Bonne nouvelle les petits gens. Comme j'ai bien avancé et que c'est (enfin) les vacances, j'ai décidé de rapprocher les publications à un chapitre par semaine! Voilà donc le deuxième chapitre, enjoy =D
Chance ou malchance, mon emploi du temps me prévoyait un double cours de Défense Contre les Forces du Mal le lendemain de la rentrée. J'allais donc rapidement être fixée quand à la nature de notre nouveau professeur, celui à l'allure de rapace. Lorsque mon réveil sonna, je repoussai Gros Tas qui dormait paisiblement sur mes yeux et me levai presque d'un bond. Lançant un coup d'œil à Maryna Van Hogen qui venait de se réveiller en sursaut, je me jetai sur la porte de la salle de bain et la refermait à clé, ignorant les protestations de ma camarade de chambre.
Depuis près de trois ans, le premier accès à la salle de bain donnait lieu à une guerre sans merci entre Van Hogen et moi. Il n'y avait que nous deux qui prenions notre douche le matin et elle comme moi aimions prendre notre temps dans la salle de bain. Ce qui, fatalement, écourtait le temps de toilette de la deuxième à passer. La journée commençait donc plutôt bien pour moi.
Louis m'attendait comme chaque matin dans la salle commune. Assis sur l'accoudoir de l'un des vieux fauteuils, il discutait avec Annie Duncan, une Poufsouffle de cinquième année visiblement sous son charme.
- Tu n'as pas pu tenir une journée entière, sérieusement ! lançai-je en guise de bonjour.
- Bien dormi, merci et toi ? répondit-il en abandonnant Annie.
- Trop peu, fis-je en m'étirant. Mais j'ai eu la salle de bain la première alors je commence bien l'année, peut-être que ma magie va revenir !
- Revenir ça sous entendrait qu'elle a déjà existé un jour...
Je lui lançai un regard noir puis nous nous rendîmes à la Grande Salle. Le petit déjeuner était parait-il le repas le plus important de la journée. Je me faisais donc un plaisir, chaque matin, d'engloutir tout ce qui se trouvait à ma portée sous les yeux effarés de mon ami qui se contentait toujours d'une pomme. J'enfournais peu gracieusement une énième fourchette d'œufs brouillés dans ma bouche déjà pleine lorsqu'Hugo Weasley entra, suivi de ses deux amis Logan Ashton et David Cain. Jetant un regard circulaire à la salle encore peu remplie, il s'arrêta un instant sur ma personne, un air étonné plaqué sur le visage, puis m'adressa un grand sourire rieur avant de saluer Louis d'un signe de main. Je sentis mes joues s'empourprer.
Pourquoi fallait-il qu'à chaque fois qu'il pose les yeux sur moi, je sois dans une position ridicule au possible ? Je n'avais pas pu détacher mon regard d'Hugo. Tout en lui était chaleureux, de ses cheveux châtains aux doux reflets cuivrés à ses yeux bleus profonds – rien à voir avec les yeux pales et froids de Louis – en passant par son sourire légèrement tordu. Bref, j'étais complètement folle de lui. Il rejoignit Lily et Valda à la table de Gryffondor et lança un sujet de conversation qui avait l'air passionnant.
- La terre appelle Leah, Leah tu me reçois ?
Je tournai la tête vers Louis qui venait de me sortir de ma rêverie.
- Hmm ?
- Ok, je reprends depuis le début, fit-il d'un ton exaspéré. Je pensais au double cours de DCFM de cet après-midi, je me demande comment ça va se passer... Est-ce que tu sais quoi que ce soit sur le nouveau programme ?
- Je t'ai dit que je n'arrivais pas à voir ça, je n'ai pas assez d'information je pense.
