Résumé : Kurt se retrouve dans les ténèbres, au bord d'un précipice, sans quiconque pour l'en écarter.

Je précise que cette fanfiction n'est pas de moi, je ne fais que la traduire. La version originale en anglais est de Emoryems.

J'espère que vous apprécierez tout autant que moi. Bonne lecture )

Chapitre 2 :

- Kurt, mon chéri il faut que tu te réveilles.

La voix de Carole lui parvint dans son sommeil brumeux, et Kurt put à peine tenter d'ouvrir les yeux. Il se sentit glisser dans les profondeurs abyssales du sommeil tandis que son esprit se raccrocha à la réalité et essaya de comprendre pourquoi la voix de Carole était si inquiète. Si affolée. Mais son esprit s'évada après cette simple question. Il était tellement fatigué.

Quand une paire de bras, large et familiers, l'attrapa et le redressa pour qu'il finisse maintenu par un corps chaud et solide, Kurt ouvrit ses yeux à contrecœur. La lumière était tamisée, mais il pouvait voir Carole accroupi devant lui, son pyjama froissé et son visage creusé par la fatigue.

- Hey, dit Carole, son visage tout près du sien. J'ai besoin que tu me dises combien tu en as pris.

Les sourcils de Kurt se froncèrent par la confusion en essayant de se souvenir ce qu'il avait bien pu prendre, ce dont Carole lui parlait. Tout lui semblait brouillé, comme s'il était entouré d'un épais brouillard qui l'empêchait de se concentrer.

- Quoi ? Demanda-t-il, en clignant des yeux.

Ses membres étaient lourds et mous, et chaque respiration était difficile à prendre, comme si quelque chose d'énorme était posé sur son torse.

- Kurt, dit Carole d'une voix insistante mais gentille, concentres-toi mon chéri. Il faut que je sache combien tu en as pris.

Elle leva alors une petite boite de médicaments. La voir dans ses mains, voir ce qu'il a caché pendant si longtemps exposé ainsi est comme un électrochoc pour Kurt.

Fronçant les sourcils en signe de concentration, Kurt lécha doucement ses lèvres. De courts flashs lui revinrent en mémoire, mais tout lui semblait si lointain, tellement hors d'atteinte, qu'il était dur d'y réfléchir.

- Cinq ? Dit-il au hasard en baissant les yeux vers la couverture qui cachait la moitié de ses jambes, essayant de se souvenir. Non, non, sept. Je –J'en ai pris sept.

Il renifla bruyamment avant de fermer les yeux, se sentant de nouveau exténué.

- Seulement sept, marmonna-t-il.

Il n'en avait pris que sept. Pas assez pour faire grand-chose. Pas assez pour faire quoi que ce soit d'irrémédiable.

- Tu te sens fatigué, Kurt ?

Kurt hocha la tête en guise de réponse, plongé dans sa léthargie, et se laissa bercer par le corps derrière lui, autorisant le sommeil à prendre possession de lui à nouveau.

Kurt se réveilla après ce qui lui semblait être quelques secondes avec la sensation que son épaule était gentiment secouée. Il ouvrit les yeux et vit son père debout face à lui, et ne plus l'avoir derrière lui pour le soutenir et le réchauffer lui donna envie de se plonger sous ses couvertures.

- Est-ce que c'est tout ?

Son père tenait une boite de pilules et le regarde intensément.

- Kurt, répond moi. Est-ce que ce sont les seules ?

Il y avait quelque chose dans sa voix, une tension que Kurt ne pouvait comparer à rien qu'il ait déjà put entendre de l'homme.

Kurt s'arrêta pendant un instant, pas sûr de ce qu'il était supposé faire, et commença à secouer négativement la tête. Mais au dernier moment, il se reprit et acquiesça.

- Oui.

Son père le regarda comme s'il savait que quelque chose n'allait pas, comme s'il se doutait que Kurt mentait, mais celui-ci ne voulait pas qu'il sache. Si Kurt lui montrait l'autre boite, il saurait depuis quand il a prévu ça, combien de recherches il a faite sur la façon dont il le ferait.

- Tu es sur ?

- Oui.

Il leva ses yeux vers ceux de son père et maintint son regard. Il ne saurait dire quand il était devenu si doué pour le mensonge, mais ce n'était pas quelque chose dont il était fier. Surtout pas maintenant.

