Bonne Lecture ;)
Herbert travaillait d'arrache-pied sur le nouveau projet. Il se lançait quand même dans quelque chose de nouveau. Il ne s'agissait plus de réanimer des morts ou des morceaux de cadavres, il s'agissait de créer la vie, et pas le genre de vie comme il avait fait avec les doigts et l'œil. Il fallait créer un véritable être humain. Et cela demandait de nombreuses recherches. Il fallait que cette femme soit au goût de Dan, ainsi qu'elle soit belle et équilibrée.
Il lui faudrait redoubler d'efforts pour contenter Dan. Mais en même temps il jubilait de pouvoir expérimenté de nouvelle chose. Qu'y avait-il de mieux, d'une façon ou d'une autre ce projet lui profitait deux fois.
Il sursauta et manqua de faire tomber une fiole de son sérum sur le sol quand il entendit un chien aboyer. Qu'est-ce qu'un chien faisait chez eux ? Il avait prévenu Dan à l'avance, tout animal qui entrait ici était destiné aux expériences. Il sortit de son laboratoire et tendi l'oreille dans l'escalier, c'était une voix féminine.
Francesca ?
Oui après tout Cain lui avait un peu parlé d'elle vaguement, c'était plausible. Mais que venait-elle faire là ? Il monta en silence les escaliers et colla son oreille contre la porte pour continuer à écouter ce que son Dan et cette stupide gourgandine se disaient.
Ça parlait de nourriture. Mais bien sur, Dan l'avait sûrement invitée à manger. Ici en plus et puis quoi encore ? Il prenait des risques inconsidérés pour rien. Qu'il lui offre un restau et puis basta, mais qu'elle s'invite chez eux, hors de question. Il avait horreur de ça. Mais il ne pouvait rien faire. Encore moins sortir de cette cave et aller virer cette harpie de chez eux, Dan le prendrait mal et si Dan le prenait mal ce n'était pas acceptable, ils se distanceraient un peu plus davantage.
Mais pourquoi avait-il eu l'idée d'inviter Francesca ? Ils étaient en train de créer une nouvelle femme pour lui. Il n'avait pas besoin d'aller chercher ailleurs. Il allait lui en faire une sur mesure, il fallait juste un peu de patience.
Peut-être était-ce dû au sexe alors, malgré les sentiments qu'il avait à son encontre, il devait bien avouer qu'il détestait cet aspect. Être dominé par son corps de cette façon. Ça devait sûrement être ça l'explication, Dan avait juste besoin de..
Il poussa un grognement et redescendit dans son laboratoire, il était en colère. La course contre Francesca ou même toutes autres femmes était rude, mais il allait se battre.
Il retourna à son travail, il avait encore beaucoup à faire.
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De son côté, Dan avait complètement oublié ce qu'il se passait dans la cave, il avait oublié Herbert, leur projet et n'avait d'yeux pour le moment que pour la belle Francesca. Elle avait ce regard particulier. Il savait qu'elle n'allait pas repartir ce soir.
Alors toute la soirée ils en profitèrent, se draguant, se charmant jusqu'à ce que l'envie prenne l'avantage sur leur raison et qu'ils cèdent à leur corps.
Herbert ne manqua pas d'entendre des bruits sourds venant de l'étage. Et il était presque sur que Dan et Francesca n'eussent pas décidé de s'amuser à sauter sur le lit ou à faire de la marelle comme des enfants.
Il ignora tant qu'il put cela et continua ses recherches, testant quelques petites choses qui l'amusaient. Il fallait qu'il oublie ce qui était en train de se passer à l'étage. Il y passa la nuit, comme il en avait l'habitude et ce n'est que vers 6h qu'il commença à ressentir un peu de lassitude aussi quitta-t-il la cave et monta à l'étage se rafraîchir un peu le visage dans la salle de bain.
Il grimaça dans le miroir, est-ce que ses efforts allaient être récompensés ? Il fallait qu'il le croie, sinon ça ne marcherait pas. Il s'essuya de visage et s'apprêta à redescendre l'escalier, mais il entendit quelqu'un parler.
Son infernale curiosité piquée, il s'approcha à pas de loup de la chambre de son ami. Celui-ci l'avait laissée grande ouverte, si bien que sous un certain angle, il pouvait voir tout ce qu'il se passait, mais personne ne pouvait l'observer en retour.
Tel un voyeur, bien qu'il ne possédait pas le côté pervers de ceux-ci, il fixa quelques minutes la scène qui se déroulait sous ses yeux. Dan et Francesca nu dans le lit en train de discuter et de se toucher.
