Titre: Un jour, tout ira bien

Auteur: 1001 Nuits

Rating: M

Disclaimer: Tout les personnages que vous reconnaitrez appartiennent à JKR, le reste est à moi!

Résumé: Tout aurait du être plus simple une fois la guerre finie. Beaucoup plus simple. Mais ça ne l'était pas. Et Drago se trouva stupide d'avoir un jour pensé le contraire.

Note(s) importante(s):

- Cette Histoire contiendra un slash, si vous n'aimez pas, rien ne vous oblige à lire ce qui suit, sachez seulement que je n'écrirai jamais rien de trop "osé"...

- Cette fic ne prend pas en compte les tomes 6 et 7 de la saga HP, mais je n'exclus pas d'y pêcher quelques éléments.

- Le rythme de publication sera sans doute d'un chapitre toutes les deux semaines.


Salut! Je poste ce chapitre une semaine à l'avance…BONNE LECTURE!!!


"Un jour tout sera bien, voilà notre espérance : Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion."

(Voltaire)


Chapitre 2: Derrière la Porte

Je déambule plusieurs minutes, mes pensées voguant d'un sujet à un autre sans réelle logique, puis je me stoppe, attiré par l'ouverture d'une porte plus loin. Une porte soigneusement dissimulée dans le mur.

J'hausse un sourcil et fronce l'autre. Qu'est ce que cela signifie au juste ?

Une femme aux allures revêches sort de la pièce secrète un air dégouté plaqué sur le visage, elle se dirige d'un pas rapide vers l'autre bout du couloir sans m'apercevoir.

Je souris.

Je viens de trouver une occupation parfaite.

Je m'approche doucement de la porte et sort ma baguette.

Je l'ouvre d'un mouvement et me faufile à l'intérieur avant de discrètement la refermer.

Mais lorsque je me retourne, le choc de ce que je découvre est si grand que j'en reste figé durant de longues minutes.

Deux enfants sont assis là, par terre, dans un calme presque glacé, me scrutant d'un visage impassible assez effrayant pour deux êtres si jeunes.

Du coin de l'œil, dans un berceau, j'entre-aperçois un bambin de quelques mois semblant dormir…mais son sommeil est loin d'être tranquille, il ne cesse de trembler en émettant de temps en temps de petits gémissants qui font fondre mon cœur.

Mes yeux se reposent sur le garçon et la fille. Tous deux n'ont pas même bougé d'un centimètre, le dos droit, le regard dur.

Lui ne doit pas avoir plus de trois ou quatre ans, ses yeux sont d'un bleu foncé magnifique, ses traits sont raffinés, ses cheveux noirs sont lisses et tombent gracieusement autour de son visage.

Elle, est sans doute plus âgée. Cinq, peut être six ans. Ses yeux sont d'un gris acier qui me fait sursauter tant il est le reflet de mon propre regard. Comme pour le garçon ses cheveux sont noirs et ses traits raffinés.

Puis, soudain, cela me frappe de plein fouet.

Je sais qui sont ces deux enfants.

Je m'en trouve à la fois effrayé et empli de compassion.

J'ai souvent entendu des rumeurs à leur sujet, et même si je n'y prêtais qu'une oreille distraite, croyant à des racontars, je me suis toujours dit que si la rumeur disait vrai, l'existence de ces enfants avait due être d'une horreur absolue.

Leurs parents étaient, après tout, des personnes folles à liées dont la cruauté n'avait aucune limite. Je ne pense même pas qu'ils aient jamais su ce que le mot amour voulait dire.

Oh, oui, le Seigneur des Ténèbres et son plus fidèle lieutenant ont toujours été des êtres sans cœur, sans réelle âme.

La petite fille doit certainement être le rejeton de ma tante Bellatrix et de son mari, quant au garçon…fils du lord Noir, et si la rumeur est exacte, d'une pauvre sorcière qui n'avait rien demandé et qui s'est faite froidement tuer une fois sa tâche effectuée.

Je les regarde longuement et jamais ils ne baissent leur garde.

Et, pour une raison inexplicable, cela me rend triste.

Ils sont le reflet de ce que j'ai été.

