu'il ne l'avait jamais touchée et se doutait bien qu'il n'était pas davantage un Malfoy. Jamais Père ne se serait abaissé à concevoir un enfant hors mariage, allant ainsi à l'encontre de tous les principes de la famille et risquant d'être déshérité. Il n'y avait qu'une seule solution et il l'a comprise. Les fiançailles ont été rompues publiquement et le contrat dénoncé. Les Parkinson ont dû payer une somme importante pour avoir déshonoré la famille Goyle. Pansy a pensé qu'elle pourrait s'en sortir en portant des charges contre McMillan pour abandon d'enfant mais il est issu d'une famille de sorciers, ils connaissent les ficelles… Le procès a duré très longtemps, coûté très cher et, au final, ils se sont servi du contrat passé avec les Goyle pour la débouter. Aux dernières nouvelles je crois qu'elle était serveuse dans un café de troisième zone dans le Londres moldu… Personne ne voulait l'embaucher chez les sorciers après un scandale d'une telle ampleur. Ce n'est pas tous les jours qu'on cherche à obtenir un dédommagement de familles aussi puissantes sur un motif aussi futile…
Samael se tut. Il termina son chocolat puis demanda d'une petite voix embarrassée :
- J'aurais pas du vous raconter tout ça, hein ? Je crois que j'ai hérité du caractère de papa, je ne sais pas tenir ma langue quand je m'énerve, désolé…
- Ne t'en veux pas, je t'ai posé la question après tout, le tranquillisa Blaise. Vous vivez au Manoir Malfoy ?
- Oui, répondit Elianthe. Tous les Malfoy vivent au Manoir, chaque couple dans une aile différente avec ses enfants. Il est bien assez grand pour nous tous. Et Oncle Sev vient très souvent. Je pense qu'on lui sert d'anti-dépresseurs quand Oncle Siri entre dans une de ses phases d'énergie débordante… Tu viens aussi assez régulièrement avec tes enfants pour voir Dray.
- Mes enfants ? Attends, j'ai combien d'enfants ?
- Deux. Mya a un petit frère, lança Althaїr.
- Ne me dites pas que j'ai eu plusieurs gosses avec la belette, gémit Draco, le visage enfoui dans ses mains.
- Tu sais, c'est vraiment étrange de t'entendre l'appeler ainsi… C'est le petit surnom affectueux que tu lui donnes à notre époque, hasarda Samael dans l'espoir de calmer un peu son père, un peu honteux de la tournure des événements.
Bien évidemment, sa remarque eut l'effet inverse.
- Hhhhhhrrrrrrrrmmmmmmmfffffffffff, se plaignit le Prince des Serpentards, tentant de s'étouffer avec un coussin.
- Cesse de faire l'enfant Draco ! râla Blaise. Je sais que tu n'es pas gay mais fais toi une raison ! Tu vas avoir un fils avec lui, que diable !
- Trois, en fait, reprit Samael, d'une toute petite voix timide.
- Les Malfoy n'ont qu'un seul enfant par génération !! protesta le jeune blond avec un volume sonore impressionnant pour l'heure tardive.
- Moins fort, tu vas réveiller tout le château ! En réalité, cette tradition a pris fin à ma naissance, Dray, l'interrompit sa sœur. Je te rappelle que je suis la fille de Lucius…
Draco releva les yeux et la fixa intensément la jeune femme. Après l'avoir détaillée pendant plusieurs minutes, il se lança :
- Explique moi comment mon père a fini marié avec Potty en premier lieu. Jouons cartes sur table. Mon père est un Mangemort. Il adhère entièrement à cette idéologie. L'imaginer avec le champion de la lumière, sang-mêlé de surcroît, est risible ! Par-dessus le marché, il est marié à ma mère, fidèle et résolument hétérosexuel.
- Je ne peux pas te le dire, Dray. Je… Je sais que tu n'as jamais pris la marque, que tu ne l'as jamais voulue et que tu ne leur rapporterais pas ces informations mais je peux pas… La victoire sur le Seigneur des Ténèbres est intimement liée à notre père et à ce qui va se passer d'ici peu…
- Me voilà bien avancé ! ricana Draco, sarcastique.
