Chapitre I
On était entrain de finir notre patrouille, j'avais hâte de rentrer à la maison, la journée a été longue.
-A demain Hank.
-A demain vieux. Lançais-je
Je montais dans ma voiture et mis le contact, mon portable se mit à sonner, ça doit être sûrement Camille
-Camille je serai bientôt là. Fis-je en décrochant
-Euh… Ce n'est pas cette personne. Répondit une voix.
-Qui es-tu ? Demandais-je
-Erin. Vous…
-Oui je sais qui tu es.
-Vous m'avez dit un jour que si je voulais m'en sortir, je devais vous appeler.
-Et tu veux mon aide ? Demandais-je
-Oui.
-Où tu es ?
Je me rendis à l'adresse qu'elle m'avait donné, elle attendait dans l'ombre. Elle n'avait qu'un fin débardeur par ce temps froid, elle grelottait ce qui n'est pas étonnant. J'enlevais ma veste en cuir et lui mis sur les épaules.
-Merci.
-En voiture.
-On va où ? Demanda-t-elle
-Chez moi. Il est tard, tu as froid et tu dois avoir faim. Tu vas rester chez nous ce soir, et on verra demain d'accord ?
Je garais ma voiture dans l'allée, elle regardait la maison, je l'entrainais à l'intérieur. Je lui montrais le salon et rejoignis Camille dans la cuisine pour lui expliquer.
-Viens Erin. Tu acceptes que je t'appelles comme ça ? Demanda ma femme.
La jeune fille hocha la tête positivement.
-Viens avec moi, je vais te montrer la salle de bains et t'apporter des vêtements propres. Tu te sentiras mieux.
Je les laissais partir à l'étage et mis la table, ma fille de 9 ans me rejoignit et m'aida à finir d'installer la table.
-C'était bien l'école ? Demandais-je
-Oui, en histoire on a commencé à étudier la Seconde Guerre Mondiale.
-Pourquoi on s'est engagé dedans ? L'interrogeais-je
-Les Japonais ont bombardés Pearl Harbor, alors on a décidé de riposter et on s'est allié aux Britanniques, et aux Français.
-Bien. Sais-tu ce que nous avons fait d'autres d'important ?
Elle secoue négativement sa tête, peut-être que je suis un peu dur avec elle mais quand je vois comment tourne Justin, je ne veux pas que ma fille soit pareille.
-Nous avons mis en place l'opération Overload, nous avons débarqué en Normandie, en France le 6 Juin. On appelle ce jour le D-Day. Je dois avoir des livres dessus, je t'en donnerais après manger. Va te mettre en pyjama.
-Hank elle n'a que 9 ans et demi. Me réprimanda Camille
-Et alors, il n'y a pas d'âge pour apprendre, et elle aime ça.
-Ne lui mets pas trop de pression.
Erin nous rejoignit, je lui fis signe de s'asseoir, Katsa nous rejoignit également, elle observa ma protégée avant de s'asseoir à sa place sans rien dire.
-Katsa tu viens m'aider à servir ? Demanda ma femme.
J'observais notre fille apporter les assiettes à table, et en déposer une devant Erin, avant d'aller s'asseoir à sa place. On mangea en silence, Katsa observait Erin du coin de l'œil.
-Comment tu t'appelles ? Demanda ma fille
-Erin.
-Moi c'est Katsa. Tu connais mon papa ?
-Erin m'aide à attraper les méchants. Vas chercher le dessert s'il te plaît. Lançais-je pour couper court à la discution et ne pas embarrasser ma protégée.
Elle fila dans la cuisine, donnant du répis à Erin, on mangea le dessert dans le silence. Camille envoya notre fille se laver les dents, avant de proposer une tisane à Erin.
-Voilà, c'est un truc de grand-mère, mais c'est toujours agréable une tisane le soir après manger.
-Merci.
-Je vais coucher Katsa. Fis-je
PDV d'Erin Lindsay.
Voight monta à l'étage avec la petite, elle lui ressemblait avec des yeux bleus, un visage fin mais expressif comme son père, de longs cheveux. Je me retrouvais seule avec la femme du flic que j'informe.
-Merci pour le repas et les vêtements.
-C'est normal voyons.
Pas chez moi en tout cas. Je bus une gorgée de la tisane, profitant de sa chaleur, et de la chaleur de la maison, mais aussi de me sentir en sécurité pour la première fois de ma vie. Leur fille redescendit en courant.
-Katsa, je t'ai déjà dis de ne pas courir dans les escaliers.
-Désolée maman.
Elle souhaita bonne nuit à sa mère avant de s'arrêter devant moi.
-Bonne nuit Erin. Souffla-t-elle
-Bonne nuit. Fis-je
Je passais la soirée avec Voight et sa femme, on regarda un film avant qu'ils ne décident de monter. Camille me montra la chambre d'ami qu'elle avait préparé pour moi. Je m'allongeais dans le lit et ferma les yeux. Est-ce que j'ai fais le bon choix de lui demander de m'aider ? Est-ce que je peux vraiment m'en sortir ? Lui a l'air d'y croire.
