Disclaimers : Haikyuu! et La petite fille aux allumettes ne m'appartiennent pas.

Coucou voici la suite. Bonne lecture :)

... "Beaucoup de choses s'étaient passées depuis l'anniversaire de Kenma.

Beaucoup de choses qui leur étaient tombées dessus à sa famille et lui.

Tout d'abord, l'usine où travaillait son père avait fermé puis la santé de sa mère s'était détériorée peu de temps après. Elle avait donc dû quitter l'orphelinat pour se retrouver alitée. Le loyer étant devenu trop cher, ils avaient dû déménager dans un quartier beaucoup plus éloigné et Tobio avait donc dû se séparer de ses amis sans leur dire au revoir. Le noiraud avait eu ses premières chaleurs à treize ans et demie peu avant leur départ, attestant ainsi de son statut d'omega.

Pourtant, sa classe ne l'avait aucunement empêché de travailler en tant que cireur de chaussures dans le quartier portuaire à l'age de quatorze ans. Grace à ça, il pouvait aider à la maison en plus du travail de son père qui assistait un cordonnier au centre ville. Sa mère prenait le parti de vendre des allumettes de temps en temps pour ne pas rester indolente.

Le jour de ses quinze ans, Tobio et son père avaient décidé d'acheter de quoi préparer un repas de fêtes après une longue journée de travail. Sa mère les avait attendus en réchauffant le foyer à l'aide de leur poële puis ils avaient tous trois préparé le diner d'anniversaire lorsque son père et lui furent rentrés.

Tobio n'avait jamais oublié le sourire de ses parents lorsqu'ils savourèrent la dinde à table. Leur conversation était faite de joie et de rire en dépit de la pauvreté dans laquelle ils vivaient.

Parce que, malgré tout, ils restaient une famille unie...

... Tobio eut un soubresaut quand l'allumette s'éteignit au même temps que son sourire nostalgique.

Sa mère avait rendu son dernier soupir peu après la nouvelle année qui avait suivi ce moment de bonheur et depuis, son père avait démissionné et sombré dans l'alcool.

Tobio alluma encore une allumette pour éviter de penser encore à son quotidien des plus tristes. Son coeur se brisait de plus en plus en pensant combien à son père était devenu malheureux depuis. C'était à peine s'il faisait attention à lui à part pour ramener de l'argent. L'omega se mit alors à se souvenir d'une rencontre qui avait pensé son coeur meurtri, ne serait-ce que pour un bref instant.

Il avait dix-sept ans à l'époque...

... Tobio avait fini de cirer des chaussures pour la journée. L'omega regarda son maigre salaire en soupirant. Avec ce qu'il avait gagné, il allait au moins payer de quoi les nourrir son père et lui pour une petite semaine. Toutefois, celui-ci rechignait de plus en plus à manger, préférant boire de l'alcool à la place.

Le noiraud fut tellement absorbé dans ses pensées qu'il sentit à peine une main toucher son épaule. Une odeur douce et un peu amère planait dans l'air. On aurait dit une senteur de praline. Tobio se retourna alors doucement pour faire face à une de ses anciennes connaissances.

Kenma.

Ce dernier avait gardé ce même air timide depuis l'enfance, avec cette hésitation qui se lisait dans ses fines pupilles mordorées. Le noiraud ne se cachait pas que ses amis lui avaient énormément manqué mais Kenma encore plus que Tetsurou et Shouyou. D'ailleurs, celui-ci portait des vêtements de bonne facture. Toutefois, Tobio préféra l'aborder au lieu de le contempler. "Kenma? Ça faisait longtemps, il baissa les yeux, je suis désolé de ne pas vous avoir mis au courant pour mon déménagement mais quand je suis revenu à l'orphelinat vous revoir, le directeur m'a dit que des familles vous avaient adopté.

- Oui, Tetsurou et moi avons été recueilli par un couple tandis que Shouyou s'est retrouvé dans une autre famille, fit Kenma avant d'entendre le ventre de Tobio gargouiller, et si nous allions manger quelque part? Tu as l'air d'avoir faim."

Tobio hocha silencieusement la tête en se traitant d'imbécile en pensée. Kenma ne devait pas savoir pour sa situation. "Il y a un restaurant pas loin, proposa-t-il en montrant un petit bistrot à quelques mètres d'ici, on pourrait y aller.

- Bonne idée, je ne connais pas trop le coin, avoua Kenma pendant qu'ils se dirigeaient vers le restaurant, je sors rarement de mon lieu de travail durant les temps de pause mais au moins, ajouta-t-il avec un petit sourire, j'ai pu enfin te revoir."

