Voilà donc la suite de cette petite histoire ^^
Un grand merci à ma colloc' préférée, Resha Tsubaki, qui a lu et corrigé cette partie qui n'était pas glorieuse-glorieuse ;D
Bonne lecture =)
Quelques semaines plus tard
« Je savais que c'était elle, s'exclama VanPelt en ouvrant le carton de la pizza, symbole de la clôture d'une enquête.
- Mais oui, » railla Rigsby en plantant les dents dans sa part alors que Cho levait les yeux au ciel.
L'alchimie qui existait entre Wayne et VanPelt les faisait flirter outrageusement, les menant parfois jusqu'à la dispute, au plus grand dam de Lisbon ainsi que de Cho. Au contraire, Jane se délectait des histoires de ses collègues et les poussait parfois même à se chamailler afin d'être aux premières loges.
Un peu à l'écart, Lisbon observait ses collègues, un petit sourire aux coins des lèvres, les bras croisés sur sa poitrine. Elle avait de la chance d'être à la tête cette unité : ils formaient vraiment une belle équipe.
« Hey, patron ! lança VanPelt. Une part ? »
Lisbon lui sourit puis s'approcha de la table. Elle se pencha par-dessus l'épaule de Cho avant d'attraper une part de pizza. Alors qu'elle fut sur le point de mordre dedans, elle remarqua le regard que Jane posait sur elle, cependant dès que leurs yeux se croisèrent, il détourna la tête. Elle se retint de soupirer : cela faisait quelques temps qu'il était comme cela avec elle : distant, hésitant… Et elle devait avouer que cela la rendait assez triste, cette complicité lui manquait, sa compagnie, sa personnalité si extravagante… Elle le scruta un moment, espérant qu'il allait se retourner, lui sourire et que tout redeviendrait comme avant. Au contraire, le consultant tressaillit, ignora son regard, se leva de table et déclara en s'étirant :
« Bon, je vais me coucher. »
Les autres acquiescèrent et personne ne fut étonné de le voir prendre sa veste puis quitter les locaux ; depuis environ une semaine il ne dormait plus au CBI. La conversation reprit, tout comme le débat de VanPelt et Rigsby à propos de qui avait raison, pour le plus grand malheur de Cho qui commençait à en avoir vraiment par-dessus la tête. Il chercha le regard de sa patronne guettant une quelconque forme de soutien toutefois, Lisbon avait la tête baissée, le dos vouté et l'air abattu. Cho soupira, le moral de cette dernière se détériorait depuis qu'elle et Jane ne se parlaient plus. Il n'avait d'ailleurs pas compris ce qui c'était passé; un matin Jane était arrivé, différent, soucieux, puis tout avait changé entre eux ; ils ne plaisantaient plus, ne se chamaillaient plus… En fait ils se comportaient comme deux connaissances. En revanche, Jane se montrait amical envers l'équipe et parlait volontiers à Lisbon en leur présence. Pourtant il n'y avait plus cette petite flamme au fond de son regard… La conversation semblait vide et creuse. Fausse. Plus le temps passait, plus Lisbon semblait souffrir de ce changement de comportement de la part du consultant. Or personne n'avait jugé bon d'intervenir, craignant les foudres des deux jeunes gens. Seule VanPelt avait osé aborder le sujet avec Jane qui lui avait poliment fait comprendre que cela ne la regardait pas. C'était il y a une semaine, depuis plus aucune allusion.
