Hola !
Bonne Année 2011. Meilleurs Vœux et tout et tout.
Voilà pours les vœux c'est fait. Pour une fois, chose promise chose due, je poste en temps et en heure. Yepppp !
Je remercie toutes les personnes qui m'ont laissés une review et je tiens particulièrement à remercier celles anonymes: Era, Koalamanga, Euh
Bon pas de bla-bla inutiles un grand merci à mon Bêta: HeyBobby.
Bon sur ce, bonne lecture. pensez à me donner votre avis à la fin. Merci
LES LARMES DES ANGES
Chapitre 1 : Un réveil difficile
Ce bruit persistant, lui vrillait les nerfs, faisant battre son sang dans ses tempes, presqu'en exploser. Ce vacarme devait cesser au plus vite sinon sa vie risquait d'y rester. La rupture d'anévrisme n'était pas loin.
Où se trouvait-il ? Il peinait à fixer son regard. Il ne reconnaissait pas cet endroit. Il n'y était jamais venu. Pourquoi ça tanguait sans cesse ? Un bateau ? Non !
Puis ces deux personnes autour de lui, qui étaient-ce ? Pourquoi le fixaient-elles avec cet air étrange dans leur regard. Que faisaient elles donc à son corps ? Non, elles ne devaient pas toucher à son bras, non. Non pas son bras gauche.
Par pitié.
Tout bougeait vite, dans tous les sens. Ce bruit, ces lumières. Du rouge partout. Du sang ? Son sang ? Où se trouvaient le bas et le haut. Tout se mêlait, se confondait. Cela l'éblouissait, l'aveuglait, le sonnait. Le rouge venait-il des lumières ? Ca bougeait vite, rapide, bruyant. Une ambulance ? C'était cela !
« Monsieur ? Monsieur ?... Vous m'entendez ?... Pouvez-vous parler ? Monsieur ?... Savez-vous ce qui vous est arrivez ?... Quel est votre nom ? Monsieur... ? »
Mais il racontait quoi ce type face à lui avec son drôle d'uniforme. Il voyait bien les lèvres de l'homme bouger, mais ne comprenait pas un seul mot de ce qu'il disait. D'ailleurs il n'avait pas souvenir de le connaitre non plus. Qui était-il ? Toutes ces questions l'embrouillaient. Il voulait répondre quelque chose à ce mec qui probablement devait être un ambulancier, mais sa bouche refusa de s'ouvrir, douloureuse. Quelque chose l'empêchait de parler, sa trachée lui faisait mal, souffrant le martyr.
Sa tête explosait, le sang dans ses veines était comme de la lave en fusion, son corps entier brulait, consumé par un feu intérieur.
Il sombrait, se sentait partir, la douleur le terrassait. Insupportable, atroce. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites, se refermant malgré lui.
« Il perd connaissance... Son rythme cardiaque est anormalement élevé... on est en train de le perdre...merde... »
Le néant. Du noir partout. De l'obscurité tout autour de lui. Du vide. Il n'y avait rien. Seul avec sa solitude, et la peur qui étreignait ses tripes. Il faisait froid. Incapable de bouger. Sa volonté ôtée.
Son corps devenait un peu plus froid, un peu plus vide, un peu plus léger. Il ne ressentait plus rien. Juste le calme et la quiétude. Enfin serein.
Un son, une chaleur. Une lueur. De la douceur l'atteignait dans ses méandres brumeux. Une voix jusque dans ses abysses. Elle l'appelait, il le savait.
Mais où se trouvait donc la sortie de ce trou ? Toucher la chaleur qui émanait de cette voix, il pouvait le faire, il le savait.
Puis la voix se fit plus lointaine, triste.
Ne me laisse pas, ne pars pas. Aide-moi. Aide-moi
Non, il ne voulait pas rester de nouveau seul. Non ! Son corps vibrait encore, il pouvait sentir le froid s'insinuer en lui, le mal le ronger. Il agonisait. La douleur le terrassait, insupportable.
