Bonjour!
Dîtes, c'est juste moi ou alors les fics débordent d'OC et/ou de Mary-Sue sur ce fandom? Je veux du One Piece! C'est à vous décourager de publier. Et de lire!
Bref, la suite. Une bonne partie revient à Lisen-Chan, ma Bêta d'amour alors que j'étais bloquée. Merci Lisen, t'es juste extra!
Bonne lecture!
CA VA SAIGNER!
Chapitre 2
La vie avait repris son cours sur le Sunny. Zoro snobait le cuisinier, passant des heures dans la vigie ou à s'entraîner comme si rien ne s'était passé. Sanji était toujours à un rien de céder à une nouvelle hémorragie mais il lui suffisait d'apercevoir le sabreur et sa volonté l'emportait, aucune effusion de sang, se contentant de sa danse de l'anguille et de ses yeux en cœurs pour s'occuper des deux femmes de sa vie.
Sa volonté… plutôt sa nouvelle obsession! Il ne cessait de penser à ce qui s'était passé, ça avait été si bon!
Bordel, impossible, impensable, pas avec cet abruti dégénéré, borgne, balafré, musclé, sa peau de miel, son regard d'émeraude…Argh, putain de cerveau bipolaire! C'est un mec! Un mec! En plus, c'est le Marimo! Pas lui putain, pas lui! Et ce salopard qui m'ignore maintenant. Merde! Merde! MERDE!
Donc la vie avait repris et le cuisinier se surprit à provoquer dès que possible et de plus en plus souvent le bretteur, histoire de passer du temps avec lui de la seule façon qu'il pouvait envisager, soit en échangeant des coups. Mais il avait beau tenter de se persuader du contraire, l'algue occupait un peu beaucoup trop ses pensées. Il s'était caressé sous la douche mais n'y avait trouvé qu'une pale imitation de ce qu'il avait ressenti alors. Si bien que la frustration l'emporta sur le reste.
OOOOooooOOOOooooOOOO
Le repas se terminait dans la joie et la bonne humeur comme d'habitude et Sanji commençait de débarrasser la table, la clope mâchonnée nerveusement au coin de sa bouche. Il avait regardé les filles, court vêtues et pourtant, rien, pas la moindre petite goutte de sang, et il avait beau se moucher à s'en faire péter les sinus, pas la moindre trace rosée. Il n'était pas indifférent, bien au contraire, toujours subjugué par leur beauté pulpeuse mais son corps n'y réagissait plus. Par contre, il lui manquait quelque chose, il en était sûr, il se sentait comme incomplet. Et c'était le soir parfait pour provoquer la chance.
Facile, fastoche, les doigts dans le nez, fingers in the nose! Tout d'abord, se concentrer. Nami, ma belle Nami… assise à table entrain de donner un coup à Luffy qui est trop bruyant! Il est chiant le chewing-gum, il me déconcentre! Bon, Nami… faut que je l'imagine…elle vient d'enlever son chemisier, un soutien-gorge blanc… non, rouge! Trop petit, sa poitrine déborde. Sa peau de pêche… un mamelon qui pointe…AAAAARGH! Putain, j'y arrive pas! Tu vas saigner, oui?!
Mais le cuisinier avait beau faire, le prétexte qu'il cherchait tant à provoquer était tout bonnement inaccessible, la source était tarie. Il devait trouver autre chose afin de profiter du traitement du sabreur sans avoir l'air de se jeter à son cou, question de fierté et il n'allait tout de même pas le supplier? Plutôt crever!
« Marimo, c'est toi qui m'aides à la vaisselle ce soir. »
Sanji avait prononcé la parole de son ton le plus blasé afin de ne pas éveiller les soupçons. Zoro se contenta de soupirer mais ne fit aucun commentaire.
Quelques minutes plus tard, ils étaient seuls dans la cuisine, le cuisinier les deux mains dans la mousse et le bretteur qui essuyait sans dire un mot.
« Dis Marimo, pour l'autre fois…
- Ben quoi?
