CORRESPONDANCE

Tenkû No Escaflowne – Merle

Gaïa.

Assise dans l'herbe, la femme-chat tailla son crayon de ses griffes, examina la pointe et lapa le crayon. Merle tira une grande feuille blanche et soyeuse d'un étui de peau et l'étala par terre. Elle s'allongea au dessus de la feuille et commença à écrire les premiers mots de sa lettre.

'Hitomi,

'Ma très chère amie, je t'écris depuis Fanélia !

'Van dit que si on pense très fort à ce que l'on veut, alors notre souhait peut s'exaucer. J'ai vu tant de fois Van t'écrire, penché sur son précieux journal, couchant des mots qui t'étaient adressés… J'aime à croire que tu les ais lu.

'Alors, à mon tour de te donner des nouvelles, en espérant qu'elles traverseront le vide qui nous sépare toutes les deux.

'Ton départ, il y a déjà de cela quatre années, nous a laissé un goût amer… un vide, une solitude qui a été dur à combler. Van trouvait toujours à s'occuper. Reconstruire un royaume n'est pas tâche aisé et lui demandait bien du temps. Je pense qu'il a été heureux de contribuer à la reconstruction de Fanélia pour ne pas penser à toi…

'Mais je ne suis pas dans sa tête, et je le soupçonne d'avoir souvent pensé à toi. Ton souvenir est très présent autour de nous. Van se rend souvent sur la tombe de Folken, là où repose Escaflowne et ton précieux pendentif. Van a fait construire une cloche spécialement pour le protéger des éléments.

'Longtemps, je t'ai pris pour une rivale, une personne capable de détourner Van de moi. Parce que je croyais, à tord, que Van ne pouvait aimer personne d'autre que moi. Mais que suis-je ? Une simple femme-chat…

'Je me suis rendue compte, grâce à ta présence à nos côtés, à Van et à moi, que je n'aimais pas Van comme je l'entendais. J'aime Van, comme une sœur peut aimer un frère, comme une amie peut aimer un compagnon.

'J'ai mis longtemps à l'accepter, même si toi, je t'ai vite aimé… Ne rigole pas Hitomi ! Je sais que je n'ai pas été toujours d'agréable compagnie, grognant et sortant les griffes contre toi. Ceci est du passé ! Le présent, c'est que tu nous manques. Tu me manques !

'Je suis attristée du choix que tu as fait : quitter Gaïa pour ton monde ! Maintenant que la guerre est terminée, que la discorde a disparu, Gaïa est un monde magnifique à arpenter. Les bois de Fanélia retrouvent leur place, les villages sont reconstruit, la cité de Fanélia est plus belle que jamais.

'Nous avons fait une grande fête pour la fin de sa construction. Van a invité nos amis pour fêter cet événement. Mirana Aston, Dryden Fassa, le jeune duc de Flied, les Schezar sont là aussi, ainsi qu'une partie de ses hommes. Une fête qui est teintée d'amertume… Ton absence.

'Ma chère Hitomi, j'entend au loin le galop d'un cheval… Mon instinct de chat m'indique qu'il faut que je te quitte. Van a du découvrir que j'avais volé une feuille de son journal… et on ne touche pas impunément son journal sans subir son courroux.

'Porte toi bien, que l'avenir te soit prospère. N'oublie pas trop rapidement les habitants de Gaïa, car eux, ne t'oublient pas !

' Ton amie, Merle.'