Disclaimers : Les personnages et l'univers appartiennent à J.K Rowling. L'histoire originale est toujours à georgesgurl117.
Merci beaucoup à ceux qui ont laissé une review, mais auxquels je ne peux pas répondre : Vivi, Zeugma, Nanette45 et Etoile Solaire ! :)
Chapitre 2 : Cachés
« Dehors, dehors, tout le monde DEHORS ! »
Hermione grimaça lorsqu'elle entendit le cri de Madame Pomfresh derrière le rideau. L'arrière de sa tête continuait de lui faire mal, là où elle avait frappé le sol en pierre de la Grande Salle. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle s'était évanouie devant tout le monde. C'était déjà assez embarrassant, mais de savoir que toute l'école – non, le monde des sorciers tout entier – venait juste de lire qu'elle avait des soi-disant relations sexuelles avec un professeur rendait la situation horriblement gênante.
Et avec le Professeur Snape, en plus. Elle trembla de peur et ferma les yeux. Est-ce que je peux juste me recroqueviller et mourir, maintenant ?
« Merlin, venez-nous en aide », marmonna Pomfresh lorsqu'elle apparu devant le rideau. « Je n'ai jamais vu autant d'élèves attroupés à cause d'une petite bosse sur la tête ».
La fille se mordit la lèvre pour ne pas réagir au grognement qu'avait laissé échapper le Professeur McGonagall.
« Je vois que tu n'as pas encore lu la Gazette d'aujourd'hui, Pompom » dit-elle avec un bref sourire.
« Des bêtises inutiles, si tu veux mon avis, » grogna la médicomage en plaçant une compresse à l'arrière de la tête d'Hermione. « Je n'en ai pas lu une page depuis que cette femme avait écrit le très mauvais article du Tournoi des Trois Sorciers. J'ai annulé mon abonnement après avoir passé la journée à traiter la jeune fille ici présente des effets des Bubobulb qu'on lui avait envoyé.»
Hermione grogna, se souvenant des cloques douloureuses qui avaient recouvert ses mains. Elle se demanda combien de temps il lui restait avant que des lettres d'insulte ne commencent à tomber du ciel. Il n'y avait aucun doute, ça promettait d'être pire que la dernière fois.
« Oui, eh bien cette femme est revenue pour un deuxième tour, » marmonna Ron dans un coin. Ni lui ni Harry n'avait encore eu la chance de lire l'article, mais ils avaient entendu assez de bribes de chuchotements des autres élèves pour comprendre ce dont il était question.
Pompom se retourna, surprise. « Oh ? Et pourquoi n'êtes-vous pas en classe ? Et vous ? »
« Mais, le Professeur McGonagall... » commencèrent les garçons, se taisant au regard acerbe de la directrice adjointe.
Harry soupira et tira son ami vers la sortie. « A tout à l'heure, Hermione. »
« Mais on a cours de métamorphose en première heure, » murmura Ron pendant qu'ils marchaient lentement vers la porte.
« Je sais. »
« Mais elle est ici, comment est-ce qu'elle peut nous faire cours, mon pote ? »
Minerva soupira alors que les voix des garçons disparaissaient dans le couloir, et se retourna vers l'infirmière. « Est-elle libre de sortir ? »
« Je suppose que oui, » répondit-elle en regardant la jeune fille. « Pas de grosse blessure. Garde juste cette compresse sur ton crâne ou tu finiras avec une bosse. Je t'ai donné de quoi calmer la douleur, mais si elle s'accentue, reviens ici ou vas voir le Professeur Snape pour quelque chose de plus fort. »
Au gémissement plaintif de la jeune sorcière, Pomfresh leva les sourcils. « J'ai dis quelque chose ? »
McGonagall sourit alors qu'elle aidait Hermione à se relever et l'amenait vers la cheminée. « Peut-être que tu devrais emprunter la Gazette à quelqu'un. »
« Oh non, s'il-vous-plaît, » chuchota Hermione, « Je ne voudrai pas être détestée par tout le personnel. »
Sa Directrice de Maison sourit et secoua la tête. « Pourquoi croirais-tu que je te déteste ? »
La jeune fille leva les yeux vers elle avec un regard empli d'espoir. « Est-ce que ça veut dire que vous n'y croyez pas ? »
« Définitivement pas ! répondit McGonagall en riant. « Non seulement je vous connais assez bien, toi et le Professeur Snape, pour savoir que ce ne sont que des balivernes, mais je me rappelle aussi de Miss Skeeter, du temps où elle était ici. Son vocabulaire a certes été développé, mais sa morale et ses méthodes n'ont pas changé le moins du monde. »
L'élève poussa un soupir de soulagement pendant qu'elle regardait son professeur prendre de la poudre de cheminette et énoncer le bureau du Directeur.