- Ben je me disais… que… »
Sanji ne parvenait pas à sortir une parole cohérente et l'autre avec son air froid et hautain de l'aidait en rien.
« Si tu comptes me dire un truc, essaye de finir une phrase, Sourcil enroulé.
- Si tu crois que c'est facile! J'ai autant envie de te parler que de me pendre!
- Oï, c'est toi qui voulais taper la discute, je t'ai rien demandé. Continue de la fermer si c'est pour être désagréable.
- Si tu faisais une autre gueule, j'aurais peut-être envie d'engager la conversation mais là, excuse-moi du peu, mais tu me donnes juste envie de t'envoyer chier! »
Zoro balança le torchon et commença de partir vers la porte.
« Démerde-toi tout seul, t'es trop chiant.
- Ben justement, tout seul, c'est pas le pied! »
Le sabreur stoppa net et se retourna.
« T'es bien en train de me parler de la vaisselle, là?
- Non, je suis en train de te dire que si tu voulais me sucer de nouveau, je serais super partant! Voilà, t'es content, Algue défraîchie?
- Sauf que là, tu saignes pas vraiment du nez. »
Le maître-coq sentit tout à coup monter en lui une pulsion meurtrière. Non, il ne saignait pas car cette andouille avait été si efficace la dernière fois qu'il ne pouvait penser à rien d'autre qu'à lui depuis! Il était devant l'évier, Zoro à sa gauche, le placard à sa droite. Sa tête bougeait de l'un à l'autre tel un arbitre de tennis. Et sous le regard ahuri du bretteur, il partit à tribord toute, ouvrit la porte du placard en hauteur à la volée, ne bougea pas d'un millimètre et se prit le battant pleine face. Puis il se tourna vers Zoro qui était bouche bée et le défia du regard.
« Et là, c'est bon? Mon pif saigne assez?
- Mais t'es un grand malade, Baka Cook! »
Sanji aurait voulu répliquer mais cette fois, en plus que son nez et son arrière-gorge soient envahis de sang, ses yeux se remplirent d'eau sous la douleur du choc. Il attrapa le torchon et se le colla sur le visage, autant pour éponger les larmes que le sang.
« Cook, t'es irrécupérable.
- Oh, ça va, hein! Bordel, que ça fait mal!
- Tu m'étonnes! »
Zoro ouvrit le congélateur et lui tendit de la glace. Le cuisinier s'en saisit, l'enveloppa dans le linge humide et le tint contre lui en grinçant des dents. Puis il se laissa glisser au sol, assis par terre et les yeux fermés. Il se sentait idiot, mal, fatigué, lassé...
« Marimo, t'as fait quoi pendant ces deux ans? »
C'était bien la première fois que le cuistot lui posait une question personnelle alors il choisit de s'asseoir à côté de lui, histoire de voir.
« J'ai sabré. Et toi?
- J'ai couru. Beaucoup couru. T'étais seul?
- En quelque sorte. Entre Mihawk et Perona, on peut pas appeler ça de la compagnie.
- Tu étais avec le corsaire? Mais tu…
- C'est plus vraiment important. On est sur le Sunny, y'a rien d'autre à dire.
- T'as raison, ça m'a vachement manqué tout ça, Luffy et les autres. Ça te dirait qu'on se boive un coup tous les deux? J'ai une bonne bouteille.
- Si tu me prends par les sentiments… »
Sanji alla chercher le rhum pendant que Zoro sortait deux verres et ils reprirent place au sol.
« Un toast, Marimo. À notre retour ici!
- Tu l'as dit, Cook! »
Ils entrechoquèrent les verres. Et il en fut ainsi de plusieurs tournées puis de plusieurs bouteilles. Sanji grillait quelques cigarettes mais Zoro ne râla pas, même cette odeur lui avait manqué, il s'en apercevait à cet instant.
« Dis Marimo, ton œil… qu'est-ce qui s'est passé?
- C'est important?