- S'il te plait… Ce n'est pas de la mauvaise volonté de ma part mais je ne peux pas prendre le risque de modifier l'avenir…
- Ecoute Draco, les événements des prochains mois dépendent fortement des actions de ta famille. Tout ce qu'il possible de te révéler, c'est que ta mère va déclencher une cascade de réactions qui va conduire à la défaite de Voldemort et accessoirement au mariage de mon parrain avec Harry.
La voix presque froide d'Althaїr remit quelque peu à sa place le blondinet qui n'apprécia que moyennement ce que cela impliquait pour sa mère. Il se promit de découvrir la vérité sur ces mystérieux événements dès que faire se peut. Il opta donc pour un pis aller temporaire :
- Elianthe, c'est ça ? Quelle est ta date de naissance ? Que je sache au moins quand mon père va mettre le Survivant dans son lit…
- Euh, si tu veux voir les choses sous cet angle… Je suis née en décembre 1998. Et je préfère qu'on m'appelle Lili.
- Quoi ?!?!?! Il… il va… avec… d'ici le mois de mars ???????????
Draco prit un teint verdâtre des plus inesthétiques et son estomac fit un triple salto arrière sans son consentement.
- Je crois que je vais aller me coucher, annonça-t-il.
- Tu te sens bien ? demanda Althaїr, concerné. Il ne manquerait plus que son père le sermonne pour ne pas avoir bichonné son filleul…
- Oui, j'aurais juste préféré me passer de l'image mentale de mon père avec Potter…, dit-il, une main frottant distraitement son estomac. Bonne nuit.
- Bonne nuit, répondirent les quatre autres en cœur avant de se retirer à leur tour.
*************
Bureau d'Albus Dumbledore, 6h56 du matin.
Severus, confortablement installé dans un fauteuil qu'il avait transfiguré lui-même, sirotait une tasse de Darjeeling bien chaud et observait son fils.
S'il était tout à fait honnête, ce qui lui arrivait parfois, il devait reconnaître que le garçon lui ressemblait un peu. Il dégageait un perpétuel air de séduction très Black et, au premier abord, il pourrait sans difficulté passer pour le jeune frère du cabot. Mais en y regardant d'un peu plus près… Son regard sombre devenait aisément froid, tout comme sa voix. Sa silhouette, bien qu'indéniablement masculine, était étroite et élancée et les traits fins de son visage se rapprochaient de ceux, caractéristiques, des Snape. Il possédait ses pommettes hautes et la forme de ses yeux. Point positif pour lui : il n'avait visiblement pas hérité de son nez.
En admettant qu'il s'agisse d'une plaisanterie élaborée, elle aurait posé de sérieux problèmes de réalisation… Il avait beau être paranoïaque – qui ne le serait pas à passer plus quinze ans à jouer les agents doubles, je vous le demande ? – la solution la plus sensée, même pour lui, à ce mystère était que ce gamin soit bien le sien.
- Potter est en retard, comme à son habitude, souligna le professeur de potions, aspirant doucement une gorgée de thé.
- Allons, Severus, ne soyez pas mauvaise langue. Il n'est encore que 6h 59, le taquina Dumbledore.
- Bonjour Mr le Directeur. Je suis pas en retard ? demanda une petite voix essoufflée.
La tête d'Harry pointait dans l'embrasure de la porte, encore plus ébouriffée que de coutume. À sa décharge, il n'avait pratiquement pas dormi de la nuit, fixant intensément l'obscurité comme si elle possédait le pouvoir de répondre à sa question existentielle du moment : pourquoi Lucius Malfoy ? Oui, bon, soit ! Ce type était un fantasme vivant qui avait rendu plus d'un rêve très intéressant aux yeux du Survivant mais il restait l'un de ses ennemis les plus acharnés, et il ne l'aimait définitivement pas. C'était même plutôt tout le contraire pour être honnête… Il n'avait jamais digéré les actions du Mangemort lors de sa deuxième année, ni son rôle au Ministère il y a un an.
- Non, mon garçon, tu es parfaitement à l'heure. Bonjour, Harry. Assieds toi. Une petite tasse de thé ?
- Volontiers. Un sucre merci, répondit-il au geste muet du directeur envers le sucrier.
- Bonjour, fut le seul mot qu'Althaïr daigna prononcer.
