Bonjour et merci à tous ceux qui ont atterri sur ce premier véritable chapitre. Je tiens à dire que si je n'ai pas mis cette fic dans « crossover », c'est bien car je ne voulais pas prendre le risque de voir ma fiction occultée dans l'un des fandoms, notamment celui de FMA. ^^ Pardon pour ceux que cela dérange mais comprenez-moi :3

En ce qui concerne la fiction et sa parution : Normalement (je dis bien normalement) mon rythme de publication sera régulier, soit un chapitre hebdomadaire ou toutes les deux semaines, selon VOTRE préférence. L'histoire est pratiquement terminée, j'ai donc une vingtaine de chapitres en avance ). La fic est divisée en deux parties : At the crossroad of souls, constituée de vingt-huit chapitres etLes chroniques des enchanteurs, qui conclura bel et bien mon histoire avec un peu moins de chapitres, je présume.

Ensuite, de nombreuses fictions ont été écrites reprenant ces deux univers mélangé, particulièrement une que j'ai adoré ! « Par-delà la porte » que je vous conseille. Je ne l'ai découvert que depuis peu mais je me suis rendue compte avec à la fois horreur et amusement qu'à plusieurs reprises, j'ai usé de scènes similaires, mais inconsciemment, en tout cas vers la fin de l'histoire ! Auquel cas, je vous demanderez de me pas hurler plagiat :,) D'autant plus que ces scènes n'ont pas l'ombre d'un intérêt scénaristique et donc n'influe que très peu sur le déroulement de l'intrigue.

Pour finir, merci à ceux et celles qui me suivront et qui commenterons. Sachez que je réponds TOUJOURS aux commentaires, quels qu'ils soient !

Chapitre 1 : Entre magie et Alchimie

« Mille pétards mais où est donc ce fichu pub ! S'agaça Edward en donnant un coup de pied rageur dans une misérable pierre qui avait eu le malheur de se trouver sur son chemin.

Le Fullmetal regarda furtivement la lettre entre ses mains. Bien qu'il ait connu la missive par cœur, il ne pouvait s'empêcher d'y jeter un œil toutes les deux minutes comme pour s'assurer de son authenticité.

Tout avait commencé il y avait environ un mois, lorsqu'il rentrait d'une énième mission dont le colonel Mustang l'avait affairé.

Un mois auparavant, Quartier Général d'Amestris :

- Ne vous moquez pas de moi colonel ! C'est tout simplement impossible !

- Fullmetal, calme toi et écoute la fin de mes explications ! Hurla Roy Mustang en suivant son subordonné qui faisait les cents pas dans la pièce tel un lion en cage.

- Vous me jetez de tout go, entre l'asperge et la poire une histoire d'école de magie à dormir debout et vous voudriez que je reste morne ! C'est mal me connaître ! Tempêta le jeune homme.

- J'avais prévu que tu réagisses comme ça… Moi aussi tu sais cela m'a paru invraisemblable mais pourtant c'est vrai et…

- Vous êtes tombé sur la tête ! Le coupa Edward d'une voix aigüe avec incrédulité.

- Espèce de petit alchimiste de mes deux, tu vas t'assoir et m'écouter maintenant ! hurla Mustang tandis que le blond allait quitter la pièce.

A l'entente du mot petit, il fit volte-face et se mit à gesticuler en menaçant de tuer quiconque le comparerait à un grain de blé si petit qu'il ne pourrait pas nourrir une fourmi. Mustang hurla à son tour pour couvrir les cris du garçon et ce fut Hawkeye qui dut intervenir en tirant une balle dans le plafond, ce qui eut pour effet de faire taire les deux alchimistes.

- Bon, Fullmetal, si à présent tu voulais bien m'écouter… Tu seras libre d'accepter ou de refuser ma proposition.

L'ainé des Elric répondit par un grognement de mécontentement que Roy prit pour une réponse positive. Sans y avoir était invité, Edward s'affala dans le canapé.

- C'est bon. J'vous écoute…

Mustang soupira devant l'attitude désinvolte de son subordonné mais n'osa pas le réprimander par peur de le mettre en colère alors qu'il venait tout juste de se calmer.

- Voilà, il se pourrait que cette école déteigne ce que tu cherches tant…

- Colonel, vous savez pertinemment que je ne suis plus à la recherche de ce fichu caillou. Je veux simplement le détruire, en vue de sa composition, lui rappela Ed en croisant ses bras derrière la tête.

- Justement, cette pierre n'est pas d'origine alchimique. Elle est faite à partir d'une source de magie.

