" Beaucoup de gens disent que Serpentard et Gryffondor sont en fait les faces opposées d'une même pièce de monnaie"
PDV LUCY
Le quai 9 3/4 était rempli de monde. Des jeunes disaient au revoir à leurs parents, frères et sœurs, et retrouvaient leurs amis, et ennemis. Je me sentais étrangère face à ce spectacle, et j'eus envie de fuir très loin un instant. Mais je ne pouvais décemment pas décevoir mon père de cette manière. Je respirai doucement, et ne laissai rien paraitre quant à mes angoisses. Pas question de me montrer faible devant cet homme, qui avait tout sacrifié pour moi. C'était bien peu lui rendre que d'accepter ce changement, même s'il me rendait complètement dingue.
Je sentis un regard posé sur moi. En me retournant, je pus voir que je m'étais trompé. En fait, il y avait trois jeunes hommes qui me fixaient. Je les détaillai à mon tour. L'un était grand et mince, les cheveux bruns et les yeux bleus, un autre avait les cheveux très foncés, si bien que je crus qu'ils étaient noirs, des yeux bleus très clairs, et un physique avantageux. Le dernier était grand et mince, mais semblait pourtant musclé, avec des cheveux d'un blond presque blanc comme on n'en voit que dans les films et des yeux gris hypnotisant. Pourquoi tout le monde dit que les hommes français sont les plus beaux ? Il n'y a pas de canons comme ça à Beauxbâtons...
Mon père me tira de mes pensées. Il y avait encore une chose qui me tracassait, et ça, je ne pouvais pas attendre que le problème se résolve de lui-même.
- Tu ne vas pas me déshériter si le Choixpeau Magique ne m'envoie pas à Gryffondor ?
Il put voir dans mes yeux que ma crainte était sincère. Il sourit, posa ses mains sur mes épaules, et me répondit doucement.
- Pourquoi est-ce que je ferais ça ? La maison dans laquelle tu seras gagnera une excellente élève, et je serais toujours fier de toi. Et puis, soyons honnêtes, rajouta-t-il, plus pour lui que pour moi, tu n'iras jamais à Gryffondor.
Je souris, quelque peu soulagée, et dis au revoir à mon père. Il n'avait pas tort. La seule possibilité pour que j'y aille, c'était que le Choixpeau sois mort, ou qu'il ait abusé de substances illicites. Je montai dans le train.
11h. Plus question de faire marche arrière maintenant... Je soupirai bruyamment en m'attirant le regard de quelques personnes, qui se prirent en retour un regard noir avec un petit « Vous voulez ma photo ? » agressif. Non mais, de quoi se mêle-t-il ceux-là ? Je pris la cage de ma chouette et avançai dans le train à la recherche d'un compartiment de libre.
J'entrai dans le dernier compartiment, où il n'y avait qu'une fille blonde qui lisait un magazine. Elle n'a même pas daigné se tourner vers moi quand je suis rentré, tellement elle était absorbée par sa lecture. Je m'assis sur l'autre banquette, adossée à la fenêtre, sortis un livre de mon sac, mais avant même de pouvoir l'ouvrir, deux jeunes entrèrent : Une fille d'un roux flamboyant, ainsi qu'un garçon que j'identifiai comme Harry Potter, fidèle à lui-même. La fille se tourna vers moi et me souris.
- Bonjour, je m'appelle Ginny Weasley. Et toi ?
Ginny Weasley ? Ce nom me disait quelque chose. Pourquoi ce nom me disait quelque chose ? Je me dis que c'était sûrement à cause de son nom de famille. Weasley, la plus grande famille de traitre à son sang d'Angleterre, et peut-être même du monde. Mais je savais que ce n'était pas tout, et je n'arrivais pas à me rappeler où j'avais entendu ce nom.
Je me rendis compte que je n'avais toujours pas parlé, et ce n'était pas très gentil.
- Lucy Zabini, enchantée.
Je dois dire que je n'ai pas vraiment compris ce qui se passa à cet instant. Potter s'était tourné vers moi, d'une manière si brutale, qu'il avait fait sursauter la jeune fille blonde à côté de lui. Elle était pourtant tellement concentrée dans la lecture de son magazine - qu'elle lisait à l'envers - qu'elle n'avait pas remarqué une quelconque présence dans le compartiment dans lequel elle avait élu domicile.
