Chapitre 1 : infiltration

« Mon tuteur ?! Non mais c'est quoi cette histoire ? s'écria un jeune homme aux yeux d'émeraude.

- Arrête de me frapper ! je n'y suis pour rien moi. C'est Tatsumi qui gère nos identités, répliqua la deuxième personne, un homme au visage juvénile.

- Mais comment est-ce que tu pourras passer pour mon tuteur ? tu n'arrives déjà pas à t'occuper de toi-même !

- T'es méchant Hisoka !

- Non, réaliste. »

L'adolescent soupira devant l'air enfantin que prenait son partenaire pour l'attendrir. Un court silence s'installa avant que Tsuzuki reprenne, un léger sourire aux lèvres.

« Mais tu sais, je ne vois pas pourquoi tu en fais tout un plat. Je prendrais bien soin de toi pendant cette mission.

- Baka ! » s'exclama Hisoka en rougissant.

Tsuzuki laissa échapper un petit rire devant l'air confus de son compagnon puis il se pencha pour l'embrasser mais Hisoka le repoussa brusquement.

« Pas ici.

- Pourquoi pas ?

- Quelqu'un pourrait nous voir.

- Il n'y a personne, remarqua justement le shinigami en s'approchant un peu plus de sa victime.

- Arrête je te dis ! »

Hisoka repoussait du mieux qu'il pouvait Tsuzuki, mais une part de son esprit ne pouvait s'empêcher de penser qu'il serait bien agréable de se laisser aller. Sans compter son empathie qui lui faisait ressentir, et ce bien malgré lui, les émotions de son aîné. Et bien vite, les sentiments prirent le dessus sur la raison et sans qu'il s'en rende compte, il se retrouva dans les bras de celui qu'il aimait, savourant un tendre baiser. Lorsqu'ils rompirent celui-ci, l'adolescent reprit soudainement conscience du lieu où il se trouvait et s'écarta de Tsuzuki en se retenant à grand peine de le frapper. Ce dernier arborait un sourire en coin qui avait le don d'agacer encore plus Hisoka. Pour dissiper son énervement et surtout ne pas commettre un meurtre en public – bien que son compagnon soit déjà mort – il décida de se concentrer sur la mission. Il sortit un morceau de papier chiffonné de sa poche et lut à haute voix ce qui était inscrit.

« Rendez-vous au lycée Kaibara (1) à seize heures.

- Je crois qu'on est en retard…

- Quoi ? C'est pas vrai ! Est-ce qu'un jour tu seras ponctuel ?!

- On dira qu'on s'est retrouvé bloqué dans les embouteillages…

- Tsuzuki, tu n'as ni voiture, ni même de permis de conduire. Dépêche-toi au lieu de raconter n'importe quoi.

- Très bien, calme-toi. J'arrive. »

Tsuzuki devait se retenir de rire devant la mine exaspérée d'Hisoka. Il était si adorable lorsqu'il était en colère… C'est sur cette pensée qu'ils se mirent en route vers le lycée.

Quelques minutes plus tard, les deux shinigamis se trouvaient dans l'imposant bureau du directeur, Kureno Tenoh (2). Après avoir réglés quelques détails administratifs, ce fut le directeur lui-même qui aborda le sujet qui intéressait ses interlocuteurs.

« Je suppose que vous avez tout deux entendus parler du tragique évènement qui a eu lieu ces derniers jours. »

Il se tut quelques secondes et reprit.

« Vous savez, je ne sais pas ce qui a poussé ces trois jeunes filles à agir ainsi. Mais j'espère sincèrement que vous ne jugerez pas ce lycée à travers cela. De plus, tout le monde est un peu chamboulé donc ne vous étonnez pas de la réserve de certains étudiants et de l'ambiance tendue qui plane ici.

- Je comprends et je ferais de mon mieux pour aider cet établissement à surmonter cette épreuve, répondit Tsuzuki avec un air sérieux qui ne lui ressemblait pas.