Edward se figea un instant.

- Foutaises. La magie n'existe pas, vous délirez… Et puis la pierre ne peut être fabriquée qu'à partir de vie humaine, c'est le prix à payer pour l'immortalité.

- Quel intérêt aurais-je à te raconter des histoires ? Soupira Roy avec lassitude.

- Vous vous payez toujours ma tête ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer, rétorqua Ed d'un ton cassant.

Le jeune militaire fut quelque peu vexé. C'est vrai qu'il lui arrivait de le taquiner, ou d'être odieux dans certaines situations, mais jamais il n'essaierait de l'enfoncer ou de lui mettre des bâtons dans les roues. Après tout c'était cet homme qu'il disait mépriser qui lui avait conseillé de s'enrôler dans l'armée pour retrouver le corps de son frère.

- Nos sources sont fiables. Bien plus que tu ne le penses.

Le blond se redressa dans une position moins nonchalante.

- Les services secrets d'Amestris ont mené leur enquête et ils ont pu établir un lien avec le ministère de la magie. C'est le Führer en personne qui m'a parlé de cette école de magie. Il a pensé que ce serait bien pour toi d'étudier une autre science que l'Alchimie. Mais je pense surtout qu'il désire t'y envoyer en tant qu'éclaireur, lui expliqua le jeune colonel.

- Eclaireur ?

- On ne connaît pas grand-chose de ce monde mais il semblerait que ce pays soit en guerre et Bradley voudrait voir s'il lui serait profitable de combattre du côté des sorciers.

- Pardon ? Mais on sort tout juste d'une guerre et d'une pénurie qui a duré plus de sept ans. Et après cette inflation le gouvernement serait prêt à laisser son pays s'effondrer de nouveau ? S'offusqua Edward, éberlué.

- Je ne sais pas quoi penser mais quoi qu'il en soit tu devrais vraiment te rendre dans cette école, histoire de voir ce qu'elle te propose. Tu pourrais trouver un moyen de rendre son corps à Alphonse !

Ed ne dit rien, hésitant. Son supérieur n'avait pas tort. Il n'avait rien à perde et tout à gagner.

- Où est cette fameuse école de… magie ? Céda-t-il enfin en se levant.

Un sourire éclaira le beau visage de Roy.

- Et bien tu vois quand tu veux !

Cependant, l'alchimiste d'acier partit dans une nouvelle crise de colère quand il lui annonça que cette école ne se situait non pas dans un pays près d'Amestris mais dans un autre monde. Ce monde Le seul moyen d'y accéder -à part affronter la Vérité et payer un tribut- était d'utiliser des moyens de transports sorciers, ce qui, évidemment, était inacceptable pour Edward qui refusait toujours de croire en la notion de magie.

Au final, il avait tout de même accepté d'envoyer une lettre au directeur de cette mystérieuse école, sans pour autant lui révéler le véritable but de sa candidature. Sait-on jamais. Si peu pieux qu'il fût, il avait secrètement prié pour que son incapacité d'utiliser la magie l'empêche d'y entrer mais manque de chance, Mustang avait pris les devants en vantant ses talents en Alchimie et à quel point il pourrait leur être utile. Le directeur avait accepté de le prendre pour qu'il étudie en majeur partie la magie complexe à condition qu'il protège et serve une de leur organisation étrange en secret. L'Ordre du Phoenix était un groupe de rebelles fondé il y a longtemps pour lutter contre les oppresseurs. L'ordre s'était finalement dissout il y a près de seize ans suite à la disparition de leurs belligérants. Malgré tout, le directeur de cette école s'était montré avare d'explication et ne lui avait rien dit de plus.

Ce jour-là, il était censé se rendre à Londres pour l'achat de ses fournitures scolaires. D'après le lieutenant Hawkeye, quelqu'un l'attendrait devant le Chaudron Baveur, le pub qu'il cherchait en ce moment même et qui commençait déjà à énerver notre crevette blonde, laquelle n'étant déjà pas patiente à l'origine. Un certain Hagrid était supposé l'aider mais ne sachant pas à quoi ressemblait cet homme, Ed savait qu'il aurait bien du mal à le trouver. De plus le plan dessiné par le colonel n'était pas d'une grande aide. Sur le bout de papier figuraient un parallélépipède rectangle grossièrement tracé, quelques noms de rues pour le moins étranges et il avait sympathiquement joint de petites maisons dignes d'un dessin d'enfant de cinq ans. Enfin, il pouvait parler, Edward lui-même n'était pas habile de ses mains, même quand sa dextre était faite de chair et de sang.