Ginny lança un regard noir à Potter, et se tourna vers moi. Toute trace de sourire avait disparue. Elle me regardait, méfiante.
- Zabini ? Et tu nous parles ?
- Il y a un problème ? Demandai-je assez durement.
- Oui, murmura Potter.
Je me levai, et me postai devant lui. S'il pensait que son regard noir m'effrayait, il se mettait le doigt dans la bouse de dragon !
- Je te demande pardon ? Si ma présence te dérange, tu peux aussi bien t'en aller Potter. Personne ne te retient.
Il ne répondit rien, me jaugea du regard quelques instants, et se rassit en faisant comme si je n'étais pas là. Je me rassis également, devant une rouquine plus que soulagée. Allez savoir pourquoi...
- Je ne t'avais encore jamais vu ici. Tu es nouvelle ? Demanda-t-elle, pour oublier ce moment gênant.
- Je viens de Beauxbâtons. Je rentre en 5ème année.
Puisqu'elle était sympa avec moi, il n'y avait pas de raison pour que je ne le sois pas aussi en retour. Je lui répondis donc avec toute la politesse et la courtoisie dont j'étais capable. Education oblige.
Je crus entendre Potter murmurer un "génial" ironique, mais n'étant sûre de rien, je me tus.
- Bienvenue en Angleterre alors.
Pour toute réponse, je lui souris. Je ne voulais pas faire la fille malpolie, mais je me demandais pourquoi ils avaient bloqués sur mon nom de famille. Le compartiment fut plongé dans un silence gêné. J'aurais la réponse quoi qu'il m'en coûte de toute façon...
Le bruit de la porte qui claqua me sortit de ma lecture. Deux nouvelles personnes étaient rentrées dans le compartiment. Elles me semblaient familières. Je ne fis le rapprochement qu'en entendant leurs noms.
- Bonjour, je m'appelle Hermione Granger, et le goinfre là-bas, c'est Ron Weasley. Comment t'appelles-tu ?
Granger, l'amie née-moldue de Harry Potter. Et Ronald Weasley, son éternel second. J'en avais entendu parler l'an dernier, pendant le Tournoi. Pendant un millième de seconde, je me demandai si ce qu'on avait dit sur eux était vrai. Puis je refoulai cette idée aussi vite qu'elle était arrivée.
Granger était une née-moldue. Brillante, sans aucun doute, mais une née-moldue quand même. Et une personne de mon rang ne faisait pas ami-ami avec les nés-moldus. Sauf si j'y gagnais quelque chose bien sûr.
Quant à Weasley, jamais je n'avais éprouvé autant d'antipathie aussi rapidement pour quelqu'un. Pas même pour Potter. Son regard vide d'expression le faisait si peu ressembler à sa sœur que, en dehors de leurs cheveux roux, et de leurs yeux bleus identiques, on pourrait douter de leur appartenance à la même famille.
- Lucy Smith. Ravie de vous rencontrer.
Tout était relatif bien sûr, mais je n'étais pas tombé sur les pires élèves qui soient. Ginny m'avait conseillé de ne pas donner mon nom de famille, mais pourquoi j'avais pris ce nom-là, je n'en avais aucune idée. Une autre question me vint en tête: pourquoi j'avais écouté Ginny ? Tout simplement parce qu'elle paraissait saine d'esprit, et qu'il serait idiot de faire éclater un autre conflit dans ce compartiment. Mais si cela ne tenait qu'à moi, je l'aurais fait sans aucune gêne.
- Tu es nouvelle si j'ai bien compris ? Le professeur McGonagall nous a dit que tu entrais en 5ème année, comme nous. Tu sais dans quelle maison tu seras ?
- Personne ne peut savoir avant la répartition, non ?
Granger n'eut pas le temps de répondre que la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau pour laisser place à trois autres adolescents, dont deux en position de garde du corps. Celui qui se tenait au milieu était le blond que j'avais vu tout à l'heure. C'était aussi le seul qui éveilla mon intérêt parmi les nouveaux arrivants.
Le jeune blond se mit à taquiner Potter, en essayant de le pousser à bout, comme tout bon Serpentard. C'était évident qu'il était à Serpentard. De un, il se disputait avec des Gryffondor, de deux, il respirait l'arrogance et la prétention, et de trois, il utilisait le cynisme et l'ironie avec une perfection digne de Serpentard lui-même.