- Je vous en remercie. Je dois vous avouer que lorsque vous avez proposé de remplacer votre prédécesseur, nous n'espérions plus trouver quelqu'un. Les gens semblent effrayés par l'idée de venir au lycée Kaibara… Enfin, je ne vais pas vous ennuyer avec mes soucis plus longtemps. Vous êtes libres de visiter le lycée. Mr Tsuzuki, vous prendrez vos fonctions demain matin. Quant à votre protégé, il commencera les cours à cette même date.

- Très bien. Merci de nous avoir reçus. »

Après être sortis, ils attendirent d'être certain de ne pouvoir être entendus par quiconque.

« Il m'a l'air plutôt honnête, déclara Hisoka. Mais je ne pense pas qu'il puisse nous être d'une aide quelconque. Il ne sait pas gérer des tâches trop lourdes…

- Comment tu sais ça ?

- C'était noté dans le dossier. Si tu les lisais de temps en temps… Il a souvent changé d'emploi. Pas plus de deux ou trois ans à la même place. A chaque fois renvoyé. Ca ne fait qu'un an qu'il est ici. Il n'a probablement rien à voir avec le meurtre de ces filles…

- Le meurtre ?

- Oui. Pour moi…

- Trois filles qui se tuent le même soir à la même heure sans se connaître ne peut être le fruit du hasard, compléta Tsuzuki en souriant.

- Exact. Il y a forcément eu une influence extérieure et ce, même si elles étaient réellement suicidaires.

- Elles l'étaient d'après toi ?

- Je ne sais pas. Ce n'est qu'une simple hypothèse, expliqua l'adolescent en consultant sa montre. Je crois que je vais rentrer. La fin des cours va bientôt sonner et je ne veux pas me retrouver au milieu de toute cette foule avant l'heure…

- On ferait mieux de se dépêcher alors.

- On ?

- Tu ne penses pas que je vais te laisser rentrer seul ? »

Hisoka ne répondit rien, les joues soudainement rouges. Cachant son malaise – sans réel succès – il marmonna un vague « allons-y » et partit devant. La tendresse de Tsuzuki à son égard le rendait mal à l'aise parfois. Non pas qu'il n'aimait pas cela, mais simplement qu'il n'y avait jamais été habitué. Jamais personne ne s'était réellement préoccupé de lui jusqu'à présent. Du moins pas à la manière de Tsuzuki… Non, lui était…

« Va t'en ! » « On veut pas de toi ici ! » Hisoka sursauta presque en entendant des cris. Il lança un regard à son partenaire.

« Ca vient de la cour. »

Les deux shinigamis hâtèrent le pas. Rapidement, ils trouvèrent la source du raffut. Il s'agissait de deux lycéennes, probablement en première, qui s'en prenaient à une jeune fille qui se trouvait devant elles. Cette dernière avait le visage tourné vers le sol, caché par ses longs cheveux noirs, et elles serraient ses poings tremblant.

« Tu portes malheur !

- C'est à cause de toi tout ça ! on t'a vu leur parler ce jour là !

- Tout est de ta faute !

- Mesdemoiselles ! intervint Tsuzuki. Je peux savoir ce qui se passe ?

- Qui êtes-vous ?

- Asato Tsuzuki, le remplaçant de votre principal adjoint.

- Hein ?! ah euh… désolé.

- Je pense que vous devriez plutôt vous excuser auprès d'elle, répliqua Tsuzuki en désignant leur souffre-douleur.

- C'est inutile, intervint cette dernière. J'ai l'habitude. »

Et avant même que quiconque puisse réagir, elle s'enfuit. Les deux autres bafouillèrent une excuse et firent de même, laissant les deux shinigamis ahuris.

« De quoi elles parlaient à ton avis ? interrogea finalement Hisoka.

- Je ne sais pas, mais je pense qu'on a trouvé une piste dans cette affaire. »

Approuvant silencieusement cette hypothèse, l'adolescent se dirigea vers la sortie, suivit de près par le shinigami aux yeux d'améthystes.

