2) Theon et Yara : Ce qui est mort ne saurait mourir (ou peut-être que si en fait)

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Bonjour, ou bonne nuit, ou bonne soirée, ou… bref, à tous et à toutes, surtout à toutes je pense (Rim' : ça fait féministe ça, genre dans le mauvais sens du terme… en mode "les mecs on s'en fout")(Sal' :oui mais plus de filles lisent les fanfics !)

Merci à ceux qui nous suivent ou qui nous ont laissé des reviews, n'hésitez surtout pas à le faire, ça fait toujours très plaisir !

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Tout autour d'eux il y avait de l'eau, beaucoup d'eau (nda : ... on avait pas d'idée, encore une fois – je crois que ça va être notre running gag).

Theon ne pouvait pas détacher son regard de la flotte ennemie qui avançait vers eux. Leur oncle Euron la dirigeait, à n'en pas douter : il reconnaissait la proue du Silence de là où il se trouvait et personne d'autre n'aurait osé en pendre le commandement. Devant lui le Vent Noir, le bateau de sa sœur, avait pris la tête de la flotte de la Mère des dragons. Il aurait préféré naviguer à ses côtés, sur le même vaisseau, cependant elle avait jugé préférable qu'il dirige son propre équipage, ayant déjà de l'expérience dans ce domaine, du moins plus que n'importe quel Dothraki. Il était un Greyjoy après tout, et il comptait bien se comporter comme tel cette fois-ci.

L'heure du combat allait bientôt sonner et même les dragons de Daenerys commençaient à piaffer d'impatience, sensibles à la tension ambiante. Le son de la corne de brume résonna dans l'air froid du matin, suivi de près par le grincement de mécanismes se mettant en marche. Theon vit, du coin de l'œil, un projectile filer droit vers le Silence et le manquer de peu, ne provoquant que quelques vagues de plus dans la mer.

Cela sonna cependant comme le début du combat. Les dragons s'envolèrent à l'assaut des ennemis, les contournant pour les prendre à revers et les empêcher de fuir. Les premiers jets de flamme jaillirent de leur gueules monstrueuses pour embraser les vaisseaux adverses. Toutefois, le navire d'Euron n'avait pas même ralenti quand les ailes immenses l'avaient survolé et au contraire il continuait à prendre de la vitesse en gardant le cap sur le Vent Noir – sa priorité étant de mettre hors d'état de nuire celle qui menaçait son droit au trône.

Malgré les catapultes et les dragons qui les attaquaient sans relâche, les Fer-Nés s'approchaient inexorablement et l'abordage était imminent. Theon reporta son attention sur son équipage, uniquement composé de Dothrakis, à son grand dam. À l'approche du combat, ils avaient cessé de craindre la mer – et, par extension, de souiller le bateau avec le contenu de leur estomac.

- À vos postes ! cria alors leur capitaine provisoire.

Et il s'étonna, une fois encore, de les voir lui obéir sans une hésitation. Cela lui semblait surréaliste, bien que Daenerys leur ait expliqué que les seigneurs de la Grande Plaine Herbeuse prenaient comme chef – comme khal, le meilleur cavalier. Or, sur les "chevaux de bois", il leur était indiscutablement supérieur. Toutefois...

Il avisa soudainement un vaisseau qui fonçait droit sur eux, avec à son bord des passagers se préparant à l'abordage. Tandis que ses propres hommes commençaient à entrechoquer leurs arakhs pour intimider les assaillants, Theon banda son arc. Tentant avec difficulté de chasser l'image de Ramsay de son esprit - celui-ci ayant été le meilleur tireur qu'il ait jamais rencontré, il visa et constata avec une certaine satisfaction que sa flèche avait atteint sa cible : la poitrine d'un de leurs adversaires.

