Naruto
Vendredi vingt-neuf septembre
Maintenant, je te déteste Uzumaki-Senpai, voilà les derniers mots que tu m'as adressé et depuis plus rien. Pas un murmure ou même un regard. Chaque matin, tu pars soit plus tôt, soit plus tard pour ne pas me croiser. Mais aujourd'hui tu n'as pas eu le choix, tu as cru que j'étais déjà parti alors que j'attendais de te voir passer pour partir.
Dis-moi Hinata, tu te souviens la première que l'on a fait ce chemin tous les deux, tous seuls. Tu avais cette coupe d'Hime, alors ce surnom t'es resté. Mais quand je suis rentré au lycée tout a changé, cette nouvelle a tout bouleversé alors tu es devenue Hyuga.
-Un jour ou l'autre, tu vas le regretter. La voix de Sasuke me sortit de mes pensées.
-De quoi tu parles?
-On dit que c'est lorsque l'on perd quelqu'un, que l'on comprend à quel point cette personne était importante. Mais moi je ne suis pas d'accord, je pense que l'on s'en rend vraiment compte, lorsque l'on est amené à leur faire face à nouveau. Un jour ou l'autre, elle se trouvera quelqu'un et là tu comprendras.
-Je ne te savais pas philosophe mon petit Sasuke.
-Ho les garçons ! La voix de Sakura vint me délivrer de cette conversation.
-Yo Sakura, comment ça va ? Lui demandais-je avec un grand sourire.
-Pas trop mal, et...
Quand je suis arrivé devant le lycée j'ai pu t'observer du coin de l'œil. Hinata, tes yeux gris étaient encore tout boursouflés, est-ce que tu as pleuré à cause de moi, encore ? Puis ta chevelure noire a disparudans la foule. Un jour tu le regretteras, tu avais sûrement raison Sasuke, mais je préfère vivre avec ce regret-là qu'avec d'autres regrets plus durs encore.
-Ho Naruto, tu nous écoutes ? Me demande Sakura.
-Excuse moi, j'étais perdu dans mes pensées, lui dis-je en me grattant la tête, tu disais ?
-On doit aller faire les courses pour demain soir, tu viens avec nous ?
-Demain soir ? Je crois qu'à mon regard, elle comprit que j'étais complètement paumé.
-La fête, bon sang Naruto fait un effort !
-Ah oui, la fête celle où toutes les équipes sont invitées. La fête avant les concours quoi, heureusement que tes parents sont cool Sasuke de nous laisser ta maison ! Les miens reviennent demain donc c'était un peu chaud.
-Ils reviennent pendant combien de temps ? me demanda Sasuke.
-Seulement quelques jours.
C'est encore un point qui nous rapproche Hinata, le travail de nos parents : que ce soit ton père ou mes parents, ils ne sont pratiquement jamais à la maison. Quand je me sens vraiment seul maintenant, je parle avec mon orchidée, tu te rappelles celle que tu m'avais achetée. Tu savais qu'une orchidée pouvait vivre pendant une vingtaine année. Peut-être qu'alors tu te souviendras de moi aux moins vingt ans.
Hinata
La journée était passée à une vitesse folle. Ino n'avait pas arrêté de nous rabâcher qu'on ne pourra pas lui échapper. La case shopping fut donc inévitable, inévitable comme toi Naruto. Je ne faisais que de te voir tout le temps, plus je te fuyais et plus je te voyais... Si ce n'est pas un paradoxe ça alors qu'est-ce que c'est ?
Ino avait littéralement poussé Shikamaru pendant tout le trajet, tandis que Kiba et moi, encore une fois, avions abdiqué aux caprices d'Ino. Je ne comprendrai décidément jamais Kiba, que moi je cède à Ino, je comprends, mais que lui cède aussi facilement cela m'échappait.
Les refus catégoriques de Shikamaru ne nous avait pas aidé à accélérer cette « douce » torture.
-Je n'ai plus cinq ans, je n'ai besoin de personne pour choisir mes habits.
Sur ce point Shikamaru n'avait pas tort. Ino fixa Shikamaru. La bataille de regard, c'était un grand rituel de ce duo.
Le duel donna la victoire pour Shikamaru, malheureusement pour moi, car c'était moi qui allais essuyer le typhon Yamanaka après cette défaite.
Je me suis donc retrouvée avec une robe à bretelle couleur lilas et des talons noirs, quand je vis le regard d'Ino dévier.
-Dis Hinata je peux te poser une question ?
-Oui bien sûr !