Tandis qu'il passait dans la même rue pour la énième fois, il percuta un mur de plein fouet et sous le choc de la collision, son fessier fit une rencontre brutale avec le sol. Il pesta avant de lever les yeux et se rendre compte que ce qu'il avait deviné comme un mur était en fait un géant doté d'une carrure impressionnante.

- Oh pardon ! S'excusa-t-il en lui tendant une main de la taille d'un couvercle de poubelle.

Ed lui assura que ce n'était rien et accepta son aide pour se relever. Il détailla l'homme des pieds à la tête, passant par son manteau en peau de taupe –malgré la chaleur étouffante de ce mois d'août- jusqu'à son visage à moitié dissimulé par une épaisse barbe noire et emmêlée. Ses yeux noirs, pareils à deux scarabées, luisaient à travers sa chevelure hirsute. Il avait beau être impressionnant, il émanait de lui une immense douceur et une gentillesse sans borne.

- Excusez-moi mais sauriez-vous où se situe le Chaudron Baveur ? Questionna Edward en consultant une fois de plus le plan brouillon de son supérieur.

- Oui bien sûr ! Mais tu ne serais pas Edward Elric par hasard ?

Ed acquiesça et lui demanda si lui-même était bien Hagrid, lequel répondit par un hochement de tête et un sourire.

- C'est ça, Rubeus Hagrid, garde-chasse et gardien des clés de Poudlard, annonça-t-il fièrement. Mais tu peux m'appeler Hagrid tout simplement.

Le géant fit signe au jeune homme de le suivre et ils approchèrent d'une petite porte à laquelle Edward n'aurait jamais prêté attention s'il ne s'était pas trouvé devant et Hagrid l'invita à entrer.

Docile, le petit blond pénétra dans le pub et aussitôt un parfum âcre, approchant du xérès bon marché, lui saisit la gorge et les poumons. Le bar était presque entièrement vide et il régnait une odeur de feu de bois et d'humidité absolument atroce. Derrière le comptoir, un vieil homme vouté essuyait un verre d'un air las. Lorsqu'il les aperçut, une lueur d'espoir traversa ses yeux vitreux et il leur sourit aimablement.

-Désolé Tom, nous ne faisons que passer, s'excusa Hagrid en levant sa gigantesque main.

Il avait l'air vraiment navré et Ed éprouva un peu de compassion pour ledit Tom qui semblait bien misérable. Celui-ci baissa la tête visiblement déçu et continua d'astiquer ses verres, pourtant propres depuis un certain moment.

- Le pauvre. Il ne reçoit plus beaucoup de clients en ces temps troublés. A vrai dire, c'est la même chose dans tous les commerces de proximité, lui confia Hagrid en l'entraînant dans un coin du pub. Depuis le retour de Tu-Sais-Qui.

Justement, Edward aurait aimé qu'il soit plus explicite car il ne voyait véritablement pas qui pouvait être ce « Il-Etait-Sensé-Savoir-Qui ».

Il voulut lui poser la question mais préféra s'abstenir lorsqu'il vit la mine sombre du géant. Ils empruntèrent un petit couloir, sortirent du pub et s'arrêtèrent devant un mur de brique rouges. Hagrid commença à frapper des pierres ici et là, du bout d'un parapluie rose qu'Edward trouva bien étrange. Il pensait que les attributs des sorciers seraient plus… imposants. Le sol trembla et Ed manqua de tomber pour la deuxième fois en dix minutes. Il se tint machinalement à l'énorme bras du garde-chasse pour ne pas perdre l'équilibre et contempla la barrière dont les briques s'étaient animées, dévoilant un passage étroit qui débouchait sur une immense avenue.

Un sentiment de froid fit frémir le jeune homme. L'endroit semblait avoir été attractif autrefois, pourtant, à présent, il n'offrait plus qu'un triste tableau d'insalubrité. Les échoppes, sans doute colorées et pétillantes jadis, n'étaient plus que des fonds de commerce aux vitrines sales où figuraient parfois des pancartes indiquant « A vendre ». Il y avait bien quelques marchands ambulants, vêtus excentriquement et qui prenaient plaisir à vendre leur friandises aux quelques passants qui faisaient leurs achats dans la hâte. L'ambiance de cette rue était assez lugubre sans pour autant être effrayante. Non, elle était triste et monotone. Comme si le temps s'était arrêté à un moment fatidique. L'espace semblait figé dans une torpeur sombre et pesante. Un panneau de bois sur lequel on pouvait lire « Chemin de Traverse » pendait misérablement, rajoutant du sinistre à cette rue sans vie.