Son père hocha la tête et entra dans sa petite salle de bains, allumant la lumière en entrant. Après un petit moment, Kurt entendit le petit « pop » indiquant que la boite de médicaments venait d'être ouverte, puis le son de fines éclaboussures quand son père laissa tomber les pilules dans la cuvette des toilettes.

En entendant la chasse d'eau, Kurt se redresse, la main plongé dans la poche de son sweat à la recherche de l'autre boite. Au moment où il la trouva, un élan de culpabilité s'empara de lui.

Bien qu'il regrette de mentir à son père, il savait qu'il faisait bien de garder cela pour lui. C'était quelque chose auquel il pouvait se raccrocher quand les choses devenaient trop insoutenables. C'est ce qu'il avait fait pendant des mois, sortir quelques pilules, les regarder en les tenant simplement quand les choses allaient vraiment mal. Honnêtement, il ne pouvait se souvenir du nombre de fois où il était juste resté assis en pleurant tout en sentant que le monde entier autour de lui s'effondrait, se disant que, ce soir peut-être…

En entendant son père éteindre la lumière, Kurt lâcha la boite, et entoura sa taille de son bras, afin de sentir la forme de la boite entre son estomac et son avant-bras.

Son père vint se rasseoir sur le bord du lit, et reprit son fils afin qu'il soit de nouveau assis tout contre lui.

Notant inconsciemment que son père faisait tout pour être le plus proche de lui possible, Kurt tomba dans un état entre le sommeil et le réveil. Le monde était toujours brumeux autour de lui, il ne voyait que de l'obscurité derrière ses paupières et entendait des bruits occasionnels du dehors. Il était resté inconscient un certain moment avant que Carole ne se remette à parler, et Kurt se demanda quand elle était revenue. Ou quand elle était partie.

- Il n'a pas besoin d'assistance médicale, pas pour ce qu'il a pris. Mais…

Sa voix n'était qu'un murmure et sonna avec douceur dans l'esprit de Kurt. Son père se décala légèrement derrière lui avec un soupir, levant une main pour chasser quelques mèches de cheveux du front de Kurt.

- Mais de toute évidence il ne va pas bien, termina-t-il.

- Il faut que tu prennes une décision. On peut l'emmener et ils le garderont certainement 72 heures en observation. Ou, et bien, tu peux attendre et faire en sorte qu'il ne soit pas seul, et lui parler.

- Mais –Et si il réessayait ?

La crainte de son père dans sa voix empêcha Kurt de retomber dans les dérives de son esprit.

- Bon Dieu Carole, il a toujours été si fort. Même avant qu'il ne grandisse, quand il était juste si minuscule, tu pouvais presque voir la force émaner de lui.

Kurt aurait envie d'arrêter son père, de lui dire qu'il est fort. Mais il resta silencieux.

- C'est – C'est mon fils, et je n'ai pas senti cela arriver. Je ne sais pas quoi faire là Carole.

Kurt entendit Carole s'approcher de son père.

- Burt, chéri, Kurt est vraiment très doué pour cacher des choses importantes, les choses qu'il ne veut pas que les autres sachent. Et maintenant qu'il est à Dalton, c'est encore plus dur de garder un œil sur lui. Tu ne pouvais pas savoir.

Elle avait raison, Kurt le savait, parce qu'il avait toujours essayé de cacher les mauvaises choses à son père. Il ne pouvait pas vraiment se souvenir de quand il avait commencé, il pensait que cela pourrait être juste après la mort de sa mère, mais quand les choses allaient mal à l'école où quand quoi que ce soit le rendait triste, il essayait de le garder pour lui. Il avait toujours ressenti le besoin de protéger son père de, et bien de lui-même.

Ce n'était pas de la faute de son père si son fils était comme ça son père ne posait jamais de questions sur le harcèlement et les actions haineuses du monde. Il avait simplement toujours tout fait pour le supporter, il s'était toujours assuré que Kurt sache qu'il était aimé pour ce qu'il était, et Kurt sentait qu'il devait se montrer incroyablement reconnaissant pour ça.

Le sentiment familier de mélancolie s'installa fermement en lui, et Kurt se laissa submerger.

