Bonjour bonsoir !

De retour après quoi, 3 jours à peine ? Je me donne à fond là, je vais me calmer xD Chapitre plus long que l'autre, c'est certain, mais quand même plutôt court. Mais bon, les retrouvailles et tout le truc, c'est pas super inspirant. 11 pages quand même... lol.

Ah, aussi, quelque chose que j'avais oublié, au chapitre précédent ! Tous les persos sont à JK Rowling, bien sûr

Bonne lecture


Chapitre 1 - Retrouvailles.

Au cœur de Londres, un soir de pluie, une jeune femme aux airs un peu perdus héla un hibou. Cette fille n'était autre qu'Hermione Granger, la fidèle amie du célèbre Harry Potter. Leur amitié se partageait avec une troisième personne, Ron Weasley. Ils se connaissaient depuis sept ans, et n'avaient plus de secrets les uns pour les autres.
Leur première rencontre fut un fiasco, mais tout s'arrangea avec le temps… Jusqu'à ce jour.

Tous trois élèves sorciers à l'école de Magie Poudlard, ils s'étaient vus propulsés de force dans le monde des adultes, affrontant mille et un dangers contre un seul adversaire, l'ennemi le plus redoutable qui ai jamais vécu : Lord Voldemort.

Il avait disparu seize ans auparavant, après avoir vainement tenté de tuer Harry. Et, depuis deux ans, il était revenu, plus fort et plus puissant que jamais, entouré de ses partisans ; les fidèles Mangemorts.

Certains étaient presque aussi dangereux que leur maître, ce que l'on pouvait constater en lisant régulièrement la Gazette du Sorcier, qui annonçait chaque jour la mort d'un sorcier.

Depuis le retour de Voldemort, Harry, Ron et Hermione avaient tenté de retrouver une vie normale, ce qu'ils avaient jusqu'à maintenant.

A présent, Harry était parti à l'autre bout du monde, à la recherche d'un moyen de détruire Voldemort. On n'avait aucune nouvelle de lui, Hermione étant la seule à lui envoyer régulièrement du courrier, et n'en recevant que très peu.

Elle était d'ailleurs aussi occupée que son ami, puisqu'elle s'était engagée dans l'Ordre du Phénix, une organisation qui luttait pour déjouer les plans du machiavélique Seigneur des Ténèbres. Plans qui étaient des plus complexes, comme elle avait pu le constater lors de…

Elle fut interrompue dans ses pensées par un hibou qui se posa sur son épaule. D'un geste apparemment réflexe, il tendit la patte, attendant que la jeune femme y accroche son courrier. Ce qu'elle fit avec empressement, avant de s'éloigner d'un pas rapide. L'oiseau, qui était toujours sur son épaule, hulula sur un ton de reproche et s'envola.

Hermione se dirigeait vers une auberge apparemment ouverte, à en juger par la lumière qu'il y avait. Parvenue à la porte, elle s'apprêta à frapper, puis hésita. Qui sait ce qu'elle trouverait en entrant ? Des corps déchiquetés, sanglants, une scène macabre ? D'un autre côté, il n'y avait pas de Marque des Ténèbres au-dessus de l'auberge. De plus, elle courait des risques en restant seule, dehors.

Surmontant sa peur, elle entra.

A quelques kilomètres de là…

Mrs Weasley, malgré l'heure tardive, faisait la cuisine. Elle avait cette habitude depuis quelques temps, plus précisément depuis que Harry et Hermione avaient quitté le Terrier. Elle se disait qu'ils reviendraient peut-être au milieu de la nuit, et qu'ils seraient contents de trouver de quoi manger. Mais, chaque matin, elle retrouvait ses plats non entamés, et les jetaient, comptant avec angoisse les jours qui la séparait du départ de Harry et de Hermione.

Mrs Weasley remua le contenu d'un chaudron posé sur le feu, puis se laissa tomber dans une chaise de la cuisine. Elle se sentait dépassée par les évènements. Tout s'était produit si vite ! Comment un seul homme (mais en était-il vraiment un ?…) avait-il pu bouleverser autant de vies, détruire autant de familles ? C'était inimaginable. Et pourtant, les faits étaient là, criant de vérité. Elle aurait tant voulu pouvoir fermer les yeux, et les rouvrir en réalisant que tout n'était qu'un cauchemar ! Oui, elle aurait tout donné pour ça.