Quelques minutes plus tard, ils furent à leur appartement. Un trois pièce miséreux dans un quartier mal famé. Tatsumi était toujours égal à lui-même : radin.

Leur lugubre logement était composé d'une cuisine dont les appareils ménagers semblaient ne pas avoir servis depuis longtemps, d'une salle de bain dont la baignoire était si petite qu'on ne pouvait s'y tenir qu'assis et d'un lavabo quelque peu rouillé. Seules les toilettes semblaient avoir été épargnées dans la pièce. Et enfin, à côté, se trouvait une chambre, la plus grande des pièces. Un lit occupait une grande partie de l'espace, mais on avait trouvé le moyen de glisser un fauteuil dans un coin de la pièce et une petite télévision en noir et blanc. A côté du lit, quelqu'un avait déposé leurs affaires ainsi qu'un uniforme pour Hisoka et des affaires de cours.

« On peut pas dire que ce soit le grand luxe, remarqua ce dernier en s'approchant de son sac.

- Je déteste Tatsumi ! il aurait pu nous trouver autre chose que ce taudis.

- Si tu ne faisais rien exploser durant nos missions, on aurait peut-être le droit à une meilleure habitation…

- Mais… il se tut quelques secondes, à la recherche d'un argument qui ne venait pas. Bon c'est vrai… » reconnut-il en faisant la moue. Ce qui tira un sourire amusé à Hisoka.

Ce dernier s'approcha de son partenaire qui boudait et se nicha dans bras. Il déposa un baiser dans son cou et demanda :

« Tu comptes faire la tête toute la soirée ?

- Peut-être… mais tu es bien partit pour me convaincre de changer d'avis . »

Le brun ne put retenir un petit rire et se pencha pour embrasser Hisoka qui en profita pour se blottir un peu plus contre lui. Ils rompirent leur baiser et l'adolescent reprit la parole en souriant.

« Je me suis montré assez convainquant ?

- Hum… je ne crois pas.

- Eh ! s'indigna le blond.

- La vengeance est un plat qui se mange froid, déclara Tsuzuki en faisant allusion à la remarque que son partenaire avait fait quelques instants plus tôt. En parlant de plat, je commence à avoir faim. Pas toi ?

- T'es vraiment qu'un estomac sur pattes ! »

Mais le shinigami aux yeux d'améthystes s'était déjà éclipsé dans la cuisine. Il était irrécupérable ! Avec un soupir consterné, Hisoka rejoint Tsuzuki dans la cuisine. Ce dernier contemplait avec désespoir le frigo vide en marmonnant des paroles haineuses à l'égard de Tatsumi. Puis il se leva et se dirigea vers la porte d'entrée.

« Où tu vas ?

- Il y a un restaurant pas loin, ils vendent des plats à emporter » répondit-il simplement.

Sachant parfaitement qu'arrêter un Tsuzuki affamé était impossible, le jeune homme se contenta de le regarder partir avant de se diriger lui-même vers la chambre et alluma le petit téléviseur, à défaut d'avoir mieux à faire.

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Ce fut maudissant Tatsumi et ses budgets que Tsuzuki quitta l'appartement. Il ne savait pas vraiment pourquoi il s'énervait ainsi pour ce genre de broutille. En d'autres circonstances, il aurait pu croire que c'était le stress de l'affaire, mais celle-ci n'avait pas encore commencé. Certes, il y avait bien cette fille qui s'était fait malmener, mais il n'avait aucune preuve pour prouver son implication. Ou bien était-ce la supposée présence de Muraki ? Mais là non plus, il n'avait pas la moindre preuve hormis les allusions au travers des photos.