Son ami dégageait une tendresse envers la harpie qu'il n'avait jamais vraiment vue chez lui. Il était doux et sensuel et il ne put s'empêcher d'être jaloux. Des épines s'enfonçaient dans son cœur et ses entrailles. Sa gorge se nouait. Pourquoi ce n'était pas lui dans ce lit ? Pas sur qu'il apprécierait d'être touché, mais si Dan avait de la tendresse et de l'amour à donner, ça devait être pour lui, il préférerait mille fois faire des activités pour lesquelles il n'avait jamais eu d'intérêt, avec Dan sachant qu'il était fort probable qu'il m'apprécie pas. Que de le voir dans les bras de cette gorgone.
Il redescendit d'un pas lent, il ne voulait plus voir ça, c'était insupportable pour lui. Il se sentit profondément bouleversé. Son cœur se sera. Dan était à lui !
Il décida de partir en avance à l'hôpital. Il lui fallait trouver de nouveau morceau de cadavre et cela prenait du temps. Il enfila sa veste et sortit en trombe
De son côté Dan prenait encore du bon temps jusqu'à ce que son réveil sonne et qu'il comprenne qu'il n'avait plus le temps de s'amuser. D'un coup il revenait à la réalité. L'hôpital, Herbert, la cave, le cœur de Meg.
Il devrait peut-être aller voir comment son ami s'était occupé toute la nuit. Il descendit avec Francesca et lui laissa prendre un petit déjeuner alors qu'il descendait vers le laboratoire.
- « Herbert ? » dit-il d'un ton joyeux.
Mais personne ne lui répondit. Le laboratoire était vide, alors il observa ce que son ami avait fait toute la nuit. Il saisit quelques notes qu'il n'avait pas vues hier et commença à les lire. Il fallait le dire, West était un génie, jamais il n'aurait pu avoir toutes les idées que son ami avait eues.
- « Dan ? » entendit-il au loin.
C'était Francesca qu'il le cherchait, tant pis, il lirait les notes plus tard, il ne fallait pas qu'elle voie le laboratoire et leurs projets. Aussi remonta-t-il rapidement en haut.
Il sentit un peu de culpabilité au fait que lui et Herbert étaient en train de créer une nouvelle Meg et le fait qu'il est coucher avec Francesca. Pouvait-on appeler ça de la tromperie ? Mais après tout la nouvelle Meg n'était pas encore en vie, du coup est-ce que ça comptait vraiment ?
Il n'en était pas si sur. Et puis n'avait-il pas le droit de prendre un peu de bon temps ?
Plus tard dans la journée il retrouva Herbert et se présenta à lui avec un air rayonnant. Mais le scientifique ne semblait pas de la même humeur.
- « Comment tu vas ? Tu es partie super tôt ce matin. »
- « Oui j'avais des choses à faire. » Herbert commença à avancer dans le couloir de l'hôpital, Dan sur ses talons.
- « Du travail encore ? »
- « Bien évidemment. »
- « Est-ce que tu te reposes des fois ? Prends du bon temps ? »
- « Comme toi tu veux dire ? Prendre du bon temps dans un lit ? »
- « Oui, mais pas forcement, je ne sais pas. »
- « Le travail d'abord, et ensuite le plaisir. »
- « Oué oué, bon et sinon pour hier soir je suis désolé de t'avoir lâché, mais j'avais invité Francesca. »
- « J'ai entendu. » Dit-il d'un ton lourd de reproches et de sous-entendus.
Dan fut légèrement mal à l'aise quelques secondes avant de reprendre la parole.
- « Je pense l'inviter plus souvent, alors il faudra t'y habituer. »
Herbert sera les dents de mécontentement, s'il avait eu un crayon en bois dans la main, il l'aurait cassé en deux. Il se retint de cracher son venin et préféra remettre cela à plus tard.
- « J'ai du travail, laisse-moi. » Dit-il pour s'éloigner de Dan.
Le médecin le laissa tranquille, repartant dans la direction opposée en direction de la chambre de Gloria.
Herbert n'aimait pas ça, il aurait aimé être plus aimable avec Cain, supporter davantage la situation et ne pas avoir à s'isoler de cette façon pour éviter de dire quelque chose qu'il ne fallait pas ou d'un ton qu'il ne fallait pas.
Il ne savait pas s'y prendre, et Dan ne faisait aucun effort pour tenter de comprendre comment il fonctionnait.