Il était nerveux. Les coups de colère de son père, il les connaissait et n'avait pas le moins du monde envie d'en subir un si tôt le matin. Moins ses oreilles seraient agressées et mieux il se porterait. Il se tenait debout contre un mur, les bras croisés.
- Oh, bonjour. Je ne t'avais pas vu, s'excusa Harry, ignorant volontairement le reniflement méprisant de Snape assis dans le fauteuil voisin. Il n'était pas venu là aux aurores pour se battre avec un professeur. Bonjour à vous aussi, professeur.
Un vaguement grommellement étouffé lui parvint et il en déduisit que son professeur lui transmettait ainsi ses chaleureuses salutations.
La cheminée s'anima et se para d'un vert flamboyant. Sirius en émergea, le teint brouillé, les yeux cernés.
- Sirius, mon cher, asseyez vous. Vous n'avez pas l'air bien… Un petit thé vous requinquera. Vous le buvez sans sucre si je ne m'abuse ? s'empressa Dumbledore.
Sirius s'assit sans commentaire. Le plus simple était encore de laisser le directeur faire ce qu'il souhaitait. A chaque fois qu'il enclenchait son mode mère-poule-veillant-sa-couvée, plus son poussin résistait et pire était le résultat final. Il n'allait pas risquer de périr emmailloté dans des couvertures épouvantablement douillettes juste parce qu'il n'avait pas envie d'être materné à son âge.
- Merci, Albus, dit-il en prenant avec précaution la tasse fumante.
Sirius trempa expérimentalement le bout des lèvres dans le breuvage et grimaça. Pas à cause de la chaleur, non, il aimait son thé bouillant. Mais il n'aimait pas plus cela le Darjeeling. Tant pis…
Son regard fit le tour du bureau et rencontra immédiatement un éclat d'émeraude.
Il se leva pour prendre Harry dans ses bras, ravi de revoir son filleul. Un son plus ou moins proche du gargouillis lui fit lâcher le jeune homme et se tourner vers la source du bruit. Severus Snape, le nez dans sa tasse, tentait de cacher son reniflement désobligeant sous le regard courroucé de son employeur.
- Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? Je croyais que j'étais là pour rencontrer mon enfant ? En quoi serait-il concerné ? demanda Sirius, sur un ton un rien vindicatif.
- J'ai bien peur que la présence de Severus ne soit indispensable. Si vous voulez bien vous décoller de ce mur, jeune homme ? requit le directeur d'un petit geste de la main.
Avec une certaine mauvaise volonté, Althaïr s'approcha du bureau de Dumbledore et s'adressa à Sirius :
- Je suis ton fils, Althaïr. J'aurais 17 ans dans un mois, enfin à mon époque en tout cas. Je suis né en novembre 1998.
Sirius considéra le jeune homme magnifique devant lui. Incontestablement un Black. Cette prestance naturelle n'existait que dans peu de familles et ce garçon lui ressemblait tellement avec ses yeux bleu sombre et ses longs cheveux noirs ondulés…
- Euuhh… Désolé mais c'est difficile à… Je… Autrement dit, tu seras conçu en février prochain ? balbutia pathétiquement l'animagus.
- De toute évidence.
- Mais, je suis célibataire !! Je vais pas me retrouver à faire un gosse avec le premier venu quand même !!!! commença-t-il à hurler.
Severus ne savait pas s'il devait éclater de rire ou bien mal le prendre. Il n'était pas n'importe qui ! Mais il n'était pas enthousiaste pour deux Mornilles à l'idée d'avoir un enfant avec Sirius Black…
- Bien sûr que non. Je suis un enfant légitime après tout.
- Donc je serais marié dans un an ? paniqua Sirius, la voix tremblotante.
- Evidemment.
- Petite question : qui est l'autre parent et qu'est ce que Snape fout ici ?? exigea-t-il faiblement. Il était littéralement vidé de toute énergie. Une discussion surréaliste avec un garçon de 17 ans déclarant être son fils, et ayant visiblement un caractère très Serpentard, n'était pas son idée du réveil idéal. Encore aurait-il fallu qu'il dorme cette nuit cela dit, pour pouvoir prétendre à un réveil…
- Et bien…, reprit Althaïr, nettement plus nerveux maintenant que la partie délicate de la conversation arrivait. Il se trouve que Severus Snape est mon père et ton mari par la même occasion.