Mais, pour l'heure, il s'agissait de préparer à manger, tout en surveillant sa merveilleuse horloge. En effet, cet objet, à défaut d'indiquer l'heure, indiquait à tout instant de la journée l'état de chaque membre de la famille. C'est ainsi que Mrs Weasley pouvait voir, comme chaque soir lorsqu'elle se retrouvait seule en compagnie de ses fourneaux, les neuf aiguilles de l'horloge pointées sur la phrase « En danger de mort ».Cette seule vision la fit s'effondrer en larmes.

Elle ne sut jamais combien de temps elle resta là, à se vider de ses larmes. Tout ce dont elle se souvint, c'est d'avoir été dérangée par Ginny, qui s'était levée de son lit, en entendant sa mère. Elle s'était approchée en silence, et avait contemplé sa mère pendant quelques secondes, avant de faire remarquer sa présence.

- Maman ?

La concernée leva ses yeux rougis et aperçut sa fille. Elle s'essuya précipitamment le visage avec son tablier, et tenta de sourire. Cela ne devait pas être très convaincant, car Ginny s'assit à côté d'elle, sans un mot.

- Oui ma chérie ? demanda Mrs Weasley.

Ginny regarda sa mère encore quelques instants, comme si elle choisissait soigneusement une réponse. Elle semblait encore plus mûre et plus adulte que d'habitude, songea Mrs Weasley.

Et c'était précisément ce qui s'était passé dans la tête de Ginny. Voyant sa mère effondrée depuis des jours, elle s'était chargée d'évoluer. Seule, à son rythme, elle avait acquis la maturité d'une femme de trente ans, alors qu'elle n'en avait que seize. Elle inspira profondément, en entama son discours :

- Tu pleures toutes les nuits. Chaque soir, après que nous nous soyons tous couchés, tu prépares à manger pour Dieu sait qui. Tous les matins, tu pleures en voyant que tes plats sont indemnes. Ron m'a dit que tu étais triste parce que tu n'étais plus satisfaite de ta cuisine. Je ne lui ai rien répondu, mais je sais qu'il se trompe. Tu prépares tout ça pour Harry et Hermione, car tu espères qu'ils reviendront une nuit, et mangeront ce que tu auras fait. Mais tu perds ton temps, Maman. Quand ils reviendront, car ils reviendront, ils auront déjà mangé et n'auront qu'une envie : dormir. Alors, ne t'épuise pas à préparer ce que personne ne mangera jamais. Et ne pleure plus. Harry va bien. Il rentre dans deux semaines.

Un long silence accueillit les paroles de Ginny. Mrs Weasley fixa sa fille, hébétée, sans remarquer que le chaudron qu'elle avait mis sur le feu débordait et menaçait d'inonder la cuisine. Tout son esprit était concentré sur ce qu'avait dit Ginny. Comment avait-elle pu deviner autant de choses ? Et surtout, comment avait-elle pu savoir que Harry rentrait ?

Ce n'était quand même pas…

Un éclair de colère traversa son regard. Comment avait-il osé ?

- Où est cet objet ? demanda-t-elle à sa fille.

- Où est quoi ?

- Tu le sais très bien ! Ce… fêlétone, ou je ne sais quoi !

- Téléphone, souffla Ginny.

- Pardon ? Où est-il ? Et depuis quand l'as-tu ? Réponds ! jeta froidement Mrs Weasley.

- Ne t'énerve pas, s'il te plaît… Harry me l'a donné avant de partir. Le voilà …

dit-elle en sortant de sa poche un objet rectangulaire, noir. Harry m'a fait promettre de n'en parler à…

- Personne ? Charmant ! Tout le monde s'inquiète pour lui, en a-t-il seulement conscience ? Et comment cet objet peut-il fonctionner ici ? Pour autant que je sache, ajouta-t-elle en jetant un regard dédaigneux au téléphone, les objets moldus ne marchent pas, dans le monde magique !

Ginny savait qu'elle était en terrain dangereux. Sa mère avait les Moldus, et tout ce qui s'y rapportait, en horreur.