« Bon retour dans le monde réel, Miss Granger ! » s'écria Dumbledore d'une voix joyeuse lorsqu'elle apparu dans la pièce.
Elle tenta de lui sourire, mais se figea lorsqu'elle vit qui était assis dans le fauteuil face au bureau du directeur. Inspirant une grande bouffée d'air, elle s'approcha du vieux canapé tartan et s'assit nerveusement.
Minerva sorti de la cheminée quelques secondes après la jeune fille, et se précipita immédiatement devant le bureau. Elle s'apprêtait à s'adresser au Directeur lorsqu'elle fut interrompue par une voix traînante.
« Et pendant tout ce temps, j'avais pensé que les quartiers de la Préfète étaient agencés de la même façon que le dortoir des filles... quel dommage que cela m'ait prit autant de temps pour découvrir que ce n'était pas le cas. »
Alors que Dumbledore recouvrait sa bouche de sa main pour ne pas laisser échapper un gloussement, le professeur de Métamorphose leva un sourcil et se retourna. Lorsqu'elle vit que Snape avait le nez plongé dans la Gazette, elle lui lança un regard houleux. « Severus, au nom de Merlin, qu'est-ce que vous êtes entrain de faire ? »
« Minerva, » répondit-il, se rendant compte de sa présence alors qu'il levait les yeux du journal. « Si vous êtes si curieuse de le savoir, je me renseigne sur ma vie sexuelle. Si vous n'étiez pas au courant, elle est devenue quelque peu publique et s'avère étonnamment tout a fait... active. »
Hermione émit un sanglot en cachant son visage dans ses mains. Elle n'avait, pour l'instant, pas encore lu la page sept et elle ne voulait vraiment pas savoir ce qu'il y était dit.
La directrice adjointe, en un claquement de désapprobation, frappa violemment son collègue au bras. « Posez ce déchet. »
« Aucune chance, » répondit sèchement Snape pendant qu'il continuait de lire. « Si le reste du monde peut explorer mes activités extrascolaires, je pense avoir le droit de me mettre au courant. Au moins, cela peut suggérer une raison à ma fatigue de cette année. Apparemment, quelqu'un d'autre m'a quelque peu... épuisé. »
La jeune fille senti le feu lui monter aux joues, pendant qu'elle priait désespérément pouvoir disparaître dans le fauteuil, et ne jamais plus en sortir.
« Et ça vous amuse ? » lui répondit Minerva, levant ses sourcils, incrédule. Elle lança un regard au Directeur, dont le regard s'avéra désespérément pétillant. « Bon sang, ça l'amuse réellement, Albus ! Incroyable ! »
Énervée, elle arracha le journal des mains de son collègue et le jeta sur le bureau. Alors s'apprêtait à le reprendre, elle l'attrapa de nouveau, s'en servi pour le frapper, et le lança dans la cheminée. Pendant que les pages de la Gazette se réduisaient en cendres, elle le fixait avec d'un regard froid.
« Je suppose que pour avoir détruit son journal, vous rendrez ses sept noises à Pomona, » fit-il d'un ton indifférent. « Et pour votre accusation selon laquelle je m'amuse, Madame, je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. J'essaie juste de rentrer dans l'humeur joyeuse de la petite soirée à laquelle quelqu'un, j'en suis sûr, m'invitera en fin de journée »
Hermione leva les yeux vers lui, confuse, puis vers sa Directrice de Maison. En voyant le visage plombé de celle-ci, elle fronça les sourcils. Une demi-seconde plus tard, elle comprit finalement à quoi Snape faisait référence, et un sentiment nauséeux s'installa dans son estomac. « Oh mon dieu. »
Severus s'apercevant de expression inquiète, releva les sourcils, surpris. Il expira longuement et lui lança un regard critique. « Et qu'avez-vous donc fait exactement pour vous attirer les foudres de la plus désagréable monstrueuse commère de ce monde ? »
« Vous sous-entendez qu'elle est la seule fautive dans cette histoire ? » demanda McGonagall, se rapprochant d'Hermione. Elle prit la compresse froide qui était sur le canapé pour la replacer sans douceur sur la tête de la jeune fille. « Je pense me rappeler que vous vous êtes plus d'une fois adressé à elle de façon terriblement cinglante lors du Tournois. Honnêtement, je suis surprise qu'elle ait prit autant de temps. »
Le sorcier roula des yeux et enleva une poussière imaginaire de ses robes. « Il paraîtrait pourtant que ce soit elle, la chasseuse calculatrice, et que je sois la nouvelle victime sur sa longue liste de conquêtes, il n'y a donc rien d'étonnant à présumer que- »
« Severus, » l'interrompit Dumbledore en avertissement, « Miss Granger n'est pas à blâmer pour ceci. »
« Non ? » répondit-il, dubitatif. « Il doit pourtant bien y avoir une explication à ce qui vient de se passer. »
Hermione soupira et retira le sac gelé. « Elle voulait encore écrire un article idiot sur Harry, et je lui ai gentiment répondu d'aller demander ailleurs. »
« Je suis dans cette situation parce que Potter n'a pas été capable d'écrire sa propre lettre de rejet ? » Une expression sombre apparu sur son visage, et il se leva brusquement de sa chaise.