- Pardon ? demanda Sirius d'une voix blanche.
- Je suis son fils aussi. C'est pour cela qu'il est présent ce matin. Harry est là pour te fournir un soutien moral, expliqua posément le jeune homme.
Sirius regarda brièvement un Harry qui tentait de passer inaperçu, recroquevillé dans son siège déjà peu confortable. Son regard se tourna vers Severus et il considéra l'homme pendant quelques instants, les yeux écarquillés, comme un lapin pétrifié devant un serpent prêt à mordre.
- C'est pas possible… Non, je ne pourrais jamais coucher avec ça, quand bien même il serait le dernier homme sur Terre !
- On voit bien que ce n'est pas toi qui tombe régulièrement sur vos ébats dans les lieux les plus improbables, soupira Althaїr.
- QUOI !?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!??! explosa Sirius.
- Il est tout à fait normal, et oserais-je ajouter très sain, pour un couple marié d'avoir une vie sexuelle épanouie, tempéra leur fils.
- Non mais pas vrai !! Qu'est-ce qui s'est passé, hein ? J'ai été capturé par des Mangemorts en maraude et j'ai été torturé et violé avant d'être offert comme esclave ? Ou alors il m'a fait avaler de force une de ses foutues potions effroyablement toxiques ou alors…
- Pour ta gouverne, Black, je ne suis pas un violeur et tu n'as vraiment rien qui pourrait m'inciter à le devenir, répondit le maître des potions d'une voix glacée, en le regardant de haut en bas.
- Calme toi Siri ! insista Harry.
- ME CALMER ????? NON MAIS ÇA VA PAS LA TÊTE ?? C'est pas toi qui retrouve collé avec… ça ! gueula Sirius, hors de lui.
- Te plaint pas ! Au moins, il n'est pas un Mangemort et il a ton âge ! répliqua son filleul sur le même ton.
- Quoi ? demanda l'animagus, surpris, toute colère envolée.
- Apparemment je vais avoir une fille avec quelqu'un de pire que Snape alors si tu pouvais éviter de te considérer comme le plus mal loti…
- Pire que lui ? C'est un Serpentard vicieux et mauvais jusqu'au trognon !
- Cool ! Donc mon futur mariage avec nul autre que Lucius Malfoy, actuellement marié à Narcissa Malfoy, père de Draco Malfoy, sûrement hétérosexuel jusqu'à la moelle, Mangemort reconnu et bras droit attitré de Voldemort en personne n'est qu'une bagatelle sans intérêt, je présume ? s'indigna Harry d'une voix dégoulinante de sarcasme.
- Ma…Malfoy ? Vu comme ça, c'est pire, t'as raison… Je préfère encore Snape, dit-il, prenant Harry dans ses bras pour le consoler.
- Merci de ce vote de confiance, Black, ironisa Severus. Non mais, franchement, lui, un violeur, fi !
- Oh ça va hein ! Faut pas croire que je suis enthousiaste !
- Et moi donc…
- Ça veut dire que tu vas rompre avec Moony ? demanda Harry.
- Hein ????? Je ne suis pas avec Remus… Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- Ben, tu l'adores et il est pas mal alors j'ai toujours cru…
- C'est mon meilleur ami et un très bel homme, certes, mais il ne m'intéresse pas romantiquement parlant… En plus c'est un loup-garou.
- Je n'arrive pas à croire que tu puisses dire ça de lui !! hurla Harry en se dégageant des bras de son parrain.
- Harry, soupira Sirius, je me demande quel est l'abruti qui t'a enseigné les loups-garous…
Severus lui lança un regard parfaitement suffisant pour geler l'océan Pacifique jusqu'aux fonds marins mais ne répliqua rien et Sirius l'ignora à dessein.