- Eh bien, dit-elle lentement, comme si elle redoutait la réaction de sa mère, Hermione a jeté un sort sur mon téléphone pour qu'il fonctionne ici, et…

- Ah, alors Hermione aussi est dans le coup ? la coupa Mrs Weasley. Merveilleux, vraiment ! Nous étions tous morts d'inquiétude, et pendant ce temps, tu avais des nouvelles d'eux, et n'en parlais à personne ! Ron est au courant ?

- Non, surtout pas lui ! Il deviendrait fou s'il savait que Hermione me donnait des nouvelles, et pas à lui…

- Je le comprends, dit Mrs Weasley en jetant un regard assassin au téléphone.

Apercevant son regard, Ginny se hâta de ranger son bien avant qu'il ne finisse en miettes.

Du côté de Hermione…

La jeune femme entra dans l'auberge. Elle fut profondément soulagée lorsqu'elle aperçut le barman, debout derrière le comptoir. Elle s'approcha de lui, et fut frappée par la tristesse que trahissait chaque mouvement du vieil homme.

- Tout va bien, Tom ? lui demanda-t-elle timidement.

L'intéressé leva vivement les yeux, et sourit lorsqu'il vit son interlocutrice.

- Tiens, bonsoir Hermione. Cela fait un bout de temps que tu n'es pas venue. Mon auberge t'est-elle si désagréable ? Remarque, plus personne ne vient, ces temps-ci, ajouta-t-il tristement.

Il avait l'air accablé, et Hermione fut prise de pitié pour lui. Il était vrai que la clientèle de Tom semblait avoir perdu l'adresse de l'auberge, si l'on en jugeait par les chaises et tables vides de la salle. Cependant, qui aurait l'envie de sortir en ces temps troublés ? Chacun voulait préserver sa vie en ne sortant que très rarement, voire jamais. C'était une sombre époque, une très sombre époque.

- Vous savez, c'est normal, avec tout ce qui se passe en ce mom…

- A qui le dis-tu ! l'interrompit-il avec force. Le monde entier tremble de peur à cause d'un seul homme ! Tous des lâches, voilà tout ! Au lieu de se battre, de se révolter, ils laissent l'ennemi progresser ! Où est la morale ? Quel bel exemple pour les générations à venir !

- Tom, calmez-vous, dit Hermione afin d'apaiser le vieil homme. Nous sommes tous bouleversés par ce qui arrive, mais vous énerver n'arrangera pas les choses. Et rassurez-vous, l'Ordre fait tout ce qu'il peut. J'en viens, justement.

- Ah oui, l'Ordre… Il fut un temps où j'aurais pu y entrer…

Le regard du barman se perdit dans le vide, et Hermione en profita pour s'éclipser. Elle n'avait pas prévu cette réaction de la part de Tom, et n'avait perdu que trop de temps. Mais l'essentiel était qu'aucune scène macabre ne l'avait attendue dans l'auberge.

Soupirant, elle franchit la porte de derrière, et se retrouva devant le mur du Chemin de Traverse.

- Bon, se dit-elle. Je n'ai aucune chance de pouvoir entrer sur le Chemin, c'est certain. Je pourrais toujours essayer de transplaner, mais je n'ai mon permis que depuis…

Elle fut interrompue dans ses pensées par un bruit de pas venant du Chemin de Traverse. Affolée, elle ne prit pas le temps de visualiser sa destination, et transplana sur-le-champ.

Au Terrier…

Mrs Weasley et Ginny avaient fini par se réconcilier, et se trouvait dans les bras l'une de l'autre, pleurant à chaudes larmes.

- Her… Hermione… articula Ginny entre deux sanglots éperdus.

- Oui ma chérie, Hermione va revenir, ne t'en fais pas, répondit sa mère, croyant avoir affaire à un manque de la part de sa fille.

- Non, Maman ! s'écria soudain Ginny. Hermione est dans le jardin, regarde !

- Qu'est-ce que tu… HERMIONE ! cria Mrs Weasley en apercevant la jeune femme.

Elle se précipita sur la porte qu'elle ouvrit à la volée, avant de serrer Hermione à l'en étouffer.

- Hermione, oh mon Dieu, Hermione ! murmura-t-elle, des larmes de joie roulant sur ses joues.

- Je vais bien Mrs Weasley, dit la jeune femme en tentant de se dégager en douceur.