Des pleurs se firent entendre, je regardais autour de moi avant de me rappeler où je suis. Les sanglots viennent de la pièce d'à côté, un éclair me surprit, me faisant sursauter. Je repoussais la couverture et me rendis dans la chambre voisine. Dois-je entrer ? Ses parents y sont sûrement. Je vais pour rebrousser chemin, mais les pleurs ne s'arrêtent pas. J'entre doucement, la petite est seule dans la chambre. Je referme la porte derrière moi, où un éclair et le tonnerre déchirent le ciel.
-Hey. Soufflais-je
-Erin.
-C'est moi.
Je m'accroupis devant elle, et repousse les mèches de cheveux qui coulent son visage. Elle passe ses bras autour de mon cou et pose la tête sur mon épaule. Je suis un peu surprise de ce geste, je la connais à peine. Ne sachant pas trop quoi faire, je la serre doucement dans mes bras.
-Qu'est-ce qui se passe ? Demandais-je
-J'ai peur de l'orage. Murmure-t-elle
-Tu n'as pas à avoir peur, tu es en sécurité ici. Et puis tes parents ne sont pas très loin de là, et je suis là. Tu n'as qu'à te dire que le tonnerre c'est un gros prout que le ciel fait.
Je la sentis sourire contre mon épaule, et resserer son étreinte.
-Restes cette nuit.
-D'accord, mais que penses-tu qu'on s'allonge dans ton lit ? Cette position n'est pas très agréable.
Elle me lâcha avant de me faire une place, je m'installais près d'elle avec un sentiment étrange par la situation. Je regardais la petite fille fermer les yeux à côté de moi, elle ne me connait même pas pourtant elle n'a pas peur de moi, et demande ma compagnie. Je remontais la couverture sur elle, elle se rapprocha de façon à ce que nos fronts soient collés.
PDV de Hank Voight
Je descendis sans réveiller ma femme, et prépara le petit déjeuner. La maison est bien calme, je mets à chauffer le café et monta à l'étage. Il n'y avait personne dans la chambre d'ami, elle a fui. Je ne pus retenir un soupir déçu, j'aurais cru qu'elle voulait vraiment s'en sortir, mais je me suis trompé sur elle apparemment. Camille sortit de la salle de bains, un sourire se désinant sur ses lèvres.
-Les filles dorment ensemble.
-Pardon ?
-Erin est avec Katsa.
J'ouvris la porte de la chambre, Katsa était allongée dans son lit, Erin était prêt d'elle, un bras posé sur l'épaule de ma fille. Je ne pus m'empêcher de sourire, je refermais la porte sans les réveiller et descendis.
-Elle a l'air d'être une bonne gamine.
-Elle veut s'en tirer.
-Je vais emmener Katsa à l'école et ensuite Erin à aller acheter des vêtements.
-D'accord.
Les filles descendirent dix minutes plus tard, Camille servit un bol de lait et des céréales à Erin.
-Bien dormis ? Demanda ma femme
-Oui, merci.
-Je pensais qu'on pourrait aller faire un peu de shopping après avoir déposé Katsa à l'école.
-Je ne veux pas vous embêter et que vous dépensiez de l'argent pour moi.
-Vous y allez après avoir déposé Katsa. Maintenant les filles montaient vous habiller. Déclarais-je coupant court à la discussion.
Elles finirent de se préparer, et partir, je rejoignis le commissariat. On allait patrouiller mais avant je voulais régler les papiers pour qu'Erin puisse rester sous ma responsabilité. Et puis on dirait qu'entre elle et ma fille il y a une complicité qui naît.
En sortant deux trois cartes de ma manche, Erin est enfin sous ma protection. Je rejoignis ma femme et ma jeune indic dans un restaurant de la ville.
-Bonjour vous deux.
-Salut Hank. Déclara Camille
-Ca y est Erin, tu es officiellement sous notre tutuelle. Tu n'auras plus de soucis, mais tu dois tout me dire. Pas de secret. Je veux tout savoir. Déclarais-je.
Je regardais la jeune fille, elle faisait la navette entre Camille et moi mal à l'aise, mais c'est le deal pour être dans ma famille, pas de mensonge. Je ne la pousserai peut-être pas autant que je pousse Katsa, mais je veux qu'elle soit honnête comme mes enfants. Elle dit tout, tout ce qu'elle avait sur le cœur, tout ce qu'elle a subit avec ses parents, dans la rue, avec le dénommé Charlie… Je restais calme et serrait les dents mais j'étais révulsé qu'on est pu laisser ça arriver à cette jeune fille. C'est pas dur pourtant, tout ce qu'elle demande c'est un peu d'attention… J'aurai une discussion avec sa mère un jour. Camille attire Erin dans ses bras et lui frotte le dos pour la rassurer, lui montrer qu'elle est là. Intérieurement je me promet de protéger et de traiter Erin comme ma propre fille. Je les laisse profiter de leur après-midi et retourne au District travailler.
