Disclaimer: James Dashner possède la plupart des personnages.
Thomas et ses trois amis laissèrent finalement Newt , pour se rendre au terrain de basket, histoire que Minho « leurs mette la pâté de canard » d'après ce dernier. Ils avaient proposé à l'anglais de les accompagner mais ce dernier avait décliné l'offre expliquant qu'à cause de sa jambe droite il ne pouvait pas pratiquer de sport.
En effet, depuis un an maintenant Newt boitait et il ne devait pas fournir trop d'effort sous peine d'empirer son cas. Voilà pourquoi avoir à monter ou descendre les escalier s'avérait très pénible pour lui. Les garçons lui lancèrent un regard désolé avant de le laisser à son bouquin. Le blond reparti dans le sauvetage de la princesse Mia. Bien que l'idée de l'admettre à haute voix lui était tout à fait impensable, l'envie de poursuivre les garçons ne lui était pas inconnue. Il aimerait vraiment faire rebondir le ballon sur le sol froid du gymnase, dribbler et marquer des paniers. Taper un sprint sur un terrain de crosse, et sentir la brise chatouiller ses cheveux blonds, ressentir la douleur des courbatures après l'effort, la sueur sur ses vêtements. Pourtant, avant son handicap, le sport ne faisait inéluctablement pas parti de ses loisirs favoris, même si il avait pratiqué trois ans de judo durant son enfance, avant de quitter définitivement les cours sur un caprice typiquement enfantin. Mais aujourd'hui tout ça lui manquait et il se sentait mal de ne pas en avoir profité, d'avoir été aussi flemmard. Sa blessure ne le faisait pas endurer d'atroces souffrances, le menant à supplier la mort de l'emmener sous sa cape, mais il arrivait parfois que la douleur se manifeste lorsqu'il restait trop longtemps en appuie sur son membre, ou qu'il marchait plus qu'il ne le devait. Sans oublier ces moments où le blond oublié stupidement son cas et qu'il courrait jusqu'à tomber à terre, une vive douleur à la jambe les joues baignés de larmes. Bien heureusement, ce genre d'incident s'attaquant à sa dignité n'arrivait que rarement.
Quand la fin de l'heure sonna, il vérifia son prochain cours sur le carnet qu'on lui avait donné à l'administration. Il lu « Histoire et Géographie S12 » et se dirigea vers la salle en question, soupirant parce qu'elle se trouvait tout en haut de l'immeuble. Peu enclin à finir sa première journée de cours à l'infirmerie, il passa par le bureau du secrétaire pour lui demander les clefs de l'ascenseur. Le trentenaire, aux allures hispanique réclama une preuve écrite de son handicape, Newt pesta intérieurement, prévisible, il avait bien entendu imprimé une copie de son ordonnance qu'il gardait sur lui. Mais quand même, s'il n'était pas aussi intelligent et prévoyant (les chevilles? ça peut aller) il aurait fallu qu'il se trouve gisant sur le sol pour prouver qu'il ne mentait pas. L'homme lui tendit les clefs avec un sourire sardonique et le blond les attrapa sans dire mot avant de marcher jusqu'aux portes de l'ascenseur.
La plupart des élèves étaient déjà présents, adossés contre le mur, bavardant entre eux. Newt se cala timidement juste à côté de la porte, les mains dans les poches et fixant le sol. Il entendit quelques bribes de conversation, comme les filles juste derrière lui qui causaient à propos du petit copain d'une de leur copine, qui visiblement n'était pas présente. A croire que peu importe l'endroit, dans les lycée le commérage était toujours d'actualité.
À son opposé, un couple se galochait sans retenue, ils manquaient tellement de retenue que le blond cru voir un filet de bave s'étendre sur le visage de la fille et détourna les yeux prêt à vomir. Il jaugea ses pieds, ou plutôt ses vans parce qu'en plus de ne pas être un sorcier, il ne possédait pas la faculté de voir à travers la matière.