Cela fait, elle reprit :

- Je suis arrivée ici par erreur, en fait je comptais aller au Square Grimmaurd pour…

Elle sembla se dégonfler sous le regard menaçant de Mrs Weasley, et la fin de sa phrase se transforma en un murmure inarticulé.

- Hors de question que tu quittes cette maison ! Tu dois être exténuée, sois raisonnable ! Tu as fait, ma chérie ? ajouta-t-elle plus calmement.

Hermione sembla se faire violence un instant puis, cédant, répondit par l'affirmative.

- Tu vois Ginny, dit Mrs Weasley en se dirigeant vers son chaudron, j'ai bien fait de préparer à manger. Alors, toi et tes leçons de morale, vous devriez vous calmer un peu… Tiens, mon chaudron a débordé ?

Profitant de ce que sa mère était occupée avec son chaudron, Ginny se pencha vers Hermione, assise à côté d'elle. Une question lui brûlait les lèvres depuis l'arrivée de son amie, et elle avait attendue avec impatience de pouvoir la lui poser.

- Hermione, qu'est-ce que tu fais ici ? lui demanda-t-elle enfin.

La concernée soupira, et raconta comment elle s'était rendue au Square Grimmaurd, envoyé une lettre à Harry dès qu'elle en sortit, et son aventure chez Tom, ainsi que devant le Chemin de Traverse.

- Tu comprends, depuis que Lupin m'a dit pour ces Médicomages, je m'inquiète pour tout. Oser s'en prendre à des guérisseurs, tu crois toi ? C'est contre la morale, comment feront les gens qui seront blessés, ceux qui agoniseront ? C'est inhumain…

- Tu devrais savoir qu'humain n'est pas dans le langage de Tu-Sais-Qui, Hermione, dit Mrs Weasley qui avait entendu parler la jeune fille. Et tu devrais également éviter de penser à tout ça, des adultes responsables sont chargés de cette affaire, alors laisse les travailler.

Hermione prit mal la remarque de Mrs Weasley. Aussi gentille qu'était cette dernière, de quel droit lui disait-elle qu'elle n'était pas responsable ?

C'est-ce qu'elle a voulu me dire implicitement, songea-t-elle amèrement.

Ne voulant pas montrer qu'elle était vexée, Hermione mangea en vitesse ce que Mrs Weasley lui présentait - des boulettes de viande - puis salua et partit se coucher dans la chambre que lui avait préalablement préparé son hôtesse.

Dans les escaliers, elle croisa Ron, l'air endormi, qui la regardait avec des yeux ronds.

Pitié, pas lui, pensa Hermione, catastrophée. Elle était fatiguée et n'aspirait qu'à une chose : dormir. Elle n'avait aucune envie de justifier sa présence à Ron, et encore moins de supporter ses prolixes sermons.

- Hermione ? Je pensais bien avoir entendu ta voix, lui dit Ron d'une voix pâteuse.

- Eh bien non, justement, ce n'est pas Hermione ! annonça précipitamment la jeune fille. Je ne suis qu'un rêve, tu es endormi Ronald ! Et tu ferais bien d'al…

- Je suis en train de rêver ? l'interrompit le garçon. C'est cool alors, je peux faire ce que j'ai toujours souhaité faire !

Il s'approcha dangereusement de Hermione. Celle-ci paniquée, transplana sur-le-champ, laissant Ron hébété et perdu.

- Eh bah ouais, ce n'était qu'un rêve, maugréa-t-il en regagnant son lit.

Hermione, le cœur battant, s'était réfugiée dans sa chambre. Elle avait réussi à se rendre là où elle souhaitait, et était soulagée d'avoir échappé à son ami. Sa réaction l'avait profondément surprise, et un peu dégoûtée. Elle frissonna en imaginant ce qui se serait passé si elle n'avait pas réagi si vite.

- Pour l'heure, allons plutôt dormir… se dit-elle à voix haute.

Son regard tomba alors sur la poche droite de son pantalon, et remarqua une bosse à cet endroit.

- Mais je ferais mieux d'appeler d'abord Harry.

Elle extirpa le téléphone de sa poche puis, s'asseyant sur son lit, composa quelques chiffres.

Johannesburg, Afrique du sud - 22h30.