Oui, j'étais comme eux étant enfant. Je n'avais pas le droit de me plaindre, pas le droit de baisser les yeux (sauf devant mes parents), pas le droit de montrer un sentiment, pas le droit de pleurer…

Ils restent là sans un mouvement et je sens comme une déchirure dans mon cœur.

Faire ça à des enfants…les rendre si froids…est mal.

Tellement, tellement mal.

Moi, au moins, j'avais Sévérus. Il me prenait dans ses bras et me murmurait que tout irait bien.

Eux, ils n'ont jamais eu personne.

Si les rumeurs sont vraies…

Un instant, je ferme les yeux, tentant en vain de chasser les images qui me viennent à l'esprit.

Un léger gémissement me fait rouvrir les yeux.

Le bébé s'est réveillé, il hoquette doucement et semble tenter de ne pas pleurer.

Comme un automate, et sous le regard toujours aussi froid et scrutateur des deux autres enfants, je m'approche du berceau.

L'enfant est blond, son visage est plutôt rond mais ce sont ses yeux qui me frappent le plus, ils sont dorés…

J'ai un hoquet de stupeur…par Merlin ! Qui donc a ordonné à ce que l'on garde le fils du Seigneur des ténèbres, la fille de Bellatrix Lestrange et le fils de Fenrir Greyback dans une même chambre ?

Question stupide…qui ferait cela si ce n'est le Ministère.

Et puis quoi, gardent-ils ses enfants enfermés vingt quatre heures sur vingt quatre, dans cette pièce aux allures sombres et secrètes? Que comptent-ils en faire ? Et pourquoi n'étais-je pas au courant de leur existence? L'Ordre aurait du m'en parler…A moins que Dumbledore ne soit pas au courant…

Je sens une migraine pointer le bout de son nez…

Le bébé renifle…il est si petit, pas plus d'un an…me surprenant moi-même, je me penche et le sors de son berceau.

Il tremble…il a peur.

Un instinct sorti de nulle part me fait le serrer contre moi, lui caresser le dos avec des gestes circulaires en murmurant que tout irait bien…comme Sévérus le faisait il y a si longtemps.

Il se calme au bout d'un moment et pose sa tête contre ma poitrine.

Une chaleur inconnue traverse alors tout mon corps et vient se réfugier dans mon cœur.

Je resserre ma prise et dépose un baiser sur le haut de son crâne.

Un bruit me fait lever la tête et je vois les deux autres enfants me jauger du regard comme s'ils tentaient de résoudre une énigme particulièrement compliquée.

- Salut, murmuré-je à leur encontre tentant de les rendre plus à l'aise.

Ils ne répondent pas mais ne détournent pas leur regard.

- Je m'appelle Drago.

Silence.

- Comment vous appelez vous ?

Silence.

Je pousse un soupir et m'approche d'eux. Ils se crispent et chacun de mes mouvements est examiné à la loupe.

Je m'assois par terre avec précaution (pour ne pas déranger le bébé que je tiens) à leurs côtés.

Durant de longues minutes nous restons là, assis, à nous regarder, dans un silence complet.

C'est mal.

Aucun enfant ne devrait être aussi calme, aussi froid, aussi figé. Aucun enfant ne devrait avoir ce regard vide de toute émotion.

La chaleur qui s'était logée dans mon cœur quelques instants auparavant augmente, lorsque je sens le poids du bébé que je porte s'alourdir et me rend compte qu'il s'est endormi.

- Il dort.

Je sursaute.

C'est la fille qui a parlé, et je vois pour la première fois une émotion passer sur son visage.

- Oui, je crois qu'il est très fatigué.

L'euphémisme du siècle, j'ai bien remarqué que les trois petits avaient des poches sous les yeux. Violettes les poches hein, et énormes.

- Il ne dort jamais, sauf quand elle l'oblige, dit elle encore.

Je fronce les sourcils.

- Quand qui l'oblige ?

Alors qu'elle s'apprête à répondre, la porte s'ouvre dans un bang! et l'infirmière grincheuse de tout à l'heure entre, elle semble furieuse.

- Que faites vous ici ? SORTEZ !

Je veux protester mais deux sorciers de la sécurité font alors leur apparition, cette peste a du déclencher une alarme silencieuse.

La dernière chose que je vois avant de me faire violement jeter de la pièce est le regard du petit garçon.