« Pas exactement, » murmura-t-elle humblement.
« Qu'est-ce que vous voulez dire, pas exactement ? ». Il hurlait, se postant devant elle.
Dumbledore se leva se son fauteuil alors que la jeune fille se recroquevillait sur elle-même. « Severus, asseyez-vous. »
Snape laissa échapper un sifflement de colère pendant qu'il retournait sur son siège. « Vous allez vous expliquer, Granger. »
« Elle ne fera pas une chose pareille, » déclara Minerva, « pas avant que vous n'ayez arrêté de la regarder comme ça. »
« Excusez mon interruption, » dit doucement le Directeur, « mais je pense qu'il serait prudent de préciser que nous aurons de la compagnie d'ici peu. »
Les trois autres le fixèrent surpris, et la porte du bureau s'ouvrit pour laisser apparaître deux Gryffondors au souffle presque coupé. Au soupir du Maître des Potions, ils pâlirent tout deux brièvement avant de rougir de colère.
« Vous ! » hurlèrent-ils à l'unisson.
Snape lança un regard noir aux deux garçons. « Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer comment il aurait été possible de copuler avec la Préfète sans que ses deux partisans faibles d'esprit ne s'en rendent compte ? Ou peut-être devrais-je comprendre qu'ils étaient pleinement conscients de la situation, étant donné qu'ils ne peuvent pas se séparer d'elle pendant plus de quelques minutes ? »
« Espèce de stupide bât- »
« Mr. Potter ! Il est encore un professeur, et vous vous devez de le traiter comme tel ! » cria McGonagall, avant de se retourner pour faire face à l'homme en question. « Encore un mot comme ça sorti de votre bouche, Severus, et je ferai pire que vous transformer en furet ! »
Lorsqu'il roula des yeux, elle se retourna vers les deux élèves qui venaient d'arriver. « Je pense vous avoir ordonné d'aller en classe. »
« Nous l'avons fait, Professeur, » répondit Harry, continuant de fixer Snape. « Mais comme vous n'étiez pas là, tout le monde a juste recopié le devoir, et ils se sont ensuite attroupés autour de nous pour ce stupide article. Malefoy a commencé à le lire à haute voix, et quand nous avons entendu que c'était Snape - »
« Professeur Snape, Harry, » le corrigea Hermione. Lorsque tout le monde à part Dumbledore se tourna vers elle, surpris, elle haussa les épaules et reposa la compresse sur le canapé. « Ce n'est pas comme si c'était de sa faute. »
« Hermione, tu vas bien ? » lui demanda Ron, contournant la Directrice Adjointe. Elle ne lui répondit que par un regard furieux, et il baissa les yeux. « Ne sois pas en colère contre moi – Je t'avais bien dit qu'il ne fallait pas te mêler avec cette peau de vache. Si tu m'avais écouté, ça ne serait pas arrivé. »
« Oh, merci, Ronald, » marmonna-t-elle, croisant les bras. « Parce que je ne pouvais pas m'en être déjà rendue compte. »
Il bafouilla un « Désolé », penaud.