Il se retourna et fut déçu de ne pas voir son ami se retourner aussi. Il l'observa un petit moment. Gloria était une autre femme pour qui il avait beaucoup de tendresse de douceur et d'amour. Mais qu'avait-elle de plus que lui ? Le corps avait-il une telle importance dans l'esprit des gens ? Parce qu'il n'était pas une femme, Dan devait passer à côté de lui, ne pas le voir ? C'était ridicule et il ne comprenait pas.
Quelqu'un le bouscula et il décida de reprendre son travail arrêtant sa flânerie.
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Quelques jours passèrent. Et Herbert voyait enfin comment allait prendre forme le nouveau corps qu'ils étaient en train de créer. Comment faudrait-il lier et coordonner les membres et les articulations ainsi que tout le système circulatoire. Il avait déjà repéré quelques morceaux de cadavres intéressants à aller récupérer. Ce soir serait d'ailleurs un bon moyen de commencer la collecte, mais aujourd'hui il allait travailler sur un autre terrain, celui de Dan.
Pour cela il avait prévu de dîner avec lui. Mais un vrai dîner. Ça se faisait après tout, n'est-ce pas ? Ils allaient discuter, manger, boire, être ensemble en tête à tête, il allait lui poser des questions, essayer d'en apprendre davantage sur lui. Il allait faire de nombreux efforts. Cette soirée serait spéciale. Bien qu'un repas fut par définition banal, généralement quand ils mangeaient ensemble c'était un peu sur le pouce, rien de très extravagant.
Mais il était parti faire des courses, chose qu'il trouvait ennuyante au possible il était bien content de laisser cette tache à Dan la plupart du temps, mais il voulait lui faire une surprise.
Lorsque le médecin rentra vers 20h, Herbert avait déjà commencé à préparer à manger. C'était l'une des choses les plus désagréables qu'il n'avait jamais faites, alors certes faire un sandwich ça passait, mais un plat plus développé c'était l'horreur, pourtant il savait, avec ses qualités de chimiste, qu'il allait réussir ce qu'il avait entrepris, après tout la cuisine n'est que de la chimie.
Il se dirigea dans le couloir pour aller saluer Dan, chose qu'il ne faisait jamais d'ailleurs.
- « Hey Dan. »
- « Herbert.. » Dit-il sans même le regarder avant de monter les escaliers en vitesse.
- « Où est-ce que tu vas ? » demanda-t-il vexé du vent qu'il venait de recevoir.
- « Prendre une douche. » Répondit dans un cri Dan avant de fermer la porte.
Herbert regarda sur le sol, les chaussures éparpillées et le manteau mal accrocher qui venait de tomber. Certes prendre une douche était agréable, mais pourquoi se presser autant ? Ils avaient fini leur boulot pour la journée et demain ils commençaient en fin de matinée. Il n'y avait aucune raison d'être pressé.
Il chercha un instant les raisons de cette précipitation et s'arrêta sur l'idée qu'un patient avait sali ses vêtements par on ne sait quels fluides et que Dan dégoûté voulait rapidement se nettoyer. Il retourna dans la cuisine leur servir un verre de vin et allumer le feu pour commencer à cuire le repas.
Puis il attendit.
Dan ne fut pas long et ce fut peu de temps après qu'il l'entendit dévaler les escaliers en vitesse, il partit une nouvelle fois à sa rencontre. Il le découvrit habillé de façon élégante et en train de remettre ses chaussures et son manteau.
- « Où est-ce que tu vas ? »
- « Voir Francesca, on a un rendez-vous. »
- « Ah bon, mais.. »
Il se tut, il n'en revenait pas, Cain le lâchait pour aller voir sa pute ? Après tout ce qu'il avait fait ? Il décida de ne pas se laisser abattre et se reprit rapidement.
- « Je pensais qu'on pouvait manger ensemble ce soir. »
- « Désolé je préfère faire un vrai repas. »
- « Justement je te parle d'un vrai repas, pas d'un sandwich dans le laboratoire en plein milieu d'une expérience. C'est en train de cuire. » Dit-il d'un ton un peu penaud en désignant la cuisine.
- « Oh oui, mais bon une autre fois d'accord, j'ai un rencard ce soir. »
- « Quand je t'ai demandé ce midi si tu avais quelque chose de prévu ce soir tu m'as dit non. »
- « oui et bien avec Francesca ça s'est greffé dans l'après-midi. Je ne pensais pas que tu voulais manger avec moi. Tu n'aimes pas manger, tu n'aimes pas cuisiner et en plus on n'avait plus grand-chose dans le frigo donc à moins que tu aies fait des courses, ton « vrai repas » ne doit pas ressembler à grand-chose. »
- « j'ai fait des courses. »
Dan paru surpris.