Se réveiller, c'est ce qu'il devait faire. Se réveiller ! Il n'y arriverait pas seul, la souffrance annihilait toute envie de combattre.
Suis-je en train de mourir ? Non pas maintenant.
Essayer, juste une fois, malgré son corps souffrant. Ouvrir les yeux et voir la source de la chaleur. Se battre contre lui-même, contre le néant, la peur, la facilité, l'abandon. Il ne resterait pas seul dans ce trou noir, quelqu'un l'attendait ailleurs. L'on avait besoin de lui tout comme lui-même ressentait le besoin de cette personne. Sortir, ne penser qu'à ça. Sortir.
Ramper hors du vide, au-delà du mal, de ce corps si pesant. Souffler, suer, dominer ses peurs.
Après une éternité, lui sembla-t-il, ses paupières tentèrent une fois de plus de se soulever. Si difficile, tellement épuisant. Un acte banal demandant un effort herculéen. Dépasser la douleur, une fois de plus.
Sortir ! Sortir !
Ses yeux s'ouvrirent.
Enfin !
Il n'était plus dans les abysses, hors de l'obscurité.
Blanc ! Eblouissant ! Eclatant ! Partout. Tout autour de lui, du blanc aveuglant, et tant de silence, suffoquant... Un bruit ! Par intermittence régulière venant troubler le calme effrayant du lieu.
D'où provenait donc ce bruit. Il tendit un peu plus l'oreille.
Bip...Bip...Bip.
Un moniteur cardiaque ?
Un relent écœurant. De la javel ? Horrible. Une odeur âpre, forte. Trop. Cette puanteur... il la haïssait. (*)
Impossible pour son cerveau de mettre un nom dessus.
Saisir d'autres informations, emmagasiner d'autres données pour pouvoir se restituer le lieu. Il tourna sa tête, saisir n'importe quoi pouvant lui indiquer où il se trouvait.
Hélas, la lumière trop forte lui fit refermer les yeux, détournant sa tête, mais juste avant il identifia une ombre. La silhouette d'une femme.
Il n'était pas seul. La panique l'envahit. Pourquoi ? Il ne comprenait pas. Toujours affronter ses peurs, c'est ce qu'on lui avait appris petit. Alors il réitéra encore son geste.
Tout autant douloureux que la première tentative. Il se força pourtant à fixer un peu plus longtemps l'autre personne dans la pièce. Son cœur se détendit un peu.
L'intrus était une femme se tenant de dos face à la lumière éclatante, occupé à une tache qui retenait toute son attention. Rouge flamboyant. Hallucinant. C'était vraiment des cheveux ça ? Avec une couleur pareille ?
La jeune femme se retourna, un plateau dans les mains. En le voyant les yeux ouverts, elle lui adressa un sourire crispé. Pourquoi ?
Alors son propre regard dériva sur lui-même son corps allongé. Flasque. Il se détailla avec une attention particulière. Les anomalies ne manquaient pas.
Une perfusion reliée à une poche remplie d'un liquide translucide se distillait par goutte à goutte dans ses veines meurtries. Un anti douleur ? Oui sans aucun doute.
En essayant de soulever son bras gauche, il se trouva dans l'incapacité de le bouger. Il paraissait peser une tonne. Un plâtre gardait son bras immobilisé, il en était de même pour sa jambe droite.
Ca ne tournait pas rond. Il foutait quoi là ? Il n'avait rien à faire allongé dans ce lit. Ce n'était pas sa place. Que lui était il donc arrivé bon sang ? C'était quoi encore ce mauvais trip ?
Il s'passe quoi bordel ? Il s'passe quoi ?
Il criait, merde. Il hurlait à plein poumon, bordel. Alors pourquoi ? Pourquoi aucun putain de son ne sortait ? C'est là qu'il le sentit dans sa trachée, quelque chose obstruait sa bouche. C'était quoi ? Putain personne ne pouvait l'aider ?
Aidez-moi ! Aidez-moi, pitié !
Des larmes naquirent sur les rebords de ses yeux. Il ne pouvait pas être là. C'était un cauchemar, rien d'autre qu'un mauvais rêve.