La matinée fut d'un ennui mortel et, de ce fait, passa beaucoup trop lentement à mon goût. Je dus subir l'impatience non dissimulée de tous mes camarades quand au double cours de DCFM de l'après-midi. Chacun y allait de son commentaire, de son avis, si bien qu'on ne put même pas dormir tranquillement en Histoire de la Magie, un comble ! Quand enfin l'heure fatidique arriva, le brouhaha des conversations atteint son apogée.
- Les Gryffondor ont eu un cours de DCFM ce matin, mais ils n'ont fait que les présentations et de la théorie, disaient certains.
- J'ai entendu un septième année dire que Mr Beetson était un ancien Auror, disaient les autres.
Poufsouffle et Serdaigle de sixième année attendaient devant la salle de cours depuis dix bonnes minutes quand enfin la porte de la salle s'ouvrit... toute seule. Je fus alors bousculée par une horde d'élèves tous plus pressés les uns que les autres et me retrouvais malgré moi au beau milieu d'une pièce totalement vide. Il n'y avait plus ni table, ni chaise, ni même de bureau dans cette salle de cours, cela n'augurait rien de bon. Je manquai de m'étouffer de frayeur lorsqu'une main se posa brusquement sur mon épaule. Alertés par mon cri, les élèves se retournèrent d'un seul mouvement vers Mr Beetson qui venait d'arriver on ne savait trop comment.
- Bonjour, fit-il d'une voix grinçante. Comme vous le savez sûrement déjà, mon nom est Maximus Beetson et je serais cette année votre professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Malheureusement pour vous, je n'ai pas pu vous enseigner cette matière les années précédentes, aussi je ne connais pas votre réel niveau. Je vous propose donc aujourd'hui quelques duels d'évaluation. Rassurez vous, ajouta-t-il lorsque des murmures de protestations se firent entendre, Ceux ci ne seront pas notés, ils me permettront juste de juger vos capacités.
Puis il se tourna lentement vers moi, un grand sourire sadique aux lèvres – enfin c'est comme ça que je le perçus.
- Miss ?
- Euh, Flynn. Leah Flynn.
- Miss Flynn, merci de vous porter volontaire pour commencer.
Ce type débloquait complètement, je ne m'étais pas portée volontaire pour quoi que ce soit ! Jetant un regard aux autres élèves il désigna également un garçon de Serdaigle avant de s'adresser à toute la classe.
- Voilà comment cela va se passer. Miss Flynn et Monsieur Zitshweger vont s'affronter en duel jusqu'à ce que l'un d'eux désarme l'autre.
Des ricanements s'élevèrent dans l'assemblée, malgré mon expression outrée. Personne ne s'attendait à ce que je fasse le poids plus de dix secondes contre un autre sixième année. Mr Beetson voulait évaluer mon niveau ? Eh bien il n'allait pas être déçu ! À vrai dire l'Expelliarmus faisait partie des nombreux sorts que je ne maîtrisais pas... Je me demandais bien si me jeter sur Zitshweger et lui arracher sa baguette des mains aurait compté.
- Pendant ce temps je vais vous demander de trouver un partenaire de duel, avec cependant quelques contraintes : les partenaires doivent être de maisons différentes et si possible ne pas se connaître. Allons-y, ajouta-t-il en se tournant lentement vers Zitshweger et moi.
Le Serdaigle émit un sourire et pointa sa baguette vers moi avant de lancer un puissant « Expelliarmus !». Je me jetai sur le côté, émettant un son proche du glapissement puis lançai le premier sort qui me venait à l'esprit : « Alohomora ! ». Inutile de dire que rien ne se produisit, mais ça eut au moins l'effet de faire rire mon adversaire. Je profitai alors de son hilarité pour tenter un « Expelliarmus » qui fit à peine sortir trois étincelles de ma baguette.
Tandis que Zitshweger riait de plus belle, je me rabattis sur un sort que Maeko m'avait appris à contrôler l'année précédente :
- Wingardium Leviosa ! fis-je en direction du Serdaigle qui s'éleva d'à peine un mètre.