Tobio rougit légèrement en détournant les yeux. "Moi aussi, je suis content de te revoir, déclara-t-il brusquement en lui prenant impulsivement la main.

Kenma ne dit rien et se laissa guider jusqu'au restaurant où ils commandèrent chacun leur repas. Le noiraud se retint de justesse de se ruer sur l'assiette de curry dès que le service fut fait. Son dernier repas datait et il ne voulait pas alerter Kenma. Avec l'argent qu'il avait gagné au port, il pouvait au moins se permettre un petit écart. Les mêmes effluves de praline de tout à l'heure se mirent de nouveau à emplir délicatement ses narines. Ils l'apaisaient doucement.

Alors, c'était l'odeur de Kenma.

"Je voulais te poser une question, fit-il en regardant son ami manger son bol de chirashi, tu es un alpha?

Kenma leva les yeux de son bol. Le noiraud sentit des frissons le parcourir lorsqu'il se noya dans ses fines pupilles félines. Ce n'était pas des frissons de peur cependant, il avait surtout cette grisante sensation que Kenma le caressait du regard. "Oui, répondit ce dernier en posant ses baguettes, mes parents adoptifs veulent que je me marie vite avec un omega d'ailleurs mais je prétexte que mon boulot de secrétaire médical prend tout mon temps, il poussa un léger soupir suite à cette pensée, ça me fait penser que Shouyou et Kuro se sont mariés. Ils ont même un enfant.

- C'est vrai?, s'enquit Tobio, tant mieux." Même si Tetsurou adorait embêter Shouyou à l'époque, ça se voyait qu'il tenait beaucoup à lui. Le fait qu'ils eurent fondé une famille lui donnerait l'occasion de les revoir mais... Non, je ne veux pas qu'ils... "Tobio, tu es sûr que tu vas bien? Ton odeur est dispersée."

Le noiraud fut sur le point de craquer quand Kenma lui posa la question. Tobio rassembla tout son courage pour simuler que tout allait bien. Je ne peux pas te dire que ma mère est morte, que mon père ne va pas bien et surtout que vous m'avez tous manqué.

Surtout toi, Kenma.

" Un peu épuisé par le travail, mentit-il en buvant un verre d'eau, tu sais ce que c'est..."

Kenma hocha silencieusement la tête avant de sortir une petite carte de visite.

"Tiens, passe me voir en cas de besoin, d'accord?...

... Tobio ne s'était jamais rendu au cabinet médical où Kenma travaillait. J'aurais dû, se dit-il en allumant une dernière allumette. Son corps fut maintenant gelé et il se sentit dérivé de plus en plus. L'omega n'eut plus la force de pleurer face à ce désespoir qui le prit au coeur. Il regrettait de ne pas avoir vu Kenma une dernière fois.

Si ces allumettes sont magiques alors... Je veux être auprès de Kenma, être dans ses bras, ressentir sa chaleur, même si c'est la dernière fois.

Au même moment, Kenma était en train de ranger les dossiers des patients de Yaku-san dans son bureau. Il se leva et quitta la pièce pour se servir un café dans la salle réservée au personnel quand il vit le docteur soupirer depuis sa salle de consultation. "Et encore une autre personne à envoyer à la morgue, maugréa Morisuke en examinant le corps de la personne, coma éthyllique."

Les jours de fête, Yaku-san avait pour habitude d'aller dans le quartier des plus déminus soigner les personnes malades là-bas. Il avait amené un homme ivre dans son cabinet mais apparemment, c'était trop tard. Ce constat le frustra, s'il serait venu quelques instants plus tôt mais il avait été débordé avec cette épidémie de grippe. "Le voisin m'a dit qu'il avait un fils, poursuivit-il d'un air pensif, il faut que je le prévienne de sa..." Le bruit d'un objet qui se brisa l'arrêta dans ses paroles. "Kenma, qu'est-ce qu'il y a?"

Kenma avait reconnu le père de Tobio sur le lit de consultation. Ce qui voudrait dire que... Il quitta précipitamment le cabinet en ignorant le cri de son patron. Il avait passé les trois dernières années à chercher Tobio sans succès. Le directeur de l'orphelinat lui avait donné l'adresse où la famille Kageyama avait déménagé mais celle-ci s'était avérée être un mensonge. Il aurait du s'en douter avec l'odeur dispersée qu'avait eu l'omega lors de leur dernière rencontre.