Vu de près il était encore plus beau. Je croisai ses yeux, et tombai dans un océan orageux. Mon cœur rata un battement devant un tel contraste. Ses yeux reflétaient tout autre chose que ses mots. Finalement, peut-être que les yeux sont vraiment les fenêtres de l'âme, qui sait ?
Alors que le blond et ses gorilles d'amis allaient partir, Potter lança :
- Eh, Malefoy ! Il me semble que tu as oublié quelqu'un.
Le dénommé Malefoy se retourna, un air d'incompréhension sur le visage, comme le reste des personnes présentes. Il arrêta ses yeux sur moi, et me dévisagea. Au bout de quelques instants, il reporta son attention sur Potter.
- Je peux savoir de quoi tu parles Potter ? Demanda-t-il visiblement perdu.
- Ne fais pas comme si tu n'avais pas compris Malefoy ! Zabini et toi, vous êtes vraiment con quand vous vous y mettez ! Ramène-la avec toi, elle semble s'être perdue.
Harry Potter n'était vraiment pas fait pour être menaçant. La preuve ci-dessus. Malefoy sourit narquoisement, Granger essayait de comprendre ce qui se passait, Ron Weasley regardait tour à tour son meilleur ami, Malefoy et moi, en essayant de comprendre quelque chose à ce qui se passait. Moi, j'étais encore plus larguée que les autres.
- Evite de parler de mes amis comme ça tu veux ? Prévint Malefoy.
Est-ce que ce Malefoy venait de dire que j'étais son amie alors que nous ne nous connaissions pas ? J'étais totalement perdue. Je regardais le blond, espérant comprendre quelque chose à leur charabia. Mais rien n'y fit. Quelqu'un pourrait m'expliquer s'il vous plait ?
- Alors va-t'en et emmène tes sbires avec toi ! S'exclama Potter.
Je me levai d'un bond, faisant sursauter Ginny. Je n'avais pas compris leur discussion dans l'ensemble, mais je savais que cette phrase m'était destinée. Je me plaçais entre les deux garçons, regardant Potter froidement.
- J'espère que ce n'est pas de moi dont tu parles.
- A ton avis, de qui d'autre je pourrais parler ? Barre-toi de notre compartiment. Et n'y revient pas.
Un silence se fit. Jamais ses amis n'avaient entendu Harry Potter parler comme ça. Même Malefoy était étonné. Je sortis ma baguette et la pointai contre le torse de Potter, prête à lancer un sort s'il ne m'en laissait pas le choix.
- Il me semble t'avoir déjà fait comprendre que c'est mon compartiment. Ne t'avise plus jamais de me parler sur ce ton Potter, ou tu pourrais le regretter amèrement.
- J'ai hâte de voir ça, répondit-il d'un ton moqueur.
Je me contentai de sourire mystérieusement et me tournai vers Malefoy, et continuai :
- Quant à toi, tu devrais t'en aller avant qu'une guerre ne se déclenche.
Malefoy me regarda longuement de ses yeux bleu-gris orageux, puis jeta un regard méprisant à Potter et s'en alla. Je me retournai vers Potter, qui n'avait toujours pas bougé.
Sa réplique avait piqué ma curiosité, et je voulais savoir jusqu'où il pouvait aller quand il s'énervait.
- C'est quoi son prénom, à Malefoy ? Demandai-je, feignant l'intérêt.
- Fais croire ce que tu veux à qui tu veux, mais je ne rentre pas dans ton jeu, Zabini,murmura-t-il.
Puis, il s'en alla, en emmenant avec lui un Ron Weasley qui, trop occupé à grignoter tout ce qu'il trouvait, n'avait pas écouté la conversation. Potter ne tarderait pas à le mettre au courant de toute façon. Au moins, ce dernier avait compris – enfin ! – que je ne bougerais pas.
Je me tournai vers les filles et réitérai ma question. Cette fois-ci, j'eus une réponse.
Drago. Il s'appelait Drago Malefoy.
Un raclement de gorge me fit sursauter. Je n'avais pas remarqué que j'étais dans mes pensées.
- Désolé de te déranger dans ton fantasme de Drago Malefoy, mais... tu t'appelles Zabini ? S'étonna Granger. Comme dans Blaise Zabini ?
