Mémoires d'une Queen Bee
Twilight à Stephenie Meyer - Coyote Ugly à David McNally – CU : Memoirs of a NYB à Rogue Amazon Boo
Création de Lex Lina
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Chapitre 2
Playlist Chapitre 2 :
The Dandy Warhols – We used to be friends
Depeche Mode - Shake the disease
Justin Timberlake - Still on my brain
Bella lâche une bonne série de jurons quand elle aperçoit la dernière personne sur terre qu'elle aurait envie de revoir, installé tranquillement de l'autre coté du bar. C'est bien sa chance, elle tente de se débarrasser d'un pot de colle et le remplace par quelque chose de pire. Au moins, le mignon petit flic n'est pas aussi casse bonbons que le connard qui lui sourit comme un idiot du village.
Ce qui dérange bien plus est que l'idiot du village en question l'a déjà vu complètement nue, à plusieurs reprises. Genre de détail que les ex petits amis ont tendance à vous rappeler constamment et elle déteste ça. C'est donc en grognant que Bella se tourne vers Rosalie. « Je prends ma pause. » Et lui explique la situation. Elle est presque obligée de crier dans son oreille pour se faire entendre et lui montre d'un hochement de tête, le problème qui vient de lui tomber dessus. Elle finit par aller voir ce que Jake, son visiteur, lui veut, regrettant presque la drague tranquille et cool du policier.
Jacob Black croit qu'il est un don de dieu donné aux femmes et, alors qu'elle était jeune et stupide, elle a cru qu'elle l'aimait. En fait, elle l'a cru jusqu'au moment où elle l'a trouvé en train de coucher avec sa meilleure amie et ensuite qu'elle se soit fait arrêter pour possession de substances illicites, appartenant à Jake, et cela même pas dix minutes après. Ou peut être est ce quand elle s'est rendue compte que les Black n'étaient pas des personnes fréquentables ? Savoir quelle situation est pire est plus difficile qu'on ne le croit.
Apparemment, Tanya, sa meilleure amie, était une petite jeune fille pas très sage et accro à l'extasy . Mais, étant un bon samaritain, Jake s'est fait un plaisir de lui fournir sa dose quotidienne en échange de faveurs en nature. Si on ne peut plus s'aider entre amis... Bella est juste arrivée au mauvais endroit, au mauvais moment car à peine remise du choc, la police à débarqué et à arrêté tout le monde dans la pièce. Au moins Bella, elle, avait son pantalon.
Et depuis, Jake ne fait qu'apparaitre dans sa vie comme de l'herpès génital sur la bouche d'une prostituée. Généralement, il vient lui soutirer de l'argent, mais une fois, il tente de venir la voir pour du sexe. Le nez cassé qu'elle lui a gentiment fourni est parvenu à le démotiver de toute tentative charnelle envers elle. Évitant la plupart des clients qui tentent de l'approcher ou de l'agripper, elle parvient jusqu'à son ex et l'entraine directement avec elle, hors du bar, en le tirant par les cheveux.
Il commence à dire. « Salut Béb... OUCH ! ». Bella ne relâche même pas son emprise. Emmett, le responsable de la sécurité, les rejoint rapidement jusqu'à la porte de service et l'ouvre sans un mot. La jeune femme fait encore quelques pas pour s'éloigner du bar avant de le relâcher.
Elle lui parle, la voix ourlée d'une colère froide. « OK Jake, c'est quoi cette fois ? Est ce que tu as déjà oublié les règles ? Tu ne dois jamais venir me voir ici. Je me fous de savoir qu'il y a un putain de météorite sur le point de s'écraser sur New York ou un truc du même genre et que tu sois le seul qui soit encore capable de venir me prévenir qu'il nous reste dix minutes à vivre. TU. NE. VIENS. PLUS. JAMAIS. ICI. Je ne veux pas risquer ma place pour un sale con dans ton genre. ».
Jake la regarde méchamment vexé, tout en se frottant la tête. « Je suis désolée Bébé mais je n'avais pas le choix. Putain, j'avais oublié quelle sale conne tu peux être. ».