Quelques secondes plus tard, les deux navires s'accostaient et les marins débarquèrent sur le pont où les Dothrakis les accueillirent comme il se doit (nda: oui bah en les égorgeant quoi). Leur capitaine ne put tirer que quelques flèches supplémentaires avant que le combat ne se finisse dans un bain de sang, augmentant donc le nombre de substances organiques plus ou moins répugnantes présentes sur les planches de bois. Alors, comme son équipage n'était plus directement menacé, il balaya l'horizon du regard à la recherche de sa sœur. Le spectacle qui s'offrit alors à lui avait de quoi lui glacer le sang : le Silence avait continué sa course et violemment percuté le bateau de Yara. La figure de proue métallique de celui d'Euron avait ouvert une large brèche dans le flanc du Vent-Noir, où l'eau s'engouffrait déjà à gros bouillons. Les Fer-Nés alliés présents sur le navire sinistré commencèrent à prendre d'assaut leurs attaquants afin de prendre le contrôle de leur imposante embarcation et ainsi s'éviter la noyade. La bataille s'engagea sous le regard médusé de Theon. Très vite, la nièce et l'oncle se retrouvèrent face à face au milieu des affrontements, et le duel pour le trône de Sel commença. Certains des combattants s'étaient arrêtés afin d'observer leurs chefs se battre, mais la plupart ne leur accordaient pas un regard.

Ils croisèrent le fer pendant ce qui sembla des heures aux yeux du cadet Greyjoy, jusqu'à ce qu'Euron atteigne son adversaire à la poitrine. Yara recula en titubant et lâcha son épée pour presser ses deux mains sur sa blessure d'où jaillissait un flot de sang. Une fraction de seconde plus tard, elle chutait mais elle se fit rattraper par le vainqueur qui, afin de s'assurer une victoire complète et définitive, la jeta à l'eau, où elle coula sous le poids de son armure et celui du regard triomphant de son ennemi.

Son frère laissa échapper un hoquet d'horreur. Quand il put enfin détacher son regard de l'endroit où le corps de sa sœur avait été englouti par les flots, ce fut pour le poser sur le meurtrier de Yara. Sans vraiment réfléchir à ce qu'il faisait, guidé par son instinct, il prit la barre et avança en direction du Silence avec la ferme intention d'égorger son oncle de ses propres mains, à l'aide de ses ongles s'il le fallait. Ce ne fut que lorsqu'il se trouva à quelques mètres de l'autre bateau qu'il se souvient de l'existence de son arc, et du fait que ce dernier serait sûrement plus efficace qu'un abordage, hautement risqué au vu de son propre équipage.

Sa flèche transperça l'œil restant d'Euron et celui-ci mourut avant même de comprendre ce qui lui arrivait. Après, pour son neveu, le reste de la bataille se passa comme dans un brouillard dont il ne réussit à s'extirper qu'une fois la flotte adverse anéantie.

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- J'ai vengé ma sœur, prononça Theon d'un ton plat, se parlant à lui-même.

Dans son esprit il n'y avait que ces mots, ainsi que la dernière image qu'il avait eue d'elle, juste avant que les flots ne l'engloutissent. Alors qu'il fixait sans le voir le plafond de sa cabine, les derniers instants du duel passaient et repassaient devant ses yeux. Peut-être aurait-il pu agir avant, et la sauver - non, il aurait dû agir avant. Mais il n'en avait même pas été capable… Les bateaux ennemis avaient été entraînés par le fond il y avait de cela déjà plusieurs heures mais il n'avait, depuis, ni la force ni même l'envie de faire le moindre mouvement. A quoi bon ? Il s'était battu pour Yara, pour supporter sa légitimité au trône, et maintenant elle n'était plus - pas plus que son opposant, au demeurant. Alors pourquoi ? Pour la Mère des Dragons, pour l'aider à conquérir ce Trône de Fer qu'il n'avait jamais vu et dont il n'avait cure ? En fait, plus rien ne lui importait maintenant, il n'avait souhaité se battre que pour sa sœur… sa défunte sœur, désormais.

Il avait tout perdu ; ses familles réelle et adoptive, toute possibilité d'en former une nouvelle, et tout espoir. Et cette fois, il n'avait même pas envie d'essayer de recoller les morceaux de sa vie, il lui semblait que cette dernière tragédie l'avait brisé si profondément que cela lui était devenu impossible.

