CHAPITRE 1
C'est la cohue sur le navire, il n'y a aucune trace de l'intrus malgré le fait que sa barque se trouve toujours accrochée au bateau. Cela ne peut signifier qu'une chose, il est toujours à bord. Les esprits s'échauffent, lentement. Ce cache-cache ne ravit personne, surtout quand la force et les intentions de l'ennemi sont inconnus.
Marco marche rapidement jusqu'à la cabine du capitaine, endroit où l'on a perdu la trace du gêneur. Une fois à l'intersection indiqué par Ace, il ferme les yeux et se concentre sur la trace de l'énergie de l'inconnue. Il est d'abord surpris de ne rien ressentir, il trouve sans mal l'énergie d'Ace mais aucune trace de son interlocuteur. Il n'a jamais croisé personne capable de faire complètement disparaître son énergie. Il se concentre d'autant plus, et parvient à capter un très faible filet d'énergie qui chemine tout droit jusqu'à la cabine du capitaine.
Père.
Le sang de Marco ne fait qu'un tour, il se précipite vers la porte qu'il défonce presque et s'arrête net, stupéfait.
Sa copie conforme, trait pour trait, se trouve penchée sur le corps de son père, trafiquant les câbles de ses machines de soin. Sans réfléchir plus, il se jette sur l'inconnu. Ils roulent au sol dans une lutte sans merci, renversant les appareils médicaux et alertant les pirates se trouvant à proximité. Rapidement, l'un des deux Marco prend le dessus. Les pirates se massent autour d'eux, sans oser intervenir, de peur de blesser le vrai Marco.
Finalement, celui ayant pris le dessus donne un violent coup dans la mâchoire de l'autre, faisant gicler le sang. Le vrai Marco ne peut pas saigner à cause d'un simple coup, son fruit l'en préserve. L'imposteur est démasqué. Le commandant de la première division enroule ses doigts autour du coup de l'inconnu et crache sombrement.
« Qui es-tu ?! »
L'autre lui sourit narquoisement, dévoilant ses dents ensanglantées et le commandant frappe de nouveau son visage. Il s'apprête à reposer la question un peu plus violemment, quand la voix lourde et puissante du capitaine gronde dans la pièce.
« Que se passe-t-il ici ? »
Marco se redresse, entraînant avec lui le corps de son double pour faire face au capitaine. Les pirates qui n'avaient pas encore aperçu le visage de l'indésirable s'exclament devant la parfaite similitude entre les deux hommes. Un murmure réprobateur court dans l'assemblée. Avant que le commandant n'ait pu prendre la parole pour répondre au capitaine, l'autre surprend tout le monde en levant la main pour saluer le capitaine et prend la parole :
« Salut le vieux ! »
Le commandant se tourne vers celui qu'il tient toujours, les sourcils levés hauts sur son front avant de se tourner vers son père, dont le rire caractéristique résonne dans la pièce.
« Marco ! Lâche donc la gamine ! Qu'est-ce-que tu fais là morveuse ? Tu ne devais pas repasser avant plusieurs mois. »
Le blond lâche le cou de sa victime, qui fait quelques pas en arrière en se massant sa nuque et en époussetant ses vêtements. Puis, mouvement de surprise général quand le corps du copieur commence à se contorsionner et à rapetisser. Ses cheveux jusque là blond et court se mettent à pousser, changeant de couleur et la silhouette du phénix adopta des formes féminines.
Finalement, quelques secondes plus tard, une jeune femme brune se trouvait à la place du faux commandant. Elle inspecte ses vêtements et soupire, déçue, en les voyant déformés. Enfin, elle relève la tête et sourit narquoisement aux hommes qui la regarde, les yeux écarquillés.
Elle rejette ses cheveux en arrière avant de se concentrer sur le capitaine.
« Il y a des choses qui ne peuvent pas attendre. »
Son regard se fit soudainement lasse et beaucoup plus âgé, ce qui n'échappa pas au bras droit de l'homme le plus puissant du monde. Il croisa le regard de Namur qui hocha la tête de concert.
Barbe Blanche acquiesce et se racle la gorge, en s'asseyant dans le fauteuil à quelques pas de son lit, toujours relié à son harnachement médical. Une fois cela fait, la jeune femme vint prendre place à ses côtés, assise sur le grand tapis persan. Le géant sorti une bouteille de sous son siège et commença à remplir deux grandes coupes avant d'en tendre une à la jeune femme qui le remercie. Il chasse d'un geste de la main les infirmières occupées à essayer de lui retirer la bouteille.
Finalement il lance un regard plein de questions à la demoiselle, qui hoche négativement la tête. Le vieil homme soupire et se tourne vers ses fils, encore amassés dans la pièce.
« Mes enfants, vous pouvez retourner dormir. La situation est sous contrôle et il ne m'arrivera rien cette nuit. »
Ace, qui jusque-là était resté dans un coin, silencieux, fut le premier à prendre la parole.