- Hey , Newt ! s'exclama une voix.
Inutile de regarder, il savait qui l'avait interpellé, il se tourna tout de même vers Thomas. De la sueur perlait sur le front du garçon ainsi que sur son T-Shirt, il sortit une bombe de déo de son sac et s'en aspergeant, faisant tousser Newt qui tira automatiquement la langue.
- Ça va, il est pas encore arrivé, je suis pas en retard!
- Oui, répondit Newt la voix enroué
D'un coup, les filles qui commérait derrière lui se tournèrent vers eux. Newt put alors juger de la popularité du brun au sein de cet école ou du moins dans cette classe lorsqu'elles commencèrent à l'assaillir de questions. comme si elles étaient une bande de groupie et que Thomas était l'idole qu'elles vénéraient depuis toujours.
- Hey Thomas, tu vas participer au match, samedi prochain ?
- Tu viens à la fête ?
- C'est vrai que tu sors avec Térésa de la classe de Terminal ?
Le garçon rit et passa une main dans ses cheveux de jais qu'il décoiffa, il ne semblait pas le moins du monde agacé par cet interrogatoire que Newt qualifiait d'enquiquinant. Mais après tout ses amis et lui avait bien agit de la même manière avec Newt lors de sa pause lecture, il serait donc ironique qu'il réagisse mal.
- Le coach a dit qu'il pourrait bien me faire entrer sur le terrain vu que j'ai un assez bon niveau.
- Assez bon ? s'exclama une des filles,une jolie rousse au yeux bleus qui semblait être la chef du groupe des groupie . Tu es l'un des meilleurs Thomas.
- C'est gentil Linda, et à part ça,oui je vais sûrement à la fête. Cela dépendra surtout de si j'ai la flemme ou pas mais Minho risque de m'y traîner de gré ou de force.
Les filles gloussèrent à sa remarque,et Linda lui lança même une petite tape sur l'épaule.
- Et sinon oui je sors avec Térésa ça fait trois mois maintenant.
- Trois mois et on était même pas au courant ? dit une autre fille aux cheveux blonds et bouclés
Magnifique. C'est le mot qui vint à l'anglais, un teint de pêche et des yeux couleur miel attestant d'une immense douceur, le nez fin et droit et les lèvres légèrement pulpeuses maquillé d'un rose discret. Beaucoup de garçons avaient les yeux sur la jeune fille, ce qui était d'autant plus incroyable c'est qu'elle même ne semblait pas se rendre compte de la magnificence de son aspect physique. Elle paraissait humble, dans ses habits décontractés, les mains dans les poches de sa veste marron.
- Et oui, pardon Sonya, j'ai pas pu te prévenir de cet événement oh combien utile à ta vie. lui répondit Thomas avec une moue faussement désolé
Cette fois c'est Newt qui se mit à rire tout doucement, mais visiblement pas assez discrètement. C'était lui maintenant que les filles fixaient, curieuses. Le brun lui passa un bras autour des épaules et l'intégra dans la conversation, bien que le blond ne ressentait pas la moindre envie de discuter avec ces jolie demoiselles.
- Bon, vous savez déjà qui c'est les filles ! Alors Newt je te présente Linda et Sonya , mais ça, tu dois le savoir vu que je les ai appelé par leur prénom. Et puis la chinoise , et elle c'est vraiment une chinoise, c'est Lisa. Tu as raison, ça ne fait pas vraiment chinois comme nom, mais qui somme-nous pour juger le choix de ses parents Newt ? Hein, qui somme nous ?
- Euh..
"La chinoise" avait des cheveux lisses et acajous coupé au carré, le froid de l'hiver ne l'atteignait visiblement pas, puisqu'elle portait seulement un t-shirt en coton fin et un short en jean, alors que Newt tremblait presque dans ses vêtements chauds. En dernier, il y avait une belle métisse plus grande de taille que les trois autres, les tifs coiffés en dreadlocks. La fille faisait craquer ses doigts, l'air désintéressé bien que son regard témoignait du fait qu'elle suivait attentivement ce qui se disait.
