Heureusement pour eux, ils étaient en plein centre de Londres, et donc pas trop loin de l'endroit où devait les emmener Harry. Toutefois, sous les grognements de protestation de Draco, ils furent obligé de prendre les transports publiques. Un quart d'heure plus tard, ils étaient devant la galerie marchande.

« C'est gigantesque ! S'écria Pansy, des étoiles dans les yeux. Je ne savais pas qu'il y avait de si grand magasin du côté moldu.

_ Calme-toi Pansy, intervient Blaise. Tout le monde nous regarde.

_ Et alors ? Rétorqua Draco.

_ Doucement, dit Harry en leur faisant signe de le suivre. Il faudrait déjà qu'on aille chercher de l'argent.

_ Et comment on fait ça Potter ? Je te rappelle qu'on est dans le monde moldu.

_ Et je sais où aller pour arranger les choses.

Il les conduit au fond de la galerie et leur désigna un vendeur de hot-dog. Ce dernier leur fit de grands signes en les apercevant.

_ Tes amis sont passé avant toi, dit-il. Promenade en amoureux ?

_ J'imagine, répondit Harry. Marc, je te présente des camarades de classe. Ils viennent faire un peu de shopping.

_ Du change quoi, soupira le vendeur. C'est beaucoup de travail pour moi tu sais. Tu n'imagines pas le nombre de sorciers qui viennent me voir, je ne saurais même pas te dire combien. J'ai à peine le temps de noter le nom de l'un, il y en a déjà trois autres derrière. C'est épuisant !

_ Je vous présente Marc, reprit le brun en se tournant vers les Serpentard avec un sourire amusé. C'est un moldu mais à la différence des autres, il connaît notre monde. Ici il est une sorte de contact entre le monde moldu et le monde sorcier.

_ Je ne suis pas un contact Monsieur le Survivant, je suis un agent de liaison.

_ Mais oui, mais oui.

_ C'est la première fois que je vous vois, dit Marc en se tournant à son tour vers les Serpentard. De Poudlard aussi ?

_ Oui, répondit Blaise. Même année que Potter.

_ Mais à Serpentard, ajouta Pansy. Mais arrêtons de discuter, j'ai tellement hâte de faire les magasins !

_ Comme toutes les jeunes sorcières qui viennent ici.

_ Nous ne sommes pas tout le monde, rétorqua Draco avec un regard noir.

_ Il me faut vos noms, expliqua le vendeur sans tenir compte de son ton agressif. Que je puisse en informer Gringotts.

_ Parkinson, Malfoy et Zadini.

_ ...

Cette fois-ci le vendeur les regarda avec des yeux ronds tout en pâlissant brusquement.

_ Ne t'inquiète pas Marc, le rassura Harry. Ils sont là en touriste.

_ Qui traites-tu de touriste Potter ? Rétorqua Draco.

_ Tes amis et toi.

_ C'est la deuxième fois que tu nous insultes. Fais attention, je ne suis pas si patient d'habitude.

_ C'est un honneur monsieur Malfoy. »

Ils se sourirent, complice, alors qu'à côté, Marc les regardait bizarrement. Il avait entendu parler des disputes entre les deux jeunes hommes, mais on lui avait dit qu'elles étaient violentes. Et là, elle semblait se faire sur le ton de la plaisanterie. Finalement, Harry arrêta de se disputer avec Draco et ils purent échanger leur argent sorcier contre celui moldu. Dès que Pansy eut le sien en main, elle entraîna Harry à sa suite, sans attendre les deux autres.

Ils passèrent la journée là-bas, entre les magasins de vêtements, ceux de chaussures et les bijouteries. Lorsque enfin ils rentrèrent à l'appartement, les trois Serpentard avait chacun une dizaine de sac en main. Immédiatement Harry se laisse tomber sur le canapé, poussant un gros soupir de soulagement.

« J'adore le shopping, s'extasia Pansy en fouillant dans ses sacs. C'est quelque chose de tellement... Revitalisant !

_ Moi je préfère quand ça s'arrête, marmonna Harry en lui jetant un regard noir. J'ai mal aux pieds.

_ Pauvre petite nature, se moqua Blaise.

Le brun lui tira la langue mais se redressa soudainement en entendant la porte s'ouvrir.

_ Où étais-tu ? Cria Ron en surgissant dans le salon.

_ De... Dehors...

_ On t'avais ordonné de rester ici, non ? Rétorqua Hermione.