De la façon presqu'avide qu'il avait eu de manger le curry.

Où es-tu Tobio?, pensa-t-il avec inquiétude en regardant les alentours une fois dehors. Il ne s'était pas couvert et il avait froid mais il s'en moquait.

Il faut que je le retrouve.

C'est alors qu'il vit une apparition de l'autre coté du trottoir.

Les parents de Tobio.

Mais son père vient de...

Ils lui faisaient signe de le suivre.

Kenma s'exécuta bien qu'il se sentit perdu et marcha jusqu'à une ruelle où il vit l'élu de son coeur endormi dont les lèvres furent bleutées.

"Tobio!"

Mmmm, c'est si chaud. C'est agréable.

Tobio eut la sensation de se baigner dans un cocon de chaleur si doux qu'il ne voulut pas se réveiller.

Suis-je dans un rêve?, pensa-t-il au son du crépitement des flammes, ou bien suis-je mort?

Il se sentait si bien là, loin de ce froid hivernal, dans les bras de... Attends!

Le noiraud ouvrit lentement ses yeux pour y croiser des iris mordorés qui le regardaient avec une affection peu commune.

Une main caressa tendrement sa joue pendant qu'un petit sourire apparut sur des lèvres fines.

Le corps nu en face de lui ne fut qu'illuminé par la lueur tamisée et vacillante des flammes non loin d'eux.

"Ken...Mmmm". L'omega ne put ajouter un mot que l'alpha s'empara de ses lèvres.

Ce souffle chaud se mêlant au sien, cette langue s'enroulant contre la sienne, ce petit râle vibrant dans sa bouche. Tout ceci lui montrait une réalité qu'il lui selblait impossible et pourtant..."Bien, ta température est revenue à la normale, murmura ensuite Kenma en se refugiant dans ses bras, je suis soulagé.

- Où sommes-nous?, demanda Tobio en regardant la cheminée en face d'eux en faisant fi du fait qu'ils étaient nus. La chambre était bien plus propre que là où il vivait, le lit beaucoup plus grand et les draps ainsi que l'édredon de meilleure facture.

- Dans ma chambre, répondit Kenma en se dégageant de l'étreinte, Yaku-san a amené ton père dans son cabinet mais il est décédé là-bas, il se rembrunit, je suis alors parti à ta recherche et, crois-le ou non, tes parents m'ont guidé jusqu'à toi, il lui caressa de nouveau la joue, la détresse dans le regard, quand je t'ai vu dans cette ruelle, j'ai eu vraiment peur. Je t'ai ramené chez moi pour te réchauffer en espérant que tu n'ais pas succombé à l'hypothermie."

Tobio serra l'alpha contre lui en pleurant. Ses parents l'avaient protégé une dernière fois pour qu'il ne soit pas seul.

C'était leur dernier cadeau d'anniversaire.

Merci, papa et maman.

"Kenma, je peux rester avec toi?, demanda-t-il en essayant de réprimer ses sanglots.

Kenma s'écarta légèrement de lui pour l'embrasser de nouveau. Tobio était vivant, contre lui. Il ressentait la chaleur de sa peau, le goût salé de ses larmes au moment où il les essuyait de sa langue une fois le baiser rompu. L'odeur de l'omega l'entourait, plus dense que la dernière fois.

Il était si heureux que Tobio fut vivant.

"Oui, et je veux que tu sois mon compagnon aussi."

Tobio posa son front contre le sien avec un sourire. Ils allaient rattraper le temps perdu pour mieux se retrouver.

Les jours suivants, Tobio resta allité le temps de reprendre des forces. Il fit ainsi la connaissance de la famille adoptive de Kenma et put revoir Tetsurou et Shouyou où il put découvrir à son grand étonnement que c'était le roux l'alpha. Le noiraud put ainsi voir leur fils, un adorable bébé dont il devint le filleul.

Kenma restait souvent à ses cotés et il n'hésitait pas à lui montrer des démonstrations d'affection qu'il accueillit avec beaucoup d'amour.

Il le marqua le jour de ses vingt et un ans et le jour où leur fille fut née, Tobio se fit un serment.

Que la vie de son enfant serait illuminée par une multitudes d'allumettes étincelantes, ces petites étincelles de bonheur présentes au fond du coeur.

Voili voilou, merci d'avoir lu jusqu'au bout et j'espère que ça vous a plu. Je publie en même temps le début de la requête UshiKage (je l'ai écrit en même temps) et on se revoit pour la suite de celle-ci. A bientôt. :)