- Et puis, le café au lait là, c'est Harriet. Elle, par contre, on peut demander à ses parents s'ils n'avaient pas un problème quand ils l'ont appelé comme ça.
La dite Harriet s'approcha de Thomas et lui asséna une claque sur la tête, le brun grogna vexé et se plaint d'autant de "brutalités"
- Fais gaffe Newt, commença Sonya en riant. Thomas s'attire toujours des problèmes ici donc si tu traînes avec lui attends toi à avoir pas mal de problèmes.
- On ne traîne pas ensemble, affirma le blond
Thomas traînait peut être avec lui mais lui ne traînait pas avec Thomas, pour l'instant il n'avait pas décidé de traîner avec ce jeune homme.
Le professeur arriva enfin et les fit entrer dans la salle, tous les élèves s'installèrent à leurs place habituelles, Newt aperçu une place libre à côté de Lisa et s'y installa.
- Bienvenu à vous monsieur?
-Newt Jewels
Newt se sentait un peu déconcerté par ce vouvoiement, cette forme de politesse allant habituellement de l'élève à son enseignant et non inversement.
Le professeur lui offrit un grand sourire, l'incitant à demander à sa voisine de table si il rencontrait un soucis ou à lui même, si jamais Lisa ne pouvait répondre à ses attentes.
Le cours se déroula sans embûche et Newt avait fait connaissance avec l'asiatique, qui pratiquait le handball et jouait tous les soirs après les cours. Elle sortait avec un garçon de son club depuis trois ans maintenant.
- Oh et tu as du nous entendre parler du copain de Brenda.
Newt se souvint des critiques qui lui étaient parvenues aux oreilles avant l'arrivée de Thomas et acquiesça.
- On a rien contre Brenda. Au contraire, on l'adore, hein, ne vas pas croire qu'on est des commères ou un truc du genre. D'ailleurs, on ne l'a pas insulté elle. C'est une de nos meilleures potes. Mais son gars, Michael il l'a traite comme une merde. Et bon, je ne te dis pas ça pour raconter sa vie mais pour que tu comprennes bien qu'on n'est pas des salopes qui casse du sucre sur le dos de leurs amies.
- Ouais ouais je comprends, dit Newt. Mais pourquoi elle reste avec lui ? demanda-t-il perplexe
- Elle est trop à fond sur lui mais lui, il est seulement attaché à son ballon de basket. Il joue avec Thomas et d'ailleurs les deux peuvent pas se supporter. Brenda et Thomas sont très proche et lui, il ne supporte pas comment Michael la traite.
- Térésa n'est pas jalouse ?
- Quoi ? Non je pense pas, je ne la connais pas vraiment mais elle n'a pas trop l'air d'être du genre à se prendre la tête. Et puis, elle sait que Brenda et Thomas sont très proches depuis l'enfance. Leurs mères sont meilleures amies.
- D'accord, et bien espérons que Brenda finisse par ouvrir les yeux.
Lisa afficha un sourire et ils se concentrèrent sur le cours, Newt l'aimait bien cette chinoise.
À la fin de la journée, il rentra en bus. l'anglais ne possedait pas de voiture puisqu'en Angleterre on ne passait pas le permis avant 18 ans (nda: idk si c'est vrai mais on va dire que oui pour la forme) Il se mit devant et écouta de la musique durant tout le trajet, arrivant à l'arrêt le plus proche de chez lui une trentaine de minutes plus tard. Malheureusement, sa maison était à une heure de marche encore et sa mère venait de lui envoyer un message, lui expliquant que ni elle ni son père ne pourrait venir le chercher. Il se demanda si ses parents se rappelaient de son problème à la jambe droite et commença à marcher, sentant la douleur de son membre s'accentuer un peu plus à chaque pas. Il boita sur la route pendant une dizaine de minute jusqu'à ce qu'un klaxon ne le fasse légèrement sursauter, il se tourna vers le véhicule et vit presque sans surprise Thomas au volant. Le garçon abaissa sa vitre et s'adressa au blond.