- Non. Enfin, j'aimerais le savoir. J'aimerais que tu fasses semblant d'être mon ami ce soir, c'est tout. »
L'ivresse rendait ses paroles un peu traînantes, ses yeux brillants, son ton un peu triste. Zoro se tourna vers lui et le regarda bien en face.
« Pourquoi semblant? Tu m'énerves mais j'ai jamais dit qu'on n'était pas amis.
- T'as jamais dit le contraire non plus.
- Et toi alors? T'arrêtes pas de me les briser menues dès qu'on se croise, c'est pas pour ça que je te vois autrement qu'un nakama. Qu'est-ce qui t'arrive?
- Rien. Je crois que je devrais aller me coucher, j'ai trop bu. »
Sanji tentait de se lever tant bien que mal, l'alcool l'ayant rendu chancelant, quand la poigne ferme du sabreur enserra son bras, le tirant vers le bas et il retomba lourdement sur son postérieur en lâchant un petit grognement.
« Qu'est-ce qui te prend, Tronche de gazon?!
- C'est plutôt à moi de te demander ça, non ? C'est toi qui veux qu'on cause et quand je pose une question, tu te barres. Tu vas accoucher et me dire ce qui t'arrive parce que là, tu commences vraiment à me gonfler, Shitty-C…ook. »
Zoro regarda avec étonnement les deux rougeurs qui étaient apparues sur les joues de son meilleur ennemi et se repassa mentalement sa dernière tirade, cherchant ce qu'il avait pu dire qui mettait l'autre dans cet état. Le cuistot de son côté avait resserré les jambes devant lui, cherchant à camoufler un problème de taille exponentielle.
« T'as foutu quoi pendant ces deux ans pour revenir dans cet état?
- Je te l'ai dit, j'ai couru, longtemps.
- Et pour échapper à quoi? »
Il vit Sanji blêmir et le sentit trembler sous ses doigts qui enserraient toujours son poignet.
« À l'enfer… un enfer peuplé d'hommes travestis en femmes… qui voulaient… qui voulaient… cette maudite robe… »
Sanji avait de plus en plus de mal à respirer, il cauchemardait les yeux grands ouverts, ils allaient réussir, ils allaient l'attraper…
« Oï! Cook ! »
Sanji reprit pied avec la réalité, brutalement, il était dans sa cuisine et Zoro à ses cotés semblait inquiet. Ça ne le rendait que plus attirant, désirable, excitant…
« Je sais pas ce qui s'est passé là-bas, Face de Citron, mais tu n'y es plus. T'es avec nous, là, sur le Sunny… t'es… avec moi. »
Sanji mangeait du regard l'épéiste, se régalant du spectacle rare de le voir gêné.
« Je suis pas homo.
- Hein? »
Zoro écarquilla les yeux, surpris, mais de quoi il lui parlait ?
« On ne parle plus d'amitié, là? », crut bon de rajouter le sabreur.
Sanji blêmit de nouveau.
Merde! Mais qu'est-ce que je viens de dire là? Il va croire que je lui fais des avances, ce con! Hors de questions! Je ne suis pas gay, j'aime les femmes, les grosses poitrines qui font dong-dong quand elles courent, les jambes fines et galbées! Sûrement pas des torses imberbes, des abdos en béton armé, un cul ferme et rebondi, ni une peau halée à l'odeur suave de rhum, de bois avec une touche de sel… Merde! Putain de cerveau!
Zoro le dévisageait, impassible, impénétrable. Impossible de savoir à quoi il pensait à ce moment là mais lui voyait bien le trouble chez son vis-à-vis. Il l'avait gardé seul avec lui pour faire la vaisselle, lui avait réclamé une pipe avec des mots crus qui l'avaient excité au plus haut point, s'était pris une porte de placard pour finir par se bourrer la gueule. Il ne comprenait pas le Cook. Ne l'avait jamais vraiment compris de toutes manières. Mais là en tout cas, il savait ce que voulait le blond. Il avait envie. Oh oui, il avait même très envie. Mais le problème était qu'il pensait trop.