C'était donc ça le problème ! Il connaissait quelqu'un qui portait le même nom de famille. Mais si ce Blaise Zabini était la cause de leur mécontentement, je n'y étais pour rien, moi.
- C'est certainement le cas. Qui est-ce, ce Blaise Zabini ? En dehors d'un Serpentard, s'entend.
Les deux filles se regardèrent et la rouquine se décida à parler au bout d'un certain temps.
- Tu... tu ne sais pas qui c'est ? Demanda-t-elle, incrédule.
- Je n'aurais pas posé la question sinon, lançai-je d'un ton cinglant.
Ça, elles ne s'y attendaient vraiment pas. Vu leurs réactions, tous ici connaissaient cette personne, et elle devait être à l'école pour qu'ils soient si stupéfaits par ma réponse. J'en conclus donc qu'ils devaient être idiots pour poser une question pareille. Si je le connaissais, j'aurais partagé son compartiment, c'était logique. Pourquoi me borner à faire un trajet qui me terrifiait toute seule ?
Il restait encore quelques heures avant que le Poudlard Express n'arrive à destination et je n'avais plus du tout envie de lire. Mes pensées s'éloignèrent du compartiment, et je repensai à ce que mes nouveaux camarades avaient dit. Mais qui était donc Blaise Zabini ? Je n'avais aucun doute quant à un quelconque lien de parenté. Ce n'était pas mon frère, mon père n'avait pas eu d'autres enfants. Mais peut-être qu'il était un parent éloigné. Comme un cousin au 3ème degré. Oui, cela devait être aussi simple que cela. Sauf si nous n'étions pas du tout de la même famille. Avec un tout autre nom de famille, j'y aurais pensé tout de suite, mais Zabini n'était pas un nom très répandu. Même ici, en Angleterre. Et les chances que nous ne fassions pas parti de la même famille étaient minimes, pour ne pas dire nulles.
Quand je sortis de mes pensées, il faisait déjà nuit, et les deux Gryffondor étaient revenus. En jetant un coup d'œil au paysage, je découvris le château qui constituait Poudlard, d'une immensité incomparable. Et d'une beauté indescriptible. Il se tenait majestueusement à côté d'une forêt, et à la gauche d'un lac immense, lui aussi.
Le Lac Noir était le nom de ce lac si grand. Quand on se tenait juste devant, on comprenait pourquoi il s'appelait ainsi : son immensité noire nous submergeait. Et dire qu'il fallait le traverser en barque. Je n'aimais vraiment pas ça...
Le supplice prit fin, et je me dépêchai de sortir de cette barque trop sombre, et trop humide, sans pour autant ressembler à une mauviette. Comme je l'avais dit, je rentrerais à Poudlard la tête haute. Vu d'ici, le château paraissait beaucoup plus imposant. Un sentiment de sécurité m'envahit alors que je passais les portes en bois de Poudlard. J'y étais enfin. Après tant d'années à en rêver, et à oublier par la suite, je me retrouvais devant le professeur McGonagall en personne, qui expliquait ce qu'elle attendait des nouveaux élèves.
Le château paraissait magnifique vu de loin, mais à l'intérieur, c'était encore mieux. La Grande Salle était tout simplement magique. J'observai, enchantée, les quatre tables occupées par les élèves tout autour de moi. Devant, la grande table des professeurs, et au-dessus de ma tête, le plafond magique rempli d'étoiles reflétait le ciel que je venais de quitter.
Tous les élèves assis se tournaient vers la file, qui défilait devant leurs yeux. En regardant tout autour, je réussis à apercevoir Potter et sa bande à la table qui devait être celle des Gryffondor. Un silence se fit dans la Grande Salle pendant que le Choixpeau chante sa chanson de début d'année. Le professeur McGonagall s'avança.
- Quand j'appellerai votre nom, vous vous avancerez, je placerai alors le chapeau sur votre tête et vous serez répartis dans vos maisons. Cette année une nouvelle élève entre à Poudlard en 5ème année. Zabini, Lucy.