La jeune femme se rapprocha de son lit. Ses yeux se fixèrent de nouveau sur elle. Si la douleur n'avait pas été aussi intense, il aurait put remarquer que le sourire de la jeune femme avait changé, devenant plus doux plus prévenant.
Puis un vide s'installa dans sa gorge, le tube qui l'empêchait de parler venait de disparaitre. La peur se dissipa un peu en entendant la voix douce de la jeune femme.
« Là, ça devrait être mieux. Alors enfin réveillé ! Comment vous sentez vous monsieur Namikaze ? »
Namikaze ? Oui, c'était bien lui. Comment connaissait-elle son nom ? La question n'alla pas plus loin. Une douleur à la tête plus forte que les précédentes, l'obligea à fermer les yeux mettant fin à toutes ses interrogations. Il eut l'impression qu'une perceuse faisait un trou béant dans sa boite crânienne. Son visage se crispa, il serra les dents. Il allait en crever, certain.
« Ne bougez pas trop monsieur Namikaze, vous avez subi un traumatisme crânien. Et la lumière vous donne de fortes migraines. Attendez, je vais baisser les stores, cela vous soulagera un peu… »
Merde, comme cette femme pouvait être bavarde. Ne se taisait-elle donc jamais ? Sa voix qu'il trouvait jolie quelques instants avant lui semblait incroyablement aigüe, augmentant sa souffrance.
Il ne saisissait pas la moitié de ce qu'elle racontait, et s'en fichait un peu. Tout ce qu'il voulait à cet instant était de faire cesser un peu cette migraine.
Puis la lumière dans la pièce baissa atténuant un minimum la douleur. Comme cela faisait du bien.
Un peu de répit. Il en profita pour détailler la jeune femme des pieds à la tête.
Une robe arrivant jusqu'aux genoux, des collants et des chaussures plates, le tout étant d'un blanc immaculé. Sa chevelure à la couleur rouge insolente était maintenue en une haute queue de cheval soignée. L'uniforme des infirmières de l'hôpital général de Konoha ! Pas de doute là dessus.
Il se trouvait donc à l'hôpital ? Comment était-ce bien possible ?
L'hôpital ! Se souvenir ce qui lui était arrivé. Entrer en soi et faire un devoir de mémoire ardu, difficile.
Bip...Bip...Bip
Ce bruit ne pouvait-il donc pas cesser, se concentrer avec était impossible. Faire abstraction de la migraine, du bruit, de l'infirmière qui le regardait d'un air agar. Faire abstraction du lieu, de son corps et se souvenir. S'obliger à se rappeler.
Son âge, sa profession, ce qu'il était, sa vie dans la généralité tout cela c'était bon. Forcer encore un peu plus et remonter le temps jusqu'avant son réveil. L'hôpital, son bras plâtré, sa jambe immobilisée, son poignet cassé... pas de réponse. Il n'y arrivait pas. Son cerveau butait contre un mur invisible. Défaillant. Un sentiment d'oubli demeurant présent en lui.
Avait-il été malade ? S'était-il blessé dernièrement ou encore avait-il eu un accident ? Non, aucun souvenir ne lui revenait en rapport à ce sujet. Son dernier souvenir précis...une dispute.
Cela remontait à hier. C'était bien jeudi, hier ?
Son cerveau peinait à se situer exactement dans le temps, ignorant la date du jour. Non ca n'allait pas. Tout clochait. Tout !
Comment se faisait-il que lui si ponctuel, toujours à courir pour être prêt dans les temps, à la bonne date, avec une épée de Damoclès en permanence au dessus de la tête, pouvait-il oublier un bout de sa vie ?
Pourquoi sa mémoire lui échappait-elle, quel mauvais tour lui jouait-elle donc ?