- Si j'ai souligné le fait que Remus est un loup-garou, c'est à cause de certaines particularités… Les loups-garous ont un compagnon et un seul pour toute leur vie. Enfin pour être honnête, ils peuvent en avoir plusieurs dans certains cas, on ne sait pas pourquoi ni à quoi c'est lié. Moony n'a pas encore trouvé son compagnon. Quand cela sera le cas, il se liera à lui ou elle. Le lien est irréversible une fois établi ce qui fait qu'un lycanthrope est souvent très… farouche quand il s'agit de relations…
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Il veut dire que lorsqu'un loup-garou couche avec quelqu'un il se retrouve lié à cette personne pour le reste de sa vie ce qui les rend extrêmement prudents, précisa Severus, énervé à la fois par la réflexion de l'animagus sur ses compétences d'enseignant et par sa façon de tourner autour du pot comme une demoiselle effarouchée.
- Tu veux dire que Moony est vierge ? demanda Harry, estomaqué. A son âge ??
- Mets toi à sa place, s'il tombe sur la mauvaise personne, il ne pourra jamais s'en débarrasser… Autant attendre… Au moins il le saura quand ce sera la bonne personne…
- Donc, tu n'es pas avec lui…
- Quelle partie du mot célibataire tu n'as pas compris ?
- Pas pour longtemps, je te rappelle que tu seras marié dans un an, se moqua le jeune homme.
- Ne me le rappelle pas ! Je… je ne peux pas croire que je vais un jour coucher avec Snape volontairement et que je voudrais avoir un enfant avec lui… Ça n'a rien à voir avec toi, je te rassure, dit-il à son fils. J'ai l'impression que tu es un garçon très bien et Merlin sait que je veux des enfants mais… certainement pas avec lui, et pas en pleine guerre.
- Je ne peux pas vous révéler quand ou comment la guerre finira mais je suis né après la défaite du Seigneur des Ténèbres et je n'étais pas vraiment prévu à l'origine… J'ai toujours eu le sentiment que les choses s'étaient passées sans aucune préméditation de part et d'autre… Si cela peut vous rassurer l'un comme l'autre, vous formez un couple très heureux bien que vous passiez beaucoup de temps à vous disputer et encore plus de temps à vous réconcilier sur l'oreiller.
Pour la première fois en vingt-cinq ans, Sirius Orion Black et Severus Tobias Snape étaient d'accord sur quelque chose : ce gosse était complètement fou ! Les deux hommes le regardaient, bouches bées, les yeux démesurément agrandis. Il se contenta d'un petit sourire amusé. Ses pères le faisaient si souvent tourner en bourrique avec leurs simagrées qu'il adorait leur rendre la pareille… Bien sûr, il n'avait dit que l'entière vérité, ses parents étaient véritablement heureux en ménage mais ils ne risquaient pas de le croire en cet instant.
Harry avait l'air légèrement malade. Il refusait d'avoir dans la tête des images inappropriées de son parrain avec son professeur de potions…
Albus toussota pour rappeler tout ce petit monde sur terre.
- Harry, Althaїr, il est temps pour vous d'aller en cours. Severus mon cher, il me semble que vous avez les Poufsouffle/Serdaigle de cinquième année dans quelques minutes. Sirius, il vaudrait mieux que vous retourniez au quartier général de l'Ordre pour l'instant. Je me doute que vous allez vouloir revenir pour parler avec votre fils. Comme je souhaiterais que vous ne preniez aucune décision inconsidérée, je présume que vous pourrez vous arranger avec Severus pour qu'il vous l'amène au quartier général ou pour que vous passiez le voir dans ses appartements.
- Dans mes appartements ? souligna Severus. En quel honneur ?
- Ma foi, je pensais que vous apprécieriez un peu d'intimité en famille, mon cher, lui répondit innocemment Dumbledore, l'œil pétillant.
Severus sortit vivement du bureau, ses lourdes robes noires tourbillonnant furieusement autour de lui alors qu'il claquait la porte avec une inutile violence qui fit trembler les innombrables bibelots sagement rangés dans les vitrines. L'un d'entre eux glissa de son étagère et se brisa.
Albus soupira. Encore un de ses précieux objets détruit par la colère du maître des potions le plus talentueux et le plus irascible d'Europe…
Sirius prit une dernière fois son filleul dans ses bras avant de se tourner vers son fils, extrêmement mal à l'aise, pour un étreinte légère et maladroite. Il se dirigea vers la cheminée et disparut.
Harry et Althaïr prirent congé du directeur et se hâtèrent vers leurs classes respectives, ignorant tout du scandale qui avait secoué le château au petit-déjeuner…