Quelque temps plus tard, Kurt n'aurait su dire combien de temps exactement, il se sentit tomber de nouveau dans le sommeil, tellement exténué que sa tête se laissa tomber contre l'épaule de son père et que ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes. Quand il se réveilla quelques instants plus tard, au début il ne comprit pas ce qui avait pu le sortir aussi brusquement du sommeil. Mais tandis qu'il recouvrait ses esprits, il réalisa que l'épaule chaude et protectrice sur laquelle il se tenait tremblait sous les coups de sanglots contenus. Il entendit les bruits de pleurs étouffés juste au-dessus, et réalisa soudainement que c'était de son père.

- Papa ? Demanda-t-il en essayant de se redresser pour voir l'homme. Papa, est-ce que tu vas bien ?

Burt laissa échapper un sanglot un peu plus fort, avant de fermer les yeux et de recouvrir son visage d'une de ses mains. Il n'eut aucune réaction à la question de Kurt, et celui-ci ne sut que faire, il ne savait pas comment il pourrait arranger les choses. La seule chose dont il était conscient, c'est que c'était de sa faute.

- Je suis désolé, dit-il en se reposant sur l'épaule de son père. Je suis tellement désolé.

Il ne savait même pas de quoi il s'excusait, pas vraiment. Parce que bien qu'il aimerait ne jamais avoir commencé cela du tout, il y avait une autre partie en lui, une partie bien réelle, qui regrettait de n'avoir pas pu aller jusqu'au bout.

Mais il pensait aussi s'excuser pour tout, tout ce qu'il a bien pu faire pour rendre son père triste. Pour rendre sa vie bien plus compliquée qu'elle ne l'aurait été si Kurt n'avait jamais existé.

Les bruits et les sentiments de son père en train de s'effondrer juste à côté de lui étaient bien trop durs à supporter. Alors Kurt ferma les yeux, espérant retomber dans le sommeil. Tout serait mieux que d'être conscient maintenant, tout serait mieux que d'avoir à savoir à quel point il avait blessé son père.

Le sommeil ne vint pas cependant, pas cette fois ci. Kurt était attrapé, pris au piège par son incapacité de faire quoi que ce soit, et débordant de tellement d'agonie qu'il était sûr que s'il avait été vraiment totalement conscient en ce moment, cela l'aurait rendu fou.

Sans savoir que faire, Kurt plia ses poings et autorisa ses ongles à s'enfoncer dans les paumes de ses mains. La douleur le traversa, à peine assez forte pour qu'il la remarque à côté de la douleur émotionnel qui l'assaillait sous son calme apparent, et il espérait avoir la force de serrer plus fort. Peut-être alors serait-ce assez.

Kurt garda les yeux fermés tandis que les sanglots de son père s'estompaient, laissant son père silencieux et les sentiments de Kurt encore plus vides qu'avant. On aurait pu penser que la solitude aurait disparu, maintenant que quelqu'un était à ses côtés, maintenant qu'il n'avait plus à gérer cela tout seul, mais ce n'était pas le cas. D'une certaine manière, la solitude était même devenue plus forte.

Il ne voulait pas donner à son père un quelconque signe qu'il était désormais totalement réveillé à ce moment-là, un moment si personnel et si étranger à son père. Il ne voulait pas non plus ouvrir les yeux et voir la confusion et la déception dans les yeux de son père, de même que la colère. Parce qu'il savait que son père serait perdu face à cette situation, qu'il ne saurait comment réagir, qu'il ne comprendrait pas comment se sentait Kurt tout le temps. Comment il était trop faible pour se sentir bien.

La douleur perçait son cœur parce qu'il savait que c'était de sa faute tous ces soucis qu'il créait aux gens qu'il aimait tout simplement parce qu'il n'était pas assez fort. Peu importe à quel point il essayait d'échapper à cette spirale infernale de désespoir, il n'y parvenait pas. Mais il devrait en être capable.

Son père avait toujours loué sa force, et le fait qu'il était exactement comme sa mère. Mais ce n'était pas le cas. Il ne serait jamais à la hauteur du piédestal sur lequel il avait été placé.

Cela le tuait d'avoir à briser les illusions de son père à son sujet. D'avoir à afficher la laideur qu'il cachait toujours sous son masque.

Parce qu'il n'était pas assez bon, et il ne le serait jamais.