*
Plus tard dans la soirée, VanPelt, Rigsby et Cho partis, Lisbon se retrouva seule dans les locaux du CBI, à ranger le carton de pizza ainsi que les cannettes de soda qu'ils avaient bu pour fêter la résolution de l'affaire. Elle jeta les déchets à la poubelle, puis mit de l'eau à bouillir, une tisane lui ferait le plus grand bien. Alors que l'eau chauffait, elle s'interrogea sur ce qui se passait depuis deux semaines, depuis cette fameuse nuit au CBI… Elle avait d'abord accepté que Jane l'évite : après tout, il avait peut-être eu besoin de temps... Puis elle avait rapidement compris que le temps lui importait, qu'il voulait éviter tout contact avec elle. Il s'arrangeait toujours pour ne pas être seul en sa compagnie, afin d'éviter d'être ensemble sur le terrain, d'avoir à lui téléphoner. Il passait toujours par Rigsby ou Cho pour lui communiquer quelque chose, en s'arrangeant pour que cela ne paraisse ni grossier ni irrespectueux, après tout, elle restait sa boss. Le sifflement de la bouilloire coupa court à ses songes et elle versa l'eau dans sa tasse avant d'y ajouter machinalement un sachet de tisane. Elle s'accouda au bar de la cuisine du CBI, essayant de retrouver le fil de ses pensées, pas bien difficile : Jane… Il lui manquait, sa présence, son aura, son humour… Tout ce qui faisait de lui cet homme si agaçant, puéril, parfois même arrogant, lui manquait. Elle le sentait s'éloigner d'elle au fil du temps, la fuyant, ne soutenant même plus son regard. Avait-il peur ? Elle savait qu'il connaissait ses pensées, ses désirs, ses sentiments. Ce n'était pas nouveau, il l'avait rapidement cernée. Cependant il savait aussi que jamais elle ne ferait quelque chose pour changer la relation placide entre eux. Jamais elle n'oserait, les fantômes de sa femme et de sa fille lui flottaient devant les yeux. Alors pourquoi ? Peut-être avait-il mal interprété ce qui s'était passé, pourtant, elle n'avait pas eu l'impression d'être ambiguë avec lui.
Mécaniquement, elle s'était dirigée vers la salle de travail de l'équipe, vers le sofa de Jane. Elle s'assit doucement dessus, presque craintivement, la sensation de s'immiscer dans la vie privée de son collègue lui pesant sur les épaules. Elle fut frappée par l'odeur dont le cuir était imprégné, l'odeur de Jane, l'odeur du sommeil… Etrange. Lisbon ferma les yeux et soupira, portant sa tasse à ses lèvres.
« Perdue dans vos pensées ? »
Elle sursauta et porta sa main à sa taille, cherchant son arme de service, renversant un peu de sa tisane sur le divan.
« Jane ! s'exclama-t-elle, furieuse, en reconnaissant son interlocuteur.
- Désolé, je ne voulais pas vous faire peur.
- C'est raté, constata-t-elle en essayant d'éponger la tâche sombre sur le cuir. Et merde. »
Le blond la regarda, les bras croisés, impassible. Enervée, elle releva la tête et le dévisagea, les yeux remplis d'une lueur étrange.
« Quoi ?
- Rien. Je vous regarde, c'est tout.
- Oh ! Vous me regardez !
- Oui.
- Pourtant, je n'ai pas eu l'impression que vous souhaitiez me voir ces derniers temps !
- Peut-être que j'ai… commença-t-il en tentant de garder son masque impassible.
- Peut-être ? » gronda-t-elle.
Jane se tut, sentant la colère de Lisbon prendre peu à peu possession de son esprit. Ce qu'il dirait risquerait d'envenimer encore plus la situation, mieux fallait se taire et la laisser parler ; se taire et faire face. Elle prit une grande inspiration et reprit, crachant presque ses mots :
« Jane, cela fait des jours que vous m'évitez, que vous me lâchez à peine un mot, que vous vous arrangez pour ne pas me parler, même pour les enquêtes !
- C'est vrai.
- C'est vrai ? C'est tout ce que vous trouvez à dire ?! »
Il voyait les yeux de Lisbon s'embuer de larmes et il sentit son estomac se contracter, il n'aurait pas pensé que cela lui ferait aussi mal. Elle posa sa tasse sur la table basse puis remit une mèche de cheveux derrière son oreille et en profita pour essuyer une larme qui commençait à couler.
« Lisbon, je…
- Taisez-vous. Partez, je ne veux pas vous parler.
- Lisbon…
- Partez… sanglota-t-elle, se recroquevillant sur le divan. Partez Jane.
- Lisbon… »
Il la rejoignit sur le canapé et posa maladroitement sa main sur son épaule qu'elle dégagea violemment, sanglotant toujours
« Je… Lisbon… Teresa, je ne voulais pas… Je devais réfléchir à propos de moi… A propos de ma femme, de ma fille, de RedJohn…
- Vous le faites constamment, Jane.
- Oui, mais cette fois… J'ai… J'ai compris. Compris que j'avais tort et que je risquais de me planter. »
Il la sentit se tendre à ses côtés, et passa doucement un bras autour de ses épaules. Elle frissonna mais ne se dégagea pas ; c'était un début.