_ Oui mais...

_ Pas de mais Potter, le coupa-t-elle. Nous sommes tes amis, on s'est inquiété nous. Pourquoi tu ne nous a pas écouté ?

_ Tu nous a fait de la peine Potter, dit Ron. On a pensé que tu as été enlevé et livré à Tu-Sais-Qui.

Le brun baissa la tête, honteux.

_ Va préparer à manger, ordonna la Gryffondor.

Il acquiesça et, après avoir jeté un dernier regard désolé aux Serpentard, il se dirigea vers la cuisine.

_ Pourquoi était-il avec vous ? Demanda Hermione.

_ Parce qu'il a joué au guide, répondit Blaise. Il nous a emmené faire les magasins.

_ Il déteste ça.

_ Et alors? Il a apprécié avec nous, il s'est amusé, rétorqua Pansy. C'est pas comme avec vous...

_ La ferme Parkinson, cracha Ron. Nous, nous sommes ses amis.

_ On a pas la même définition je crois, dit Blaise. Si j'étais lui, je ne vous considérerais pas comme tel.

_ Zadini !

Pendant qu'ils se disputaient, Draco avait rejoint Harry dans la cuisine. Il le regarda aller du frigo à la table, de la table à la cuisinière, de la cuisinière à l'évier. Il ne savais pas ce que le brun préparait, mais en tout cas, ça sentait très bon.

_ Où as-tu appris à cuisiner ? Demanda-t-il soudainement.

Ne l'ayant pas entendu arriver, Harry sursauta, faisant tomber le verre qu'il avait dans les mains.

_ Zut.

Il se pencha pour ramasser les morceaux mais se coupa malencontreusement le doigt.

_ Tu n'es pas doué Potter, soupira le blond en sortant sa baguette.

_ Surtout pas ! S'écria Harry. Il ne faut pas utiliser notre magie.

_ J'avais oublié... Elle m'énerve cette règle.

_ On a pas le choix...

Le brun finit de ramasser les morceaux de verre et jeta les débris avant de passer son doigt sous l'eau.

_ Qu'est-ce que tu voulais ? Demanda-t-il.

_ Savoir où tu as appris à cuisiner.

_ Chez moi. Tous les jours, un repas pour quatre personnes. Matin, midi et soir.

_ On dirait que ça fait des années que tu fait ça.

_ Peut être...

_ ...

_ Le dîner sera bientôt prêt, tu peux... Non, rien.

_ Quoi ?

_ Je voulais que... Que tu m'aides à mettre la table, mais laisse tomber, je vais le faire.

_ Où sont les assiettes ?

_ Pardon ?

_ Où sont les assiettes ?

_ Dans... L'armoire là-haut...

Il lui désigna un placard, le regardant toujours surpris.

_ Blaise ! Hurla Draco.

Le Serpentard arriva en courant.

_ Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta ce dernier. Un mort ? Un blessé ?

_ Non, il faut juste que...

_ Par Merlin ! Le coupa-t-il. Qu'est-ce qui t'es arrivé Harry ?

_ Je me suis juste...

_ C'est de la faute de Draco ?

_ Bien sûr que non ! Il...

_ Raconte-moi tout Harry.

_ J'ai juste...

_ Tu peux pleurer si tu veux, je ne te jugerai pas.

_ Non je...

_ Draco, sors d'ici.

_ Blaise ! Hurlèrent les deux autres.

_ Oui ?

_ Écoute bien Zadini, dit froidement Draco. J'ai surpris Potter, qui a fait tomber un verre, qui s'est coupé ramassant les morceaux. C'est tout.

_ C'est tout ?

_ C'est tout.

_ Donc c'est ta faute.

_ Non je... Oui. D'un côté c'est de ma faute.

_ Bravo, tu fait des progrès Draco. La prochaine leçon : appeler un ennemi pas si ennemi que ça par son prénom.

_ Tais-toi et va mettre la table.

_ Chef, oui chef !

Blaise se précipita vers l'armoire que lui désignait timidement Harry, collant une bise sur la joue de ce dernier, et courut dans le salon, les assiettes en main. Un quart d'heure plus tard, le dîner était prêt. Comme hier, Harry avait mit le plateau au centre de la table, s'était servi, et s'était réfugié dans la cuisine après avoir appelé les autres.

_ Qu'est-ce qu'on mange ? Demanda Ron en s'installant.

_ Des pâtes, répondit Hermione en jetant un coup d'œil à la casserole. Il ne s'est pas foulé...

