Comme je vous l'ai promis, le chapitre 2 suit tout de suite. il ne porte pas le même nom que celui d'avant, mais vous comprendrez pourquoi en le lisant. Je vous souhaite à tous une bonne lecture, amusez-vous bien. =)
~Chapitre 2~
Caradhras
Je me réveillai le lendemain, aux aurores. Il me fallait encore préparer quelques affaires avant le départ et je n'avais plus beaucoup de temps. Je me dépêchais donc de m'habiller, enfilant un pantalon et une chemise. Je me débrouillai plus ou moins pour attacher mon corsage, serrant suffisamment les lacets pour qu'il tienne bien ma poitrine et empêche ma chemise de glisser plus loin que mes épaules. Mes cheveux, c'était une toute autre paire de manches. Il me fallait les démêler, de que j'abandonnai au bout d'une minutes pour les attacher en vitesse sans plus m'en préoccuper.
Une fois décemment habillée, je jetais une cape sur mes épaules et attachai une ceinture autour de ma taille d'où pendait les fourreaux des deux épées jumelles. J'attachai ensuite une autre sangle à ma cuisse avec le fourreau d'un poignard. Je passai mon carquois et mon arc en bandoulière avant de finalement attraper mon sac et le balancer sur mon épaule.
Je sortis de ma chambre d'un pas assuré, prête à en découdre avec ce monde dangereux, mortel. En chemin, je surpris Aragorn, faire ses adieux à Arwen, lui rendant le pendentif qu'elle lui avait donné. Cette dernière refusa et tourna les talons pour s'enfuir, les larmes dévalant ses joues. Je rejoignis Aragorn et lui donnai une tape sur l'omoplate.
- Je ne suis pas sûre que c'était la meilleure chose à faire... soupirai-je.
- Elle s'en ira sur les terres immortelles sur lesquelles vous auriez dû partir vous aussi, mon amie, me répondit-il en me fixant sans aucun reproche.
- Je ne pourrais pas partir, même si je le voulais, murmurai-je. Pas en sachant que la terre du milieu court un grave danger...
Ce fut à son tour de me donner une tape amicale dans le dos avant que nous nous dirigions vers nos autres compagnons de route. Gimli était près, assis sur un petit muret, inspectant sa hache avec fierté. Gandalf n'était pas encore là. Sans doute disait-il au revoir à Bilbon, avec Frodon. Boromir semblait pensif et leva à peine les yeux quand nous les rejoignîmes. Merry, Pippin et Sam étaient là. Les deux premiers en train de discuter, le dernier en train de vérifier qu'il y avait assez de nourriture pour tous. Legolas, lui, observait l'horizon, le soleil qui se levait, apportant un peu d'espoir dans ses jours si sombres.
Elrond arriva et tous se levèrent pour écouter ce qu'il allait annoncer. Il observa notre petite troupe à laquelle venaient de s'ajouter les retardataires et commença à parler. Il nous souhaita un bon voyage, nous enjoignit à veiller les uns sur les autres, à ne pas nous laisser tomber ni démoraliser.
Je ne l'écoutais que d'une oreille. Je m'attendais à tout moment à ce qu'il me prenne à part pour m'annoncer de nouveau mes fiançailles avec je ne sais qui. Avec un peu de chance je mourrai en sauvant le monde. Cependant il n'en fit rien. Ou peut-être ne désirait-il pas lui en faire part et le lui dirait-il au tout dernier moment.
Juste avant notre départ, j'interceptais un regard entre Aragorn et Arwen. Malgré tout ce qu'il avait pu dire pour la convaincre de partir, la convaincre que leur amour n'était qu'un rêve, ils ne pouvaient nier ce qu'ils ressentaient. La séparation leur coûtait à tout deux, et je le voyais bien. Cependant, je décidai de garder ma langue et de ne rien dire. Il est des choses qu'il vaut mieux taire.