Des murmures se firent entendre. Je pus voir de nombreuses personnes se retournées sur mon passage tandis que je m'approchais du professeur. Je me demandais si c'était pour la même raison qui avait déclenché la crise de Potter, ou pour autre chose. J'aurais bien voulu connaitre la réponse, mais ne souhaitant pas interrompre une cérémonie aussi importante que celle-là, je me tus. Tout comme je tus mon envie de lancer un regard noir à toutes les personnes osant regarder dans ma direction.
- Le choix est difficile. Tu as le courage de ton père, un grand désir de faire tes preuves et de montrer ce que tu vaux. Tu es armée d'une détermination sans précédent, et d'une ingéniosité sans faille. Une sincérité qui résiste à toutes épreuves aussi. Tu ferais tout pour retrouver ta mère n'est-ce pas ? Bien, je vais te mettre à... SERPENTARD !
Je me levai, et m'approchai de la table de gauche. Serpentard. J'avais atterri à Serpentard. Une file me fit des signes de la main. Je m'avançais donc vers sa place, et m'installa face à Drago Malefoy, qui me tendis une main que je serai avec plaisir, sous l'œil mauvais de Potter, deux table plus à droite.
A la fin de la répartition, Dumbledore se leva. Il dit quelques mots, et tous les plats se remplirent brusquement. Il y en avait pour tous les goûts : des rôtis, des pommes de terre, du poulet, des côtes de porc, des légumes, et des dizaines de sauces différentes, du pain et des pichets de jus de citrouille.
Je me servais des pommes de terre et des côtes d'agneau, lorsque la fille à ma gauche commença à me parler.
- Salut, je m'appelle Astoria Greengrass. Et voici ma sœur Daphné, dit-elle en me présentant la fille de l'autre côté d'elle. Tu viens de Beauxbâtons c'est bien ça ?
Elle n'attendit même pas une réponse et continua sur sa lancée.
- Dis-moi, c'est vrai que l'école possède un terrain de quatre hectares réservé aux chevaux ?
Pourquoi voulait-elle savoir cela ? Elle voulait aller à Beauxbâtons peut-être ? Je ne savais pas pourquoi, mais quelque chose me disait que je n'allais pas vraiment m'entendre avec cette fille et sa soeur. Priant pour que tous les élèves de cette maison ne soient pas comme ça, je lui répondis :
- Qui t'as dit ça ? C'est ridicule !
- Je le savais ! C'est une fille qui est venue l'an dernier. Gabrielle Delacour, je ne sais pas si tu la connais...
- Je crois que tu n'as pas tout compris, je voulais dire que c'est ridiculement petit. Beauxbâtons possède plus de dix hectares de terrain réservé aux chevaux.
De nombreux regards étaient tournés vers nous. Toutes les personnes assez proches de nous nous écoutaient. Adieu la vie privée !
- Dément ! Tu te plaisais là-bas ?
- C'était bien, et plus grand aussi. Et il fait bien plus chaud là-bas.
- Tu habitais où le reste de l'année ?
- En région parisienne.
La fille qui m'avait fait des signes un peu plus tôt, émit un sifflement admiratif.
- Paris ! Et bien dis donc... t'en as de la chance. J'ai toujours rêvé d'aller à Paris. En fait, j'ai toujours rêvé d'aller en France, mais Paris. Ouah ! Il parait que le Paris sorcier est tout simplement merveilleux...
- Euh Pansy, je crois que tu l'embête un peu là, intervint un des garçons que j'avais vu sur le quai. Excuse-la, elle parle souvent pour ne rien dire. Au fait, je m'appelle Théodore Nott et comme tu as dû le comprendre, voici Pansy Parkinson.
-Enchantée, dis-je avec un sourire forcé.
Drago Malefoy, Astoria et Daphné Greengrass, Pansy Parkinson et Théodore Nott. A cette bande s'ajoutait Millicent Bulstrode, une amie de Pansy, Crabbe et Goyle, les deux gorilles, gardes du corps de Drago, et un jeune brun qui ne parlait pas et qui constituait une ombre dans le tableau de cette joyeuse petite bande.
Après m'être servie une part de tarte aux pommes, je me tournai vers lui et demandai :
- C'est toi le dénommé Blaise Zabini ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? M'agressa-t-il.
Je remarquai par la même occasion que lui aussi m'avait reluquée tout à l'heure. En fait, ses cheveux étaient vraiment noirs...
- J'en conclus que oui. Ce n'est pas la peine de me parler sur ce ton tu sais, c'était juste une question.