« Comment tu le sais? »
Sanji cligna plusieurs fois des yeux, faisant des efforts pour se reconnecter sur la conversation, en vain, il avait perdu le fil au cours de ses divagations avec lui-même.
« Que je sais quoi?
- Que tu n'est pas homo? T'a déjà essayé avec un mec? »
Sanji rougit, pas seulement aux joues, il sentait qu'il avait les pommettes, les oreilles, le visage en entier en feu. Le Marimo ne lui proposait quand même pas de…
« Je… de… mais… »
Zoro soupira doucement, légèrement agacé par son manque de réactions claires. Ne savait-il pas depuis le temps que la conversation n'était pas son point fort? Si en plus, il n'y mettait pas du sien en sortant des bouts de mots sans queue ni tête…
« Tu va me sortir tous les mots deux lettres que tu connais?
- T'es pas en train de… me proposer… avec toi quand même?!
- Si. »
Silence. Un instant qui s'étirait pendant lequel le mot simple et clair semblait résonner encore et encore. Sanji était tétanisé. Il avait envisagé, voir espéré bénéficier d'une nouvelle faveur de l'épéiste mais là, ça allait au-delà de ses espérances. Bien au-delà. Trop.
Puis la patience du sabreur, qu'il avait étirée à son maximum, vola en éclat et il se pencha pour capturer les lèvres si tentantes qui lui faisaient face. Il ne fit que les poser délicatement, immobiles. Il le sentit se tendre contre la cloison contre laquelle il était appuyé, raide et figé.
Le Cook n'aimait pas.
Déçu, il rompit le contact et se recula, mais seulement légèrement car une main s'était glissée sur sa nuque. une main fine aux longs doigts agiles qui rapprocha son visage, et des lèvres se pressèrent à nouveau contre les siennes.
Zoro eu un petit sourire contres ses lèvres tremblantes, hésitantes et il se colla un peu plus contre le corps brûlant du blond. Une caresse timide de la pointe de la langue sur ses lèvres, une bouche qui s'ouvre un peu pour la laisser entrer et l'une rencontre enfin sa jumelle, elles se rejoignent dans un soupir. Elles se cherchent, se taquinent, se repoussent, s'attirent, se goûtent, se délectent de l'autre et c'est avec regret qu'elles se quittent pour laisser les deux hommes reprendre un peu d'air, la respiration haletante et le pantalon trop serré.
L'esprit complètement perdu, les joues en feu, le cœur sur le point de sortir de sa poitrine, Sanji murmura tout contre les lèvres du vert.
« Je ne suis pas gay.
- On vient juste de commencer Cook, j'ai encore toute la nuit pour te faire changer d'avis.
- Je…
- La parlotte, c'est pour demain. »
Et il fondait sur la bouche trop tentante pour le faire taire et se laissait griser par ce Blondinet qui se laissait aller entre ses bras.
OOOOooooOOOOooooOOOO
Le jour pointait à peine que Sanji entrouvrit les yeux, pas tout à fait réveillé, étrangement fatigué. Enfin, pas si étrange que ça, à la vue d'une Tête de Gazon qui dormait à même le sol de la cuisine, juste en face de lui. La nuit avait été longue. Et douloureuse. Mais aussi… si agréable, excitante, voire jouissive car oui, c'était bien le mot. Plusieurs fois. Des sensations qu'il ne pourrait jamais décrire tellement elles avaient été puissantes. Ils avaient fini par s'endormir sur une couverture, se servant d'un coussin du canapé comme oreiller et du kimono du sabreur comme couverture. N'importe qui aurait pu les surprendre mais ils s'en étaient fichus royalement.