Enfin, la communauté quitta les remparts, commençant ainsi un long et périlleux voyage. J'évitai de m'occuper de la présence de Legolas, sachant très bien que pour le moment, je n'étais pas capable de lui parler sans lui hurler dessus. Je me plongeai ainsi dans mes pensées, cherchant à oublier totalement sa présence pour moi néfaste.
- Alors ? fit une voix, me sortant de mes pensées.
- Que voulez-vous dire ? demandai-je au Dunedain qui me regardait.
- Que vous est-il arrivé pour que vous sembliez si abattue hier ?
- Oh… eh bien… disons... une discussion déplaisante...
- Et cela s'est arrangé ?
- Oui... et non, soupirai-je en repensant à tout cela.
- Parfois seul le temps guéris les blessures...
- Mais il ne les guérit pas toutes... certaines blessures ne guérissent jamais l'ami... On ne guérit pas de l'amour... conclus-je tout bas, sachant bien qu'il m'entendrait et comprendrait le message que je voulais lui faire passer.
Aragorn me fixa un moment, sans mot dire. Puis je le vis, du coin de l'œil, hocher doucement la tête. Il avait comprit et était sans doute d'accord. Nous marchâmes ensuite dans un silence total, chacun se réfugiant dans ses pensées. Ce fut Boromir qui vint m'en sortir en engageant une conversation sur un sujet futile mais qui me détendit un peu. Finalement... il n'était peut-être pas si désagréable que ça...
Gandalf menait la compagnie n'accordant que de rares haltes pour se désaltérer et récupérer un peu. Mais cela ne durait jamais et on repartait presque aussitôt. Je me demandai si les Hobbits allaient tenir le coup. Après tout, ils n'étaient pas, comme la plupart d'entre nous, habitués à marcher aussi longtemps et à un tel rythme. Mais il tenaient bon. Parfois je les attendais et poursuivait avec eux, jusqu'à ce que ma cadence devienne trop rapide pour la leurs et que je les attende de nouveau.
Plus tard, lorsque nous fûmes une halte afin de nous restaurer et nous reposer un peu, nous nous éparpillâmes un peu pour souffler. Sam fit un petit feu pour faire griller de la viande tandis que je croquais dans ma pomme. Gimli parlait avec Gandal, Legolas observait l'horizon, Aragorn fumait sa pipe...
Soudain j'entendis des bruits métalliques. Je fis volte face avant de me détendre en voyant les Hobbits, du moins, Merry et Pippin apprendre à se battre à l'épée. Aragorn observait la scène avec attention, en oubliant presque sa pipe. J'en oubliai moi-même ma pomme et vint m'asseoir à côté de mon ami rôdeur. C'était amusant de les voir, eux si petits qu'on croirait voir des enfants, apprendre à se servir d'une lame.
- Bougez vos pieds, dit Aragorn en observant le combat.
Boromir toucha le bras de Merry avec son épée. Celui-ci lâcha un petit cri, plus de surprise que de douleur puisqu'il n'avait rien. Boromir, tout confus, s'excusa en s'approchant de lui, épée baissée, mais Merry lui donna un coup de pied dans la jambe avant que les deux Hobbits ne se jettent sur l'homme, le faisant basculer en criant des « pour la comté » et en le chatouillant. Il appelait Aragorn au secours entre deux éclats de rire, ce qui me fit sourire alors que je recommençais à manger ma pomme. Aragorn, après un moment d'amusement, descendit du rocher et les rejoignit.
- Bon, aller, ça suffit, fit-il en attrapant les deux petits hommes par l'épaule.
D'un même mouvement, Merry et Pippin attrapèrent les jambes du nouvel arrivant et le firent tomber en arrière. Aragorn resta étendu sur le sol, légèrement sonné sous mes rires incessants. J'aurais pu le soutenir, mais non, il fallait que je sois tellement hilare que je ne pouvais même plus me lever.
Finalement, après un moment, je me repris et me levai. Je tendis la main à Aragorn, l'aidant à se relever. J'étais encore un peu secouée par des rires silencieux et il me lança un regard courroucé qui me fit repartir dans un éclat de rire.