Il retire calmement une cigarette de sa poche et l'allume pendant que Bella fait tout pour ne pas montrer combien son commentaire lui fait mal. Elle déteste encore plus l'idée que ce genre de connerie puisse encore l'atteindre. Le fait que Jacob soit son premier amour et qu'il en profite la rend malade. Il sait bien que tous ses propos sournois au possible, la touche toujours personnellement et il en éprouve un contentement digne d'un porc dans une flaque de boue.
Bella soupire. « Bon, vas à l'essentiel Jake et putain dis moi ce que tu veux ? ».
« De l'argent. ».
« T'en as eu la semaine dernière. Peut être que tu devrais tenter de te trouver un boulot. Ou encore mieux, t'as juste à demander à ton maniaque de père qu'il t'en prête. ».
Jacob sourit et secoue sa tête. « Bee, tu sais comment ça se passe. J'ai l'impression que tu oublies qu'il suffit que je passe un appel et... pouf... tout ce que tu aimes part en fumée. ».
Le corps de la jeune femme se met à trembler alors qu'elle tente de déceler jusqu'où cette putain de fouine serait capable d'aller. Une boule de haine lui torture l'estomac. Elle crache. « Combien ? ». Jake, remarquant bien qu'il la tient, se met à rire.
« Un paquet. ». Il tire une bouffée sur sa cigarette. Bella se renfrogne et sort un rouleau de billets de la taille d'un petit poing. Elle en retire certains et les tend en direction de son arnaqueur.
« 700 dollars. C'est tout ce que je peux te donner aujourd'hui. ».
Jake sourit alors qu'il compte l'argent qu'il a en main. Il le place ensuite dans sa poche avant de la saluer d'une petite courbette « C'est toujours un plaisir de faire des affaires avec toi Queenie. ».
Il se tourne et s'en va. Bella grince des dents en le regardant partir, souhaitant comme à chaque fois, que le trottoir s'ouvre et qu'il soit happé par le feu des enfers, là où est clairement sa place. Son souhait ne se réalise toujours pas.
Elle tente de se calmer avant de retourner dans le bar, quand une voix douce, agrémentée d'un accent du sud, sort de l'ombre et l'arrête. « Qu'est ce qu'il a contre toi ? Qu'est ce qui fait qu'il te tient ? ».
Les questions posées sont lourdes d'accusation et Bella se tourne vers son interlocuteur avec des yeux brillants de colère. « Depuis quand les flics se faufilent dans les coins sombres et se mêlent des affaires des autres ? Ou est ce que c'est une spécialité qui n'appartient qu'à toi ? ».
Edward sort de sa planque pour lui faire face, tout le coté chaleureux et amical habituel ayant disparu de son visage. Il porte ce que Bella connait bien, son masque de flic averti. Cette face dure qui ne révèle rien et qui garde secrètes toutes les pensées et sentiments aussi bien qu'un masque d'Halloween. C'est celui que son grand père portait quand il l'a sorti de taule et de la merde dans laquelle elle s'était fourrée à cause de Jake. Et celui qu'il porte encore quand elle le fait royalement chier.
Edward soupire. « C'est ce qu'on fait de mieux. Écoutes Bella, si tu as des problèmes peut être que je peux... ». Il est coupé au milieu de sa phrase par le rire cynique de la jeune femme.
« Tu peux quoi ? M'aider ? C'est toi qui va écouter boy scout. J'ai bien compris, t'es un gars du sud, tu veux monter sur ton cheval et aider la demoiselle en détresse que je suis mais il faut que tu saches que je prenais déjà soin de moi bien avant que tu n'arrives ici et que je prendrais encore soin de moi bien après que tu sois reparti. Alors ton coté gentleman, tu peux te le carrer. Bon, maintenant, je dois retourner taffer avant que Rosalie n'envoie Emmett me chercher. ».
Edward la regarde s'en aller avant de tourner sa tête vers la rue, où l'homme qui était avec elle est parti. Alice a raison à son sujet. Bella est un aimant à problèmes. Il sait et même son instinct de flic lui crie, qu'il devrait probablement s'en laver les mains et la laisser dans sa galère. Les femmes comme elles sont un véritable danger pour quelqu'un dans sa profession. Pourtant, il sait aussi qu'il ne pourra jamais s'empêcher de l'aider. Il est bien trop attiré et rare sont les femmes qui lui font un tel effet.