« ...Alors vous voyez on se sent déjà beaucoup mieux, non ? Je vais allez prévenir le docteur de votre réveil monsieur Namikaze. Et sans doute devez vous avoir faim ? Je vais prévenir les cuisines pour que l'on vous apporte quelque chose à manger. »
Le blabla incessant prit fin lorsque l'infirmière sortit de la chambre, le laissant seul face à ses réflexions. Dieu seul savait comme elles pouvaient être nombreuses.
La question qui lui revenait sans cesse en tête et qui demandait une réponse immédiate : Que lui était-il arrivé ?
Une fois de plus son cerveau buta même en forçant vainement, sa mémoire ne donnait pas de réponse. Putain comme c'était rageant, car il savait avec certitude qu'il possédait la réponse au plus profond de lui.
Une chose semblait certaine pourtant, il n'avait pas fait de mauvaise chute, ni eut un accident de voiture. Certes il était maladroit mais jamais il n'aurait réussit l'exploit de se casser une jambe, un bras et un poignet. Non impensable. Puis pour l'accident, aurait-il fallut qu'il soit sortie de chez lui et cela faisait bien une semaine qu'il restait cloitré chez lui travaillant sur son nouveau projet sans mettre le nez dehors. Si seulement il avait un semblant d'indice pour le mettre sur la voie. Même un détail infime. N'importe quoi pouvant lui apporter la solution.
Le claquement, bien que discret de la porte se refermant, le tira de ses pensées. Une femme blonde suivit par l'infirmière pipelette aux lunettes pénétrèrent dans la chambre.
Il profita de cette interruption pour observer plus en détail la chambre. Blanc et gris, ça il l'avait déjà remarqué et détestait. Mais des touches de couleur apportées par deux immenses bouquets de fleurs orangées égayaient un peu le tout.
Orange, sa couleur préférée, quelqu'un pensait-il à lui ? Les fleurs semblaient fraiches, les lui apportait-on tous les jours ?
Oui, il y avait bien une personne à qui il manquait.
La nouvelle venue attira son attention lorsqu'elle prit un siège et le posa près de son lit. A première vu, elle n'était pas infirmière mais médecin, il remarqua le badge sur sa blouse de travail blanche. Elle était plus âgée que l'infirmière aux cheveux rouge, mais difficile de lui donner un âge exacte, alors il lui donna entre 35 et 50 ans.
En silence Naruto observa les deux femmes discuter avant que celle qu'il pensait être médecin ne lui adresse un sourire. L'infirmière vérifiait ses perfusions et son électrocardiogramme tandis que la blonde se rapprocha de lui avec un appareil un peu encombrant.
« Bonjour monsieur Namikaze, je suis le médecin chef de cet hôpital, Tsunade Koichi. Je suis le docteur qui s'occupe de vous depuis votre arrivé ici. Je vais prendre votre tension, ne vous inquiétez pas cela ne vous fera pas mal. »
Une sorte de brassard lui comprima son biceps droit avant de complètement se dégonfler. La blonde prit le carnet qui se trouvait sur le rebord du lit, nota quelque chose avant de le reposer et s'assoir à nouveau en face de Naruto.
« Je suis contente que vous vous soyez réveillé monsieur Namikaze. Je vais vous faire quelques examens sommaires pour vérifier votre état, cela sera assez rapide. »
Incapable de parler, Naruto ne rechigna pas. Plus tôt tous ces tripotages seraient finis, plus vite il pourrait être de nouveau tranquille.
Le médecin s'adressait à lui de temps à autre. Il répondait par des hochements de tête quand il sentait qu'une réponse était nécessaire, sinon il gardait le silence.
Quelques minutes après, Tsunade le laissa se recoucher sur son lit, ayant fini de l'examiner.
Une fois installé à peu près confortablement, Naruto fit une tentative pour parler. Sa voix se perdit dans sa gorge desséchée et blessée sans doute. Il leva sa main perfusionnée.
Aïe ! Ça faisait mal !
Son geste n'échappa à la doctoresse.
« Karin, veuillez apportez un verre d'eau à monsieur Namikaze, puis elle se tourna vers Naruto et s'adressa à lui. Ne forcez pas monsieur, vous avez les cordes vocales sont encore un petit peu faibles. »
Naruto répondit par un petit hochement de tête. Puis l'infirmière vint à côté de lui, releva un peu sa tête du lit pour le faire boire.