- L'ami ! Vous verriez votre tête ! m'esclaffai-je.
- Je ne peux qu'imaginer, marmonna-t-il après un soupir de résignation.
Soudain, Legolas nous alerta. Nous nous retournâmes tous vers lui pour regarder ce qui le perturbait. C'est au bout d'un moment à observer le ciel que nous finîmes par apercevoir ce qui le troublait : à première vue il s'agissait d'un nuage noir, mais je trouvai cela étrange qu'il se déplace contre le vent. J'observai attentivement, cherchant à comprendre, puis mes yeux s'agrandirent de stupeur au fur et à mesure qu'il se rapprochait.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Sam.
- C'est rien, c'est qu'un p'tit nuage, déclara Gimli désintéressé.
- Il avance vite, remarqua Boromir, et contre le vent, ajouta-t-il légèrement inquiet, debout et tenant toujours les deux Hobbits sous les bras.
- Des Crébains du pays de Dain ! s'exclama Legolas alors que je m'apprêtais à le dire.
- Cachez-vous ! s'exclama Aragorn.
- Tous à couvert, ajoutai-je en urgence.
Ni une ni deux, tous se cachèrent sous les rochers et les buissons alentours. Dans la précipitation, je n'eus pas d'autre choix que de me cacher, couchée de tout mon long sur Legolas, cachée par des branchages. Je serrai les dents tellement cela me coûtait. Pourquoi fallait-il que ça m'arrive, hein ? Foutu piafs ! Ils pouvaient pas aller voir ailleurs ?!
- N'en profitez pas, l'avertis-je d'une voix glaciale avant de regarder vers le ciel.
Il ne bougea pas, bien que je sentis plus d'une fois son regard glisser sur moi. Cependant il resta calme et ne tenta rien, ce qui était préférable pour sa santé si je puis me permettre. L'inspection de ces enquiquineurs de piafs ne dura pas très longtemps, mais pour moi, cela me parut interminable.
Ce ne fut qu'une fois la menace passée, que nous sortîmes tous de nos cachettes improvisées avec plus ou mois d'habileté. Gimli eut tellement de grâce qu'il en bascula dans un buisson en sortant de l'endroit où il s'était glissé qui était un peu trop étroit pour sa corpulence. Pour ma part, je ne me suis jamais relevée aussi rapidement de ma longue vie. Je n'accordai même pas un regard à mon compagnon de fortune et me dirigeai vers Gandalf qui émergeait des rochers, s'appuyant sur son bâton et s'aidant des rochers.
- Des espions de Saroumane, marmonna-t-il. Il faut passer par le col de Caradhras.
Je regardai, frissonnante, le sommet de la montagne et en eut un peu la chair de poule, je dois bien l'avouer. Cette montagne me faisait froid dans le dos. Elle avait quelque chose de maléfique, de vicieux, que je ressentais au plus profond de mon être. Alors le moins qu'on puisse dire, c'est que, non, je n'étais pas vraiment pressée de prendre ce chemin là.
Tous se regardaient, légèrement inquiet, ce qui me confirma que je n'étais pas la seule à émettre des réticences. L'ascension allait être longue et extrêmement épuisante, et de cela, tous avaient conscience. Sans oublier que ce ne serait pas sans danger. Par ailleurs, elle rallongerait considérablement le voyage mais tous se gardèrent bien de protester, moi y compris. Ils se mirent alors en route et je restai un moment immobile, à la traîne.
- Pas très emballée, n'est-ce pas ? fit Boromir en s'arrêtant à quelques pas de moi, me regardant avec un air que je n'arrivais pas à déchiffrer.
- Pas vraiment, soufflai-je. Cette montagne est dangereuse, maléfique... je le sens au plus profond de moi...
- N'ayez crainte, je ne vous laisserai pas seule, voulut-il me rassurer.
- Je sais me défendre, merci, répondis-je froidement, piquée au vif.