Kurt ressenti la sensation familière de désespoir en lui, ses doigts s'enfoncèrent d'avantage dans ses paumes et refusèrent de desserrer leur prise. Kurt réagit à peine lorsque son père commença soudainement à parler.

- Comment est-ce que t'as pu penser que ça pouvait être une option ?

La voix de son père était pleine de douleur, de confusion et de colère.

Kurt ne répondit pas, au lieu de quoi il ouvrit ses yeux et fixa la couverture de son lit, comme s'il voulait en mémoriser les motifs. Un des oreillers est toujours au pied de son lit, sur les pilules qu'il a balancé. Il espérait que son père ne les avaient pas vu. Elles ne sont qu'une nouvelle preuve de sa faiblesse, et du fait qu'il n'y arriverait jamais.

- Tu aurais dû venir me voir.

Son père avait raison. S'il avait été plus fort, s'il avait été plus comme sa mère, qui était formidable, il l'aurait fait. Mais au lieu de quoi, il avait fait ça. Kurt ne pensait pas qu'il aurait pu se sentir encore moins bien que cette nuit, mais ce moment lui prouva le contraire. Même malgré le calme et la sensation lourde causée par les pilules – là c'était pire.

Persuadé que son père était déçu par lui, il se sentait petit et pathétique. Inutile. Son père, le reste de sa famille, ses amis, ils méritaient tous tellement plus que lui. Quelqu'un d'assez fort pour affronter ses problèmes, plutôt que de vouloir en finir ainsi.

- Je t'aime tellement Kurt. Et peut-être qu'on n'est pas tout à fait d'accord sur tout, mais bonhomme, tu dois savoir que je ferais tout pour toi. Que tu peux venir vers moi pour n'importe quelle raison.

Son père resta silencieux un instant, et Kurt l'entendit lutter contre de nouvelles larmes. Son père ne devrait jamais avoir à souffrir ainsi, et certainement pas à cause de lui.

- Je t'aimerais toujours, peu importe ce qui peut arriver. J'espère que tu sais ça.

Kurt eut le souffle coupé un instant, en se souvenant de toutes les fois où son père lui avait dit cela. L'homme s'était toujours assuré de faire en sorte qu'il se sente aimé, et Kurt était chanceux d'avoir ça en lui, tout le temps.

Après un instant de silence, Kurt se décala légèrement pour se rapprocher de son père et murmura :

- Je sais.

- Depuis combien de temps te sens-tu comme ça, Kurt ?

Kurt mordit sa lèvre inférieure, la chair céda rapidement sous la pression de ses dents, et il essaya de retenir ses larmes. Prenant une profonde respiration, mais toujours d'une voix tremblante, il dit :

- Je suis désolé, papa. J'ai essayé très fort – J'ai juste – Je ne savais pas quoi faire. Et ça ne voulait pas partir.

- Oh, mon garçon, soupira son père en resserrant le bras autour de ses épaules afin de l'attirer d'avantage contre lui.

En reniflant, Kurt se décala pour aller poser sa tête contre la poitrine de son père et se laissa bercer par les battements de son cœur, les yeux fermés.

- Tu sais, juste avant d'être enceinte de toi, ta maman a eu quelques problèmes. Elle n'était plus intéressé par toutes les choses qu'elle aimait, elle – elle avait perdu son étincelle, tu vois ?

La surprise s'empara de Kurt au fur et à mesure que son père parlait, les mots agissant en lui comme des électrochocs.

- A ce moment-là, je ne savais pas quoi faire, quand j'étais jeune et que quelqu'un était au plus bas, on lui disait de se relever, de s'en remettre. C'est comme ça que j'ai grandi, c'est comme ça que beaucoup de gens faisaient. Et font encore.

- Ta mère et moi, surtout moi, on ne savait pas quoi faire. On ne comprenait pas ce qu'il se passait. On ne t'a jamais dit ça, on n'en a jamais vraiment parlé mais ça nous a presque séparé tu sais. Il y a eu quelques fois où on était vraiment à deux doigts d'en finir.

Le cœur de Kurt commença à s'accélérer tandis qu'il pensait aux conséquences. Il n'avait jamais su – il n'aurait même jamais pensé – que ses parents aient pu avoir d'aussi gros problèmes. Son père et sa mère avaient toujours semblé si heureux, si parfaits ensemble.