- Ah ouais ? Juste une question ?
- Oui. J'ai beaucoup entendu parler de toi Blaise.
Il était d'une agressivité celui-là, c'est incroyable ! Je me bornai à lui répondre doucement comme si nous avions une discussion amicale, alors que lui cherchait tout le contraire. J'avais conscience de l'énerver encore plus en agissant ainsi, mais quel bonheur de voir à quel point les gens ont le sang chaud ici. Il suffisait d'une flamme pour qu'ils explosent.
PDV BLAISE
Le 1er septembre, je partis seul à la gare de King's Cross. Arrivé sur le quai du train, je cherchais comme d'habitude une tête blonde sur le quai, m'indiquant mon meilleur ami, et donc, une partie des Serpentard.
J'arrivai près d'eux, prêt à leur dire bonjour, mais seules les filles semblaient avoir remarqué ma présence. En effet, Théodore et Drago avaient les yeux rivés sur une jeune demoiselle, encore inconnue. Une nouvelle élève comme il était très rare d'en croiser ici. Je ne pus m'empêcher de la détailler à mon tour : elle avait les cheveux très longs et bouclés, bruns avec des reflets roux – à moins que ce ne soit l'inverse ? - tirant plus vers le rouge avec le soleil. Et elle dégageait une sorte d'énergie qu'il était impossible d'ignorer. Elle était... envoutante.
Le contrôleur siffla le départ du train, et nous nous dépêchâmes d'y monter.
- Je n'arrive pas à croire que Weasmoche ait été nommé préfet. Weasmoche ! J'aurais même préféré Potter à ce rouquin ! Dumbledore est tombé sur la tête ou quoi ?
Première réaction de Drago quand il revint de sa « tournée de la terreur » des compartiments. On avait inventé ça en deuxième année, pour effrayer les nouveaux, et régler nos comptes avec les autres maisons avant le début de l'année. Drago s'affala près de moi, et prit le verre de jus de citrouille posé devant lui. A en déduire par le ton qu'il avait pris, je jugeai bon de ne pas lui demandé dans quel compartiment il était tombé en dernier. Pas la peine de poser la question : celui de Potter. Pour détendre l'atmosphère, Millicent, assise à deux tables de nous, lui demanda :
- Au fait Malefoy, tu l'as revu, cette fille ?
- La nouvelle ? C'est possible... Je ne m'en souviens plus.
- Au fait, vous savez comment elle s'appelle ? Lança Daphné.
Tous les Serpentard assis à proximité écoutaient maintenant attentivement chaque mot de la discussion : une fille plutôt jolie, qui pourrait atterrir à Serpentard si le sort lui était favorable, il y a de quoi.
- La seule chose que je sais, c'est qu'elle rentre en 5ème année, répondit Pansy. Elle s'habille vachement bien !
Si Pansy le disait, alors c'est que c'était vrai. Pansy, Millicent, Daphné et Astoria Greengrass, les jumelles Patil et Lavande Brown étaient les filles les plus informées du Collège. Il le fallait bien quand on tient en compte le fait qu'elles pouvaient détruire la réputation de quelqu'un rien qu'en lançant une rumeur, comme elles l'avaient fait avec Cormac McLaggen, en assurant qu'il était gay parce qu'il avait refusé de coucher – dépuceler serait plus exact - avec Patil – ne me demandez pas laquelle, je ne m'en souviens plus !
- Ouais, renchérit Millicent. Ces fringues sont géniales, je veux savoir où elle les achète.
- Je suis sûr d'avoir déjà vu son haut dans une boutique très en vogue. Mais, si c'est bien ce que je crois, faudrait que je demande à mon père un peu plus d'argent de poche.
Pansy était ma meilleure amie, Mais c'était l'une des facettes de son caractère que je ne pouvais pas supporter : sa superficialité. Elle ne pensait qu'aux fringues, aux mecs, et au maquillage. C'en était désespérant... !
- Comme vous voulez les filles, mais je ne me porterai pas garant de vous : elle est dans le compartiment de Potter.
Et une douche froide, une ! Drago avait parlé, ce qui signifiait que si le reste des Serpentard voulait rester dans ses bonnes grâces, ils avaient tout intérêt à ne pas l'approcher, à moins que des événements – son entrée à Serpentard peut-être – le fassent changer d'avis.