Me pensait-il incapable de me défendre ? Je n'étais pas une pauvre femme en détresse qu'il pouvait secourir à sa guise en se prenant pour le héros de service ! Je ne l'attendis pas et me dépêchais de rattraper nos compagnons de voyage d'un pas assuré, et rapide. La neige qui se collait par paquets aux semelles les ralentissait. Sans oublier le fait qu'ils s'enfonçaient dans la neige jusqu'à la taille. Je les plaignais, consciente qu'ils n'avaient pas la chance d'être comme Legolas et moi. Nous ne nous enfoncions pas dans la neige. C'était d'ailleurs à peine si nous laissions des traces. Cependant, comme eux, je sentais le froid et resserrai ma cape autour de moi, malgré le vent qui la faisait voler avec une violence inouïe.
Ce ne fut qu'à ce moment que je distinguait des bribes d'incantations. Je reconnaissais cette voix, pour la simple et bonne raison que j'avais appris auprès de cette personne durant des années. Cela me glaça le sang et je rattrapai Legolas, oubliant un instant toute ma rancœur envers lui pour l'attraper par le bras.
- Vous entendez ? lui murmurai-je, espérant que ce n'était qu'hallucination de ma part.
- J'entends une voix sinistre dans les airs, confirma-t-il sans s'offusquer que je l'ai brusquement agrippé par le bras.
- C'est Saroumane ! cria Gandalf, à quelques pas derrière nous.
- Il essaie de déclencher une avalanche, ajouta Aragorn, sa voix ayant du mal à nous parvenir tellement le vent hurlait.
Ce qu'il disait n'était que confirmation de mes peurs. J'avais reconnu cette incantation. Saroumane me l'avait apprise il y a bien longtemps, lorsque j'apprenais à contrôler mes dons. Il n'était pas rare que les elfes pratique la magie. Elle était plus souvent élémentaire, mais parfois elle pouvait atteindre un tout autre niveau.
- Gandalf ! Il faut faire demi-tour, entendis-je à peine Aragorn crier.
- Non ! fut la réponse de Mithrandir.
Je fermais les yeux, essayant de me rappeler l'incantation pour contrer Saroumane. Si je pouvais la réciter avec Gandalf, cela doublerait sa puissance, mais je n'arrivais pas à m'en souvenir. J'entendis Gandalf tenter une incantation, mais en l'entendant, je sus qu'elle n'aurait qu'un effet minime. Elle n'était pas assez puissante.
Soudain j'entendis un éclair et levai les yeux pour voir des roches et une masse de neige effroyable nous tomber dessus. Legolas attrapa Gandalf et le poussa vers la paroi avant qu'il ne m'attrape à mon tour, toujours figée de stupéfaction, et ne me ramène contre la paroi, ses bras m'encerclant et son corps faisant bouclier.
Une couche de neige nous recouvrit tous de son long manteau blanc immaculé. Le froid envahit ma chair jusqu'aux os et je commençai à suffoqué suite à la panique. C'était une prison mortelle, nous allions tous y rester. Je ne parvenais pas à me dégager. Je manquai d'air. Une main dégagea la neige qui me recouvrait et m'attrapa le bras pour me hisser à la surface. Je me retrouvai à genoux, toussant et essayant de reprendre mon souffle.
- Arya... tout va bien, me souffla une voix qui perça à peine la brume qui avait engourdit mon esprit. Vous êtes saine et sauve...
Je repris finalement mes esprits et découvrit le visage, beaucoup trop proche à mon goût, de Legolas. Je me reculai d'un bon, comme si je venais de me brûler et lui jetai un regard froid. Même la neige au combien gelée de cette montagne ne pouvait rivaliser avec la froideur de mon regard.
- Merci, marmonnai-je, le mot m'écorchant presque la bouche tellement je haïssait le fait de lui être redevable.
Il ne répondit rien et se leva, retournant auprès des autres qui essayait de choisir quel chemin suivre. Je fis de même, veillant à ne pas rester à côté de lui, me rapprochant de Aragorn et de Boromir qui maintenaient autant qu'ils le pouvaient, les Hobbits hors de la neige.