_ La ferme vous deux, rétorqua Blaise. Ça fait deux jours qu'il fait à manger. Alors que vous, vous vous contentez de mettre les pieds sous la table.

_ Tu n'es pas en reste non plus, répliqua Hermione.

_ Détrompe-toi Granger, c'est moi qui ai mis la table.

_ On voit ça, se moqua Pansy. Tu as inversé les couverts.

_ Et bien la prochaine fois tu la feras toi-même !

_ Il mange encore dans la cuisine ? Demanda soudainement Draco, coupant la dispute.

Pansy baissa tristement la tête alors que Blaise acquiesçait.

_ Vous qui êtes ses « amis », pourquoi ne vient-il pas manger avec nous ?

_ Pour faire son intéressant, répondit Ron la bouche pleine. Il croit qu'on va s'inquiéter et qu'on ira le rejoindre.

_ Il ne faut pas entrer dans son jeu, dit Hermione. Ce n'est qu'un vulgaire caprice. Ça finira bien par lui passer. »

Elle haussa les épaules et se remit à manger. À côté, Ron avait approuvé et s'était resservit pour la troisième fois.

Comme la veille, tous laissèrent la vaisselle en plan pour retourner dans leur chambre. Sauf Blaise. Ce dernier s'était dirigé vers la cuisine et ouvrit le plus silencieusement possible la porte. Harry, qui n'avait rien remarqué, était accroupit devant le four, surveillant ses gâteaux. Une fois de plus, il cuisinait pour oublier ses problèmes. Et aujourd'hui, il avait opté pour des cookies aux chocolat.

« Ça sent trop bon, dit Blaise en entrant complètement.

Harry sursauta et se retourna brusquement.

_ Tu m'as fait peur, lui reprocha-t-il.

_ Tu es trop sur tes gardes, rétorqua Blaise en se laissant tomber sur une chaise.

_ Tu ne comprendrais pas.

_ ...

_ Il y a un problème ? Demanda le brun pour changer de sujet.

_ Je voulais savoir pourquoi tu ne venais pas manger avec nous.

_ ...

_ Il y a assez de place pour tout le monde.

_ Ce n'est pas l'envie qui me manque de venir manger avec vous, dit-il. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

_ Pourquoi ?

_ Ron et Hermione. Je suis sûr qu'ils vous ont dit que si je ne mangeais pas avec vous c'était parce que je faisais un caprice.

_ Pourquoi agissent-ils comme ça avec toi ?

_ Si seulement je le savais... Je ne sais pas ce qu'ils leur prend, un jour nous étions en train de rire au coin du feu, et le lendemain, ils me traitaient comme un chien.

Harry se laissa tomber sur une chaise, le regard dans le vide.

_ Ça fait bizarre de se dire que Ron et Hermione me déteste alors que cela fait six ans que nous sommes inséparable.

_ Je peux être ton ami moi, dit Blaise en s'installant plus près de lui.

_ Sérieusement ?

_ Pourquoi pas ? Bon, il me manque sûrement les bases pour une amitié entre Gryffondor et Serpentard, mais je suis sûr qu'on peut y arriver. Je suis quelqu'un de très compréhensif tu sais.

_ Je ne suis pas plus expert que toi, ria Harry. Je n'ai vraiment pas beaucoup d'amis en dehors de Ron et Hermione.

_ Alors soyons amis ! S'exclama Blaise en lui tendant la main.

Harry lui sourit et la serra. La sonnerie venant du four les interrompit et le brun se précipita vers ses cookies.

_ Enfin !

Il s'empara d'un gant de cuisine avant de se pencher pour sortir son plateau. Ensuite, il le posa sur la cuisinière et en prit un qu'il partagea en deux.

_ Fais attention, c'est chaud, dit-il en tendant une moitié à Blaise.

Ce dernier acquiesça et après quelques minutes le mangea.

_ C'est trop bon !

_ Je ne les trouve pas assez moelleux, marmonna Harry avec une moue boudeuse. C'est raté.

_ Ne raconte pas de bêtise, rétorqua Blaise en l'attirant sur ses genoux. Tes cookies sont très réussis.

Harry rougit et le remercia.

_ Tu peux m'aider à tout ranger ? Demanda-t-il timidement. Je n'ai pas envie de tout faire demain.

_ Laisse, les autres le feront eux-même.

Mais le brun secoua la tête et se libéra des bras du Serpentard pour se diriger vers le salon.