Aussitôt je bondis en avant, prête à lui arracher sa baguette des mains avec les dents s'il le fallait. Mais plus rapide que moi il lança un redoutable « Protego » qui m'envoya valser à l'autre bout de la salle. J'eus à peine le temps de me relever qu'une rafale de sorts tous plus compliqués les uns que les autres s'abattit sur moi. Quelques secondes plus tard j'étais à nouveau par terre, trempée, un morceau de ma cape brûlé, couverte de poussières et ma baguette ayant volé je ne sais où. S'avançant vers moi, Zitshweger me tendit la main et m'aida à me relever.
- Un simple Expelliarmus aurait suffit, hein, marmonnai-je en essorant les pans de ma robe.
- Désolé, je voulais juste montrer de quoi j'étais capable, répondit-il avec un sourire d'excuse.
Pas de doute, Zitshweger était bel et bien un Serdaigle. Je jetai un regard au Professeur Beetson qui semblait partagé entre l'étonnement et une profonde lassitude, puis je rejoignis Louis qui me tendait ma baguette.
- À six secondes près ! s'exclama-t-il avec mauvaise humeur. Tu m'as fait perdre mon pari.
- Fallait pas me surestimer, depuis le temps tu aurais dû le savoir. Et puis c'est bien fait pour ta face de pet, c'est quoi cette nouveauté de parier sur mon dos ?
- Je ne t'ai pas surestimée, je t'ai sous-estimée. J'avais parié que tu tiendrais moins de quinze secondes.
- Et alors, j'ai tenu combien de temps ? m'enthousiasmai-je.
- Vingt et une secondes.
Les duels s'enchaînèrent et le Professeur Beetson semblait quelque peu rassuré. Il ne fit cependant aucun commentaire avant la fin du dernier duel. Il se tourna alors vers nous et nous toisa de ses petits yeux perçants.
- Bien, fit-il au bout d'un moment de réflexion. Vous semblez être une classe très hétérogène. J'ai repéré quelques très bons éléments et d'autres... en grande difficulté.
Son regard se posa brièvement sur moi et je sentis le rouge me monter aux joues tandis qu'à côté de moi, Louis contenait avec peine son fou rire.
- Il semble de plus que les élèves de Serdaigle aient globalement un meilleur niveau, à quelques exceptions près bien entendu, ajouta-t-il comme s'il se parlait plus à lui même qu'aux élèves.
À quoi s'attendait-il ? Il faisait s'affronter les élèves d'une maison réputée pour ses surdoués contre ceux d'une maison connue pour ses cancres. Je ricanai silencieusement en imaginant les duels qui affronteraient Gryffondor et Serpentard, les deux maisons rivales depuis si longtemps.
- Vos capacités restent cependant en dessous de ce que j'attendais de la part d'élèves de sixième année et je pense que des séances régulières de duels ne feront de mal à aucun d'entre vous. Pour ce qui est des quelques modifications au programme, il me reste approximativement... six minutes et demie pour vous en parler, je ferais donc court. Cette année nous ferons moins de théorie afin de privilégier la pratique. Des sorties seront prévues à l'extérieur afin que vous puissiez apprendre à utiliser l'espace qui vous entoure. Pour finir, des Aurors actuellement employés par le Ministère vous feront le privilège d'intervenir sur trois cours dans l'année. Bien, le cours est terminé, vous pouvez disposer.
Nous repartîmes presque plus excités qu'au début du cours. Marchant le long d'un couloir aux côtés de Louis, j'exposai avec passion les raisons qui me poussaient à penser que le Professeur Beetson n'était qu'une espèce de vieux fou sadique quand la voix grésillante de Valda mit fin à ma tirade.
- Leah, tu me reçois ?
Lorsque nous étions petites, Val' et moi avions commandé des talkies-walkies « Barbie fashion » au Père Noël. Nos maisons étaient mitoyennes mais nous avions passé des soirées entières à converser à travers les murs grâce à eux. Lors de ma première année à Poudlard, j'avais beaucoup souffert de ne plus voir Val' aussi souvent qu'avant et converser par hiboux était bien moins pratique.