Il entend déjà son ancienne partenaire lui dire qu'il va droit au devant d'un mur, que professionnellement ça va lui briser sa carrière et qu'en plus Bella ne l'appréciera pas plus pour ses efforts mais putain il peut pas reculer. Il ne peut pas la laisser ainsi et faire comme si il n'avait rien vu.
Peut être est ce à cause de ce courage qu'elle affiche, ce mur qu'elle dresse pour se protéger, ou encore comme elle semble le penser, un instinct chevaleresque. Il n'est pas tout à fait sûr mais alors qu'il observe sa silhouette sous la pale clarté offerte par la lune, il sait que la larme qu'il a vu couler sur sa joue, s'échappant des yeux brillants et torturés de Bella, met fin à ses doutes.
xoxo
Il fait très frais ce matin pour cette époque de l'année à New York et c'est surement pourquoi le corps de cet homme ne sent pas aussi mauvais qu'il aurait dû. Le Lieutenant Alice Whitlock place un mouchoir sur son nez pour atténuer l'odeur.
Le cadavre est celui d'un homme adulte qui n'aurait pas plus de trente ans. On lui a tiré dessus, proprement, d'une balle dans la tête. Ça pue l'exécution. Le lieutenant remarque tout cela dès les premiers instants, mais elle attendra le rapport de la morgue pour prouver ses dires.
Avec un gros soupir, elle s'éloigne du corps et jette un œil à sa montre pour la troisième fois. Son nouveau partenaire n'est pas encore arrivé. Celui avec qui elle travaille depuis un moment est en arrêt maladie et avec sa chance, et une telle enquête, on va lui refiler un débutant qui restera toujours en retrait. Elle a pourtant dit à son supérieur qu'elle pouvait tout gérer jusqu'à ce que Banner revienne mais il a insisté. Elle regarde une nouvelle fois sa montre et maudit cette personne qui a déjà presque vingt minutes de retard. Sa patience a des limites.
Non seulement ça, mais en plus le corps commence à ameuter une foule de curieux. Les uniformes les gardent à bonne distance mais bientôt les médias vont se pointer et elle veut que tout soit fait avant qu'ils ne leur tombent dessus comme des loups sur une bergerie.
Juste au moment où elle allait dire aux mecs de la morgue d'emballer le cadavre pour qu'elle commence son investigation, une voiture familière se gare à proximité. Le conducteur, tout aussi familier, sort de cette voiture. Elle doit avouer qu'elle est surprise mais aussi très contente de voir ces cheveux bronze en bataille. Elle esquisse un sourire. « T'es en retard Cullen. ».
Il lui fait un énorme sourire et avance vers elle, montrant son badge aux policiers, qui font barrage et tentent de contrôler la foule, pour arriver jusqu'à la scène de crime. Il répond honteusement. « Je me suis perdu. ».
Alice tente de ne pas rire et parvient à juste laisser échapper un couinement par respect pour le mort à proximité.
« Alors qu'est ce qu'on a là chérie ? ». Le sourire de la femme lieutenant s'évapore pour laisser place à un visage sérieux.
« Homme amérindien, je dirais un mètre quatre vingt dix, moins de trente ans, avec blessure par balle à l'arrière du crane. Probablement un petit calibre, surement un 22 vu que mes pompes ne sont pas recouvertes de matière cérébrale. ». Edward observe les environs et retire les lunettes de soleil qu'il range rapidement dans la poche intérieure de sa veste en cuir.
Une fois devant le corps, Edward s'accroupit, faisant attention à ne rien toucher. Ses yeux parcourent le cadavre à la recherche de réponses. Le visage de la victime est de profil mais le lieutenant a le souffle coupé quand il réalise qui est l'homme mort. Alice remarque tout de suite la réaction d'Edward et plisse ses yeux. « Qu'est ce qu'il y a Cullen ? ».
Il se redresse et lui fait face, le visage sombre. « Je le connais Alice. Son prénom est Jake. ».
Alice attend la suite mais n'entendant rien venir, elle soupire, exaspérée. « Est ce que c'est un de ces débiles qui n'a qu'un prénom comme Madonna ou Cher ? Ou est ce que tu vas finir par me donner son nom de famille ? ».