« Mais père ! Cette fille s'est introduite sur le bateau ! On ne sait rien d'elle ! »
Murmure d'assentiment général parmi les hommes. Barbe Blanche reprend, un peu plus dure.
« Ace, la gamine nous apporte plus d'aide que vous ne pouvez l'imaginer. Je lui fais entièrement confiance. »
Le jeune commandant rechigne un peu mais finalement suit ses frères hors de la cabine. Bientôt il ne resta plus que la jeune femme, le capitaine et le premier commandant.
« Toi aussi, Marco. »
Le blond grince des dents et passe une main dans ses cheveux courts avant de quitter la chambre, refermant la porte derrière lui.
Le commandant s'appuie contre le mur du couloir, juste à côté du second commandant, visiblement grognon à l'idée de s'être fait jeter de la chambre du capitaine. Ils attendirent jusqu'au petit matin, rejoints au fur et à mesure par le reste des commandants. Quand le soleil finit par se lever, les seize se trouvaient dans le couloir, attendant des nouvelles.
Finalement le pirate légendaire finit par sortir, poussant devant lui la jeune femme qui bailla fortement. Le vieil homme lui jette un regard contrit mais elle chasse sa fatigue d'un sourire et ils se tournèrent vers les commandants.
« Mes fils, je sais que vous devez avoir beaucoup de questions, mais je vous propose d'aller déjeuner et de laisser notre jeune amie reprendre des forces avant d'avoir cette discussion. »
Les hommes acquiescent à contre cœur, et l'on conduisit la jeune femme à une cabine libre. Durant le déjeuner, les visages restèrent fermés. Avoir au sein de leur navire une personne inconnue s'étant jouée d'eux la veille pèse sur le moral des pirates et cela peina profondément le capitaine.
Peu avant midi, alors que le pont grouille d'homme vaquant à leurs occupations, la jeune femme sort de nouveau, s'attirant les regards de tous. Vista, occupé à s'entraîner avec quelques hommes, lui propose galamment de la guider jusqu'à la salle de réunion pendant que l'on fit chercher les autres commandants. Elle hoche la tête et le suivit sans un mot dans les entrailles du navire.
Lorsqu'elle entre dans la salle des commandants, la jeune femme est étonnée de trouver une immense table rectangulaire, entourée de seize sièges de différentes tailles de chaque côté et un immense trône au bout de la table.
Vraiment impressionnant.
Elle prend place sur le siège qui lui a été dévolu à l'autre de la table et regarde les seize prendre place selon le numéro de leurs flottes. Finalement le capitaine, dernier à rentrer dans la salle, lui sourit gentiment avant de prendre place à son tour. Complétant l'assemblée.
Après quelques secondes de silence le vieil homme l'enjoint d'un geste de la main à débuter son récit. Elle inspire lentement, pas spécialement heureuse d'avoir à parler.
« Je suis une mercenaire. »
Elle regarde amusée la totalité des hommes se tendre en se jetant des regards consternés.
« Je voyage sur toutes les mers pour récolter des informations et les revendre. Et depuis quelques années, je vends une partie de ces informations à votre capitaine. »
C'est Ace, qui le premier, attaque et brise le silence lourd qui pèse lourdement sur la salle.
« Comment as-tu fais pour prendre l'apparence de Marco cette nuit ?! »
La question qui brûle les lèvres de tous. Elle sourit, carnassière.
« Dans ma famille nous exerçons ce métier de génération en génération. »
« Viens en aux faits ! »
« Minute l'enflammé, laisse-moi parler. »
Le garçon se renfrogne sous le rire de Tatch.
« Je disais donc, nous sommes des mercenaires, et des mercenaires de talent si je peux me permettre, c'est parce que nous avons une particularité. »
Elle laisse le silence planer, trop contente de la pression qu'elle sent peser dans la pièce. Juste avant que le plus jeune des commandants n'éclate de nouveau elle reprend la parole.
« Parce que nous ne sommes pas tout à fait humains. »
Elle sent les regards dubitatifs et perdus des commandants. Finalement, c'est le plus jeune, encore, qui prend la parole.
« Je te jure que si tu te fous de nous... »
« Je n'ai pas que ça à faire, Portgas, calme tes flammèche et ouvre tes oreilles. »
Nouveau rire mal retenu du quatrième commandant, elle soupire et reprend la parole.
« Je n'ai jamais mangé de fruit du démon et je n'en ai pas besoin parce que mon don, si l'on peut l'appeler comme ça, est héréditaire. »
Elle capte le regard de Marco auquel elle lance un sourire énigmatique alors que les traits de son visage deviennent ceux du commandant et que des exclamations éclatent. Elle se laisse glisser dans le fond de sa chaise et reprend ses explications.
« Je suis ce que l'on nomme un Noppera-Bo, un changeur de visage. »
