Chapitre 1 : « Sourire »

Pov Rachel Berry.

Je rêve. Je m'en rends compte à l'instant où le sommeil m'échappe. Un infime moment où ma propre image se reflète comme à travers les yeux de quelqu'un d'autre. Je me vois sourire chaleureusement. Et tout s'éteint brutalement.

Mes yeux s'ouvrent sur l'obscurité. Je les referme un instant, pensant peut être pouvoir continuer à rêver. Mais bien sûr, rien ne se passe. Je reste simplement allongée, le temps s'écoulant lentement, presque sensiblement autour de moi.

Je pourrais peut être rester ainsi. Ne pas me lever. Continuer à simplement ouvrir les yeux sur un simple rien et m'en contenter. Je pourrais...

Mais voilà que les gestes quotidiens me rattrapent.

Me lever. Me doucher. M'habiller.

Me regarder un instant dans le miroir. Essayer de sourire avec entrain. Abandonner.

Préparer mes affaires. Me regarder à nouveau. Grimacer.

Et partir.

En arrivant à la gare pour aller au lycée ce matin là, la seule pensée qui me vient est seulement « Voilà un jour comme les autres ».

Mon regard se pose au hasard sur des personnes dans le train en face de moi. Je regarde lentement leurs visages s'estomper dans un bruit assourdissant alors que les wagons avancent rapidement. Pour finalement s'éloigner. Laissant l'autre côté du quai m'apparaître. En même temps qu'une silhouette attirer mon attention. Un regard fixé sur moi. Automatiquement mes yeux prennent une autre direction, les battements de mon cœur s'élançant avec appréhension.

J'espère un instant qu'elle ne m'a pas vu.

Quinn Fabray n'est pas tout à fait du même genre que celles avec qui elle a l'habitude de traîner. Elle n'en fait pourtant pas moins partit de leur groupe. Son air d'indifférence continuelle la laisse paraître si froide que le surnom de « Reine des Glaces » l'accompagne partout avec une sorte de crainte idiote.

Les poings serrés, je tourne la tête avec la ferme intention de ne pas ciller. Je remarque instantanément qu'elle a toujours les yeux fixés dans ma direction.

Et la chose qui me perturbe le plus dans cette vision, c'est son sourire.

Pas le genre de sourire carnassier que je n'aurais pas été surprise de trouver sur ses lèvres.

Mais un sourire étrange. Empli de...douceur.

Et d'une certaine mélancolie.

Un sourire qui me rappelle...


J'ai 6 ans. Je n'ai à cette époque que peu de raison de me soucier de l'avenir. Les enfants n'ont pas encore appris à être méchants. La différence n'effraie pas encore. Je suis dans la classe de Madame Cermon. Elle est si gentille que par peur de la déranger, tout le monde reste souvent silencieux. Les enfants, même les plus réfractaires semblent s'adoucir et se sociabiliser à son contact.

Tout le monde. Sauf une.

Mes yeux sont fixés sur sa silhouette au fond de la classe. Elle est la seule à être assise seule. Par choix. A cette époque, sa timidité touche mon cœur d'enfant. J'ai envie, naturellement d'aller vers elle. Mais je ne le fais pas. Je remarque simplement sa manière de ne jamais attirer l'attention sur elle. Et sa façon de regarder au dehors.

Il arrivait certains jours qu'elle surprenne mon regard.

Alors elle me souriait.

Elle me souriait vraiment.


Son sourire me paralyse un instant. Et est coupé brusquement par l'apparition d'une paroi métallique. Le train s'arrête dans un bruit sifflant. Je mets quelques secondes à reprendre mes esprits, et alors que les portes s'ouvrent devant moi, je m'engouffre à l'intérieur rapidement.

Accrochée à la barre d'appui d'un train cahotant, je reste le regard fixé dans le vide, comme pour saisir quelque chose d'invisible.

Elle m'a sourit...