L'eau qui descendait avec délice dans sa trachée abimée. Le bien être que cela lui procura était à peine descriptible. Apaisant la sensation de brulure.
Il ouvrit la bouche et un son sortit, enfin.
Méconnaissable, même à ses propres oreilles. Etait-ce vraiment sa voix ? Ça ? Caverneuse, enrouée, cassée et tellement faible. Tellement pas la sienne.
« Je...là...de...bien d'heure ? »
Putain même les phrases les plus simples... non ce n'était pas sa voix. Machinalement il porta sa main valide jusqu'à sa gorge. Non il n'avait rien là pourtant.
« Je... temps... ici ? »
La doctoresse le dévisagea, se retourna vers l'infirmière qui semblait étonnée. Quoi encore ? Quel truc débile avait-il dit encore ? Ou sinon un truc qu'il ne fallait pas ? Avec le temps il avait l'habitude.
« Depuis combien d'heure vous êtes là ?, s'étonna Tsunade.
_O...oui... Vous... n... sa... vez... pas ?
_Monsieur Namikaze ?
_Na...ruto... s'il...plait.
_Très bien Naruto. Dites moi quel est votre dernier souvenir ?
_Souviens...pas...Pour...pour...quoi ?
_Rien de grave, Naruto. Juste un simple test. Pouvez-vous répondre ?
_V...essay...er.
_Bien. Je vais prendre quelques notes si vous voulez bien. »
Le malade acquiesça d'un signe de tête ne voulant pas forcer sa voix, une sonorité si étrangère à ses oreilles.
La doctoresse lui adressa un sourire patient avant de griffonner sur son carnet.
« Pouvez-vous me dire votre nom complet s'il vous plait ? C'est juste pour vérifier
_Na...Naruto Uzumaki... Nami...kaze.
_ Bien, Naruto ! Quel âge avez-vous ?
_ Vingt...quatre... ans.
_ Parfait. Que faites vous dans la vie ?
_I...illus...trateur...pour en...fant.
_Bien. Où habitez-vous ?
_Hm...4 rue yon...daine...quartier hoka...ge.
_Savez vous où vous êtes en ce moment, Naruto ?
_Hôpital.
_D'accord. Quel jour sommes-nous ?
_Vendre...dredi.
_Vendredi ? Vendredi combien, Naruto ?
_2 Mai.
_2 mai ? Je suis désolé, mais nous somme le samedi 10 mai.
_ Hein ?
_Pourquoi êtes vous à l'hôpital ?
_Je... je... je …sais plus.
_Que vous est-il arrivé ?
_Sais...pas.
_Très bien Naruto. Premièrement, cela fait plus d'une semaine que vous êtes ici. Vous êtes restez dans le coma pendant huit jour. »
Tsunade griffonna sur son carnet quelques instants sous l'œil inquiet de Naruto. Que pouvait bien noter la blonde sur son maudit calepin ? Pourquoi les médecins avaient toujours cette satanée habitude de vous faire passer pour quantité négligeable alors que c'était votre santé dont on parlait ? Tsunade se leva, discuta avec l'infirmière qui sortit quelques secondes plus tard.
Que se passait-il ? Que désirait-on lui cacher ?
« Monsieur Namikaze, heu excusez moi, Naruto. Il semblerait que vous ayez une perte partielle de la mémoire, sans doute un effet secondaire de votre coma, mais je pense que cela ne soit que passager. N'ayez aucune inquiétude sur votre état, vous recouvrirez tous vos souvenirs avec le temps. Toutefois vous irez faire un scanner au cas où il y aurait des lésions éventuelles. »
Bon ok, c'était bien tout son blabla, mais il ne voulait qu'une seule et unique réponse. Pourquoi. La raison de sa présence ici. Juste une réponse, pas compliqué non ?
« Pour... quoi... suis... ici ? »
Alors ?