- Mais on s'est battu pour ça, pour ce qu'on avait, et je ne le regretterais jamais ? Je l'aimais – je l'aime tellement Kurt.

Kurt se laissa caresser par la main que son père avait posée sur son front, chassant les mèches de cheveux de sa frange sur le côté. Le toucher est familier et réconfortant, et cela raviva une blessure à l'intérieur de Kurt.

- J'ai appris quelque chose d'important Kurt, quelque chose que je ne t'ai jamais appris parce que j'ai toujours pensé que tu le savais.

Burt baissa sa main vers le menton de son fils et lui releva le visage jusqu'à ce que leurs regards se rencontrent.

- Parfois, tu ne peux pas t'en sortir seul, parfois tu dois compter sur les gens que tu aimes et les laisser t'aider.

Son père s'arrêta là, puis continua avec tant de sincérité dans sa voix qu'elle était presque palpable.

- Ceci n'est pas une faiblesse, Kurt.

Kurt soutint le regard de son père et y vit toute son honnêteté et sa tristesse.

- Peut-être que je n'aurais pas compris ce que tu traverses Kurt, mais j'aurais essayé. Et je comprends que parfois, ces choses arrivent.

Une larme s'échappa de l'œil droit de Kurt, s'écrasant sur la main de son père.

- Je suis là pour toi, bonhomme. Tellement de gens t'aiment et tiennent à toi, et ne te laisseras pas tomber. Tu n'es pas seul, d'accord ?

Gardant un contact visuel avec son père, Kurt acquiesça tandis que plus de larmes s'échappaient de ses yeux et allaient s'écouler sur ses joues. Il fut pris d'un violent sanglot qui écrasa sa poitrine au moment où son père leva sa main de son menton vers ses joues pour chasser les larmes de Kurt avant de l'attirer contre lui dans une étreinte désespérée.

- On va te trouver de l'aide. On va surmonter ça. Ensemble.

Quand il se détacha de lui, Kurt se relaxa et retrouvât sa position la tête contre le torse de son père. En bougeant, il entendit le son faible et presque inaudible des cliquetis des médicaments dans la boite qu'il gardait dans la poche de son sweat. En mordant de nouveau sa lèvre, il releva les yeux vers son père.

- Papa ?

Son père baissa les yeux vers lui, les yeux rouges et brillants de chagrin et de fatigue, et le questionna par un signe de tête.

- J'ai menti.

Kurt senti l'appréhension monter en lui, faisant trembler sa main tandis qu'il la plongea dans son sweat et enroula ses doigts autour de la boite.

- Je – Il y en a plus.

Il ramena sa main en dehors des couvertures et offrit d'une main hésitante la seconde boite de médicaments à son père.

- Voilà tout ce que j'ai.

S'avançant doucement pour prendre la boite des mains de Kurt, Burt acquiesça laconiquement et serra la boite dans sa main. En la mettant dans sa poche, ses yeux se fermèrent et laissèrent échapper d'autres larmes.

- Merci Kurt.

Celui-ci hocha la tête, la tête collé contre l'épaule de son père, et resta ainsi en silence.

Quelques temps plus tard, alors qu'il avait perdu toute notion du temps et qu'il aurait été incapable de dire combien de fois il s'était réveillé avant de retomber dans le sommeil, Kurt se réveilla seul. Les couvertures autour de lui étaient chaudes, mais il n'y avait plus de présence réconfortante à ses côtés, et pendant un instant, il senti la solitude le submerger de nouveau.

Il releva son torse, faisant glisser par la même occasion la couverture de ses épaules jusqu'à sa taille, Kurt lança un regard circulaire à la pièce. Il soupira presque de soulagement quand ses yeux tombèrent sur Finn assis avec sa tête dirigé vers le bas et ses épaules affaissés. A ce moment-là, ses bras ne tinrent plus sous le poids de son corps et le laissèrent retomber à plat. Le bruit fut assez fort pour que Finn regarde en l'air soudainement, le dos raide en signe d'attention.

- Hey, dit-il doucement en approchant sa chaise du lit de Kurt.

Il resta assis là, dans une posture inconfortable et incertaine.