Dumbledore aperçu la colère sur le visage de la jeune fille et fit un geste à son adjoint. « Minerva, peut-être serait-il mieux que vous retourniez dans votre classe. Nous avons déjà assez de cours annulés aujourd'hui, avec les cours de potions. »
La sorcière acquiesça et se prépara à sortir avec les garçons, pendant que Snape regardait fixement le Directeur. « Vous annulez mes cours ? »
« Il me semble que ce serait sage, Severus, pas vous ? »
Le plus jeune maintenu son habituelle expression neutre, mais crispa ses poings. « Pour combien de temps, exactement ? »
Le Directeur soupira. « Laissons cette discussion de côté pour l'instant. »
Hermione alternait son regard entre les deux hommes et senti qu'un élan de rage commençait à bouillir en elle. Elle pouvait lire entre les lignes tout comme le Professeur Snape. C'était injuste qu'un tel tissu de mensonges puisse finir une suspension de ses fonctions – pour n'importe quelle durée.
« AAH ! J'aurai dût écraser cet insecte stupide quand j'en avais encore l'occasion ! » siffla-t-elle. « J'aurai juste dût envoyer cette harpie à Azkaban et en finir ! »
Ce n'est qu'en entendant les suffoquements horrifiés de ses deux meilleurs amis qu'elle réalisa qu'elle avait dit tout ça à voix haute. Paniquée, elle vit que les trois membres du personnel enseignant la fixaient d'un air choqué. McGonagall s'était immobilisée avec sa main sur la poignée de la porte, Snape avait penché la tête et la regardait les yeux écarquillés, et même Dumbledore avait les sourcils levés presque jusqu'en haut de son front.
Étonnamment, Snape fut celui qui reprit contenance en premier. Il plissa les yeux en un regard accusateur et croisa les bras. « Miss Granger, je vous suggère de nous donner une explication immédiatement. »
La fille soupira et donna un bref regard coupable à sa Directrice de Maison, puis fixa ses genoux. Elle prit une grande inspiration, ferma les yeux, et se lança dans un long et détaillé récit de ses rapports avec Rita Skeeter. Lorsqu'elle eût finit, elle rougit de honte à leur silence.
« Eh bien, » Minerva s'éclaircit la gorge et ouvrit la porte. « Nous allons vous laisser. »
Ron et Harry regardèrent leur amie avec compassion tandis qu'ils sortaient rapidement du bureau. Au son du claquement de porte, Hermione grimaçait, à cause du regard déçu qu'elle avait surprit sur le visage de son professeur préféré.
« Quelle histoire, Miss Granger, » déclara Dumbledore avec une lueur d'amusement dans les pupilles.
Severus cligna des yeux plusieurs fois pendant qu'il considérait la jeune fille. Bien qu'il ne l'admettrait jamais devant personne, il était impressionné par la férocité avec laquelle elle avait traité la si célèbre journaliste. Ses tentatives de chantage avaient de toute évidence échoué, mais la fille avait de l'audace – c'était certain. Il oublia momentanément sa colère en découvrant qu'au final, la Gryffondor avait sûrement une part de Serpentard en elle.
Et elle ressortait assez souvent, si on devait en croire l'article.
Se redressant sur son siège, il décroisa les bras, et avec élégance, passa l'une de ses jambes par dessus l'autre. « Je suppose que, d'après l'article d'aujourd'hui, Ms. Sketter s'est finalement déclarée en tant qu'animagus. »
La jeune fille expira profondément, surprise par l'absence de colère dans sa voix, et s'appuya sur le dossier du canapé. « Apparemment, oui. Je suis vraiment désolée, Professeur. Je ne m'attendais pas à qu'elle aille si loin, et je n'aurai jamais pensé qu'elle en aurait après vous. »
Snape laissa échapper une bouffée d'air, la quittant précipitamment des yeux. Il était quelque peu perturbé par le fait qu'il ne parvienne plus à rester en colère contre elle. « Ce ne sera pas la première fois que je serai soumis à une enquête, et sûrement pas la dernière. »
« Une enquête ? » couina-t-elle.
« Vous ne pensez pas sérieusement que le Bureau des Gouverneurs, ou le Ministère chargé des affaires comme celle-ci, laisserait passer une telle accusation sans lancer l'enquête, n'est-ce pas ? »
Hermione fronça les sourcils au regard qu'il lui lança. « Ne serait-ce pas plus simple de cette façon ? Je veux dire, ce n'est pas comme s'il y avait quoi que ce soit de réel dans cette histoire. Ne pouvons-nous pas juste nous soumettre à leurs questions sous Véritaserum ? Vous n'avez probablement pas voté pour moi à l'élection des Préfets, il doit bien y avoir des traces de ceci, non ? »
« A vrai dire, Miss Granger, » Dumbledore prit part à la conversation. « Vous seriez surprise de constater que les archives reflètent parfaitement le contraire. »
« Quoi ? » chuchota-t-elle, regardant du coin de l'œil le plus jeune des deux. « Mais vous ne m'appréciez même pas ! »
L'homme ouvrit la bouche pour répondre, mais fut coupé par le Directeur.