Perdu dans ses pensées, le shinigami ne s'aperçut pas immédiatement qu'il avait dépassé le restaurant, mais un grondement de la part de son estomac le rappela à l'ordre et il fit demi-tour. Ce lieu devait être populaire car déjà plusieurs personnes attendaient d'être servies et d'autres arrivaient encore. Il allait devoir attendre un moment avoir d'être servi. Cela lui laisserait tout le temps de saliver devant les menus…

Finalement, quarante-cinq minutes plus tard, il put quitter le restaurant, en s'étant séparé à regret de trois tartes aux pommes et quelques sushis. Après avoir payé, il rentra sans encombre dans le petit appartement.

« Désolé d'avoir été si long, mais il y avait un monde fou au restaurant ! »

Il déposa les paquets sur la table en attendant une réaction quelconque de son partenaire. Mais au lieu de cela, un silence lui répondit.

« Hisoka ? »

Silence.

Inquiet, il traversa rapidement la minuscule cuisine pour gagner la chambre. Il y découvrit un Hisoka endormit paisiblement devant un documentaire probablement très ennuyeux à voir l'état de l'adolescent. La tête penchée sur le côté, le teint pâle, les jambes repliées, la lumière de l'écran se reflétant sur lui, le jeune shinigami semblait bien plus fragile qu'il ne l'était en réalité. On aurait pu croire que le moindre choc le briserait en mille morceaux. Se déplaçant silencieusement, Tsuzuki éteignit la télévision et s'approcha de son partenaire pour le porter jusque dans le lit où il serait installé plus confortablement. Mais avant qu'il ait pu amorcer le moindre geste, deux yeux fatigués s'ouvrirent et une voix pâteuse s'éleva :

« T'en as mis du temps.

- Je vois ça, répliqua le shinigami aux yeux d'améthystes en souriant. »

Hisoka fit la moue avant de se lever. La télévision avait toujours eu une tendance soporifique sur lui. Tsuzuki ne manquerait sûrement pas de le lui rappeler par la suite, connaissant son attitude infantile et moqueuse. Certes, ce n'était pas méchant, mais l'empathe prenait facilement la mouche. Dans le fond, ce n'était pas lui le plus immature des deux ?

L'adolescent s'installa dans la cuisine et commença à manger sans prononcer un mot. Non pas qu'il en voulait à son partenaire, simplement qu'il n'avait pas envie de parler. Il avait sentie de l'inquiétude chez lui, et il savait que la conversation finirait par en venir à Muraki et Hisoka n'avait aucune envie d'entendre parler de lui. Il voulait garder l'ambiance calme et détendue qui planait autour d'eux. Ne pas réveiller ses craintes à peines endormies.

Le reste de la soirée et la nuit se déroulèrent sans encombre. (3)

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Une sonnerie stridente retentit et deux grognements se firent entendre. C'était déjà le matin, il était tôt et la mission des shinigamis commençait aujourd'hui. Deux bonnes raisons pour ne pas se lever à l'avis de Tsuzuki qui n'avait pas bougé malgré le son abominable du petit réveil. Contrairement à son partenaire dont le retard était presque une phobie. Partenaire qui ne reculait devant rien pour faire lever son aîné. Ainsi, voyant qu'il rechignait à s'extirper des couvertures, Hisoka les lui enleva carrément avant d'ouvrir grand la fenêtre, laissant entrer le vent hivernale. Certes, c'était cruel, mais ne disait-on pas 'à situations désespérées, mesures désespérées ?' Ignorant les propos peu catholiques de Tsuzuki, l'adolescent fit deux pas pour aller à la salle de bain et se préparer. Le brun, quant à lui, émergeait doucement.

Une heure plus tard, ils étaient en route, pressés par les diverses menaces proférées par Hisoka s'ils arrivaient en retard. A quelques mètres du lycée, celui-ci ralentit légèrement.

« Ca va aller ? interrogea Tsuzuki.

- Oui.

- Je te crois, mais s'il y a quoi que ce soit, je veux que tu me prévienne.

- Tout ira bien, pas la peine de t'en faire comme ça. Tu ferais mieux d'y aller, Tenoh t'attends là-bas.