Kurt inclina la tête, mais ne parla pas. Au lieu de quoi, il ramena son attention sur la petite fenêtre rectangulaire qui donnait une vue sur l'arrière de leur maison l'étendue d'herbe avait commencé à s'éclairer d'une teinte entre le bleu et le vert, ce qui signifiait que le soleil commençait à se lever.

Autrement dit, il devait presque être 7H30, habituellement, il se serait réveillé dans une heure et se serait préparé à aller en cours.

- Maman et Burt sont en haut, dit Finn.

Kurt remarqua qu'il jouait avec le tissu de son pyjama, il le tournait fort entre ses doigts, puis le lâchait avant de recommencer.

- Blaine est là.

Quelque chose monta dans la poitrine de Kurt lorsqu'il se souvint l'appel, ses sanglots incessants quand il était recroquevillé sous ses couvertures. La voix de Blaine avait été si inquiète et si rassurante. Quelque part, il était content d'avoir appelé son ami, mais d'un autre côté, il aurait aimé ne pas être allé s'allonger dans son lit, et ne jamais avoir regardé ses messages.

Kurt retourna son attention vers son demi-frère qui se balançait maladroitement sur sa chaise. Le garçon avait l'air de vouloir dire quelque chose, sans savoir comment s'y prendre.

- Finn ?

- Je ne comprends pas.

Il releva les yeux vers Kurt avec une expression de cœur brisé et de confusion, qui donnèrent à Kurt l'envie de lui offrir un bon lait chaud et de lui crier dessus en même temps.

- Je pensais que tu allais bien.

Une soudaine colère indigna Kurt, mais elle ne se montra que quelques instants, avant d'être étouffée par la fatigue de Kurt.

- Finn, commença celui-ci sans savoir quoi dire d'autre.

- C'est juste – Je pensais que Dalton te rendrait heureux.

Kurt ouvrit la bouche, mais il se rendit compte qu'il n'y avait rien qu'il puisse dire, ou rien qu'il n'ait particulièrement envie de dire qui auraient pu faire que Finn comprenne. Lui-même ne comprenait pas totalement.

Il n'arrivait pas à se souvenir du moment où il avait commencé à se sentir si mal. Quelque part entre les coups près des casiers et la crise cardiaque de son père, peut-être était-ce à ce moment-là qu'il avait compris à quel point il était seul. Ou peut-être que cela avait toujours été là, en lui, jusqu'à ce que ça le mène à l'endroit où il était maintenant. Cela n'avait pas vraiment d'importance.

Ce qui était important, c'était que maintenant que c'était là, maintenant que ça le possédait totalement, cela ne voulait plus partir. Au lieu de quoi, cela grandissait en lui, comme un cancer infectant chaque partie de lui cela avait rongé son esprit et son corps et chaque once de bonheur.

Toutes les petites choses, les railleries quotidiennes de ses camarades, la cruauté de la société, elles avaient cessées de simplement rebondir sur lui. Maintenant elles perçaient son corps et le creusaient à l'intérieur.

Kurt avait l'habitude de penser qu'une fois qu'il en aurait fini avec le lycée et qu'il aurait quitté Lima tout irait bien –Il partirait à New York et vivrait au milieu de gens qui l'accepteraient. Mais il ne voyait même plus les choses de cette façon. Non, maintenant, ça allait le suivre partout où il allait, et pendant le reste de ses jours il aurait à affronter l'intolérance des gens de ce monde. Il ne connaitrait jamais le bonheur pour toujours.

Finn était toujours en train de le fixer, implorant une explication de la part de Kurt.

Mordant l'intérieur de sa bouche tout en restant silencieux, Kurt se tourna et regarda dans la direction opposée, loin de Finn. C'était enfantin, immature, mais il ne voulait pas parler à son demi-frère. Pas maintenant, et peut-être jamais.

Quand Kurt se réveilla cette fois-ci, il entendit des voix douces presque inaudibles en haut des escaliers, juste assez fortes pour être entendues, mais pas pour être comprises. Son oreiller était doux sous sa tête, et la couverture dans laquelle il s'était niché pour se protéger de la fraicheur de son sous-sol était chaudement enroulée autour de lui. Il était recroquevillé sur son côté droit, un bras coincé sous son oreiller, et l'autre contre son torse.

- Tu es réveillé.