_ Tu sais aussi bien que moi qu'il ne le feront pas. Mais ne t'en fait pas. Va te coucher, je vais le faire.

Il alla au salon, ramenant assiettes, verres et couverts. Ensuite il remplit l'évier d'eau et fit la vaisselle sous les yeux attentifs de Blaise. Une fois que tout fut rangé et nettoyé, ils s'installèrent dans le canapé. Immédiatement, Harry laissa échapper un bâillement.

_ Excuse-moi, dit-il. Mais je suis fatigué à cause de ce matin. Faire les magasins et toutes ses tâches ménagère, c'est trop éprouvant pour moi.

_ Petite nature, se moqua Blaise.

Harry voulut répliquer mais il s'endormit avant. Sans le vouloir, il se laissa tomber sur Blaise qui sourit, amusé. Ce dernier décida de l'emmener dans sa chambre, ne voulant pas qu'il passe la nuit sur le canapé. Et tant pis si Pansy faisait une scène, il le coucherait quand même dans sa chambre. En ouvrant la porte, il fut soulagé de voir que la Serpentard dormait déjà. Il coucha le brun dans son lit, le déshabilla et le glissa sous ses couvertures. Puis, il fit se déshabilla à son tour et se glissa au côté du Gryffondor.

_ Bonne nuit Harry, murmura-t-il à son oreille. »

Le brun ne fit que remuer pour se serrer contre la source de chaleur.

Le lendemain matin, ce fut le regard insistant des deux Serpentard qui réveilla Harry. Toujours couché dans le lit de Blaise, dans les bras de ce dernier, Pansy s'était agenouillé devant lui, un sourire amusé aux lèvres. Surpris, il se redressa d'un coup, faisant rire Blaise.

« Bien dormi ? Demanda ce dernier.

_ ...

_ Tu étais si mignon, soupira Pansy, ne perdant pas son sourire amusé. Tu étais peloté contre Blaise, le serrant comme un ours en peluche.

_ Je...

_ C'était tellement chou !

Elle s'assit plus confortablement sur le lit, sortant un jeu de carte de derrière son dos.

_ Une partie ?

_ Vous... Pardon ?

_ Elle te propose une partie de carte, ria Blaise en lui ébouriffant les cheveux. T'es pas réveillé toi.

_ Si je... Est-ce qu'on peut m'expliquer ce que je fais dans votre chambre, en boxer soit dit en passant ?

_ Je t'ai emmené ici hier soir, expliqua le Serpentard. Je n'avais pas le cœur à te laisser dormir sur le canapé. Et pour ce qui est du boxer... Tu aurais eut trop chaud cette nuit.

_ Mais on s'en fiche, tu es bien foutu, le plus beau mec après Draco, les coupa Pansy. On la fait cette partie de carte maintenant ?

Blaise explosa de rire tandis que Harry la dévisageait.

_ Quoi ? Demanda-t-elle.

_ Moi ? S'étonna le brun. Un beau mec ? Je crois qu'il te faut des lunettes...

_ Tu remets en doute mes paroles ? Moi, la fille la plus observatrice de Poudlard ? Je veux des excuses Potter.

_ Désolé... Mais je ne suis toujours pas convaincu. Regarde.

Il se leva et leur fit face. Il tourna lentement sur lui-même, ne voyant pas les regards mi amusé, mi appréciateur des deux autres.

_ Je n'ai que la peau sur les os, je n'ai pas de muscle, je suis petit, tout maigre, mes cheveux sont horrible et indomptable, mes yeux sont trop vert, j'ai des lunettes qui ressemble à des loupes, mon visage ressemble à celui d'une fille...

_ Stop ! Cria Pansy pour l'interrompre. Blaise, pitié.

_ Ok, ok, dit ce dernier, retenant tant bien que mal son fou rire. Harry, écoute-nous. Tu es beau, ok ? Toutes les filles de Poudlard sont à tes pieds, s'évanouissent quand tu souris, et essaye de se glisser dans ton dortoir la nuit.

_ ...

_ Elles bavent dès que tu apparais dans leur champ de vision, approuva Pansy. Et tu vas me dire que tu ne t'aperçois pas de tout ça ?

_ Bah... Non...

Cette fois-ci, Blaise laissa son rire éclater pendant que Pansy gémissait devant sa naïveté.

_ Dis-moi Potter...

_ Harry, le coupa-t-il. Je m'appelle Harry, Pansy.