Zoro avait été incroyablement patient, il n'aurait jamais cru qu'il puisse l'être. Des baisers, des caresses et son prénom susurré au creux de son oreille et tout avait été simple. De la gêne à la honte, il était passé au désir fou, incommensurable, au point de lui laisser la victoire sur une dominance de routine entre eux. Et quand il l'avait senti en lui, il avait su qu'il était enfin revenu de cette île de malheur. Ou de bonheur, lieu où il avait appris la tolérance envers ces hommes qui y avaient trouvé un refuge. Ironie que d'avoir lutté pendant deux ans pour ne pas devenir comme eux et finir entre les bras d'un type plus que viril.
Merde alors! Avec le Marimo! Je savais même pas qu'il pouvait être doux. Oui, enfin, c'est quand même à cause de salopard que j'ai aussi mal au cul! Il pouvait pas y aller plus doucement?! Enfoiré! Mais putain ce qu'il est beau… Merde, je ne suis pas gay! Je ne suis pas gay! Je ne suis pas gay!
Mais alors que le cuistot tentait de se persuader, son regard croisa des iris verts encore embués de sommeil.
« Alors Ero-Cook, t'es tellement pervers que tu me mates pendant que je dors? »
Sanji se sentit rougir, à son grand désespoir. Et balança la première réplique qui lui vint à l'esprit.
« Je ne suis pas gay.
- Hmh… Vraiment?
- Ben… Je le suis pas, ça j'en suis sûr. Après, je… je sais plus.
- Je peux pas vraiment savoir à ta place. Mais bon, si tu veux, on oublie tout et on se foutra une peignée tout à l'heure.
- Et comment tu crois que je peux oublier un truc pareil, Tête de pelouse?! En fait… je pensais plus qu'on devrait réessayer à l'occas', histoire que je sois sûr…
- Tu sais quoi?
- Ben non, quoi?
- Tu réfléchis trop! »
Et il l'empoigna par la taille et le tira contre lui, pressant sa bouche sur la sienne. Et le baiser d'abord pressant, puis doux, puis soudain plus gourmand réveilla une douce chaleur en eux. Les mains, couraient, s'accrochaient au corps, exploraient monts et vallées. Et ils oublièrent, pour quelques instants encore, avant de se rendormir enlacés.
OOOOooooOOOOooooOOOO
Les jours s'étaient succèdés, puis les nuits... des étreintes dans la vigie ou la cuisine lorsque tout le monde dormait. Il fallait alors s'y rendre furtivement pour ne pas attirer l'attention de l'homme de quart, s'y glisser sans bruit, Sanji espérant à chaque fois que l'Algue verte ne ce soit pas perdue entre le dortoir et leur lieu de rencontre. Car il devait bien l'avouer, il devenait aussi dépendant à l'épéiste qu'à ses cigarettes.
Parfois, ils étaient si passionnés que le lendemain était douloureux pour un certain cuisinier mais il avait choisi de faire avec car il ne pouvait plus faire sans. Le soir-même, ils ne faisaient qu'échanger baisers et caresses avant de s'endormir l'un contre l'autre.
Une nuit, alors qu'ils goûtaient délicieusement à des préliminaires dans la cuisine totalement dévêtus, ils se figèrent à l'entente d'un bruit. Ils étaient alors allongés dans un coin reculé et dans la pénombre, il n'eurent aucun mal à distinguer la silhouette d'un chapeau de paille.
Merde! J'ai oublié de verrouiller le frigo!
Son d'une porte qui s'ouvre, un ricanement, un soupir d'extase.
Le petit salopard! Je vais le bousiller! S'il veut manger, je vais lui faire bouffer son chapeau de paille!
Le cuisinier bloqué sous le corps de Zoro amorça un mouvement afin de faire regretter au voleur d'être né mais le sabreur, alors entre ses jambes, l'en empêcha. La seule lumière venait du frigidaire ouvert et d'un pauvre halot de la lune traversant les hublots. Leur capitaine était occupé à mastiquer derrière le bar. Sanji lança un regard courroucé au bretteur qui lui dédia son petit sourire carnassier.
Houlà! Il va quand même pas...