Lorsque j'avais retrouvé nos vieux talkies-walkies l'été précédant notre deuxième année, j'avais alors émis l'idée de les modifier magiquement afin de pouvoir s'en servir à Poudlard. Naturellement je n'en étais moi même pas capable, mais après plusieurs mois de recherche, Val' avait réussi à mettre au point notre nouveau mode de communication. Celui ci avait fait fureur, si bien que nous avions d'abord voulu en reproduire pour les commercialiser. Malheureusement pour nous, Lily avait vendu la mèche à son oncle, celui qui tenait le magasin de farces et attrapes et il nous avait devancées.
En même temps si Val', alors élève de deuxième année avait réussi à mettre au point nos talkies-walkies, c'est que ça ne devait pas être bien compliqué, si brillante fut-elle.
Je sortis l'appareil rose bonbon - bien qu'un peu plus pâle qu'il y a plusieurs années – de mon sac et en tirai l'antenne rétractable avant de répondre.
- Cinq sur cinq, vous êtes où ?
- Alors comment ça s'est passé le cours ? C'est quoi les modifications du programme ? Et Beetson, il est plutôt cool ou plutôt dur ?
- Je te raconterais quand on vous aura rejoint, mais ça ira sûrement plus vite si tu me dis où vous êtes ! m'exaspérai-je.
- On est dans le parc, sous le vieux saule, dépêchez vous, on veut tout savoir !
Lily et Val' nous attendaient en compagnie d'Hugo et d'une bonne partie des Gryffondor de sixième année. Ils s'étonnèrent de l'état dans lequel j'étais et Lily commença à s'affairer autour de moi à coups de sorts de séchage et de nettoyage. Nous leurs racontâmes en détail notre premier cours de DCFM, ils rirent lorsque Louis leur raconta mon échec cuisant et s'enthousiasmèrent lorsque nous leur parlâmes des nouveautés.
Le reste de la semaine ne se passa pas très bien pour moi. Les professeurs entamaient fort l'année en nous apprenant de nouveaux sorts que, bien entendu, je ne réussissais pas et ce malgré l'aide de Maeko qui était ma partenaire en Sortilèges. En Botanique, nous devions rempoter des sortes de plantes carnivores. Rien de trop compliqué, mais ayant raté mon sort d'anesthésie, ma plante s'était réveillée et avait manqué de me manger un doigt.
Mais l'apogée de mon horrible semaine fut le double cours de Potions du Professeur Higgs. Louis m'avait confié une tache simple à faire : couper les racines de Livèche en morceaux et les incorporer à la potion lorsqu'il me le dirait. Je m'étais appliquée et j'avais versé les morceaux de racines tandis qu'il allait chercher un nouvel ingrédient. À la fin de la potion, j'étais fière de moi : tout avait l'air correct. La potion était d'un joli bleu et bouillonnait doucement, tout comme le décrivait notre manuel.
- J'y crois pas, on a réussi ! m'écriai-je, troublant le lourd silence qui régnait dans les cachots.
Aussitôt, une vingtaine de paires d'yeux se tournèrent vers nous et le Professeur Higgs afficha une mine surprise avant de s'avancer lentement vers nous. Il se pencha au dessus de notre chaudron et examina son contenu d'un air critique. Louis et moi nous tenions face à lui, la fierté se lisant sans peine sur nos deux visages.
Mais soudain, un grondement se fit entendre. Le Professeur tenta de reculer mais ne fut pas assez rapide. Le chaudron explosa littéralement, envoyant de la mixture bleue et brûlante un peu partout et recouvrant entièrement le Professeur qui se mit à hurler des insultes dont je ne soupçonnais même pas l'existence.