La Serpentard le regarda avec des yeux ronds, mais acquiesça lentement.

_ Ok, Ha... Harry... Tu n'as jamais pensé que si tu changeais un peu d'apparence, tu te trouverais plus beau ?

_Oui, mais je n'aime pas faire les magasins, répondit le brun. Et puis... Je n'avais personne à qui demander conseil. À cause de ma célébrité je ne pouvais pas aller sur le Chemin de Traverse ni à Pré-Au-Lard sans me faire aborder de tous les côtés. De plus c'est interdit d'aller dans le monde moldu et même pour moi on aurait pas fait d'exception. Et je n'ai aucun ami qui soit une référence en mode.

_ C'est vrai que Granger se fiche de savoir si elle est bien habillée et que Weasel... N'en parlons même pas.

_ Mais et vous alors ?

_ Quoi nous ?

_ Vous vous connaissez en mode, non ?

_ Bien sûr !

_ Alors pourquoi vous ne... Non... Rien...

Il rougit brusquement et se mordit la lèvre, détournant le regard.

_ Nous quoi Harry ? Insista Blaise.

_ Je pensais que vous pouviez... Enfin... M'aider à...

Il prit une grande inspiration avant de tout déballer.

_ J'aurais voulu que vous m'aidiez à changer un peu mon look.

Blaise éclata de rire tandis que des étoiles se mettaient à briller dans le regard de Pansy.

_ On va refaire les magasins ? Demanda-t-elle, un grand sourire heureux aux lèvres.

_ Oui Pansy, répondit Blaise. Mais nous n'y allons pas pour nous, on va aller aider Harry à se faire beau. On va lui acheter de nouveaux vêtements, de nouvelle lunette, une nouvelle coupe...

_ Il faut aller réveiller Draco.

_ Non ! S'écria Harry. Il va se moquer ! Il n'acceptera jamais !

_ Laisse-nous faire, le rassura Blaise. Va prendre ta douche, et mange.

Le brun le regarda sceptique avant d'acquiescer doucement et, après avoir prit des vêtements dans l'armoire, s'en alla.

_ On va se faire engueuler, s'inquièta Pansy. Tu crois qu'il va accepter de se lever ?

_ Je vais le réveiller moi-même, dit Blaise. Pendant ce temps, va manger et squatte la salle de bain avant que Draco ne se lève.

La Serpentard acquiesça et sortit à son tour de la chambre. Prenant une grande inspiration, Blaise se dirigea vers la chambre qu'occupait Draco. Une fois près du lit, il se laissa tomber comme une masse dessus, réveillant son meilleur ami.

_ J'ai pas l'impression que tu tiennes à la vie Zadini, marmonna ce dernier sans prendre la peine d'ouvrir les yeux. Dégage et laisse-moi dormir.

_ Si si, je tiens énormément à ma vie, rétorqua le Serpentard. Mais ce n'est pas par plaisir que je te réveille. En fait nous, Pansy et moi, avons besoin de tes compétences en référence de mode.

_ Ça va vous coûter cher.

_ Ce n'est pas pour nous mais pour Harry.

_ ...

_ Il aimerait que nous l'aidions à refaire sa garde robe. On ne pouvait pas refuser quand même.

_ Qu'est-ce que je viens faire là dedans moi ?

_ Vous faites pratiquement la même taille, ça aidera. Et puis tu es un expert en vêtements. Pansy l'aidera pour la coupe et les accessoires et moi je suis là pour le soutenir mentalement.

_ ...

_ Alors, tu te lève ?

_ Ouais, ouais...

_ Super ! On part dans une heure maximum. Dépêche-toi !

_ Une heure ?!

Mais Blaise ne répondit pas et claqua la porte pour courir en direction du salon. Là-bas, Harry essayait tant bien que mal de fuir Pansy qui lui courait après avec une brosse à cheveux. Lorsqu'il aperçut Blaise le regarder mort de rire, il se précipita derrière lui, s'en servant comme une barrière.

_ Empêche-là de me coiffer, supplia-t-il. Mes cheveux sont indomptable et une brosse n'y fera rien.

_ Mais on peut essayer, rétorqua Pansy en essayant de l'atteindre. Blaise ! Dis lui !

Ce dernier éclata de rire et éloigna son amie.

_ Il n'a pas besoin de brosse pour le moment, il faut juste...

Il se tourna vers Harry et l'ébouriffa un peu plus, ensuite il replaça quelques mèches avant de lui retirer ses lunettes.