- Passons par la trouée du Rohan, proposa Boromir, sa voix reflétant son épuisement.
- La trouée du Rohan nous rapproche trop d'Isengard ! protesta Aragorn.
Je dois avouer qu'il n'avait pas tort, même si l'idée était beaucoup plus plaisante que les autres. Pas de froid meurtrier, de chute de neige mortelle... Le rêve ! Cependant, il y aurait sans doute une armée d'orcs à nos trousses ce qui n'était pas non plus la meilleure des choses.
- On ne peut pas passer par dessus la montagne, commença Gimli avec véhémence.
Je fermai les yeux, consciente de ce qu'il allait proposer. Si Caradhras me faisait peur, ce n'était rien par rapport à ces mines d'où l'on ne voyait même pas la lumière du jour.
- Passons par dessous ! Passons par les mines de la Moria ! conclut-il.
Je voyais bien que Gandalf était aussi réticent que moi. Lui non plus n'était pas très rassuré à l'idée de ce qui se cachait dans ces mines tellement profonde et dangereuses. Saroumane m'avait enseigné que, les nains dans leur avidité, avaient creusé bien trop profondément et avaient ainsi réveillé un mal qui y dormait. Un Balrog de Morgoth.
- Laissons le porteur de l'anneau décider, finit-il par dire. Frodon ?
Le Hobbit avait si froid qu'il tremblait de tous ses membres. Ces lèvres avaient pris une teinte violacée prononcée. Nous attendîmes tous sa décision.
- Nous passerons par les mines ! déclara-t-il finalement.
Je fermais les yeux. Le sort en était jeté. Mais j'avais un mauvais pressentiment. Très mauvais. Je me secouai finalement et tendis la main vers Pippin, affin de soulager Boromir d'un peu de son fardeau. Le bouclier massif qu'il portait semblait déjà bien lourd, alors avec deux Hobbits sur les bras, il devait être exténué.
Pippin attrapa ma main et je le hissait avec toute ma force pour le sortir de la neige et le fit monter sur mon dos. Comme je l'avais prévue, je m'enfonçai d'une bonne vingtaine de centimètres dans la neige avec son poids sur mes épaules. Mais cela ne m'empêchait pas d'avancer. Je me dirigeai donc dans le sens opposé à celui que nous avions pris jusqu'à présent.
Gandalf fermait la marche avec Legolas, marchant plus lentement que les autres. Aragorn semblait avoir des difficultés à aider Sam et Frodon à avancer. Cependant je ne pouvais rien faire de plus, Pippin m'empêchait d'utiliser mes bras car je devais l'empêcher de dégringoler de mon dos. Je n'étais pas aussi forte qu'un homme, je dois l'avouer.
- Legolas ! appelai-je à contre cœur avant de montrer d'un mouvement de tête Aragorn et les deux Hobbits.
Il comprit tout de suite et se dirigea vers eux pour les aider, laissant Gandalf avancer seul. Ce dernier arriva à mon niveau, comme j'avais cessé d'avancer, laissant Boromir et Merry prendre la tête de notre groupe.
- Vous avez l'air exténué Mithrandir, soufflai-je en marchant lentement à ses côtés.
- Cette montagne semble me voler toute mon énergie.
- Alors dépêchons nous de redescendre, conclus-je.
Nous marchâmes en silence, conservant notre souffle. Ce ne fut qu'au bout d'un moment, où la neige était moins dense, que je déposai Pippin. Ce dernier me remercia de mon aide et marcha pour retrouver Merry. Boromir revint à mon niveau alors que j'observais le Hobbit se chamailler avec son ami. Malgré tout ce que j'avais pu penser, je commençai à m'attacher à ces petits hommes qui semblaient parfois si innocents.
- Vous n'êtes pas trop épuisées ? Vous avez porté Pippin sur votre dos pendant des heures...
- Je vais bien, répondis-je simplement avant de marcher vers les Hobbits.
- Dommage que nous n'ayons pas de quoi glisser sur la neige, la descente serait plus rapide, disait Merry.