Les yeux de Kurt s'ouvrirent pour rencontrer ceux de Blaine, qui était assis près de son lit dans la chaise que Finn avait amené là. Les vêtements de son ami étaient froissés, ses cheveux habituellement recouverts de gel étaient maintenant bouclés et ses yeux étaient rouges et gonflés par soit de la fatigue, soit des pleurs. Kurt ne voulait pas penser à la raison.

- Salut, dit-il au moment où un sentiment de gêne s'installait en lui.

Blaine se leva de la chaise et s'approcha plus près, venant s'assoir sur le bord du lit afin de pouvoir chassé du front de Kurt une mèche de cheveux. Ce geste était intime et Kurt ne l'avait jamais connu autrement que par sa famille, et il se demanda ce que cela signifiait que Blaine se sente assez à l'aise pour le faire.

Entendre la voix de Blaine maintenant, les mots si proches de lui, le ramena des heures en arrière quand il était recroquevillé sous sa couverture, son téléphone collé à son oreille, souhaitant que Blaine soit là avec lui plutôt que de l'avoir seulement à travers le combiné.

- Je suis vraiment content que tu m'aies appelé Kurt. Tu sais que tu peux faire ça n'importe quand si tu en a besoin, d'accord ? Tu sais que je le pensais vraiment quand j'ai dit que je serais là pour toi ?

- Je sais.

Les yeux de Blaine avaient perdu leurs couleurs, leurs étincelles, mais la sincérité y était toujours présente.

- Je t'écouterais toujours si tu as besoin de parler.

- Je sais.

Il voulait parler à Blaine, lui dire tout ce qu'il ressentait. Il avait gardé tout cela pour lui pendant si longtemps, et cela n'avait été qu'un lourd fardeau écrasant. En léchant nerveusement ses lèvres, Kurt dit alors :

- Je n'arrive pas à me souvenir de ce que ça fait.

Blaine serra gentiment le bras de Kurt.

- Quoi ? Demanda-t-il.

- Etre – J'ai juste…

Kurt laissa échapper un soupir et se détourna de Blaine, serrant ses bras contre son ventre. La vérité était sur le bout de sa langue, et il voulait la dire, mais quelque chose le retenait, quelque chose qui était à moitié de l'embarras, et à moitié de la honte.

- Hey, dit Blaine tandis que le lit s'enfonça légèrement sous Kurt à cause des mouvements du garçon. Ne me rejette pas.

Kurt s'immobilisa quand Blaine se rapprocha, allongé sur le lit à ses côtés, sur les couvertures mais tout près.

- De quoi est-ce que tu ne te souviens pas ?

La respiration de Blaine parvint jusqu'à la nuque de Kurt et celui-ci se recula pour sentir le torse de Blaine contre son dos.

Kurt fixa ses mains, se concentrant sur ses doigts livides et fins et ses ongles impeccables.

- Etre heureux. Comment c'était, avant.

Kurt ferma les yeux et enfonça son visage dans son oreiller.

- J'ai peur. Je suis fatigué. De me sentir comme ça et de ne pas s'avoir si ça ira mieux.

- Kurt, commença Blaine avec sa bouche tout près de l'oreille de Kurt, pourquoi est-ce que tu ne me l'a pas dit –dit à qui que ce soit- que tu te sentais comme ça?

Kurt n'avait pas de réponse, aucune qui serait suffisante pour expliquer toutes ses raisons, celles dont il était conscient et les autres, pour expliquer ce qu'il avait fait. Comment dire à quelqu'un qu'il pensait qu'il ne le croirait pas, que tu pensais qu'il dirait que tu ne faisais que chercher de l'attention. Comment dire à quelqu'un à qui tu tiens que tu ne le pensais pas capable de t'aider ?

Kurt voulait le dire à quelqu'un, il aurait aimé monter les escaliers et aller voir son père qui regardait la télé, se pelotonner contre lui et laisser les mots sortirent. Mais il y avait toujours une peur, et Kurt ne savait pas si c'était seulement dans sa tête, qu'il soit responsable de son état parce que tout était de sa faute. Et tous ceux à qui il le disait penseraient ça également.

- Kurt ? Insista Blaine.

Il avait l'air si inquiet, si investi aussi dans tout ce que dirait Kurt. Le son de sa voix est suffisant pour pousser Kurt à essayer.

- Je ne savais pas comment le dire, expliqua Kurt avec un haussement d'épaules. Et c'est juste, je pensais que personne ne me croirait. Qu'ils me diraient de passer à autre chose.