Ses yeux croisèrent ceux bruns de la femme, elle détourna la tête.
Alors ?
Il attendait là. Elle aussi l'ignorait ? Non. Elle savait, et il savait qu'elle le savait.
Un malaise certain crispa le visage lisse du docteur. Elle lui devait la vérité, c'était son boulot que de tout lui dire sur son état de santé, et l'informer sur les circonstances en faisait partie. Alors il insista, réitéra sa question.
« Pour...quoi ?
_ Naruto, c'est un peu difficile à dire...
_Pourquoi.
_Vous avez été agressé...
_Hein ? »
Pardon ? Non, il n'avait pas bien entendu là. Agressé ? C'était bien cela. ? Impossible. Juste impossible. Puis par qui ? Quelle personne pouvait bien lui en vouloir ? Surtout pourquoi ?
Tsunade se trompait. C'était un nouveau test qu'elle lui faisait passer, pour voir s'il était lucide ? C'était ça. Mais oui, il n'était plus dans le coaltar, il avait l'esprit clair, ouvert et à l'écoute.
Puis la migraine le prit de nouveau, fourbe. Sournoise. Naruto grimaça de douleur. Merde c'était vraiment n'importe quoi. Il ferma ses yeux, leva lentement sa main valide vers sa tempe pour la masser. Ça clochait de nouveau.
« ...je sais qu'il est difficile de s'admettre cela, surtout lorsque l'on est un homme, mais sachez que nous avons de très bon... »
Naruto ouvrit les yeux et les releva vers Tsunade. Quoi ? Elle parlait encore ? Depuis combien de temps avait-il lâché le fil de la conversation ?
« ... qui peuvent vous aider. Il n'est pas facile de se remettre d'un viol au si... »
Viol ? Venait-elle d'utiliser le mot viol ? Bon sang de quoi parlait-elle ? Il ne comprenait pas. Sans savoir pourquoi il passa sa main sur ses lèvres. Craquelées et séchées. Il remonta lentement sur le reste de son visage.
C'était quoi l'embrouille encore, bordel. Ne pas paniquez. Ne jamais laissez les premières émotions prendre le pas sur le raisonnement. Gardez la tête froide, l'esprit clair.
Tsunade se tut en voyant les expressions différentes qui passaient sur la face pâle de son patient.
Les doigts de Naruto se mirent à trembler en passant et repassant sur son visage, son corps se tendait peu à peu.
Un viol ?
« Est-ce que tout va bien, Naruto, demanda Tsunade en s'asseyant de nouveau sur la chaise près de son lit. Vous savez, le plus dur est passé... »
Le malade ne répondait toujours rien, complètement absorbé par sa main redessinant son propre visage. Même s'il ne semblait rien entendre, Tsunade était convaincue qu'il assimilait parfaitement tout ce qu'elle lui disait. Alors elle continua.
« J'ai dit à l'infirmière de faire prévenir votre entourage de votre réveil. Voir des visages familiers vous fera le plus grand bien. Votre mémoire vous reviendra sans doute en croisant un regard connu. »
Viol ? C'était bien de lui qu'elle parlait ? Violer ? Lui ? Mais comment ? Comment cela se pouvait-il ? Jamais il n'aurait pu oublier un truc comme ça.
Il avait eu un accident de voiture, mais certainement pas un...viol.
Le docteur Koichi ne le connaissait pas, elle faisait erreur. Le doute s'insinua en lui. Son visage. Ça sonnait faux. Il devait vérifier quelque chose.
« Je... un mir...oir... s'il... plait ? »
Son regard croisa celui de Tsunade qui semblait observer en silence ses réflexions secrètes. Derrière la blonde se trouvait l'infirmière répondant au nom de Karin. Depuis quand était elle de retour ? La jeune femme le regardait avec compatissance.
Pourquoi compatissait-elle au juste ? Puis merde, on allait le lui donner ce maudit miroir ? Naruto commença à s'agiter sur son lit.
« Je ve... miroir.