Un jeune homme aux allures intimidantes sortait d'un village. Il avait l'air dépité de l'homme qui avait cherché sans trouvé, et le teint livide d'un mort. Soufflant, il se laissa tomber à terre, soulevant un peu de poussière au passage.

Harry Potter cherchait depuis des mois. Il s'était rendu aux quatre coins du globe, mais n'avait pas pu mettre la main sur le moindre Horcruxe. Ces portions de l'âme de Voldemort étaient pourtant essentielles à la destruction de leur maître, mais elles demeuraient introuvables.

Cela faisait exactement le quatre cent huitième village qu'il visitait, dans l'espoir de découvrir un Horcruxe. Mais Johannesburg n'était rien d'autres qu'un amas de pierres, de sable et de poussières, aux yeux de Harry. Aucune trace d'Horcruxe, donc ce village ne présentait aucun intérêt.

Une sonnerie aigrelette retentit alors, brisant le silence Sud-Africain. Harry sortit un objet noir et rectangulaire de sa poche, pressa un bouton, et parla.

- Hermione ? Des nouvelles ?

- Non, pas vraiment, répondit son interlocutrice. Et toi, de ton côté ?

Harry soupira.

- Rien de rien.

- Oh… Ne t'inquiète pas, tu vas trouver. Au fait, je suis au Terrier.

- Que… Quoi ? Au Terrier ? s'écria le jeune homme.

- Ne t'énerve pas Harry, s'il te plaît - et la voix de la jeune fille semblait si suppliante que Harry se calma aussitôt. Je n'avais pas l'intention d'y aller - je t'assure - je suis arrivée là par hasard. Mrs Weasley ne m'a encore rien dit, mais je suis certaine que, demain, elle me pressera de questions à ton sujet. Si tu m'aimes un tout petit peu, vraiment tout petit, petit petit, je…

- Ça va, Hermione, je l'appellerai…

- Merci, je t'adore ! Je te l'ai dit, que je t'adorais, au fait ? Je t'adore, je t'ad…

- Ça ira Hermione, coupa Harry avec un sourire. Je dois raccrocher. A la prochaine, prends soin de toi et dis bonjour à Ginny.

Le jeune homme se releva, rangea l'objet noir, et se remit en route.

De retour au Terrier…

- Qui est-ce que tu adores, Miomione ?

Hermione sursauta. Ses pensées étaient encore tournées vers la conversation qu'elle avait eue avec Harry. Le pauvre avait l'air si dépité de n'avoir rien trouvé…

Tout à sa compassion, elle n'avait pas entendu Fred transplaner dans sa chambre. Il était en compagnie de George, debout près de la porte. Ils avaient entendu sa conversation, ce qui était assez gênant.

- Comment ? De quoi tu parles ? tenta maladroitement Hermione.

- A d'autres, on te connaît, lui dit George avec un clin d'œil. Alors, qui est l'heureux élu ?

- Personne, soupira la jeune fille. Laissez-moi s'il vous plaît, je suis fatiguée.

- Il est beau, au moins ? questionna Fred.

- Ron n'est pas au courant, j'espère ? demanda George avec un air faussement affolé.

- Non, pourquoi le serait-il ? questionna bêtement Hermione.

Elle remarqua trop tard qu'elle était tombée dans le piège tendu par les jumeaux.

- T'as entendu, George ? dit Fred, un grand sourire aux lèvres. Si ça, ce ne sont pas des aveux, alors je ne m'appelle pas Fred Weasley !

- Un peu que j'ai entendu ! s'écria son frère. Allez Miomione, dis-nous tout !

- Arrêtez avec ce surnom ridicule, protesta la concernée. Je ne parlais à personne, je suis extenuée et, pour finir, taisez-vous avant de réveiller tout le monde !

- Oooh Miomione !

Excédée, Hermione lança deux choses : son oreiller, sur George qui se le prit en pleine figure, et cette phrase :

- Malefoy ! Je parlais à votre cher vieil ennemi Malefoy, et lui disais que je l'aimais très fort ! Alors, heureux ?

Fred partagea un regard éloquent avec George puis tous deux transplanèrent.

- Crétins, maugréa Hermione. Accio oreiller !

Son bien revint à sa place initiale, à savoir sous sa tête, puis, poussant un dernier soupir, la jeune fille s'allongea sous les couvertures, et s'employa à mettre de l'ordre dans ses pensées.