Mais il cessa de penser quand une main hâlée se posa sur sa bouche et que le sabreur en profita pour le pénétrer d'une seule poussée. Son gémissement de douleur fut baillonné par la paume. Zoro attendit quelques instants avant de commencer à se mouvoir en lui.
Oh le con! On va se faire pincer! Oh le con!
Il tenta de se contorsionner pour lui échapper, ce qui ne fit qu'exciter l'autre d'avantage et l'épéiste accéléra ses mouvements. Il ne fallut pas longtemps avant qu'il n'effleure cette prostate traître qui enleva au cuisinier toute tentative de fuite et son sexe pressé entre leurs ventres semblait s'être allié à la vicieuse pour le convaincre qu'il était parfaitement bien là où il était. Preuve en était que ses mains s'accrochaient aux épaules musclées et que son propre bassin courait après l'autre.
Quelque chose tomba pas loin d'eux. Un regard du coin de l'oeil, c'était un os de gigot balancé par Luffy qui ne se rendait toujours compte de rien, bien trop absorbé à se gaver.
Les deux amants se perdaient dans les sensations, et ce parfum de danger imminent ne faisait que les échauffer un peu plus. Le sabreur retira sa main et plaqua sa bouche à la place, avalant les gémissements du cuistot. Et ils s'embrassaient comme s'ils avaient besoin de l'autre pour respirer.
Qu'il nous voie, je m'en fous! Il peut bien rameuter tout l'équipage ou même se joindre à nous s'il le veut, pourvu que Zoro n'arrête pas. C'est trop bon!
Sanji, sentant l'orgasme monter, s'arracha aux lèvres pressantes pour mordre l'épaule de miel alors qu'il se déversait, le corps secoué de spasmes libérateurs. Il n'en fallut pas plus pour que Zoro fasse de même et se laisse aller de tout son poids sur le corps chaud sous lui. Le bruit de la porte de la cuisine qui se refermait attira à peine leur attention. Zoro se contenta de rouler sur le côté entrainant avec lui son amant et ils s'endormirent.
OOOOooooOOOOooooOOOO
À la table du petit déjeuner, tout le monde, à part un capitaine encastré dans le mur par une semelle dévastatrice, profitait du repas délicieux comme d'habitude. Luffy finit par les rejoindre, passant sous la table et se glissant à sa place l'air de rien, surveillant du coin de l'oeil le cuisinier à l'esprit revanchard. Mais ce dernier l'ignorait à présent et semblait plongé dans ses pensées. Il en fut sorti quand Franky l'interpella.
« Oï Sanji! J'ai pensé à un truc, pour la chambre que tu m'as demandé, on pourrait la faire dans le grand placard, suffit de mettre un hublot et d'aménager un peu. »
Silence. Tout le monde s'était tourné vers lui, surtout le sabreur qui le fixait l'air surpris et intéressé. En effet, le maître-coq avait émis ce souhait au charpentier l'air de rien, un peu lassé de se réveiller sur le plancher, le dos en vrac en plus du reste. Sauf qu'il ne s'attendait pas à ce que ce soit le sujet de conversation autours du repas.
« Parfait Franky, c'est toi qui vois. »
Mais toute la tablée le regardait avec suspicion. Et Luffy, en bon capitaine soucieux de l'unité de ses troupes, choisit d'intervenir.
« Tu veux plus partager le dortoir avec nous?
- Eh bien, c'est juste que j'aspire à plus d'intimité, voilà tout.
- Tu nous aimes plus?
- Vous entendre ronfler dans cet endroit puant n'est pas ce que j'apprécie le plus.
- Tu veux quitter l'équipage? »
Face au ton angoissé, Sanji culpabilisa quelque peu.
« Bien-sûr que non, juste que je suis le dernier couché, le premier levé alors j'aimerais pouvoir m'endormir plus vite. Je suis crevé, voilà. »
Usopp, devant la mine déconfite de Luffy, choisit d'intervenir.
« Tu le connais, c'est un tombeur, t'as vu comme il saigne du nez rien qu'à la vue d'une fille? Il veut pouvoir en ramener une ici de temps en temps, pas vrai Sanji? »
Regard en coin, un sabreur soudainement tendu.