Edward secoue sa tête. « Je ne le connais pas mais je sais qui le connait. ».
Alice lui montre qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il crache le morceau. Lorsqu'il n'en fait rien, elle l'attrape par le bras et l'entraine hors de portée des autres officiers. Une fois loin des oreilles indiscrètes, elle relâche son bras et plisse ses yeux verts. « C'est quoi le problème ? Tu fais comme si tu avais quelque chose à cacher. ». Edward lui raconte où il a déjà vu le mort. Au Royaume, avec la Queen Bee.
Le regard d'Alice s'obscurcit un peu plus. « Est ce que tu es sûr que c'était du chantage ? ». Elle espère qu'il se trompe mais sait très bien que non. Edward ne ferait pas une erreur pareille.
« Ouais j'en suis sûr. Il avait quelque chose contre elle, mais je ne sais pas ce que c'est. ».
« Putain de merde... ». Alice passe une main fiévreuse dans ses cheveux courts. «... L'un d'entre nous doit aller lui parler. ».
Il s'avance. « Laisses moi y aller. ». Alice secoue sa tête.
« Non, c'est plus à moi de le faire. Après tout, c'est mon amie. ».
« Ce qui prouve que c'est à moi d'y aller chérie. Le chef va y trouver un conflit d'intérêt, à part si c'est moi qui l'interroge. ».
Un reniflement qui ne fait vraiment pas honneur à la femme qu'elle est, se fait entendre pour toute réponse. « Edward, si je dois tomber pour cette histoire, je ne veux pas t'entrainer avec moi. ».
Le jeune homme plisse les yeux . « Qu'est ce que ça veut dire chérie ? ».
Alice réprime un frisson. Elle n'a jamais entendu quelqu'un dire chérie d'une manière si menaçante. Mais comme il a posé la question, elle va lui donner une réponse malgré le fait qu'il ne va pas du tout l'apprécier. « Je sais que tu es allé au Royaume tous les soirs de la semaine dernière. Et ne me dis pas que tu tentais juste d'obtenir un rendez vous. Je pense que tu as oublié que Rosalie est une de mes plus vieilles amies quand tu as décidé de revêtir ton costume de Batman et de jouer au vengeur masqué. Et tu sais que je ferais tout pour elle. c'est la Reine et il y a une raison pour cela. ».
Edward plie un peu sous l'accusation. Il n'a pas du tout oublié qu'elles sont amies, c'est juste qu'il pensait être assez discret pour ne pas se faire repérer. Il se doutait que ça finirait par se savoir. Il tente tout de même de défendre son point de vue. « Et alors ? Je voulais voir si je pouvais attraper le parasite qui l'extorque. Mais ça n'a plus d'importance vu que quelqu'un semble avoir résolu le problème pour moi. ».
Alice le regarde comme prête à le secouer pour faire rentrer du bon sens dans sa tête. « Edward, tu es un des meilleurs flics qu'il y ai et malgré le déni de la taille de la grande muraille de Chine qui semble bouffer ton QI, j'espère que tu réalises comment cette putain de vendetta risque de paraître aux yeux des autres ? ».
« Pourquoi n'as tu rien dit plus tôt si ça te gêne tant que ça ? ».
« Parce que la semaine dernière, je n'avais pas de cadavre sur les bras. Cadavre qui, je tiens à te rappeler, fait que par ton information, mon amie est notre suspect numéro un. ».
Edward jette un œil aux alentours pour être sûr que personne ne fait attention à eux. Il se détend un peu quand il remarque que les officiers en uniformes semblent toujours déprimés par le fait de devoir contenir la foule. « Sérieux, Alice... tu ne peux pas réellement croire que Bella... ». Il ne finit pas en raison de la pression du regard noir de sa collègue.
« Que Bella quoi ? Puisse tuer quelqu'un ? Oh putain que si ! Je suis persuadée que Bella puisse tuer quelqu'un. Mais ce qui est garanti c'est qu'elle ne l'aurait jamais tuer comme ce gars à été refroidi. Bella est une battante, si tu la cherches, elle te cherchera en retour. Si je dois la poursuivre pour le meurtre de quelqu'un, ça serait parce que cette personne a tenté de la tuer ou de s'en prendre à quelqu'un qu'elle aime. Mais un truc comme une exécution, ça ne colle pas avec elle. Bella a beaucoup trop de colère en elle pour faire quelque chose comme ça. Le problème est que ça, toi et moi nous le savons mais que le chef ne va pas voir notre point de vue sous le même aspect. ».