Elle avait prononcé le nom de Malefoy sans réfléchir, et penser à lui l'avait profondément troublée. Elle se demandait même ce qu'il était devenu, même si elle s'est fichait royalement.

Oh et puis, j'ai assez de problème comme ça, sans rajouter cette horrible fouine malodorante, songea-t-elle.

Cette insulte l'amusa, et c'est sourire aux lèvres qu'elle s'endormit.

Le Terrier, 10h.

- Regarde, elle dort ! dit une voix.

- Je le vois bien qu'elle dort, Ron, répondit une autre voix.

- Et elle sourit en plus ! Tu crois qu'elle rêve de moi ? reprit la première voix.

- Et ma main dans ta figure, t'en rêves, aussi ?

Ginny Weasley venait de prononcer ces paroles d'une voix tranchante, exaspérée par l'attitude mièvre de son frère.

- Ça va, c'était juste une question, grommela Ron.

- Mais bien sûr ! Sache, Ô grand frère adoré, que tout le monde est au courant de ta passion secrète pour Hermione. La seule personne qui ne le sache pas, c'est elle, lança Ginny, désireuse de connaître la réaction de son « grand frère adoré ».

Ronald Weasley leva un regard paniqué vers sa sœur.

- Tu le fais exprès ? Imagine qu'elle t'aie entendue !

- Eh bien, elle le saura, au moins. Ce n'est pas ce que tu voulais, en venant dans sa chambre la regarder ronfler ?

Hermione ouvrit un œil, amusée.

- Traîtresse ! lança-t-elle à Ginny. Je ne ronfle jamais, tout le monde le sait.

Ron bondit littéralement du lit d'Hermione, où il s'était assis à côté d'elle, et s'éloigna le plus possible de sa dulcinée.

- Tu… Tu es réveillée depuis longtemps ? demanda-t-il, affolé.

- Depuis assez longtemps pour savoir que je ne peux plus faire confiance à Ginny, répondit-elle, en transformant un peu la vérité.

Car elle était éveillée depuis leur arrivée dans sa chambre. Elle les avait vus s'asseoir au bord de son lit, et résista à la tentation de les faire tomber, pour les punir de leur intrusion. Elle avait ensuite écouté attentivement leur conversation, ne réussissant que par un formidable effort de volonté de ne pas éclater de rire.

Et, bien sûr, elle avait entendu les propos de Ginny.

Elle se trompait, d'ailleurs, pensa Hermione. Je soupçonnais déjà Ron de s'être amouraché de moi. Mais en avoir la preuve, c'est…

Elle réprima un frisson, et se redressa sur son lit. Elle lança un clin d'œil à son amie, assise un peu plus loin, puis apostropha Ron, collé au mur du fond.

- Tu sais, Ron, personne n'a encore prouvé mes tendances cannibales. Je pense donc que tu t'approcher de moi sans risquer ta peau.

Ginny éclata de rire, bientôt rejointe par Hermione. Ron rougit, puis marmonna une phrase à propos d'autres choses à faire, avant de détaler de la chambre à toute vitesse.

- Tu as tout entendu, n'est-ce pas ? demanda la rousse.

- De quoi parles-tu ? Tout ce que j'entends, c'est mon estomac qui gargouille. Tu fais une hôtesse déplorable, ma pauvre Ginny. Tu comptes donc me laisser mourir de faim ? répondit malicieusement Hermione.

Un instant plus tard, Mrs Weasley apportait à son invitée un copieux petit-déjeuner.

Quelque part en Angleterre, manoir Malefoy - 11h00.

- Draco, viens ici, ordonna une voix froide, traînante.

Un jeune homme blond platine d'environ dix-sept ans s'approcha craintivement d'un homme tout aussi blond que lui.

- Que comptes-tu faire ? reprit l'homme, sèchement.

- J'ai… J'ai décidé d'attendre un peu, pour réfléchir, père, répondit timidement celui qui semblait être le fils de l'homme.

Celui-ci semblait d'ailleurs plutôt mécontent.

- Attendre ? ATTENDRE ? La réunion est dans dix jours ! Serais-tu aussi stupide que cette sang-de-bourbe le prétend depuis tant d'années ?

- Sang-de-bourbe, père ? questionna Draco, content de pouvoir faire diversion.