« Non, tu n'y es pas du tout.
- Allez, tu peux bien nous le dire.
- J'ai rien à dire de plus. Je veux juste une chambre à moi.
- Pour y amener des filles.
- Non.
- Ben si.
- Ben non.
- Ben si.
- Ben non!
- Et je te dis que si!
- Non, parce que je suis gay! »
Et un ange passa, en fait, toute une armée. Les regards étaient exorbités, les gestes figés, le temps s'était arrêté et Sanji se maudissait intérieurement.
Merde! Bon ben voilà, c'est dit. Merdeuh! Je suis... gay. Ben merde, alors.
Les autres ne le savaient pas mais c'était une révélation pour lui aussi. Seul le bretteur se permit un petit sourire. Le Blondinet ne le repoussait jamais, était même souvent l'instigateur de leurs étreintes fiévreuses mais il gardait cette sorte de réserve, comme une honte qu'il n'assumait pas, toujours à se poser mille questions existentielles. Luffy regardait tout le monde et fixa son cuisinier préféré.
« Je suis bien content pour toi, Sanji.
- Ah bon?
- Oui, c'est bien de savoir que tu es joyeux, ça me fait plaisir! »
Le maître-coq eut un instant de pause, se demandant ce que voulait dire son capitaine avant de réaliser.
« Luffy, je n'ai pas dit gai, j'ai dit gay.
- C'est ce que j'ai dit, t'es joyeux. »
Sanji se pinça l'arrête du nez, soudain prêt à exploser.
« Non Luffy, je ne suis pas gai, je suis gay. Homo, tapette, tarlouze, tout ce que tu veux!
- Et ça veut dire quoi? »
Face au cuisinier qui menaçait d'en venir aux mains, Chopper intervint.
« Il aime les garçons.
- Ben raison de plus pour rester au dortoir. Nami et Robin n'ont pas le droit d'y venir. »
La rousse, à l'entente de son nom, sembla se réveiller.
« Et tu comptes ramener ici des mecs, alors?
- Mais non, Nami Chérie! Tu comptes beaucoup trop pour moi pour t'imposer pareil vice! »
Un clic. Mouvement de sabre prêt à sortir du fourreau.
Putain! Il va pas s'y mettre aussi, le Marimo! Après tout, tout est de SA faute!
Sanji lui jeta alors un regard noir qui lui fut aussitôt rendu. Puis en quelques pas, il avait contourné la table et se plantait à côté de lui.
« Quelque chose à rajouter, Tronche de Pelouse?!
- Et si on sortait sur le pont, que je te refasse la portrait, Sourcil Permanenté? J'ai quelques ''vices'' à te faire ravaler.
- Tu m'emmerdes! »
Et sur ces bons mots, il emprisonna sa nuque et posa sa bouche sur la sienne.
Et le baiser fut rendu... Nami émit un couinement... Robin sourit... Usopp recracha son café... Chopper tomba de son siège... Franky se décrocha la mâchoire... Brook ne put lancer un de ses ''Yohoho'', étranglé dans sa gorge qui n'existait plus... Et Luffy en profita pour piller les assiettes.
Sanji se redressa et l'air de rien, alluma une nouvelle clope et commença à débarrasser la table.
« Ceux qui sont encore là dans trois secondes seront de corvée de vaisselle. »
La menace dilua la surprise et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la cuisine n'était plus peuplée que d'une tête blonde et une verte. Et la vaisselle attendit, les mains avaient mieux à faire que se plonger dans la mousse.
OOOOooooOOOOooooOOOO
Sur l'île Rose, Ivankov sentit un délicieux frisson et sourit. Un adepte de plus dans le Nouveau Monde...
Tout vient à point à qui sait attendre.
FIN
Et voilà, c'est fini!
Rien de transcendant, juste pour rire mais c'est déjà ça, non?
Review pour se dire au revoir?