« Je suis d'accord avec toi. Mais je pense que c'est tout de même à moi d'y aller. Le chef ne sait pas que j'ai des sentiments pour Bella alors que tout le monde au bureau sait que tu as été une des princesses du Royaume. ».
Les yeux froids d'Alice restent posés longtemps sur Edward avant qu'elle ne soupire. Il vient de reconnaître qu'il a des sentiments pour elle, sans même s'en rendre compte. « D'accord, tu y vas. Mais fais attention. Si elle pense que tu la menace, elle va se renfermer ou encore pire tenter de disparaitre. ».
Il sourit. « Crois moi, je sais ce que je fais. ».
Alice ne semble pas très convaincue mais ne parlemente pas. Au lieu de ça, elle tente de lui fournir des encouragements. Edward apprécie, communiquant un merci d'un hochement de tête. Silencieusement, tous les deux espèrent qu'Edward ne se lance pas dans un défi bien trop grand pour lui.
xoxo
Edward se tient devant l'appartement 405 et scrute la porte comme si elle détenait tous les secrets de l'univers. Il est parti de la scène de crime et est venu directement jusqu'au domicile de Bella. Tout en soupirant, il passe une main frustrée dans ses cheveux bronze. Ce n'est pas comme ça, ni pour cela qu'il souhaitait venir chez elle. Il espérait réussir à baisser sa garde, suffisamment pour qu'elle daigne sortir avec lui. C'est aussi pour cela qu'il n'a jamais profité du fait qu'il ai déjà son adresse et son numéro de téléphone pour tenter de la convaincre.
Putain, il se sent déjà mal de les avoir eu en regardant le dossier la concernant. Ce qu'il y a trouvé ne l'a pas vraiment surpris. Elle a eu quelques broutilles datant de l'époque où elle était gamine jusqu'à ses quatorze ans. À compter de ce moment, son casier est sans tache. Ce qui veut dire que, soit elle est devenue plus maline, soit quelqu'un l'a pris sous son aile et l'a tenue à l'écart du mauvais chemin ou encore mieux, les deux ensemble. L'instinct dit à Edward que c'est plutôt la dernière solution, simplement parce qu'au vue de leurs rencontres, elle semble être sérieuse et directe. Elle ne donne pas les signes de criminalité habituels.
Les seules autres choses de son casier datent de son vingtième anniversaire. Une arrestation pour possession de drogue qui n'a pas été poursuivie et une série de plaintes dues principalement à ses accès de colère explosifs et au fait que Mike Newton semble toujours à proximité quand ça arrive. Il y a pas mal de blancs dans son dossier mais Edward ne s'attarde pas dessus. Il espère qu'il aura le temps de les remplir devant un verre ou même qui sait, un bon repas.
Il se reprend et fixe la porte encore au moins cinq minutes avant de poser son poing dessus et de trouver le courage de frapper. Une voix familière et joyeuse se fait entendre de l'autre coté. « Une minute ! ».
Edward est amusé d'entendre la voix de Bella qui semble presque cordiale. Il sait que lorsqu'elle va le voir, ça ne va pas durer. Il entend un certain nombre de verrous avant qu'elle ne finisse par ouvrir la porte. Sa maison aussi est une forteresse.
C'est la première fois qu'il la voit réellement en dehors du Royaume, vu que lors de leur première rencontre, elle sortait de son boulot. Il est surpris. C'est en plus une beauté naturelle. Son visage frais, est libre de tout maquillage et ses longs cheveux bruns sont attachés en une queue de cheval haute derrière sa tête, frottant légèrement le milieu de son dos cambré. Ses jambes, habituellement serrées dans un pantalon plus que moulant sont cachées par un jogging gris trop grand qui tombe très bas sur ses hanches. Elle arbore comme simple haut, un t shirt bleu marine indiquant qu'elle est la 'propriété de la police de Forks Washington'. Il est coupé aux manches et juste un peu au dessus du nombril, permettant à Edward de voir plus en détail le tatouage qui semble partir de sa hanche jusque dans son dos. La dernière chose qu'il remarque est la vision de ses pieds nus aux ongles vernis de rouge qui dépassent à peine de sous le bas tirebouchonné de son jogging.