- Cette Granger se serait-elle changée en sang pur, cher fils ? demanda ironiquement l'homme. Ne change pas de conversation, s'il te plaît, reprit-il plus sérieusement. Le Seigneur t'attend, Drago, ne le fais pas languir…

- Mais, père, je…

- Inutile de protester, fils odieux ! Tu as dix jours, pas un de plus. Tu rendras ta décision publique, devant les Mangemorts au grand complet. Sans oublier, bien évidemment, ton futur Maître.

Le père s'éloigna, laissant son fils seul dans le grand salon du manoir Malefoy.

Drago se laissa tomber dans un somptueux fauteuil en cuir, accablé.

Depuis la sortie de prison de son père, rien n'allait plus. Il le harcelait sans cesse, désireux de voir son fils rejoindre le rang des Mangemorts. Pas un jour ne passait sans que Malefoy père n'attaque son fils pour le faire flancher. Mais Draco ne faillait jamais. Il avait besoin de réfléchir, peser le pour et le contre, même si, en l'occurrence, le contre était beaucoup plus important que le pour.

Depuis tout petit, Draco se savait destiné au Mal. Il avait toujours fait ce qu'il y avait de plus détestable, s'était toujours montré agressif, sans cœur, cruel. On l'avait même surnommé « le Draymon ». Mais devenir véritablement malfaisant… C'était autre chose.

Il ne souhaitait pour rien au monde intégrer le rang des Mangemorts et devenir, à son tour, un meurtrier. Cependant, être un Malefoy l'obligeait à certaines choses. Était-il prédestiné à ça ? Avait-il été créé pour grossir le nombre de partisans de Voldemort ?

Des questions qui se résumaient en une seule : Bien ou Mal ?

Et c'était là tout le problème.

Draco se leva, et se dirigea vers l'escalier. Il fut soudain pris d'une violente migraine, et tituba. Il se rattrapa de justesse à un meuble, évitant la chute. Sa vue se brouilla, le décor tanguait et des flammes dansaient devant ses yeux. Il s'immobilisa un instant, puis reprit le contrôle. Les flammes s'estompèrent, son mal de tête disparut.

Depuis quelques semaines, le jeune homme était sujet à des migraines impressionnantes, qui lui faisaient momentanément perdre le contrôle de lui-même. Ces crises se manifestaient de plus en plus fréquemment, et avec une durée de plus en plus longue.

Draco en avait parlé avec Lucius, son père, mais celui-ci lui répondit seulement, avec une moue dédaigneuse :

- C'est juste l'angoisse d'être Mangemort. Ça te passera.

Depuis, Draco prenait son mal en patience, priant pour que ces abominables migraines cessent définitivement.

Soupirant, le jeune homme monta les escaliers et se réfugia dans sa chambre. Il eut un rictus de dégoût en regardant sa pièce. Vert et argent étaient les couleurs prédominantes, les couleurs de la maison Serpentard, celle de la maison Draco. Celui-ci avait toujours mis un point d'honneur à aduler les couleurs de sa maison, fier d'y être. Mais aujourd'hui, tout cela le dégoûtait. Il avait l'impression d'avoir profondément mûri, et d'être passé au dessus de tout ça. Au dessus du vert et de l'argent, de Serpentard, de son père, des Mangemorts, et de (oserait-il se l'avouer ?)… Voldemort lui-même. Le blond rosi légèrement à cette pensée, puis secoua la tête. Qui était-il pour se juger supérieur au Seigneur des Ténèbres ?

Il devait au contraire le servir. Était-ce ce qu'il faisait ? Pas du tout, songea-t-il amèrement. Je suis un raté. Un perdant. Rien !

Il lança un juron sonore, et frappa du pied dans son armoire. Loin de soulager sa peine, ce geste lui permit de souffrir encore ; son pied l'élançait douloureusement. Pestant, Draco se jeta sur son lit, et, silencieusement, usa du seul pouvoir qu'il avait : pleurer.


Alors ? Super, n'est-ce pas ? Nan je rigole '

Reviews sveup xD A ce propos, merci aux reviewers du chapitre précedent ! Vous m'avez boostée P

Donc si vous voulez le chapitre suivant... vous connaissez la formule ! Nan je (re)rigole sbaf

A bientôt