Edward fut ramené à la réalité par la main de Hagrid qui s'abattit sur son épaule avec tant de force qu'il eut l'impression de s'enfoncer six pieds sous terre.

- Ed ? C'est par là, lui dit-il en désignant une boutique assez singulière –« Chez madame Guipure »- puisqu'elle ne paraissait vendre que des affaires pour sorciers.

Le géant lui recommanda de ne pas s'éloigner et lui tendit une petite bourse en cuire qui devait contenir une certaine somme d'argent.

- Tiens, voici ta bourse, je suis allé échanger ton argent moldu il y a quelques jours, maintenant il est impossible de retirer de son coffre sans avoir cinq heures de queue.

Edward accepta l'argent en remerciant le ciel qu'Hagrid n'ait pas pu différencier la monnaie d'Amestris avec l'argent londonien. Déjà qu'il était dans une situation étrange, si en plus le gardien de Poudlard apprenait sa véritable identité...Car un Amestrien n'avait rien à faire dans une école de sorcier. En effet, aucun mage ou être prétendant exercer la magie n'avait jamais vécu à Amestris. Soit les enfants naissaient cracmols ou bien ils mourraient de maladies étranges et subites. Les chercheurs ont longtemps émis des théories, et ils en étaient venus à constater que le cercle qui faisait circuler les forces alchimiques était plus puissant à Amestris (d'où le nombre d'alchimistes), la force magique ne peut donc pas avoir sa place, au même cas que l'énergie tellurique ne peut pas circuler dans le corps des sorciers, ces dernière ne se situant pas du bon côté de la porte.

Ils entrèrent dans l'étrange échoppe et furent accueillis par une petite femme rondelette qui leur sourit aimablement. Elle lui fit essayer un modèle de robe scolaire noire, standard et peu cher, avec une capuche qui rappelait vaguement à Edward son manteau rouge dont il ne se séparait jamais. Elle l'aida à enfiler le vêtement mais lorsqu'elle lui pria de retirer sa veste noire et ses gants il refusa tout net. Elle insista en disant qu'elle ne pourrait jamais l'ajuster et il avait répondu qu'il reviendrait l'échanger au cas où cela ne conviendrait pas, puis ils étaient sortis un peu précipitamment après avoir acheté deux robes supplémentaires -une pour l'hiver et une cape de voyage-.

A vrai dire, Edward n'avait aucune envie d'exhiber son automail, de plus qu'il était censé être un moldu de tout ce qu'il y avait de plus normal. Ainsi ses prothèses bioniques et sophistiquées paraitraient louches. Son comportement étrange intrigua Hagrid qui l'interrogea sur son étrange réaction. Pour toute réponse, Ed s'empressa de récapituler les achats à effectuer, en évitant soigneusement le regard et les questions de l'homme.

La boutique suivante était sans doute la plus attrayante de tout le « Chemin de Traverse », du moins du point de vue d'Edward : la librairie « Chez Fleury et Bott ». En ouvrant la porte du magasin, il resta muet de stupeur. Des milliers d'ouvrages s'entassaient du sol au plafond, les étagères débordaient de livres traitant des sujets divers et toute la connaissance, magique ou non, regorgeait au milieu de ces centaines de manuscrits à la ronde. Pour un érudit comme lui, cette boutique était un paradis sur Terre. Il ne put s'empêcher de pousser un petit cri de ravissement qui fit sourire Hagrid, tandis qu'il courrait presque entre les innombrables rayons. Il s'approcha d'une étagèrent dont la plupart des bouquins devaient peser plus de dix kilos et sitôt que ses yeux se posèrent sur l'un des livres, que celui-ci était déjà entre ses mains. Quand Ed entendit Hagrid l'interpeler il reposa l'encyclopédie qu'il venait de commencer -un ouvrage très intéressant sur les Mimbulus Mimbletonia- puis, à contre cœur, rejoignit le géant. Ce dernier s'était occupé de prendre tous les livres dont Ed aurait besoin au cours de son année et Hagrid sortit, seul, autorisant le petit blond à rester quelques minutes de plus pour savourer les plaisir de l'écriture et de l'apprentissage.