_Très bien Naruto, Karin veuillez apporter un miroir s'il vous plait. »
A la demande du docteur l'infirmière quitta la pièce pour revenir quelques instants plus tard avec un miroir qu'elle tendit, hésitante, au jeune homme. Il le saisit, maladroit, sa main fatigué d'avoir si peu servi. Anxieuses, les deux femmes scrutaient la moindre de ses réactions.
Ce n'était pas possible ! Ce n'était pas possible ! A qui appartenait ce visage ? Qui était cet inconnu dans la glace ? Des hématomes couvraient la majorité du visage. Les lèvres étaient sèches et fendues. L'œil gauche avait un énorme cocard jaunâtre. Une plaie en court de cicatrisation coupait sa tempe.
Il ne reconnaissait pas ce visage tuméfié que lui montrait le miroir.
Qui était donc cette personne ? Puis il croisa le regard de son reflet. Si bleu, si bleu...
Ce n'était pas lui ! Non, certainement pas. Ce n'était pas lui.
Horrifié, Naruto lâcha brusquement le miroir qui tomba au sol et se brisa.
Un viol.
Alors c'était vrai ? Le docteur Koichi lui disait la vérité ? Un viol ? Un flash. Du sang partout, de la douleur, l'envie de mourir. Il avait été violé ?
Ce fut un cri qui tira les deux femmes de leur contemplation.
« Nooooon »
Ce n'était jamais arrivé. Pas à lui ? À quelqu'un d'autre mais pas à lui. D'ailleurs il n'était pas dans ce foutu lit, dans ce fichu hôpital. Il n'était même pas là de toute façon. Il rêvait. Il allait se réveiller. Oui c'est ce qu'il devait faire, se réveiller. Impossible.
« NON ! NONNN ! NON ! NON ! No... »
Sa voix se brisa nette, ayant forcé sur ses cordes vocale d'un seul coup. Il porta sa main à sa gorge, tandis que sur les rebords de ses yeux naquirent des larmes.
Un autre flash. Son corps nu sur le carrelage froid. Une main qui enserrait sa gorge. Son derrière maltraité, encore et encore. L'odeur fétide du sexe.
Non... non... laissez moi partir. Je veux sortir... je ne veux pas...
Un flash encore. Le craquement sec de son bras. Son corps roué de coups. Sa jambe piétinée. Molesté. Du sang, toujours.
Non...nooonn. Je dois sortir d'ici.
La panique l'envahit. Malgré son bras plâtré, lourd, ankylosé et douloureux, il tira sur la perfusion pour se libéré de se lien qui rendait son cauchemar palpable. L'aiguille arrachée de la veine meurtrie laissa une trainé de sang sur son avant bras, il s'en foutait. Maintenant il fallait bouger cette jambe qui refusait de lui obéir, mais il ne resterait pas ici. Il devait se casser de là, rentrer chez lui pour sortir en fin de ce rêve saugrenu.
Elle allait bouger cette connerie de jambe, oui ? Les larmes se mirent à couler sur ses joues. Rien ni personne ne le retiendrait ici. Naruto rejeta loin de lui les draps qui couvraient son corps tremblant. Il tomba du lit, s'étala de tout son long sur le lino gris de la chambre, dans la paume de sa main gauche s'enfoncèrent les éclats de verre du miroir brisé. Son poignet droit heurta violemment la rambarde métallique du lit, ravivant la douleur. Tout cela semblait mimine, ne s'imprimant pas dans son cerveau, seul le fait de fuir ces lieux occupait ses pensées. Se barrer de là coute que coute. A n'importe quel prix.
Sa respiration devint difficile, saccadée. Le souffle court. L'air lui manquait. Il étouffait, suffoquait. Sa tête tournait. Sa vue se troublait. Les murs tout autour de lui se déformaient. Les larmes coulaient sans discontinuer.
Sortir, fuir, se barrer, se casser, partir, s'échapper... ne pas rester. Plutôt crever que d'accepter toute cette foutaise.