Vide. Et pourtant tout au fond cette petite lueur…

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Le blanc va finir par me rendre dingue. Plus dingue que je ne le suis déjà.

Le blanc m'oblige à n'être concentré que sur mes pensées et rien d'autre.

Et depuis ce matin mes pensées n'ont qu'un seul et même objet.

Les enfants.

Comment sont-ils arrivés là ? Qui est au courant ? Pourquoi les laisser enfermés ? Avec une infirmière aussi horrible qui plus est.

Les sorciers responsables de la sécurité ne semblaient pas savoir qui ils étaient et m'ont instamment demandé de ne pas revenir sans trop en rajouter non plus. Je suppose que le nom Malefoy provoque encore un peu de peur.

Toute cette histoire n'est pas normale. Pas normale du tout.

Je sens venir une connerie du Ministère.

Passe encore qu'ils m'enlèvent toute ma vie en me privant de mes possessions et en m'empêchant de travailler, mais comment osent-ils faire ça à ces enfants?

Ne voient-ils pas que ces petits êtres ont subit plus de souffrances qu'eux tous réunis?

A l'intérieur de moi, une colère sourde fait rage.

Ce regard…j'ai cru voir une lueur d'espoir dans les yeux du petit garçon…sans doute mon imagination…

Pourquoi Dumbledore ne fait-il rien? Comment l'Ordre a-t-il pu laisser faire ça?

Car après réflexion, cela me paraît improbable, que le directeur de Poudlard ou même le Saint Balafré ait pu ignorer l'existence de ces trois enfants.

Alors quoi? Ils allaient les enfermés toute leur vie?

Ou même les tuer? On sait jamais avec ces stupides bureaucrates du Ministère.

Et tout ça pourquoi? Parce que leurs parents étaient des fous assoiffés de sang? Ce n'est pas une raison!

D'ailleurs qu'avait voulu dire le petite fille « il ne dort que quand elle l'oblige »?

Cette infirmière osait elle les forcer à prendre des potions? La garce!

La colère m'empêche de rester en place. Ma chambre et l'autre imbécile qui la partage avec moi m'exaspèrent. Je ne les supporte soudain plus.

J'ai envie de retourner voir ces gosses et leur dire que je ne laisserai pas faire le Ministère, leur dire que quelqu'un se battra pour eux.

Je soupire et me lève.

Je ne peux leurrer personne. Je n'ai plus aucun pouvoir, je ne peux réellement rien faire pour contrer Fudge. Comment l'Ordre a-t-il pu laisser en place un imbécile pareil?

Tout au plus, je pourrais essayer d'obtenir la garde de la petite fille, elle reste de ma famille. Mais le processus serait long, trop long.

Fugacement, l'idée de défoncer la porte secrète et d'enlever les enfants pour les amener loin me traverse.

Je la chasse rapidement car je suis loin d'être un Griffondor sans cervelle. Si je faisais ça, aucun doute qu'une ribambelle de sorciers surentraînés me collerait aux fesses, me rattraperait et même Sévérus ne pourrait les empêcher de me faire subir le baiser du détraqueur.

Alors que faire?

Je me mets à parcourir la pièce de long en large. Il est tard. Presque minuit.

Frustré, je sors et me dirige vers la porte secrète. Si je ne peux pas les enlever je peux au moins aller leur tenir un peu compagnie, ne serait-ce que pour empêcher cette garce d'infirmière de leur faire du mal.

Une fois arrivé dans le couloir de ce matin, j'agite discrètement ma baguette et fronce les sourcils en constatant que des sorts ont été rajouté sur la porte.

J'ai un peu de difficulté à les enlever, je l'avoue, mais j'y arrive au bout de quelques instants.

Lorsque je rentre dans la pièce, il y fait noir mais je peux entendre un chuchotement, alors je murmure un lumos pour éclairer un peu tout ça.

Comme ce matin, le bébé dort d'un sommeil agité dans son berceau. Le garçon et la fille (il va vraiment falloir que j'obtienne leurs noms) sont allongés dans leurs lits mais sont clairement réveillés. Pas étonnant qu'ils aient d'aussi grosses cernes.