Le demi-géant avait croisé bien des passionnés dans sa carrière, Hermione par exemple. Néanmoins, Edward restait le plus stupéfiant de tous, d'une part grâce à sa froide logique et sa vivacité d'esprit, d'autre part par sa curiosité qui en fait un être outrepassant les remparts de la restriction savante. Il cherchait toujours à aller plus loin, à approfondir ce qu'il connaissait pourtant déjà mieux que la majorité des autres personnes. Dumbledore avait prévenu Hagrid quant à la précocité intellectuelle du jeune homme qui, bien qu'affreusement puéril, était sans conteste ce qu'on pourrait qualifier de « surdoué ». Son frère le serait également d'après le directeur. Un petit génie effronté et avide de savoir.

Un quart d'heure plus tard, ledit petit génie quitta la boutique, des livres pleins les bras et un sourire satisfait aux lèvres. Il s'était finalement décidé à acheter "deux, trois" livres en plus que ceux que la liste proposait. Il avait également apprit que les élèves bénéficieraient de cours d'alchimie ce qui le ravit au plus au plus haut point. Non pas qu'il eût encore besoin d'apprendre des choses sur cette science, il était cependant soulagé de retrouver quelque chose de familier dans cette école singulière que devait être Poudlard.

Il retrouva Hagrid devant le botaniste et ils continuèrent leurs achats, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une seule chose manquante : la baguette magique. Certains diront sans doute que voir Edward Elric agiter une baguette devant un Scroutt à pétard n'aurait rien d'insolite dans le monde des sorciers, pourtant, le petit blond doutait de pouvoir un jour faire sortir quoi que ce soit d'une simple tige de bois. C'est donc plutôt sceptique qu'il entra dans la sinistre boutique de Chez Ollivender.

L'échoppe était petite et sombre, les fenêtres étaient masquées par d'immenses étagères où s'empilaient de nombreuses boites grossièrement imbriquées. Les étuis étaient placés de manière tellement instables si bien que lorsqu'il en saisit un par hasard, la pile lui tomba dessus, l'ensevelissant à moitié.

- Ahrgg! On m'attaque.

Un grondement sourd se fit entendre et un vieil homme apparut sur le haut d'une échelle coulissante.

- Qui est là? Demanda-t-il.

Quand il vit le pauvre blondinet, à moitié noyé sous une montagne de boites, il poussa un soupir mi soulagé, mi exaspéré. Il brandit sa baguette magique et les boites s'animèrent pour retrouver leur place initiale sous l'expression abasourdi d'Edward.

- Euh, bonjour, salua ce dernier, gêné par le regard insistant de l'homme.

- Bonjour jeune homme. J'imagine que vous venez acheter une baguette magique.

Le garçon opina. Le sorcier s'approcha de lui et l'inspecta sous toutes ses coutures avait de marmonner dans sa barbe.

- Mmmh...Plutôt petit - Edward dut faire preuve de tous les efforts du monde pour ne pas sauter à la gorge du sorcier- mais bien musclé. Vous me semblez intelligent, bien plus que les gens de votre âge, et doté d'une grande force mentale. Vous êtes très souple n'est-ce pas ? Vous pratiquez le sport ? Je verrai bien une baguette de grande taille et assez flexible. De quelle main tenez-vous votre baguette ? Questionna Ollivender.

- Euh...Je suis ambidextre.

Le sorcier alla chercher un mètre ruban et prit toutes les mesures possibles et plus ou moins nécessaires, l'écartement des narines notamment.

Au bout de quelques minutes il laissa tomber son mètre et alla chercher une des boites, dans une étagère située au fond.

- Essayez celle-ci! Bois de hêtre, ventricule de dragon, vingt-huit centimètres et demi, plutôt flexible. Agitez-la pour voir.

Edward prit la baguette fit un geste du poignet comme le sorcier quelques minutes plus tôt, en se sentant parfaitement ridicule. Ollivender lui arracha aussitôt des mains.

- Hmm non prenez celle-ci. Bois de houx, crin de licorne, bonne ergonomie, trente-deux centimètres.

A peine eut il refermé ses doigts sur la baguette et fait un geste qu'une explosion retentit: il avait fait exploser trois fenêtres, répandant des éclats de verre un peu partout. Ed sursauta sur le coup, frôlant de peu la crise cardiaque. Tout tremblant, le cœur au bord des lèvres, il la reposa avec précaution dans son étui.

- Non, certainement pas elle! affirma le vieux sorcier en donnant une autre baguette à l'alchimiste, désormais méfiant.