« Je suis persuadé que ce n'est pas vrai, ma chère. Severus a toujours éprouvé de l'admiration envers les sorcières intelligentes – même celles de Gryffondor. »
La fille leva les sourcils lorsqu'il prononça le mot de « sorcière » au lieu de « élève », et se sentie encore plus confuse par le regard meurtrier avec lequel Maître des Potions fixait son employeur.
« Albus, » siffla-t-il.
« Calmez-vous, Severus », gloussa le sorcier le plus âgé. « J'assure juste à Miss Granger que vous n'avez jamais éprouvé, en fait, d'aversion envers elle comme elle semble si disposée à croire. »
Les narines de Severus se dilatèrent, mais il contrôla le reste de sa colère. « Bien. Malgré que je ne vous affectionne pas particulièrement, Miss Granger, je reconnais que vous possédez l'intelligence et les capacités nécessaires. C'est pourquoi j'ai soumis votre nom pour la nomination. »
« Vous ne l'aviez jamais reconnu avant, » marmonna-t-elle, avant de finalement comprendre ce qu'il venait de dire. « Attendez ! Vous avez voté pour moi ? »
« Les Directeurs de Maison ne sont pas autorisés à voter pour des élèves de leur propre maison, » répondit-il en haussant les épaules.
« Mais vous m'avez choisi ? » balbutia-t-elle, incapable de le croire.
Le sorcier fronça les sourcils, et bougea sur son fauteuil. « Ne laissez pas votre tête grossir plus qu'elle ne l'est déjà, Miss Granger. J'ai seulement suggéré que ce soit vous parce qu'il n'y avait pas d'autre candidats pertinents chez Poufsouffle et Serdaigle. »
« C'était vous, et non pas le Professeur Flitwick ou Sprout ? »
« Je commence à reconsidérer ma déclaration sur votre intelligence », grogna-t-il en roulant les yeux. « J'ai voté pour vous avant que les deux n'aient la chance de le faire, de cette façon je pouvais les regarder patauger pour trouver un autre élève. »
« Là, je veux bien y croire, » elle soupira, couchant sa tête sur le dos du canapé. « Oh, c'est mauvais. Vraiment, vraiment, mauvais ! »
« Malheureusement, le Véritaserum est hors de question, » ajouta Dumbledore. « Puisque Severus est immunisé contre, nous ne pouvons pas prendre le risque de vous faire révéler quoi que ce soit de confidentiel. »
« Je ne sais rien de confidentiel, » répondit-elle, le regardant avec surprise. « Si ? »
« Même si c'était le cas, » continua le Directeur « le Véritaserum n'est pas considéré comme une preuve valable lors d'une enquête du Ministère. »
Hermione laissa échapper une expiration frustrée. « Qu'est-ce que nous allons faire, alors ? »
« Nous attendons. »
« Nous attendons ? » Elle se redressa et s'appuya sur l'accoudoir en le fixant des yeux. « Qu'est ce que vous voulez dire, nous attendons ? »
Snape grogna. « Je regrette soudainement mon vote. »
« Eh bien... comme ça nous sommes deux ! » lâcha-t-elle, se retournant pour lui faire face. Elle pâlit en se rendant compte qu'elle venait de lui crier dessus, et la jeune fille se rassis vivement, honteuse. Après un court moment de silence, elle soupira et passa une main dans ses cheveux emmêlés. « Alors... dois-je attendre ici ou puis-je me cacher ailleurs ? Je suppose que mes cours sont suspendus ? »
« Je pense qu'il serait peu judicieux – pour votre bien être personnel – de retourner à vos activités normales, » acquiesça Dumbledore. Il jeta un regard vers son collègue et leva les sourcils, lui posant une question muette. « Et quant au lieu où vous allez passer la journée - »
Severus soupira et secoua la tête.
« - vous allez regrettablement devoir rester ici, » finit le Directeur, retournant son regard vers elle.
Hermione poussa un gémissement plaintif et remonta ses pieds sur le canapé. Il y avait à peine deux heures, elle était entrain de penser que cette journée allait être agréable. Quelques nouvelles rancunières plus tard, elle se retrouvait pratiquement emprisonnée dans une pièce avec le Professeur Snape. Sa tête recommençait à lui faire mal, et la seule chose que le Directeur avait choisit de faire à propos de la situation était d'attendre. Elle voulait demander ce qu'ils attendaient, exactement, mais elle doutait fortement que les deux hommes répondraient honnêtement à sa question.