- Tu habite vers là ?
- La rue Telier.
- C'est vrai ? s'exclama Thomas. Le numéro 245 c'est ça ?
- Oui comment tu..
- Figure toi que le monde est petit je suis au numéro 248 juste en face de ta maison justement. J'ai vu des camions de déménagement dans la semaine.
- Ah, oui, d'accord, dit Newt
Ce n'était ni une bonne , ni une mauvaise nouvelle mais d'un côté c'était bien mieux que mal. Après tout, il se rappelait bien avoir eu peur de se trouver dans un quartier habité uniquement par des personnes âgées. Savoir qu'un garçon de son âge allait être son voisin le soulageait au moins d'un poids, même si ce garçon l'exaspérait déjà.
- Allez, monte, je ne vais pas te laisser galérer.
Newt monta donc dans la voiture de Thomas et continua le trajet avec lui.
-Au fait qu'est ce qui est arrivée à ta jambe ? Tu as eu un accident ?
Newt n'aimait pas mentir mais il détestait parler de cette histoire. On l'avait agressé à la sortie des cours, il y a un an parce qu'il s'était affiché dans les rues avec un garçon. Oui Newt était gay et cela n'avait visiblement pas plu à certains individus.
Depuis ce jour, il s'était renfermé dans le placard, et il avait décidé de ne plus afficher son statut. On pouvait clairement dire qu'il était lâche mais Newt était terrorisé depuis ce jour-là, la douleur physique n'était rien comparé à celle qui le déchirait de l'intérieur. Parce que tout les mots qu'on lui avait craché à la figure tel que « tu es un monstre » « une erreur de la nature » « tu ne mérite pas d'exister » tous ces mots continuaient de se répéter en écho dans sa tête. Toutes ces injures l'avaient détruit et Newt avait déprimé pendant des mois, pourtant ça ne se voyait pas. Il n'y avait pas de cicatrice sur son corps témoins de mutilation, parce que le blond détestait avoir mal et que jamais il n'avait pensé à s'infliger pareille douleur. En revanche l'idée même de mettre une fin ultime à tout ses mœurs lui était parvenu à l'esprit, plusieurs fois le garçon avait fixé le vide du haut de sa fenêtre dans son ancienne maison, en songeant à sauter et s'écraser sur le goudron comme le faisait les goûtes de pluie. Pourtant il lui suffisait de penser « tu ferais du mal aux gens qui t'aiment » pour éloigner ses idées noires. Parce que Newt détestait faire du mal autour de lui et plus encore depuis ce fameux jour. Aujourd'hui grâce au soutien de ses proches il se portait mieux même si il souffrait encore de ce mauvais jour, et pas seulement à cause de sa jambe.
- Une bagarre qui a mal tourné pour moi, dit il finalement.
Ce n'était pas trop éloigné de la vérité, et Dieu merci Thomas ne chercha pas à en savoir plus.
Ils arrivèrent enfin dans le lotissement et Thomas se gara devant chez lui, Newt le remercia avant de sortir de la voiture et de traverser la petite route pour rentrer dans sa propre maison. Il avait enfin dépasser le portail quand il entendit la voix du brun.
-Oui ? demanda le blond en se retournant
-Pour pas que tu sois en galère, je veux bien être ton chauffeur. proposa Thomas
Newt accepta, ses parents travaillant énormément, nul doute qu'ils ne pourraient que très rarement venir le chercher, et Thomas étant dans sa classe, c'était beaucoup plus simple de faire le trajet avec lui. Il remercia le garçon avant de franchir le pas de sa porte. Manifestement il ne pourrait pas lui échapper à celui là.