Il cligne des yeux une première fois. Puis une seconde. Il ne l'imaginait pas être dans le genre à se mettre du vernis. En tout cas l'ensemble la rajeunit énormément. Elle semble presque adolescente. La seule chose qui trahie le fait qu'elle soit la Queen Bee du Royaume est le feu qui brule dans ses pupilles dorées.
Le moment où ses yeux réalisent qui est à la porte, ils se durcissent. Bella prend le temps de croiser les bras, s'appuyer contre l'encadrement de la porte et de le regarder des pieds à la tête avant de parler. Edward a l'impression qu'elle le déshabille complètement du regard.
Elle dit froidement. « Je savais que les flics étaient persistants mais là ça devient ridicule. Tu sais qu'il y a des lois contre le harcèlement dans cet État ? ».
Edward décide de ne pas être aussi conciliant que d'habitude et il commence aussi à être passablement fatigué des joutes verbales qui ont lieu à chaque fois qu'il la voit alors cette fois, il décide d'attaquer.
« J'aurais préféré que ce soit une visite amicale chérie mais j'ai bien peur d'être obligé de te poser des questions au sujet d'un homme mort que nous avons trouvé ce matin. Est ce que je peux entrer ou préfères tu peut être venir avec moi au poste. Quelque soit ton choix, je ne vais pas faire ça dans le hall et risquer que tu me casses les couilles au littéral comme au figuré. ».
C'est surement la première fois qu'il parle à une femme d'une telle façon mais cela a l'effet désiré. Bella le toise un instant, décroise ses bras et retourne à l'intérieur de l'appartement, lui laissant la porte ouverte.
Edward reste un instant à l'entrée, s'attendant presque à voir Bella revenir pour le frapper avec une batte de baseball. Il est curieux de savoir à quoi peut ressembler son appartement. Durant toutes ses années sur le terrain, il sait que l'endroit où vivent les gens montre et dit beaucoup à leurs sujets. La première chose qu'il remarque en entrant chez elle est que c'est propre mais pas harmonieux. La collision entre deux mondes.
Un canapé en cuir moderne partage le même espace qu'un fauteuil qui doit dater des années cinquante et qui a vu de bien meilleurs jours. Une vitrine remplie de souvenirs de baseball partage le même mur qu'une autre avec une collection de fées en porcelaines. Ce sont les petites fées qui l'attire le plus car elles lui rappellent Bella. De cette beauté surnaturelle qu'on a du mal à comprendre mais qu'on cherche à attraper.
C'est ce qu'il ressent pour Bella. Tout ce qu'elle a fait depuis leur première rencontre est l'insulter et pourtant il revient toujours pour subir un peu plus. Elle est la magicienne ou la déesse guerrière qui l'a ensorcelé. Elle a tout ce coté mystérieux qu'Edward a pu entendre des contes et légendes de son enfance. Elle le terrifie et l'envoute en même temps. Repoussant ses pensées passionnées, il se tourne pour lui faire face.
« Le mec à qui tu parlais la semaine dernière, à l'arrière du Royaume, la semaine dernière. Quel est son nom de famille ? ».
Elle l'a vu observer l'intérieur de son séjour durant les cinq dernières minutes mais sa voix lui parvient de très près, avec surprise. Le jeune homme se déplace tel un félin en chasse. Il est si silencieux que malgré le fait d'être dans la même pièce que lui, il parvient à surprendre ou à faire oublié sa présence.
Bella ressent encore la même chose que la dernière fois, qu'il y a du prédateur en lui mais contrairement aux autres mecs qui ont le même regard, elle ne se sent pas tel une proie. Il lui transmet un sentiment de sécurité, et c'est probablement plus effrayant qu'être oppressée. Elle peut se défendre contre l'oppression mais le confort et la sécurité c'est une autre histoire.
« Et en quoi cela te regardes ? ». Elle tente de cacher son inconfort. « Je t'ai déjà dit boy scout que c'était mon problème et que je comptais m'en occuper toute seule. ».