Ils me regardent tout deux curieusement et une grande partie de moi est soulagée de lire un sentiment passer dans leurs regards. Je préfère la curiosité au vide.

J'ouvre la bouche pour les saluer lorsqu'une baguette est fermement enfoncée dans mon cou.

- Je vous préviens, je n'hésiterai pas à vous faire du mal! Ne bougez pas! Fit une voix féminine.

La personne se trouve derrière moi et tente de prendre un ton menaçant sans vraiment y parvenir. Elle me prend ma baguette et me demande qui je suis et ce que je fais là.

Si je le voulais, je pourrais d'un geste ou deux la désarmer et devenir celui qui pose les questions.

Mais je ne le fais pas, car cette voix, bien qu'inconnue, n'est pas vraiment hostile, ni même dangereuse, et chose importante, elle n'est pas la voix de l'infirmière de ce matin.

Calmement je me retourne pour faire face à une vieille femme aux cheveux d'un blanc aussi éclatant que le barbe de Dumbledore, aux yeux noirs aussi profonds que ceux de Sévérus et au visage aussi ridé que celui de Fol Œil (en enlevant tout de même toutes les cicatrices).

- Je m'appelle Drago Malfoy.

En apprenant mon nom elle renforce sa prise sur les deux baguettes qu'elle tient.

- Je ne vous laisserais pas leur faire du mal! Crache-t-elle furieusement.

Je lève les mains en signe de paix.

- Je ne veux pas leur faire de mal, lui dis je doucement en tentant de la calmer. Je suis…curieux.

- Curieux? Sortez d'ici! Ils ne sont pas des monstres de foire!

Elle me fait penser à Molly Weasley avec son air protecteur. D'un côté, cela me rassure que quelqu'un d'autres que moi se souci de leur sort.

- Bien sur qu'ils ne sont pas des monstres de foire, lui répondis je calmement.

Et nonchalamment je vais m'asseoir sur une chaise à deux pas. Elle me suit des yeux mais ne dit rien.

- Je comprends votre crainte. Mais je ne suis pas un Mangemort. Je pense simplement que ce que le Ministère est entrain de faire à ces enfants, est mal.

Je vois sa main droite, celle qui tient les baguettes, trembler un peu et s'abaisser de quelques centimètres. Mais je ne me fis pas à ça, car ses yeux me transpercent purement et simplement.

- Personne ne se soucis d'eux, dit-elle au bout d'un moment. Ils les ont enfermés ici quand ils les ont découvert. Ils les ont traité comme des criminels!

Je peux lire son indignation et sa colère.

- C'est ridicule et cruel! Liam n'a même pas dix mois!

Je devine que Liam doit être le bambin…le fils de Greyback.

- Je suis d'accord.

Elle me regarde encore, semblant me juger.

- Alors faites quelque chose! S'écrit-elle soudain.

Je soupire.

- Je…n'en ai plus les moyens.

Un silence s'étend sur de longues et interminables minutes.

Et sans que je m'y attende, elle me rend brusquement ma baguette, range la sienne dans sa poche et vient s'affaler sur une chaise à côté de moi.

Avec un certain effroi, je me rends compte qu'elle pleure.

- Je…je ne peux rien faire non plus! Ces rustres! Ils…ils ne veulent rien entendre!

Un peu maladroitement je lui tapote le dos dans un fol espoir de la consoler.

- Savez-vous ce qu'ils prévoient de leur faire? Je demande au bout de quelques instants.

Elle secoue la tête de droite à gauche.

- Non…ils disent que c'est un secret de défense national.

Je serre la mâchoire, furieux.

- Moi je sais.

Je sursaute et la femme aussi. J'avais presque oublié la présence des enfants. C'est la petite fille qui a parlé.

- Ils prévoient de nous éloigner du monde magique. Là où personne ne pourrait nous retrouver, en nous effaçant notre mémoire pour que nous même ne cherchions pas à revenir.

Je suis à peine étonné d'entendre une parfaite élocution de sa part. Ce qu'elle me dit par contre me surprend et m'effraie. Leur faire oublier? Les amener loin du monde magique?

- As-tu une idée de l'endroit? Je lui demande d'une voix douce que je ne me connaissais pas.

Elle acquiesce.

- Dans un orphelinat. A Londres.