S'aidant de ses coudes, Naruto tenta d'avancer vers la porte ou toute autre issue. Il ne percevait plus les deux femmes, qui conscientes de son changement soudain de comportement, s'étaient rapprochées de lui pour le calmer et le faire remonter sur son lit.
Tsunade appuya sur la sonnette, appelant des renforts pour les aider à maitriser le patient en pleine crise de panique, qui délirait furieusement.
Naruto gesticulait dans tous les sens, battant des bras, poussant sur ses jambes, combattant des ennemis invisibles. Inconscient avec une seule obsession s'échapper de son cauchemar.
Même avec la jambe et le bras immobilisés, Tsunade ne se savait pas de taille à maintenir ce jeune homme immobile pour lui administrer un calmant, même aidé de Karin.
Les yeux de Naruto se révulsèrent, devenant blanc. Ses membres se crispèrent, ses muscles se tendirent à l'extrême. La tête de Naruto partit vers l'arrière, son corps se convulsa. C'était mauvais. Pas bon du tout.
Merde, il faisait une attaque. Bon sang, ils allaient arriver ces renforts ? On ne mettait pas plus de cinq minutes pour arriver de la salle des infirmières à cette chambre ? Tsunade s'accroupit près de Naruto, pensant le danger écarté quand le bras plâtré du jeune homme passa tout à coté de sa tête. In extremis, elle bougea sur le coté évitant de se faire assommer. Le bras du patient retomba le long de son corps, la tension s'accentua. C'est alors qu'une mousse blanche sortit de la bouche du malade. Ho non, ho non, pas ça.
Sans attendre le moindre signe de son supérieur, Karin se précipita dans les couloirs à la recherche d'aide. Elle revient rapidement avec deux hommes musclés – sans doute des brancardiers – en renfort. Ils trouvèrent Tsunade non loin de Naruto, une seringue remplie d'un tranquillisant dans la main.
« Il fait une crise psychotique aiguë. Maintenez le allonger. Tenez ses bras et ses jambes, je vais lui faire une injection pour l'endormir. ».
En sentant des bras sur son corps Naruto se mit de nouveau à se débattre virulemment. Personne ne le toucherait, plus jamais. Il ne resterait pas.
Lâchez-moi, laissez-moi tranquille.
L'aiguille s'enfonça dans sa chair distillant son contenu dans les veines. Le calmant fit son effet presque immédiatement. Naruto se rendormit, paisible de nouveau.
Tsunade se releva alors que les brancardiers installaient le malade sur le lit, Karin le couvrit avec des draps propres.
Peut-être aurait-elle dû y mettre un peu plus de forme pour lui annoncer la nouvelle, pensa Tsunade, mais Naruto avait subit un traumatise profond, et il serait beaucoup plus difficile de lui faire admettre et accepter son état de victime. Naruto allait avoir besoin d'un suivi et d'aide pour affronter son drame.
Au moment où elle s'apprêtait à sortir de la chambre, le regard du docteur croisa un autre plus noir. Elle soupira.
A suivre...
(*) Je hais les hôpitaux, pour y avoir souvent séjourné, je trouve que ces lieux empestent.
C'est une bonne suite.
Les chapitres de cette histoire sont plutôt courts, n'hésite pas à m'en envoyer plusieurs.
Bye bye
Vivement la suite !
Merci, j'avoue que j'ai réécris certains passages donc cela a rallongés ce chapitre. Merci pour ta correction.
Voilà... alors vos impressions ?
Allez une toute petite review pour la nouvelle année.
Sinon la suite est prête déjà (héhéhé j'ai fait des efforts) mais (oui il y a toujours un mais) le chapitre 3 n'est pas encore fini donc je vais vous faire patienter encore un peu.
Comme je ne désire pas m'avancer, je ne prévois pas de poster le prochain chapitre avant le 25 janvier. Oui je sais c'est loin, mais l'inspiration ne vient pas toujours quand on le demande.
Sinon Bonne Année 2011, meilleurs vœux de bonheur de joie de sérénité et de paix.
Prenez soin de vous.
Peace
Mimosa.