Un sourire étira mes lèvres et je m'assis dans la neige, m'élançant dans la pente grâce à mes bras et la dévalait sur les fesses, riant aux éclats. Une fois arrivée en bas, je me relevai et jetai un coup d'œil aux Hobbits qui ouvraient des yeux ronds. Puis ils se concertèrent du regard avant de s'élancer à leur tour, riants comme des enfants.
Je les réceptionnai en bas pour éviter qu'ils n'aillent se prendre un arbre. Ils parlaient déjà de recommencer, ce qui m'amusa légèrement. En effet, ils étaient aussi immatures que des enfants. Mais c'est ce qui les rendaient attachants... du moins je trouvais.
Les autres mirent du temps à nous rejoindre car aucun ne daigna utiliser le même moyen de descente que nous. Nous restâmes donc assis dans la neige à les attendre, discutant de tout et de rien. Ce ne fut qu'en fin d'après-midi que Gandalf et les autres arrivèrent à notre niveau. Nous reprîmes donc notre route en direction de la Moria.
Quand nous arrivâmes devant le lac près de l'entrée des mines, nous ne vîmes aucune porte nous permettant d'y accéder. Gandalf se dirigea vers la paroi rocheuse de la montagne et commença à la tâter des mains, se déplaçant tout en continuant de la tâter.
- Les portes des nains sont invisible lorsqu'elle sont closes, bougonna Gimli en cognant la paroi avec se hache.
- Oui Gimli, et même leurs propres maîtres ne peuvent les trouver ni les ouvrir quand leur secret en est oublié ! rétorqua Gandalf légèrement à bout.
- Pourquoi cela ne me surprend pas ? fit Legolas, pour lui-même, en passant près de Gimli qui se rebiffa.
La chose aurait pu paraître comique si nous n'étions pas dans une situation aussi désespérée. Pour ma part, j'étais bien trop épuisée pour m'occuper des rivalités entre nains et elfes. Je préférais oublier et m'asseoir sur un rocher, près du lac, à côté de Frodon.
C'est à ce moment que Gandalf trouva les portes. La matière qui la recouvrait ne reflétait que la lumière de la lune et des étoiles. C'est pourquoi nous devions attendre la tombée de la nuit pour pouvoir les ouvrir. Chacun s'occupa comme il le pouvait. Pippin essayait de faire des ricochets dans l'eau du lac, Merry l'observait faire, Sam commençait à décharger Bill et à lui enlever bride et scelle pour qu'il puisse partir, les chevaux n'ayant pas leur place dans des mines.
Quand enfin la nuit fut tombée et que la lune permit de voir ce qu'était inscrit sur les portes, Gandalf se leva.
- Il est écrit : "Ici se trouve les portes de la Moria. Parlez ami et entrez."
- Qu'est-ce que cela signifie ? demanda Frodon.
- C'est simple, si vous êtes un ami vous donnez le mot de passe et le porte s'ouvre, répondit Gandalf.
Alors il attrapa son bâton, en appuya l'extrémité contre les portes et commença à donner un mot de passe.
- Rien ne se passe, crut bon de préciser Pippin.
- Autrefois je connaissais les incantations dans toutes les langues des elfes, des hommes et des orcs, déclara-t-il comme reconnaissant son échec.
- Alors qu'allez-vous faire ? s'enquit Pippin, achevant d'agacer Gandalf qui l'était déjà suffisamment.
- Cogner sur les portes avec votre tête Peregrin Took ! hurla-t-il. Et si cela ne les fracasses pas et qu'on me libère un peu de toutes vos questions idiotes, j'essaierai de trouver le formule d'ouverture ! finit-il en baissant le volume de sa voix.
Retenant tant bien que mal mon amusement, j'entraînai Pippin plus loin et lui fis promettre de ne rien faire de stupide avant d'aller m'asseoir à côté de Gimli qui fumait sa pipe. Gandalf commença à faire des incantations dans divers langues. Aucune ne marcha. Cela prit des heures avant que Gandalf ne jette son bâton contre le rocher sur lequel j'étais assise.