C'est alors que sa discussion avec Yara, dans ce bordel, lui revint en mémoire. Ce jour là, elle lui avait permis de chasser Reek, de tourner la page sur sa, disons, "mauvaise période". Mais aujourd'hui… aujourd'hui, il pensait qu'elle n'avait pas tort, qu'il pourrait prendre son destin en main cette fois-ci, et en finir. Oh il avait peur, bien sûr - peur de la longue nuit qui l'attendait, mais il ne se voyait pas continuer à avancer dans cette vie qui lui avait tout pris, y compris sa sœur, son dernier soutien en ce monde. Sans elle… il avait bien peur que Theon, n'ayant plus de raison d'exister, ait disparu pour de bon. A ce moment précis il n'était plus que cette créature sans volonté que Ramsay s'était façonnée. Et il s'était pourtant promis de ne jamais la laisser reprendre le dessus…

Son regard tomba sur la dague posée sur la table, à sa portée. Son cœur s'emballa dans sa poitrine alors que son projet se concrétisait dans son esprit. Tendre la main, dénuder son poignet, l'inciser… Cela semblait si facile, presque anodin, et en même temps si définitif que cela le faisait hésiter.

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/!\ Le paragraphe suivant contient une scène d'automutilation /!\

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Alors il arrêta de réfléchir et saisit fermement l'arme, afin de ne pas la laisser échapper avant d'en avoir fini. Le contact glacé du métal contre sa peau le fit frissonner mais il s'interdit de changer d'avis. Il appuya légèrement, jusqu'à faire perler une goutte écarlate le long de son avant-bras, puis, ignorant la douleur, il enfonça plus profondément la lame dans sa chair. Il prit une grande inspiration avant de prendre le couteau dans son autre main, désormais ruisselante de sang. Il n'y avait plus de retour en arrière possible, maintenant, il lui fallait aller jusqu'au bout. Theon voulut inciser son second poignet, toutefois sa main tremblait et sa prise autour du manche de l'arme était mal assurée. Luttant contre la sensation de vertige qui s'emparait de lui, il finit par réussir à ouvrir une nouvelle entaille dans sa chair, moins profonde que l'autre cependant. Mais cela suffirait, à voir comment la tête lui tournait déjà.

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/!\ La scène est terminée /!\

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La dague glissa d'entre ses doigts gourds tandis qu'il se laissait aller en arrière, le dos contre la paroi de sa cabine. Il lui semblait que le roulis du bateau s'était brutalement accentué et que son propre poids l'emportait dans ce tangage… Cette soudaine pénombre dans la pièce, était-elle due à la lampe qui n'avait plus d'huile, ou à sa propre vision qui s'obscurcissait ? Il ne chercha pas à s'en assurer et à vrai dire la réponse lui importait peu. Il se sentait épuisé mais serein, calme comme il ne l'avait jamais été depuis bien longtemps. Le matelas s'imbibait du fluide vital qui s'écoulait en abondance de ses blessures, toutefois il ne ressentait plus la douleur ; il lui semblait sombrer dans un océan trouble, froid et cotonneux. Il ferma les yeux et, ne cherchant plus à se raccrocher aux lambeaux altérés de sa conscience, préféra se laisser aller entre ses draps autrefois blanchâtres.

Le monde autour de lui vacilla une ultime fois avant qu'il ne ferme les yeux, un mince sourire flottant sur ses lèvres et nul poids d'aucun regret n'entravant son cœur ; il pouvait dès à présent rejoindre sa sœur.

Ainsi, ses hommes le trouvèrent, le lendemain matin, comme endormi si n'était sa pâleur contrastant avec l'écarlate de sa vie répandue.

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Les prochains à passer à la casserole seront Cersei et Jaime (Rim' : oh c'est bien écrit cette fois) (Sal' : oui je fais des efforts :D).

Merci de votre lecture ! (Rim' : bah oui ils sont arrivés au bout quand même)

(Sal' : Bonne fin de journée/soirée/nuit) (Rim' : BREF)