« Désolé chérie mais c'est justement devenu mon problème. ». Edward se demande pourquoi tout le monde, à New York, lui donne toujours un surnom.
Elle se raidit sous la remarque et il se renfrogne. C'est une habitude de chez lui de nommer les femmes par le terme 'chérie', il l'a prise de son père adoptif, Texan pure souche, il y a bien des années de cela et c'est dit tel un signe d'affection. Rien de péjoratif là dedans. Mais il voit bien que Bella croit qu'il tente de la contrôler.
« Écoutes Texas Ranger, je sais que tu as le complexe du chevalier servant mais putain je suis sûre que tu n'es pas mon Roméo et je suis loin d'être ta Juliette alors je te l'ai déjà dit. Laisses tomber. ».
« Je souhaite que cela soit aussi simple. Ton problème est maintenant allongé sans vie, dans une allée derrière le marché aux poissons du quartier chinois, ce qui fait de lui mon problème. Il faut que tu me parles Bella. Je sais qu'il te faisait chanter et je dois découvrir si tu as quelque chose à voir là dedans. ».
Bella, qui se demande encore si le coup du cadavre est juste une excuse, ne sait pas où elle en est. Elle tourne ses yeux dorés et écarquillés vers le lieutenant avant de s'affaler, vidée dans un fauteuil à proximité. Elle dit d'une petite voix.
« Jake...mort. ». Sans même le réaliser, son corps s'est mis à trembler. « Oh mon dieu... au moins quand il était en vie, je pouvais voir... ». Elle parvient à se taire en remarquant l'intérêt et l'air concerné qu'Edward lui donne.
La vraie facette de Bella se pose immédiatement en retrait et Edward sait qu'il fait maintenant face à la Queen Bee du Royaume. C'est trop dommage. Il a apprécié ce soupçon de sa personnalité mais c'est aussi pour le mieux car la voir ainsi l'empêche de se concentrer sur l'affaire et de rester objectif.
« Je te demande encore une fois, quelle est ton histoire avec le défunt ? Qu'est ce qu'il avait contre toi ? ».
Elle le regarde et s'apprête à lui dire où il peut se les coller ses questions quand la porte menant au couloir s'ouvre. Une voix masculine, chaude et rocailleuse, demande. « Bella ? Qu'est ce qu'il se passe ? ».
Embarrassé, Edward s'apprête à expliquer au mec avec qui elle vit qu'il n'est qu'un policier venu lui poser quelques questions, et non pas un mec qui rêve de se taper sa copine depuis plus d'une semaine, quand un vieil homme passe la porte . Le visage de Bella s'adoucit immédiatement quand elle le voit et elle se précipite à ses cotés pour l'aider à s'installer sur le vieux fauteuil.
« Grand père, tu ne devrais pas te balader sans ta canne, le docteur a dit que... ». Il la fait taire en levant une main autoritaire.
« Ce stupide docteur n'y connait rien. Ces gamins ont maintenant leurs jolis diplômes sur internet et ils pensent tout savoir ! Et toi qui me materne comme tu le fais ! Il me faut peu de chose pour penser que tu crois que j'ai déjà un pied dans la tombe ! ».
Il continue à maugréer un moment, le temps qu'Edward ramasse sa mâchoire tombée à terre. L'homme qu'il prenait pour un petit ami au son de sa voix doit avoir soixante dix ans. Les nombreuses rides qui couvrent son visage montre le caractère bien trempé du personnage alors que ses grandes mains enserrent fermement le bras de Bella alors qu'elle l'aide à s'assoir.
Le comportement de Bella change complètement. Ses gestes, ses expressions montrent une grande douceur. Elle sourit aux radotages du vieil homme. Ce qui surprend aussi Edward est que le vieil homme semble le regarder droit dans les yeux alors que ceux ci sont vitreux. Ses yeux qui devaient être autrefois noisette sont presque sans vie. Il est quasiment aveugle.
Malgré son age avancé, la voix du vieil homme a une certaine jeunesse exubérante qui a conduit à son erreur initiale. Edward trouve que cette visite est bien plus enrichissante qu'il ne l'aurait cru au départ. Ce qui est dommage est que cela n'a rien à voir avec son enquête.