- Ça ne marche pas, souffla-t-il à court d'idée, ayant épuisé tous ce qu'il avait en tête.
Frodon se leva alors et se planta devant les portes, réfléchissant à ce casse tête qui nous empêchait d'entrer. Pour ma part je trouvais que nous étions mieux dehors que dedans, mais ce n'était que mon humble avis...
- C'est une énigme ! s'écria alors Frodon. « Parlez ami, et entrez », cita-t-il. Quelle est le mot elfique pour ami ? demanda-t-il à la cantonade.
- Mellon, répondis-je avant que les autres n'ouvrent la bouche.
La terre se mit à trembler et les portes commencèrent à pivoter lentement. D'un coup je regrettai d'avoir répondu. Mais si je ne l'avais pas fait, Gandalf, Aragorn, ou même Legolas, auraient répondu à ma place. Prudemment, nous entrâmes dans la mine. Gimli commençait déjà à nous rabattre les oreilles avec des arguments selon ô combien les mines étaient biens et patati et patata...
Je lui aurait cloué le bec avec une réplique bien senti si à ce moment nous n'avions pas découvert des dizaines et des dizaines de cadavres sur le sol. Une mine chaleureuse ? Ben tient ! Mortelle oui.
- Ce n'est pas une mine... souffla Boromir. C'est un tombeau...
Ah ! Au moins un qui avait deux sous de bon sens ! Je commençai à reculer. Il fallait sortir avant qu'il ne soit trop tard. Non je n'étais pas une lâche, mais je dois avouer que si le courage était une de mes vertus, la témérité ne l'était pas tout le temps.
J'entendis alors un cri qui me fit me retourner dans un bond. Mes yeux s'agrandirent d'horreur lorsque je vis Frodon être soulevé dans les airs, un tentacule enroulé autour de sa cheville. Je n'eus pas le temps de réagir qu'un tentacule s'enroula autour de ma cheville et que je fus, à mon tour, emportée à deux mètres au dessus du lac, prête à servir de repas à se monstre aquatique. Bon sang mais quelle journée de merde !
Legolas, Boromir et Aragorn se précipitèrent vers le monstre qui émergeait de l'étendue d'eau. Legolas décocha une flèche qui atteignit sa cible et continua maintes et maintes fois tandis que les deux hommes tranchaient les tentacules afin de pouvoir atteindre Frodon. De mon côté, je tentai d'attraper la dague que j'avais glissé dans le fourreau attaché à ma cuisse afin de couper le tentacule qui me retenait. J'y parvins mais sous la douleur, le monstre m'envoya dans les airs avant de me rattraper par un autre tentacule et de me secouer. Mais c'est pas vrai !
- Arya ! s'écria Legolas, horrifié.
J'étais trop sonnée pour lui répondre. Ce dernier dégaina une de ses épées et coupa le tentacule, libérant ma chevilles et je tombai sur lui dans un gémissement de douleur. Je me sentis soulevée dans des bras et quand j'ouvris les yeux et repris un minimum mes esprits, je m'aperçus que j'étais dans les bras de Legolas qui courait vers les portes de la mine avec tous les autres pour s'y réfugier.
Le monstre tenta de nous attraper mes il réduisit les portes à néant avec se tentacules, nous enfermant dans les mines. Nous étions prisonniers, une fois de plus. Je me débattis pour que Legolas me lâche et me laisse tranquille.
Dés que je fus sur mes pieds, je m'éloignai de lui en boitillant légèrement. Je m'était froissé un muscle dans la jambe dans toute cette aventure. Gandalf éclaira un peu les alentour grâce à la pierre incrustée dans son bâton. Je soupirai et me rapprochai de lui.
- Et maintenant ? soufflai-je, notant que ma voix tremblaient.
- Il nous faut traverser la Moria. Atteindre l'autre côté nous prendra cinq jours et cinq nuits. Restons groupés et suivez mes pas.
C'est ainsi que commença notre descente aux enfers... Littéralement.
A Suivre...