Comment s'était-elle retrouvée aux côtés de Potter ? Elle ne devait vraiment pas avoir de chance...
Pour oublier ce moment un peu gênant, je me lançai :
- On s'en fout les filles de ses fringues. Elle est juste... Tu comptes te la faire Théo ?
Théodore, c'était un peu le briseur de couple de Serpentard : il rencontrait une fille qui l'intéressait un tant soit peu, et qu'elle soit en couple ou non, il faisait tout pour la séduire, et coucher avec pour mieux la jeter. Drago avait au moins la décence de sortir avec quelques fois. Ok, de très rares fois. D'accord ! Il ne l'avait fait qu'une fois...
- Qu'est-ce que ça peut te faire Zabini ?
- T'énerve pas comme ça Nott, je disais ça pour blaguer. Je sais bien qu'elle intéresse trop Drago pour que tu tentes ta chance avant lui.
- Je te demande pardon ?
- Pourquoi tu fais ton surpris Drago ? C'est vrai, elle est belle, il y a aucun mal à ce que tu veuilles coucher avec.
- Qu'est-ce que ça peut te faire Zabini ?
Avoir le droit à deux « Qu'est-ce que ça peut te faire Zabini » en moins de deux minutes. On peut dire que j'étais vraiment trop doué pour énerver ses amis. Ou au moins, les mettre sur la défensive. Un vrai boulot de pro.
- Tu vas me dire qu'elle ne t'intéresse pas toi ? Demanda Pansy innocemment.
Pour la première fois de ma vie, je ne savais pas quoi répondre à une question posée par ma meilleure amie. Alors comme tout Serpentard se respectant, je formulai une espèce de mensonge pour échapper à la vérité.
- Oui bon, c'est vrai, elle est pas mal, mais ce n'est pas mon genre.
Nott, Drago, et d'autres mecs de Serpentard se sont tournés vers moi en haussant un sourcil, étonnés. Ils attendaient certainement que je me contredise. Ils pouvaient toujours rêver ! Je n'avais pas dit la vérité, c'est vrai, mais elle avait quelque chose de beaucoup trop familier pour qu'elle puisse m'intéresser, même si elle était très attirante !
Drago profita d'un instant d'inattention des autres serpents pour glisser un bout de parchemin entre Pansy et moi.
Faut que je vous dise un truc hyper important. On se prend une calèche pour nous trois à l'arrivée du train.
Puis, il enleva le mot une fois que nous l'ayons lu.
Je passai les heures qui restaient à manger et dormir. Le voyage jusqu'à Poudlard semblait s'allonger d'année en année. Le ciel s'assombrissait pendant que le train continuait sa route vers Pré-au-lard.
Une fois le train arrivé, Drago, Pansy et moi nous installâmes dans une de ces calèches qui avançent toutes seules.
- Alors Drago, c'est quoi ce truc super important que t'avais à nous dire ? Commença Pansy.
- C'est un truc que Potter m'a dit. Je n'ai pas trop compris, mais je pense que ça te concerne Blaise.
- Comment ça ? Demandai-je, méfiant.
Drago nous raconta ce qui s'était passé dans le train, l'histoire de cette fille que Potter appelait « sbire ». Aucun de nous ne comprenait pourquoi. Sans doute Potter avait une information que nous n'avions pas.
- Il y a encore un truc que je ne comprends pas Drago. Pourquoi ça me concerne ?
- J'y viens mec. Potter m'a dit et je cite : « Zabini et toi, vous êtes vraiment con quand vous vous y mettez. ». Il n'a cité aucun autre nom que le tien.
J'acquiesçai et ne parlai plus du trajet. En quoi j'étais concerné par ce que cette fille faisait ? La calèche continua son chemin, remontant vers le château, pour que nous puissions déguster un somptueux repas préparé avec soin par nos petits amis les elfes de maison. Mais avant cela, il nous fallait écouter ce Chapeau chanter une de ses chansons dont lui seul avait le talent.
Cette année, il se fit beaucoup attendre, et ce n'était pas vraiment pour nous plaire. Car qui dit chanson longue, dit applaudissement plus tard, donc : répartition plus lente, et donc, repas plus tard ! Et ceci n'est pas acceptable, mais alors pas du tout !