- « Tu détestes ça. »
- « Oui je sais. »
- « Arf écoute Herbert, on fera ça une autre fois ok. Je suis désolé. »
- « Mais je suis ton ami non ? » dit Herbert en essayant de ne pas avoir l'air trop désespéré.
- « Oui et les amis sont moins importants que les rencards dans l'ordre de priorité pour ce genre de situation. »
- « Oh ! » Dis-le scientifique de façon neutre alors qu'il avait l'impression de se prendre un seau d'eau gelée sur la tête.
- « Bon je dois y aller sinon je vais être en retard, à plus tard. »
Herbert resta planté dans le couloir en le regardant partir.
- « à plus tard. »
Il n'en revenait pas. Il avait fait plein d'effort pour cette soirée et Dan le plantait comme ça. Ne se rendait-il pas compte du mal qu'il lui faisait ? D'un pas rapide, il se dirigea vers la cuisine et saisit son verre de vin qu'il but d'une traite puis il enchaîna avec celui qu'il avait initialement servi à Dan.
Il ne savait pas comment réagir, trop d'émotions se déchaînaient en lui pour qu'il sache ce qu'il devait faire. Ce n'était pas dans ces habitudes de ressentir quelque chose de fort, seule sa curiosité dictait généralement ses sentiments internes.
Aussi décida-t-il de continuer à cuisiner, de finir ce foutu repas. Une fois que ce fut fait, il ne put que se mettre à manger. Il avait faim et ne savait toujours pas quoi faire. Une boule douloureuse était née au fond de sa gorge et dans son estomac.
C'est lorsqu'il mit la première bouchée dans sa bouche que tout lâcha. Il se mit à pleurer tout en continuant à manger. Il se sentait tellement frustré et en colère.
Il continua à sangloter comme un idiot pendant tout le repas et une fois qu'il eut fini il rangea tout. Il sécha ensuite ses larmes, parce qu'il fallait avouer que c'était fatigant de pleurer. Et se reprit progressivement. Dan l'avait laissé, mais ce n'était pas grave, la compétition était rude, il le savait. Et il n'allait pas se laisser abattre, si ses efforts ne suffisaient pas, il en ferait davantage.
Il attrapa sa veste et prit sa voiture en direction de l'hôpital.
Il passa la nuit à travailler, après tout il avait un énorme désavantage comparé à Francesca. Celle-ci n'avait qu'à ouvrir les cuisses et crier de plaisir une petite heure pour gagner du terrain, lui il lui en fallait vingt en compensation pour espérer se maintenir dans la course.
Dan rentra le lendemain matin, un peu stone, et se dirigea vers le frigo chercher du jus de fruit il aperçut au passage les plats qu'Herbert avait faits et s'en voulut de l'avoir lâché comme ça hier soir. Mais Herbert pouvait comprendre non ? Peut-être pas. En tout cas il soulignait les efforts et se dit qu'il allait s'excuser.
Il l'appela plusieurs fois et une fois qu'il eut vérifier qu'il n'était pas dans sa chambre, il descendit jusqu'à la cave.
- « Bonjour Herbert. »
- « Daniel ! »
- « Oula, tu as l'air fatigué. »
- « Je ne suis pas le seul. » Constata-t-il avec regret.
- « Héhé, tu as travaillé toute la nuit ? »
- « Je ne sais pas, il est quelle heure ? »
- « 9h30. »
- « Dans ce cas oui. »
Herbert vint lui saisir le bras doucement pour le diriger vers ce qu'il avait fait cette nuit. Il avait mis en place tout le système circulatoire sanguin et avait commencé à le lier à différents morceaux qu'il avait déjà commencé à récupérer.
- « Ok ça ne ressemble à rien pour le moment, mais ce n'est que la base, imagine quand elle sera finie. »
- « Oh Herbert. »
Cette fois-ci il avait gagné des points. Dan avait oublié Francesca et était retourné sur Meg. Sur la possibilité de la voir vivante à nouveau. Il enlaça le scientifique dans une étreinte amicale et reconnaissante. Tout d'un coup de nouveau excité par ce projet.
Herbert gonfla son ego de cette réussite ce qui lui fit grand bien après ce qu'il s'était passé la veille au soir. Que Francesca meurt, c'était lui le meilleur et Dan n'aurait d'yeux que pour lui à la fin de la bataille. Quand il se sera rendu compte de tout ce qu'il avait fait pour lui, il comprendra que personne ne l'aimerait autant que lui et du coup il l'aimerait en retour, même si ça devait être à travers cette femme.
Herbert s'en sentit euphorique.
Je suis sur que vous avez envie de mettre des claques à Dan ^^ à très vite pour la suite