Une odeur des plus nauséabondes envahit les cachots qui furent évacués dans le chaos le plus total. Le professeur fut mené à l'infirmerie et Louis et moi fûmes interrogés afin de savoir ce qui avait fait rater notre potion. J'eus alors l'horreur de constater qu'une fois de plus, tout était de ma faute.
- Qui a versé les morceaux de racine de Livèche dans la potion ? demanda Mrs Pomfresh, une vieille femme rabougrie et toute ridée qui paraissait être aussi vieille que le château, passant en revue toute la préparation.
- C'est moi, fis-je d'une petite voix.
- Et tu as bien prononcé la formule ?
- Oh non, ça c'est Louis qui l'a fait.
- On ne voulait pas prendre le risque qu'elle rate la formule, renchérit-il.
L'infirmière nous regarda d'un drôle d'air avant de pousser un soupir d'exaspération.
- La bonne nouvelle, reprit-elle, c'est que votre Professeur se remettra très rapidement et que les quelques éclaboussures que vous et vos camarades ont reçu ne seront d'aucun danger. La moins bonne nouvelle c'est que vous ne savez visiblement pas prendre en compte les précautions de base à appliquer lors de la réalisation d'une potion. Je suppose que vous n'êtes pas sans ignorer que celui qui verse un ingrédient doit être celui qui prononce la formule associée.
Je regardais Louis qui me regardait également. Comment avions nous pu laisser passer cette règle de base ? Je m'en voulu énormément de n'avoir pas relu mes cours pendant les vacances. Bien sûr, Louis aussi aurait dû le savoir, mais il n'était pas un excellent élève lui non plus. Sauf que pour sa part, cela relevait uniquement d'un évident manque de travail, je lui en voulais d'ailleurs beaucoup pour ça. Moi j'avais beau travailler d'arrache-pied, j'étais nulle et je n'y pouvais rien, mais lui s'il s'en était donné la peine, il aurait pu être bon élève.
Il pensait sûrement que son physique assurerait pour lui plus tard. Oui assurément il pourrait faire carrière dans la mode. Moi par contre je n'avais absolument aucune idée de ce que je ferais plus tard. Au début, j'avais pensé que je finirais vendeuse dans une petite boutique du Chemin de Traverse ou de Pré-au-Lard et puis Lily m'avait obtenu un petit boulot dans le magasin de farces et attrapes de son oncle pendant les vacances d'été. Je m'étais très vite rendue compte que déplacer sans magie des caisses pleines et prêtes à vous exploser à la figure à tout moment, ça n'était pas des plus reposant.
Louis et moi fûmes consignés dans notre salle commune jusqu'à ce que notre Professeur de Potion soit à nouveau en mesure de nous punir lui-même. Nous passâmes plusieurs heures à regarder par la fenêtre les autres élèves s'amuser dans le parc du château. Il faisait vraiment un temps de rêve ce jour là. Ce ne fut que vers dix-neuf heures que l'on vint nous chercher pour le dîner.
Plus tard, Val' me raconta qu'ils avaient entendu Higgs hurler « J'ENLEVE CINQUANTE POINTS A POUFSOUFFLE ! » depuis le bord du lac noir, où elle faisait des ricochets avec Lily.
Et voilà, moins d'une semaine après la rentrée, Poufsouffle était déjà dans les négatifs. Mais notre Professeur n'en resta pas là. Nous fûmes également collés tout le samedi après midi, avec pour mission si nous l'acceptions – enfin à vrai dire nous n'avions pas trop le choix – de retranscrire toutes les règles de sécurité de base à respecter en cours de Potions.
Le lendemain soir, lorsque je rentrai dans notre salle commune après avoir passé une journée des plus ennuyeuses, Annie Duncan me prit à l'écart.
- Tu fais toujours des prédictions ? me demanda-t-elle sans préambule.
- Euh, oui toujours.
- J'aimerais que tu m'en fasses une. Ne t'en fais pas, j'ai de quoi payer, ajouta-t-elle devant mon air hésitant.