- Tu as raison. A plus tard, et soit prudent ! » conseilla Tsuzuki en s'éloignant. Son mauvais pressentiment sur cette affaire ne l'avait pas quitté.

Hisoka quant à lui, et malgré son assurance apparente, redoutait tous les sentiments qui allaient fondre sur lui. Malgré ses efforts, il n'avait pas vaincu son agoraphobie. Se préparant mentalement, il franchit les hautes grilles du lycée. Contrairement à ce qu'il s'était attendu, il réussit à tenir le flot d'émotion à distance. Ces longues heures passées à travailler son empathie n'avaient pas été vaines. Mais pour combien de temps ? Il pénétra dans le grand bâtiment immaculé, se dirigeant vers sa salle de classe. Il entendait des murmures sur son passage, il semblait qu'il allait avoir quelques difficultés à passer inaperçu. En tant que nouveau il avait immédiatement été repéré… surtout par les filles… Cette mission allait être un vrai calvaire ! Réfléchissant, il ne regarda pas devant lui et bouscula une lycéenne.

« Désolé, s'excusa-t-il en détaillant la pauvre fille qui avait renversé ses livres.

- C'est rien, répondit-elle en se relevant.

- Mais… tu es la fille d'hier non ?

- Pardon ?

- Hier après-midi, en sortant du lycée…

- Je ne vois pas de quoi tu parles, coupa t'elle en s'éloignant. »

C'était bien elle, Hisoka en était certain, et elle avait cette même attitude fuyante et froide. Avait-elle des choses à cacher ? Le shinigami la suivit des yeux et la vit entrer dans une salle de classe. Hasard ou pas, il s'avérait que c'était également celle de l'adolescent. Il pénétra à sa suite au moment où la cloche sonnait. Le professeur était déjà là et l'interpella pour le présenter au reste de la classe avant de l'inviter à s'asseoir à la seule place vide, tout près de la fenêtre et de commencer à faire l'appel. Ainsi Hisoka apprit que son « suspect numéro 1 » se nommait Maeda Tsukiko – enfant de la lune. Encore une coïncidence ou quelqu'un s'amusait à remuer ses blessures ? Quelqu'un comme Muraki. L'évocation même de celui-ci fit tressaillir l'adolescent. L'emprise que ce médecin fou était encore bien présente en lui, et même un peu trop… Il était constamment dans ses pensées, dans ses cauchemars, à chaque mission, il s'attendait à le voir réapparaître. C'était un véritable enfer.

Tsuzuki venait enfin de quitter le proviseur après un long entretien sur le lycée et les diverses tâches qu'il devait accomplir. Rien qu'à y penser, il en avait le vertige. Pourquoi se retrouvait-il avec un poste aussi difficile ? il aurait très bien pu être professeur comme d'habitude, ou même surveillant. Il soupçonnait très fortement Tatsumi de le faire payer pour ses dettes qui s'accumulaient de plus en plus. Comme si le comte ne le harcelait pas suffisamment ! S'il n'était pas déjà mort, il serait déjà probablement mort d'épuisement. Il espérait que ça se passait mieux du côté de son partenaire… En tout cas, maintenant qu'il était seul, il allait pouvoir commencer son enquête sur les trois victimes. Il n'eut aucun mal à trouver leur dossier. Cette affaire était un véritable casse-tête. Il n'y avait pas le moindre lien entre ces trois filles. Elles n'avaient pas les même professeurs, elles étaient toutes trois brillantes sans sortir de la norme pour autant, n'habitaient pas du tout au même endroit, n'avaient pas les mêmes activités, en somme, rien qui puisse les relier d'une manière ou d'une autre. Il aurait peut-être pu trouver autre chose dans le rapport de police, mais il n'était pas ici. Mais d'un autre côté, il ne devait pas y avoir grand-chose de plus à l'intérieur, sinon, cette mission n'aurait pas été confiée aux shinigamis… Finalement, s'apercevant que rester ainsi à ne rien faire ne l'avançait pas beaucoup, il décida d'aller repérer les lieux. Enfin, repérer était un bien grand mot pour un shinigami comme Tsuzuki. Non, pour lui, repérer revenait à flâner dans les couloirs en attendant qu'une preuve lui tombe dessus comme par magie… Difficile à croire qu'il était le shinigami le plus puissant de l'Enma-Cho. Avançant dans les couloirs, il tomba sur l'infirmerie. Il hésita à y entrer, après tout, c'était là que se terrait toujours Muraki. Mais il devait en avoir le cœur net, il était inutile de se voiler la face. Il poussa donc la porte et pénétra dans la pièce d'un blanc un peu trop éclatant. Il lança un coup d'œil circulaire à la pièce et cru que son cœur allait s'arrêter, à sa droite se tenait le dos d'un homme, grand, blouse blanche, cheveux argentés… c'était lui ! Du moins il en eut l'impression jusqu'à ce que l'homme se retourne et que Tsuzuki se retrouve face à face avec un vieil homme.