« Alors dis moi Dolce, à qui est ce que tu parlais ? ». Bella lance automatiquement un regard paniqué en direction d'Edward, qui change en un avertissement pour qu'il se tienne à carreau.
« Mon nom est Edward Cullen, Monsieur. Je suis un ami de votre petite fille. ». Si ça ce n'est pas modifier la vérité à sa sauce, il ne sait pas ce que c'est.
« Joli accent texan petit. Je ne savais pas que Bella connait quelqu'un de ce coin. ». Son ton est suspicieux au possible et Edward tente de garder le sien respectueux.
« En fait monsieur, c'est une connaissance que nous avons en commun qui nous a présenté mais je suis ici depuis peu de temps. ». Le vieil homme sourit et Edward a l'impression qu'il vient de passer une sorte de test. Apparemment c'est le cas car Bella lui esquisse un petit sourire.
« Grand père, je dois me préparer pour aller au boulot. Rosie veut qu'on soit là pour midi aujourd'hui. On doit faire l'inventaire. Jane va venir plus tôt mais si tu as besoin de quelque chose avant ça tu n'as qu'à m'appeler. ». Elle se penche et l'embrasse tendrement sur la joue. Edward ressent soudain une vilaine jalousie envers le vieil homme.
« Tout ira bien Dolce. Ton ami Edward et moi allons trouver quelque chose à discuter pendant que tu te prépares ainsi tu n'as même pas à t'inquiéter pour nous. ».
Bella panique. « J'ai bien peur qu'Edward soit vraiment occupé aujourd'hui et il ne faisait que passer. Pas vrai boy scout ? ».
Edward sourit et décide de ne pas jouer son jeu. Pourquoi le ferait il alors qu'elle n'est jamais, au grand jamais, conciliante avec lui. « Oh je suis sûr que Monsieur... ». Il attend qu'on finisse sa phrase.
Le vieil homme s'exécute. « Swan... Aro Swan Mais vous pouvez m'appeler Aro. ».
Edward sourit. « Aro et moi trouverons un sujet de discussion. Après tout, je n'ai pas vraiment quoi que ce soit d'urgent à faire. Je te l'ai dit pourtant Bella. Mais ça doit être dû à ta mémoire à court terme un peu … comment dirais je … défaillante ? ».
Aro rit doucement et Bella pâlit à vu d'œil. Elle sait qu'elle vient d'être battu sur son propre terrain mais n'étant pas quelqu'un de défaitiste ni bonne joueuse, elle s'approche gracieusement du policier et attire son oreille contre sa bouche. Elle lui susurre d'une voix sucrée. « Dis lui quoi que ce soit au sujet de ta visite ou tente de lui soutirer des informations au sujet de Jake, d'une manière ou d'une autre et je te coupe ce qui te sert de couilles et je te les fais bouffer, compris ? ».
Pas plus perturbé que cela, Edward tourne sa tête et ses lèvres se retrouvent à quelques centimètres de celles de la jeune femme. Au lieu de lui donner le baiser passionné qui le démange atrocement ou même un baiser aussi chaste que lors de leur première rencontre, il se penche vers son oreille. « Continues à me parler ainsi chérie et la prochaine fois, je ne serais pas capable de m'empêcher de m'occuper de ta petite bouche insolente. ».
Il se penche un peu plus et lui mordille discrètement l'oreille. Bella n'arrive pas à contrôler le petit halètement ni les joues écarlates qui trahissent son émotion. Sans un mot ni même un regard, elle se tourne et file droit dans ce qui semble être la salle de bains. Une immense satisfaction envahie Edward quand la porte claque violemment. On entend un rugissement en provenance de la salle de bains. Il sourit encore plus quand le vieil homme demande, le regard tourné vaguement vers le couloir.
« Je me demande ce qui vient de la rendre si explosive... ».
Edward rit et dit doucement. « Je ne sais pas... Peut être que quelque chose l'a mordu... ».
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J'ai eu un bon retour du premier chapitre et ma chère Karina m'a expressément demandé le deuxième chapitre (20 mails sur deux jours... ça rend dingue)
Je vous remercie encore pour vos reviews et votre soutien !
à bientôt !
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