- Très bien. Mais avant il faut que tu saches que savoir ce que nous réserve l'avenir n'est pas forcément bon à savoir, parfois il vaut mieux se réserver quelques surprises. Maintenant si tu veux toujours de ma prédiction, sache aussi que je ne prédis rien en ce qui concerne les examens, que ce soit à propos des sujets ou des résultats.
Elle sembla réfléchir un moment puis acquiesça. Je l'entraînai donc vers un coin un peu plus calme de la salle commune et commençai à lui demander les quelques renseignements qu'il me fallait.
- J'aimerais demander à Louis de sortir avec moi, mais j'aimerais d'abord savoir s'il va accepter.
- D'accord. Quand et comment comptes-tu lui demander ?
- Lundi après les cours et euh... je voulais attendre qu'il sorte d'Arithmancie et puis je lui demanderais si je peux lui parler en privé, enfin je pense.
- Hmm. Ok, je vais voir ça. Surtout n'essaie pas de faire quoi que ce soit tant que je ne t'ai rien dit d'accord ?
Elle acquiesça à nouveau et je commençai à me concentrer sur son visage. Elle avait de jolis yeux noisette, un peu comme ceux de Lily. Sauf qu'au lieu d'être mis en valeur par une impressionnante crinière rousse, ils étaient encadrés par une douce chevelure châtain qui rappelait leur éclat. Alors que je me faisais ces réflexions, je me sentis glisser doucement vers ma vision.
Annie Duncan était adossée en face de la porte, attendant que les élèves de sixième année sortent de leur cours. Elle était nerveuse et triturait un pan de sa jupe. Quand enfin la cloche retentit, elle se redressa et scruta le flot d'élèves qui se déversait hors de la salle. Louis passa la porte en dernier, riant à s'en tenir les côtes. Je le suivais de près, lui lançant des regards assassins. Annie s'avança timidement.
- Louis, je peux te parler deux minutes ? fit-elle.
- Euh oui, bien sûr, répondit-il surpris.
Ils se mirent un peu à l'écart et commencèrent à discuter. Au fur et à mesure, le sourire d'Annie s'agrandissait. Puis, au bout d'un moment, Louis se pencha vers elle et l'embrassa à pleine bouche.
Lorsque je repris conscience, Annie ouvrait des yeux ronds. Il paraissait qu'il était étrange de me voir pendant mes visions, mais j'avais eu tellement de versions différentes que je ne savais pas réellement à quoi je ressemblais dans ces moments là.
- Surtout, ne change rien à tes projets, lui fis-je avec un clin d'œil.
Ravie, elle m'adressa un immense sourire avant de me glisser trois Gallions dans les mains. Elle rejoignit ensuite ses amies qui commencèrent à pousser de grands cris surexcités. Je levais les yeux au ciel. Dans ces moments là je me demandais toujours si je devais les prévenir que leur histoire avec Louis durerait au maximum une semaine - grand record détenu par cette chère Van Hogen. Puis je me disais que vu le nombre faramineux de filles qu'il avait séduites pour ensuite les laisser tomber comme de vieux devoirs de Potions ratés, elles étaient forcément déjà au courant. Enfin j'imagine qu'elles n'espéraient pas toutes changer sa manière d'être... N'est-ce pas ?
Après cela, je montais rapidement me coucher, épuisée d'avoir passé l'après midi à me tourner les pouces. Je restais un moment dans mon lit, sans réussir à trouver le sommeil. Gros tas, roulé en boule près de mon oreille gauche, ronronnait plus fort qu'un moteur, ce qui ne m'aidait pas à m'endormir. Et plusieurs minutes plus tard, au lieu des bras de Morphée, ce fut tout autre chose qui vint à moi.
Une ptite review, ça ne vous coute rien et ça fait vraiment plaisir (même si vous n'avez pas aimé! parce que dans ce cas, je veux savoir pourquoi =D)