« J'ai compris que la vengeance ne m'apporterait rien… Que je faisais fausse route depuis le début. Que si je n'avais pas encore attrapé RedJohn, c'était parce que j'agissais comme il le souhaitait, me rendant prévisible. J'avais tort.
- En quoi cela me concerne ?
- J'ai aussi compris… Autre chose. »
Il resserra son emprise autour de ses épaules et lui caressa machinalement le dos sentant son inquiétude croître. Quant à la suite de leur conversation, néanmoins sa respiration avait presque retrouvé un rythme normal et ses pleurs avaient cessé.
- J'ai compris que je ne pouvais pas me cacher éternellement, que je n'étais pas seul. Rigsby, Cho et VanPelt sont là. Bosco était là. Vous êtes là… Et il faut que je vive dans mon temps. Vous êtes ma famille. Le CBI. Et vous… Toi… Tu es… »
Il se tut, incapable de continuer, un poids pesant sur sa poitrine.
Lisbon releva la tête et il essuya maladroitement les traces de ses larmes. Alors qu'il éloignait sa main de son visage elle la rattrapa et la fixa ; il ne mit pas longtemps avant de comprendre ce qu'elle cherchait.
« Je l'ai retirée. »
Elle le dévisagea, ses yeux verts encore humides de larmes.
« Il y a un peu plus de deux semaines. »
Elle resta un moment immobile et finit par baisser la tête, incapable de soutenir son regard. Il la lui releva délicatement et lui sourit timidement. Ils avaient tous les deux souffert, il fallait que cela cesse.
« Je n'aurais pas dû te tenir à l'écart de moi, Teresa. En six ans je ne l'ai jamais fait. Tu m'as compris, m'a couvert, m'a aidé. Je réalisais ce que tu faisais pour moi mais mon désir de vengeance m'obstruait la vue. J'étais comme aveugle. Mais maintenant je vois. Je te vois. Je… Je nous vois. »
A nouveau, les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes et il lui caressa lentement la joue avant de l'attirer vers lui et de la serrer dans ses bras. Ils revenaient de loin. Ils étaient deux personnes que tout opposait mais qui restaient unies par la traque de RedJohn, par leur désir de vengeance. Ensemble ils pouvaient tout, seuls ils n'étaient rien.
Jane ferma les yeux et resserra son emprise sur Lisbon. Il était bien… Il aurait souhaité que le monde cessât de tourner, juste quelques instants, que son cerveau se mît en pause, que la vie leur laissât un moment de répit. Juste un instant… Il avait perdu sa femme, sa fille, elle avait perdu sa mère, vu son père être détruit par sa souffrance, consumé par son chagrin, la propulsant trop vite vers l'âge adulte, elle avait perdu Sam… Ils étaient unis dans leur malheur, aussi étrange que cela puisse paraître ; malgré tout ils étaient heureux.
« Jane… Je… »
Elle se dégagea doucement de son étreinte, les traces de ses larmes marquant ses joues.
« Je ne veux pas que tu penses que tu es obligé de… Enfin… »
Elle montra sa main gauche qu'elle tenait bien serrée contre elle. Il lui sourit, d'eux deux c'était elle qui ressentait la peur de trahir sa famille ; ils n'étaient définitivement pas ordinaires.
« Teresa, je t'aime.
- Oui, mais… »
Réalisant peu à peu ce que venait de dire le consultant, elle se tut et chercha ses yeux comme pour y trouver une preuve à ce qu'il venait de dire, afin de se convaincre qu'elle ne l'avait pas rêvé.
« Je t'aime, Teresa. » répéta-t-il en souriant.
Cela semblait si simple… Il sentit un poids s'ôter de ses épaules et il n'hésita pas une seconde : il attira Lisbon contre lui et l'embrassa, timidement, prudemment. Il sentait qu'elle pleurait, ou bien était-ce lui ? Aujourd'hui, ils laissaient tous deux une partie de leur passé derrière eux et ils fixaient l'horizon, défiant le futur, main dans la main.
« Ensemble, nous pouvons tout. »
Et voilààà ^.^
Bon, je n'ai pas pu résister et j'ai aussi écris un épilogue, très court, qui clôturerait cette petite fic =) je pense le poster cette semaine, alors en attendant, laissez vos impressions ^^