Il lui en fit essayer une autre, puis encore une sans qu'Ollivender ne soit satisfait. Bientôt il y eut un monceau de tiges de bois sur la chaise en osier et le bureau s'en trouva également recouvert. Edward avait beau chercher mais il ne trouvait pas ce que le vieil homme voulait.

- Eh bien eh bien, un client difficile, dit-il l'air satisfait, vous me rappelez ce jeune garçon qui ose se dresser contre Vous-Savez-Qui...

Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à tout le temps parler d'un Il-Etait-Sensé-Savoir-Qui! Mille pétards ce n'était pas si compliqué de retenir un nom!

- Mais nous allons trouver, reprit le sorcier après un court silence. Peut-être devrions-nous nous aventurer dans des baguettes plus… atypiques. Tenez, essayez celle-ci. Bois de Gingko Biloba, une espèce très rare, plume de sphinx.

Celle-ci n'alla pas non plus, même si Ed avait l'impression d'un changement assez conséquent. Jusqu'alors, il se contentait de mettre la boutique du sorcier sans dessus dessous tandis que là, les effets étaient de moindre importance. La suivante fut plus prometteuse, en bois de Sylverbell et un crin de sombral mais d'après Ollivender, ce ne convenait toujours pas.

Au bout d'un moment, le vieux sorcier se rendit dans l'arrière-boutique et revint avec une longue boite poussiéreuse. Il sortit la baguette de son vieil écrin et la tendit au petit blond.

- C'est l'une des plus anciennes et des plus rares de la boutique, monsieur Elric. Ce n'est même pas moi qui l'ai fabriqué mais mon aïeul. Je doute que ça corresponde mais essayons pour voir. Yggdrasil, bois rare et vénéré par les peuples nordiques, le dernier plant a été donné à mon arrière-grand-père. A L'intérieur se trouve une écaille de Basilic.

Edward prit la délicate baguette entre ses doigts de chair, appréciant à travers le tissu la rudesse et la texture du bois, la brandit au-dessus de sa tête et l'abaissa en la faisant siffler dans l'air. Aussitôt une grande chaleur remonta tout le long de son bras gauche jusque à sa poitrine. Une sensation de pur bonheur et de douceur intense, comme si la baguette et lui ne formaient plus qu'un. Telles des feux d'artifices, des étincelles écarlates et or jaillirent de l'extrémité de l'instrument, reflétant leur éclat sur les murs sombres.

Les yeux du jeune alchimiste brillaient d'excitation et d'émerveillement tandis que les flammes dansaient tout autour de lui.

- Bien, c'est très bien souffla Ollivender, visiblement ravi en rangeant la baguette dans sa boite. Je ne m'attendais pas à cela.

- Ah bon ? Pourquoi ? Questionna Ed, encore frappé d'admiration devant ce magnifique spectacle.

- Vous êtes alchimiste n'est-ce pas? devina l'homme, le regard calculateur.

Ces mots le firent revenir sur terre aussi brutalement que s'il était tombé d'un lit en hauteur. Ses yeux s'agrandirent de stupéfaction et il tourna la tête vers Ollivender qui le gratifia d'un petit sourire.

- Vu la quantité de livres sur l'alchimie que vous possédez il est facile de le deviner, reprit-il, répondant ainsi à la question muette du blond. Ce qui est étrange c'est que le seul alchimiste ayant pu acquérir des pouvoirs magiques fut Nicolas Flamel... Si vous êtes né à Amestris il est improbable que vous ayez des aptitudes magiques. Mise à part si vous avez en vous toutes les vérités de ce monde, sourit doucement le sorcier un peu ironique.

Ed déglutit avec difficulté, bien sûr que ce vieux sénile ne savait pas qu'il avait vu la porte de la Vérité. Cependant, de manière indirecte, voilà qu'il venait de répondre à une question que le blond commençait à se poser : le pourquoi du comment il pouvait user de la magie, sachant que dans son pays personne ne naissait avec ce genre de pouvoir.

Il paya et sortit de la boutique encore surpris par les évènements et la tête débordante de questions.

De sa boutique, Ollivender regardait le jeune homme s'éloigner.

- Vous êtes destiné à accomplir de grandes choses, Edward Elric. Peut-être pourriez-vous-même bouleverser l'ordre des choses…

Commentaires ? Remarques ? Je suis ouverte à toutes critiques ). Et pour ceux que cela rebute de laisser un avis sans réponse, et bien ne vous inquiétez pas, je répondrai au début du prochain chapitres ou par MP pour ceux qui sont inscrits. (Comment j'essaie de vous forcer ! XD C'est mal !)