Deux jours après la crise de panique d'Ophélia, le docteur Johnson avait accepté de la laisser partir de l'hôpital pour rejoindre un orphelinat. Pour lui, cette crise venait du fait que la fillette était trop restée à l'hôpital, qu'elle avait besoin de sortir. De plus, elle était parfaitement guérie, à présent.

Ophélia ne lui avait pas parlé de la peur qu'elle avait ressenti ce jour-là, en voyant l'infirmière. Elle avait peur que le docteur la laisse encore à l'hôpital, et qu'elle ne puisse pas sortir.

Elle avait besoin d'air frais. Le mélange d'odeurs de médicaments la rendait malade.

Maria l'avait emmenée à l'orphelinat, qui se trouvait dans un quartier modeste londonien. Ophélia avait toujours grandi dans les quartiers les plus aisées de Londres. Née avec une cuillère d'argent dans la bouche, elle n'avait jamais mis les pieds dans des rues comme celles-ci, préférant les boutiques de marques et les quartiers riches. Elle n'était pas hautaine ou narcissique, loin de là. Elle avait juste pris quelques habitudes.

La gérante de l'orphelinat s'appelait Magnolia. Elle avait, dès le premier jour, apprécié Ophélia.

Ophélia entretenait des relations froides avec les autres enfants de son âge. De par sa maturité et son passé, tous les petites filles avait peur d'elle, et tout les garçons préféraient jouer à leurs jeux si familiers. Elle restait donc seule dans la salle de dessin de l'orphelinat, à dessiner ses paysages.

Elle partageait sa chambre avec deux autres petites filles. La première, qu'elle n'aimait pas du tout, s'apellait Megan. Elle était sûre d'elle et n'hésitait pas à rabaisser la deuxième occupante de la chambre, Emily . Cette dernière était très timide et réservée, alors elle se laissait faire, souvent larmoyante.

Pendant les premières semaines, Ophélia se fichait de l'attitude de ses deux camarades de chambre. Elle restait dans son coin, calme, a dessiner ses paysages si particuliers. Mais le bruit que faisait Megan pendant qu'elle martyrisait Emily sans aucun répit commençait à beaucoup l'énerver. La jeune Lorelay n'était pas très patiente, et, un jour, une énième dispute l'a mit hors d'elle. Alors elle décida d'imposer sa personne.

Megan venait de déchirer les dessins d'Emily. Celle ci pleurait depuis maintenant quelques minutes et Megan prenait un malin plaisir a la voir dans cet état.

"-Quel bébé ! Je ne vois pas pourquoi tu pleures, ils étaient moches, tes dessins !

-Non, c'est pas vrai !

-Tais-toi ! Je ne t'ai pas donné l'autorisation de parler !"

Tous les enfants de l'orphelinat riaient face à la scène. Megan, flattée par toutes ses acclamations, continuait.

"-Bébé ! Bébé ! Bébé ! commença-t-elle à chanter.

-Bébé ! Bébé ! Bébé ! continuaient les autres enfants, riaient en voyant les larmes d'Emily."

Ophélia se plaça derrière Megan et observa la blâmée. Elle avait ses mains sur son visage et poussait de gros sanglots qui dévalaient ses joues et trempaient ses cheveux d'or. La simple vue du désespoir de cette fillette rappela à la petite Lorelay de lointains souvenirs.

Ceux qu'elles partageaient avec son frère, pendant les périodes scolaires où Ophélia pleurait. Pendant lesquelles son frère prenait soin de défendre sa petite sœur lors des récréations. Ces souvenirs qu'elles chérissait tant, et qui, à présent, n'étaient plus que des images qu'elle ne pourrait plus revoir.

Prise d'une colère sourde, amplifiée par les rires et les acclamations du petit peuple, elle saisit Megan par les cheveux et la tira vers elle.. La petite diva, prise par surprise, poussa un cri de douleur et tomba en arrière. Le silence prit possession de la pièce et les enfants se turent après la chute de leur "reine". Ophélia lâcha les boucles brunes de Megan et la prit par le col.

"-Écoutes moi bien, petite reine du pays des idiots, essaie de t'en prendre encore un fois à un seul enfant de cette maison et tu vois la fenêtre là bas ? commença-t-elle en pointant la vitre de sa main libre.

-..O...Oui...

-Tu passeras à travers. C'est clair, ou il faut que je te fasse une démonstration ?"

Megan secoua la tête, les larmes au yeux. Ophélia lâcha alors la brune qui tomba mollement sur le sol en bois de la chambre, en larmes. Elle se leva maladroitement et sortit de la pièce en sanglots. La troupe d'enfants suivirent Megan du regard, puis fixèrent Ophélia, avant de partir et de suivre le même chemin qu'avait pris la petite fille avant eux.

La fille du baron Lorelay soupira et se tourna vers Emily. Toujours à terre et les joues encore humides, elle fixait sa "sauveuse" depuis qu'elle avait mise Megan à terre.

"-M...Merci...

-De rien. répondit Ophélia froidement.

-Si...Si je peux faire la moindre chose pour te remercier...

-Évite de te mettre dans ce genre de situation. C'est largement suffisant."

La brune se retourna et se prépara à sortir quand Emily se leva et lui prit la main. La première tourna la tête et la dévisagea en haussant un sourcil.

"-Je...Je m'appelle Emily Ledger, et toi ?

-Ophélia. Ophélia Lorelay. Mais tu le savais déjà, je suppose.

-Ah, euh...Oui, enfin, je crois..."

Ophélia leva ses lèvres dans un petit sourire en coin.

"-Eh bien. Quelle timidité.

-Euh...

-Ce n'est pas une reproche, ne t'inquiètes pas."

Ophélia libéra sa main de l'emprise d'Emily et sortit de la pièce.

"-Sur ce, j'y vais. Tâche de te défendre face à Megan la prochaine fois, Ledger."

Elle ferma la porte sur ces mots, laissant Emily seule mais rassurée. Elle ramassa ses feuilles déchirées par terre et se rassit a son bureau pour recommencer ses dessins.

Ophélia s'était bien sûr faite sévèrement disputée pour avoir menacé Megan après que cette dernière aie été pleurer dans le bureau de la directrice de l'établissement. La petite fille avait écouté Magnolia lui dire toutes sortes de choses sans vraiment les écouter et acquiesçait en disant qu'elle ne recommencerait plus.

Elle sortit du bureau et alla dans la salle de jeu pour retourner à ses dessins. Quelques minutes s'être installée, quelqu'un entra dans la pièce. Ophélia soupira doucement. Elle ne voulait que du calme, étais-ce trop demander ?

Elle pencha sa tête en arrière pour voir Emily, sa pochette de feuille collée contre la poitrine.

"-Je...Je peux me mettre à côté de toi ?

-Si tu veux."

La blonde posa sa pochette sur la table et s'assit en face d'Ophélia. Un long silence suivit ce moment tandis qu"Emily sortait un dessin et ses crayons.

"-Toi aussi tu aimes dessiner ? demanda-t-elle à Ophélia qui écrasait ses craies grasses sur ses feuilles.

-Ça me détend un peu. Mais je ne fais pas d'œuvres d'arts. répondit la brune en se mordant la lèvre supérieure quand sa craie lui glissait des mains.

-Mais c'est joli, ce que tu fais.

-Toi aussi.

-Tu le penses vraiment ?"

Ophélia hocha la tête rapidement avant d'aller chercher des en avait marre des craies grasses qui salissaient ses doigts et lui glissaient des mains.