_ Hey ! Protesta ce dernier. Rends les moi, je vois rien.

_ Menteur, rétorqua le Serpentard. Je t'ai vu te jeter un sort l'année dernière. Maintenant tourne-toi vers Pansy qu'elle puisse voir à quel point tu es sexy.

Cette dernière leva les yeux au ciel mais ravala sa réplique cinglante en apercevant le Gryffondor. Sans ses lunettes, ses yeux ressortaient plus que jamais et ses cheveux, malgré qu'ils soient encore en bataille, retombaient de façon organisés.

_ Wouah...

Harry rougit un peu plus et tenta de replacer ses cheveux devant ses yeux.

_ N'y touche pas ! S'exclama Pansy en lui attrapant les mains. Tu vas tout gâcher beau brun...

Elle lui fit un regard langoureux qui fit sourire le Gryffondor.

_ Essaye tant que tu veux ça ne marchera pas, dit-il, soudain sûr de lui. Je ne suis pas intéressé par toi, ni par une autre fille.

_ Toi aussi ? Soupira-t-elle en se détournant pour s'effondrer sur une chaise. Et je fais quoi si je ne peux jeter mon dévolu ni sur Blaise, ni sur Draco, ni sur toi ?

_ Malfoy est gay ? S'étonna Harry.

_ Tu es gay ? S'étonna Blaise.

_ Chut ! Protesta le brun en se jetant sur lui pour le faire taire. Ne le cris pas, quelqu'un risque de t'entendre.

_ Personne n'est au courant ? S'étonna Pansy.

_ Bien sûr que non ! Tu imagines si on l'apprenait ? Je serais harcelé pour le restant de ma vie. C'est pour ça que je ne sors qu'avec des moldus. Ils ne posent pas trop de questions sur ma vie, ne sont pas au courant de ma popularité et je profite à fond.

_ Tu n'es jamais sorti avec aucun sorcier ? Insista Blaise.

_ Et bien... Une fois seulement, répondit-il mal à l'aise. Je l'ai rencontré pendant les vacances d'été alors que je traînais dans mon quartier. Je ne pense pas qu'il était là par hasard, mais ça m'a fait du bien de voir un autre sorcier pour une fois. On a donc décidé de se voir assez souvent et puis un jour, il m'a invité à sortir.

_ C'est d'un romantisme, grimaça Blaise en faisant mine de vomir.

_ Au début oui, sourit Harry. Il était attentionné, romantique, le parfait petit ami en somme. Mais ça a dérapé au bout de deux semaines. Pour la première fois, j'annulais l'un de nos rendez-vous. Mon oncle avait des invités et j'avais l'interdiction de sortir car je... Peu importe, mais je ne pouvais pas sortir. Quand nous nous sommes retrouvé le lendemain, il m'a fait une énorme crise de jalousie, sous entendant que je voyais quelqu'un d'autre, que je ne m'investissais pas assez dans notre relation. Enfin tout un tas de bêtise.

_ Il lui manque une case à ce mec...

_ Comme tu dis. Mais sa crise est passé et nous avons continué à nous voir. Pourtant, cinq jours plus tard, il m'accusait une fois de plus de le tromper parce que j'avais quelques minutes de retard. Cette fois-ci je ne me suis pas laissé faire et j'ai commencé à crier à mon tour, mais à peine ai-je élevé la voix qu'il m'a giflé pour me faire taire.

_ De quoi ?!

_ Il avait complètement changé d'attitude, je ne le reconnaissais plus. Lorsqu'il a voulu me frapper à nouveau, j'ai fait la première chose qui m'est passé par la tête, je lui est jeté un sort.

_ Tant mieux !

_ ...

_ Non ?

_ Tu es débile Blaise, soupira Draco en arrivant derrière eux. La magie est interdite pour les sorciers de premier cycle. Il aurait pu être renvoyé.

_ Qui était-il ? Demanda Pansy.

_ Un sorcier, répondit simplement Harry en lui tournant le dos. Merci d'accepter Malfoy.

_ On y va, dit simplement ce dernier.

_ Qu'est-ce qu'on fait pour les deux autres ? Insista Pansy.

_ Rien, répondirent ses deux amis. »

Pansy haussa les épaules et tira un Harry déjà fatigué derrière elle. Draco et Blaise fermaient la marche, ne se gênant pas pour claquer la porte brusquement pour réveiller les Gryffondor restant.