Grimaçant lorsque ses doigts trouvèrent un nœud dans ses cheveux, elle prit une grande inspiration et regarda autour d'elle, cherchant son sac. Se sentant comme en plein naufrage, elle se rappela que Harry l'avait porté jusqu'à l'infirmerie, mais que ni elle ni McGonagall n'avait pensé à le prendre.
Enfermée dans une pièce sans rien à faire. Elle soupira et mordit sa lèvre nerveusement. La jeune fille ne tenu que quelques minutes avant que la curiosité et l'ennui de prirent le dessus. « Alors les directeurs ne peuvent pas nominer des élèves de leur propre maison ? »
Alors que Dumbledore ne répondit pas, se contentant de regarder son collègue avec une lueur d'amusement dans le regard, Severus roula des yeux et grogna une réponse affirmative. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne reprit la parole. « Il y a bien une raison expliquant l'absence de Préfet Serpentard depuis la première guerre. »
« Vraiment ? » demanda-t-elle, relevant les sourcils. « Ça paraît totalement injuste. »
« Tellement anti-Gryffondor de votre part, » ricana-t-il avec mépris.
Hermione se renfrogna et croisa les bras sur son torse. « Ce n'est pas parce que je suis une Gryffondor que je dois penser que tout les Serpentards sont tous d'horribles personnes. »
« Effectivement, » lança-t-il malicieusement. « Je crois bien que a révélé cette qualité dans son dernier exploit littéraire. »
La fille rougit fortement et s'enterra dans un silence qui dura quelques minutes. Finalement, lorsque ses joues reprirent une couleur et une température normale, elle commença à reprendre la conversation qu'ils avaient eu ce matin.
« Alors comme ça, vous êtes immunisé au Véritaserum, Professeur ? »
Snape grogna et tourna son regard vers le Directeur. « N'avez-vous pas un livre qu'elle pourrait lire ? »
Plusieurs heures plus tard, Severus bailla et massa le torticolis qui s'était logé dans son cou. Il lança un bref regard à la grande horloge dorée sur le mur et comprit qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps. La nuit était déjà tombée et le Seigneur des Ténèbres pouvait le réclamer d'une minute à l'autre. Expirant longuement, il mit de l'ordre dans ses pensées et tenta de se débarrasser de toute son inquiétude en vue de l'affrontement avec les mangemorts. Il n'allait pas devoir inventer de longue histoire cette fois-ci. Pour la première fois, il pourrait dire la vérité au Seigneur des Ténèbres.
Un léger gémissement retint son attention, et il se retourna vivement vers l'affreux canapé tartan. La fille s'était endormie peu de temps après avoir finit son dîner, et était actuellement affalée, avec un certain manque d'élégance, sur toute la longueur du divan. Le livre qu'elle avait finit par emprunter au Directeur était resté ouvert sous l'une de ses mains, et vacillait dangereusement sur le bord d'un des coussins. Un bon coup de pied, et il s'écraserait sans aucun doute sur le sol.
Le reste de la journée s'était déroulé de façon relativement silencieuse, grâce au sort anti-braillement qu'Albus avait lancé sur la pièce. Il se doutait, pourtant, que le calme n'allait pas pouvoir durer plus longtemps. Ils ne pourraient pas se cacher dans le bureau du Dumbledore. jusqu'à la fin de leur vie. Ils allaient bien devoir faire face à la horde de villageois en colère armés de fourches et de torches.
Snape prit une grande inspiration et s'apprêtait à fermer les yeux lorsqu'il sentit la brûlure familière sur son avant-bras. Soupirant, il se leva de sa chaise et se dirigea vers la cheminée, attrapant une poignée de poudre. Il se préparait à se rendre dans ses quartiers personnels pour prendre sa cape puis sortir par la porte secrète sur le côté du château, lorsque Granger se réveilla, faisant ainsi tomber son livre.
« Professeur ? » demanda-t-elle, à moitié endormie.
Il se racla la gorge et lui lança d'un ton sans équivoque : « Ne quittez pas cette pièce. »
Elle fronça les sourcils, confuse, mais finit par acquiescer. Voyant son geste, Severus lança la poudre, annonça sa destination, et disparu dans un tournoiement de flammes vertes.