-Tu sais dans le conte de fée les chaussures de verres de Cendrillon étaient de la pointure parfaite, alors dis-moi pourquoi est-elle tombée en chemin ? Sans doute pour attirer l'attention du prince charmant, je ne vois pas d'autre explication.
-Tu as sûrement raison, lui répondis-je, perplexe.
Puisque c'était Ino, j'aurai dû comprendre ses attentions : quelques secondes plus tard, je me suis retrouvée allongée sur un homme.
-Ho Hinata ça va, tu ne t'es pas fait mal ? Me questionna Ino.
À ce stade la seule chose que j'avais envie de dire, c'était le mot traîtresse.
-J-je suis vraiment désolée, fis-je à l'inconnu.
-C'est pas grave, me rassura-t-il avec un grand sourire. Il m'aida à me relever et moi j'avais toujours la tête baissée. Hinata, c'est ça ?
Dans un effort surhumain, je leva mon visage rougissant devant mon interlocuteur. Ces cheveux blonds et ces yeux noirs ne m'étaient pas inconnus.
-Euh excusez-moi, mais on se connaît ?
Ma plus grande angoisse était qu'il croit à une tentative de drague.
-Ah! Oui, je me disais bien que je connaissais ton doux visage, je suis Shee Onais du lycée de Kumo, tu dois toi aussi appartenir au club d'athlétisme de ton lycée n'est-ce pas ?
Pour seule réponse, je hochais la tête.
-Alors, je suppose que l'on se reverra à la fête demain, me dit-il tout sourire avant de partir.
-Yamanaka 1 ! Hurla Ino.
-Yamanaka a failli tuer Hinata, lui rétorqua Shikamaru. Tu as de la chance que Kiba soit dans la cabine d'essayage et qu'il n'ait rien vu.
Encore une fois il n'avait pas tort. La journée shopping se termina avec le pauvre Kiba qui, contrairement à Shikamaru, n'avait pas lutté du tout.
Il avait sûrement compris que la lutte contre Ino ne servait pas à grand-chose. Finalement, c'était peut-être lui le génie de la bande.
Nous nous sommes séparés, Shikamaru et Ino d'un côté et Kiba et moi de l'autre.
Kiba habitait à dix minutes de chez moi et, comme la nuit était déjà tombée, il m'avait proposé de me raccompagner.
Nous discutions de tout et de rien, quand soudain j'ai aperçu ce regard, le même regard que le mien.
-Kiba, tu es sûr que tout va bien ?
-C'est juste que je trouve ça épuisant.
-De quoi ?
-D'être humain, je préférerai être une machine qui ne ressent rien.
Je crois qu'à cet instant mon cœur a volé en mille morceaux. Kiba, la personne qui était toujours là pour moi, mon sédatif, celui qui me calmait avait lui aussi le cœur en mille morceaux. Malgré mes nombreux défauts, je pensais au moins être une bonne amie, mais je n'avais rien vu. Tout devenait clair maintenant, ça expliquait son comportement avec Ino.
-Tu l'aimes n'est-ce pas ?
-Je crois que si elle était n'importe où dans le monde et qu'elle me demandait de la rejoindre, je la rejoindrais.
-Pourquoi tu ne lui dis pas ?
-Parce que, je sais que son cœur ne bat pas pour moi, je le sens tellement mais l'entendre serait une torture supplémentaire.
Il n'avait pas tord, j'avais avoué mes sentiments et je m'étais fait rejetée. Il av ait était la pour moi quand Naruto a envoyer valser mes sentiments, il doit surement avoir peur de subir la même chose. Le déni est parfois la meilleure solution.
-Ho Kiba, si j'avais su avant...
-Tu n'auras rien pu faire, je ne suis que Kiba, face à lui je ne suis rien, je suis incapable de le battre, même de l'arracher de force à lui je ne pourrai pas.
-Non, tu n'es pas que Kiba ! m'exclamais-je, tu es notre Kiba.
-Votre Kiba, ah ! Je sens tout de suite la différence, je me sens vachement mieux là, me dit-il, en rigolant.
-Tu devrais, car même si tu n'étais que Kiba, tu serais extraordinaire.
-On forme un bon duo tous les deux, le duo des cœurs brisés… me fit-il en souriant.
-On finira ensemble en maisons de retraite complètement écœurés par l'amour, rigolais-je.
-Faisons un pacte : si dans trente ans, nous ne sommes pas mariés, eh bien on se mariera ensemble.
-Ça marche pour moi.
Et nous partîmes dans un grand fou rire. C'est le genre de pacte stupide que l'on fait quand on est môme, mais cette toute petite phrase m'avait redonné du baume au cœur.
Corrigée par Ernessa :D