« Vous cherchez quelque chose ?

- Non, je venais juste voir…

- C'est vous le remplacent d'Ishikawa ?

- Oui.

- Eh bien bon courage jeune homme !

- Pardon ?

- Il se passe de drôle de choses dans ce lycée depuis ces accidents.

- Qu'est ce que vous voulez dire ?

- Oh, vous vous en apercevrez bien par vous-même, mais vous feriez bien de ne pas rester ici trop longtemps…

- Merci du conseil, mais je pense que ça devrait aller. Mais vous, vous ne craignez pas qu'il vous arrive quelque chose ?

- A mon âge, je ne risque plus grand-chose. Maintenant, excusez-moi, mais j'ai du travail.

- Bien sûr, désolé de vous avoir dérangé. »

L'infirmier ne prit pas la peine de répondre, déjà plongé dans l'étude d'un dossier quelconque. Mais le brun se promit de revenir voir ce curieux médecin qui avait l'air d'en savoir beaucoup plus qu'il ne voulait en dire. Il sortit de l'infirmerie en même temps que les élèves de leurs classes. Tsuzuki ne mit pas longtemps à repérer Hisoka dans la masse des lycéens. Il amorça un geste pour aller le voir, mais celui-ci lui lança un regard qui signifiait clairement qu'il n'avait pas intérêt à faire un pas de plus. Il était vrai que si ses camarades apprenaient qu'il avait un rapport avec le principal adjoint, ils ne diraient plus rien à Hisoka de peur qu'il le rapporte. Ce qui, dans le fond, n'était pas totalement faux bien que les raisons soient différentes de ce que les autres pourraient imaginer…

Le soir (4), dans le minuscule appartement, les shinigamis firent le point sur leur découverte de la journée.

« Il va falloir que tu surveilles cette fille de près. Je pense qu'elle cache des choses, déclara Tsuzuki.

- Je sais. Pas la peine de le préciser » répliqua froidement l'adolescent, puis, voyant l'air inquiet de Tsuzuki face à son agressivité, il reprit : « j'ai un mauvais pressentiment. Il va se passer quelque chose, je le sens. »

Il ne croyait pas si bien dire. Le lendemain, un nouveau corps fut retrouvé dans une salle de classe, un pistolet à la main et une mare de sang autour de son corps. Apparemment un suicide…

(1) Bon, j'avoue, c'est dans Fruit Basket ça. Je vais essayer de ne pas faire intervenir les personnages dans cette fic ! Mais je vous garantie rien ' Je contrôle personne !

(2) Là c'est carrément un mélange… Furuba Sailor Moon...

(3) Pardonnez la violence du racourcissage extrême des évènements qui suivirent, mais si j'aurai continué à tout raconter, j'en serais jamais venu à bout et ce serait devenu n'importe quoi. Déjà que ça part un peu en cacahuète XD

(4) Je vous renvoie au 3…