- Quand j'appellerai votre nom, vous vous avancerez, je placerai alors le chapeau sur votre tête et vous serez répartis dans vos maisons. Cette année une nouvelle élève entre à Poudlard en 5ème année. Zabini, Lucy.
Je restai sans voix. Si j'avais été en train de boire, j'aurais tout recraché. Comment cette vieille pie a dit que cette fille s'appelait ? Zabini ? Là c'est sûr, je suis en plein cauchemar. Réveille-toi Blaise !
Je concentrai mon attention sur cette fille, sans voir que les Serpentard faisaient des allers et retours entre moi et cette sois-disante Lucy Zabini.
Au moins j'avais compris en quoi j'étais concerné par ce qu'avait dit Potter.
D'un côté, je ne l'aimais déjà pas. Elle s'était quand même arrangée pour finir avec Potter, même s'ils ne s'appréciaient pas d'après Drago. Mais de l'autre, elle s'appelait Zabini, et elle entendrait parler de moi si jamais elle atterrissait ailleurs qu'à Serpentard. C'est ce moment que choisis le Choixpeau pour annoncer sa décision. Je n'avais pas remarqué, mais il lui en avait fallu du temps...
- SERPENTARD !
Content ? Non. J'allais devoir supporter cette usurpatrice pendant trois ans. Mais elle ne déshonorerait pas mon nom comme ça. Et puis, il était facile d'ignorer quelqu'un, surtout à Serpentard, non ?
Pansy lui fit un signe pour qu'elle vienne s'installer près de nous. C'est officiel, je hais cette fille...
Je devais avoir l'air vraiment bizarre, je n'avais toujours pas bougé, et moi qui me plaignais de ne pas avoir été servi plus tôt, je ne mangeais rien. Mon meilleur ami m'avait trahi en lui serrant la main, signe d'acceptation à la maison Serpentard. Il l'avait accepté. Elle était des nôtres. Bien qu'elle doive encore faire ses preuves...
- C'est toi le dénommé Blaise Zabini ?
Je levai les yeux en entendant mon prénom. Je n'avais pas reconnu la voix, douce et interrogative, donc j'en déduisis que c'était elle qui avait parlé. De plus, elle me regardait avec un petit sourire. Pourquoi est-ce que Satan essayait-il de me charmer ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Oups. J'avais répondu sur un ton plus agressif que je ne l'aurais voulu. Tant mieux, peut-être qu'elle me laissera tranquille au moins.
- J'en conclus que oui. Ce n'est pas la peine de me parler sur ce ton tu sais, c'était juste une question.
Raté ! Pourquoi était-elle si gentille ? C'est quoi son problème ? Vous connaissez beaucoup de gens qui continuerait à parler avec une personne qui, comme moi, venait de l'agresser verbalement ? Sans compter les Gryffondor ?
- Ah ouais ? Juste une question ?
- Oui. J'ai beaucoup entendu parler de toi Blaise.
Son ton doucereux avait un effet très néfaste sur mon comportement. Et si elle continuait sur ce chemin, elle pouvait dire adieu à sa vie.
- Tiens donc, c'est bizarre parce que moi, je n'ai jamais entendu parler de toi.
- Tu devrais parler plus souvent avec Potter et sa bande dans ce cas. Ils parlent beaucoup de vous, les Serpentard en général.
Je voulus répondre quelque chose, mais le silence qui se fit dans la salle m'annonça que ce n'était plus le moment de parler, mais d'écouter. Je sens vraiment que cette année ne va pas être de tout repos.
" Personnellement, je dirais plutôt que les Gryffondor ne sont que de pâles copies des serpents !"
Avant toute chose, je voudrais m'excuser pour avoir mis autant de temps à poster. Ce n'est pas que je n'avais pas l'inspiration pour écrire, mais que je n'ai pas eu le temps de poster. Je sais, c'est une excuse bidon, et elle ne vaut rien. J'ai été tellement prise par la rentrée, les cours, et le travail, que j'ai toujours repoussé le moment de poster, et pourtant, il y a juste à appuyer sur quelques boutons. Alors je m'excuse très cher(s) lecteur(s). Dorénavant j'essayerais de poster plus souvent.
Pour ce qui est du chapitre, je n'ai pas grand chose à dire personnellement. Vos avis ? Je les attends avec impatience :D