Kurt regarda par-dessus son épaule et croisa le regard de Blaine.

- Mais je ne pouvais pas. J'ai essayé tellement fort de faire que ça parte, mais ça n'a fait qu'empirer. Je ne savais pas quoi faire.

Blaine laissa échapper un soupir, faible mais douloureux, comme si Kurt avait dit quelque chose de tellement fort qu'il le ressentait physiquement. Il s'approcha ensuite d'avantage et entoura de son bras les épaules de Kurt, le prenant dans une sorte d'étreinte.

Si qui que ce soit d'autre le tenait comme ça, Kurt se sentirait certainement mal à l'aise face à tant de proximité, mais c'était Blaine. Il ne pouvait pas vraiment l'expliquer, surtout parce qu'ils ne se connaissaient que depuis quelques mois, mais Blaine était d'une présence agréable.

- Quand tu m'as appelé – quand tu m'as dit que tu avais pris quelque chose- j'ai senti mon cœur s'arrêter, dit alors Blaine en serrant d'avantage son étreinte.

Kurt aurait voulu s'écarter de Blaine en entendant cela, se couvrir les oreilles des mains et ignorer ses mots.

- J'avais tellement peur Kurt. Je pensais que ce serait trop tard, ou que Finn n'aurait pas mon message. Je me disais que c'était trop tard, que j'aurais dû appeler une ambulance à la seconde même ou tu me l'as dit.

- Je suis désolé, murmura Kurt.

Blaine lâcha un soupir de frustration et secoua la tête, es cheveux caressant l'épaule de Kurt en même temps.

- Ne sois pas désolé Kurt. J'étais tellement inquiet pour toi – tu es mon meilleur ami. Mais ne sois pas désolé de m'avoir appelé.

Ils restèrent en silence pendant un instant, l'esprit de Kurt divaguant entre ce qui avait ou n'avait pas été dit.

- Je ne veux pas mourir, dit-il en caressant du bout des doigts son drap. Pas vraiment.

Blaine ne bougea pas, ne dit rien, restant solidement contre le dos de Kurt. Kurt savait que Blaine était presque aussi perdu que lui maintenant, peut-être même encore plus, mais il est ici, Kurt peut sentir sa présence réconfortante.

- J'ai juste – je ne veux pas vivre un autre jour en me sentant comme ça. Si mal, si horrible.

Il s'arrêta un instant et renifla.

- Je suis fatigué, Blaine.

Blaine resta silencieux pendant quelques seconds, et Kurt imagina le chagrin sur son visage.

- Tu vas t'en sortir, dit-il finalement.

Il avait l'air sûr de lui, comme s'il était persuadé que c'était vrai.

- Tu as tes amis et ta famille. Tu m'as moi. Tu n'es pas seul.

La déclaration donna à Kurt envie de pleurer à nouveau. Quelques heures auparavant seulement il avait dit à Blaine qu'il se sentait toujours seul, mais il pensa que peut-être bientôt il serait capable de ne plus se sentir ainsi.

- Merci.

Blaine ne répondit rien, il se contenta de serrer Kurt plus fortement contre lui, et cela suffit.

Le soleil de milieu de matinée illuminait la pièce, éclairant les murs d'une couleur entre le blanc et le jaune. Kurt décala mit son bras sous son oreiller, afin que son visage soit élevé et qu'il puisse regarder la lumière sur l'étendue d'herbe.

Maintenant que les ténèbres avaient disparus et qu'il était dans un silence confortable avec Blaine tout contre lui, avec les sons de sa famille dans la cuisine la haut, la panique et le désespoir se dissipaient, bien qu'encore présents. Il se demanda quelle quantité de ce qu'il ressentait était dû au médicaments, et combien était dû au fait qu'il savait qu'il était entouré.

Une forte tristesse l'habitait toujours, mais le sentiment dévastateur d'abattement, de n'avoir aucune solution face à lui avait été remplacé par quelque chose d'autre. Quelque chose qui faisait que son esprit envisageait des choses auxquelles il n'avait jamais pensé avant : la possibilité de se faire aider. D'un jour ne plus sentir qu'il préfèrerait mourir plutôt que de vivre un autre moment de désolation constante.

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The end

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