Le coté obscur du journalisme


Suivre la campagne de Barack Obama, même si ce n'était que pour un petit webzine, c'était une belle opportunité, surtout quand on voit aujourd'hui où ce dernier à finit. Et en effet les premiers jours avait été fantastiques, il y avait tant de gens à rencontrer, à impressionner, tant de chose à découvrir. Alors bien sure sa famille lui manquait mais elle se retrouvait dans un univers tellement passionnant.

Mais l'excitation des premiers jours étant passé elle avait découvert à sa grande horreur le coté sombre de son nouveau boulot.

Si les gens, ses collègues, avaient été d'un premier abord sympathique elle comprit vite que la compétition dans le but d'avoir un scoop ou un meilleur article passait avant tout. Elle pensait avoir vu le pire en ayant fréquenté Paris pendant toutes ces années mais elle découvrit que la jeune et impitoyable miss Geller était royalement inoffensive face aux requins qu'elle avait désormais en face.

La principale différence fut que la compétition n'avait maintenant absolument aucun scrupule vous souriant aimablement quand vous les saluaient et vous trainant dans la boue dès que vous aviez le dos tourné. Si avait le malheur de discuter d'une idée pour un article avec quiconque elle retrouvait inexorablement cette idée dans 3 différents articles le lendemain. Au point qu'elle en était arrivée à ne plus parler à personne de peur de ne plus pouvoir écrire aucun article sans être accuser de plagiat. Il fallait se lever aux aurores et se coucher à des heures indécentes pour espérer ne rien louper en priant pour qu'il ne se passe rien durant les quelques heures de sommeil qu'elle s'accordait par nuit. Elle avait tellement été enfouie sous la masse de travail, de fatigue et de stress qu'elle avait pratiquement arrêté de communiquer avec tout le monde. Après quelques mois seule sa mère prenait encore la peine de l'appeler de temps en temps pour les quelques secondes que lui accordait sa fille.

Lorelai savait que sa fille aurait depuis longtemps laissé tombé ce job de malade si cela n'avait pas impliqué qu'il fallait qu'elle affronte son chagrin du à sa rupture avec Logan. Car dans un premier temps les choses s'était enchainé si vite qu'elle n'avait pas vraiment eu le temps de s'appesantir sur le départ de l'homme qui avait été son compagnon pendant trois ans. L'homme qui avait changé pour elle, qui l'avait demandé en mariage et qu'elle avait rejeté. L'homme qu'elle aimait. Logan.

Elle n'avait vraiment réalisé la rupture que plusieurs jours après avoir commencé son nouveau boulot. La première fois où un de ses soit disant collègue lui avait piqué une de ses idées pour son article et l'avait par la suite accusé de plagiat. Elle avait alors pris le téléphone hors d'elle et avait sans réfléchir composé le numéro de Logan. Ce n'est que lorsque celui-ci avait décroché qu'elle s'était rendu compte qu'elle ne pouvait plus faire ça :

- oui, allo, Logan Huntzberger à l'appareil

- … hum …

- Rory! …, Rory, est ce que ca va ? Tu as un problème ?

- …

- Rory, je t'en pris réponds, Rory

- Non, … non, Logan, ce n'est rien, je suis désolé … désolé Logan …

Sa voix s'était éteinte et sans plus prononcer un mot elle avait raccroché le téléphone. Sous le choc elle s'était effondrée sur le sol de sa chambre, englouti par le chagrin. Non, jamais elle ne pourrait plus allé chercher le réconfort auprès de Logan. Elle avait dit non à sa demande et cela impliquait qu'elle ne pourrait le revoir ou lui parler, qu'une autre prendrait sa place et qu'il l'oublierait. A cet instant toutes les raisons qui l'avait poussé à le rejeter ce jour là lui semblait stupide et tellement inapproprié. Après tout sa meilleure amie s'était bien mariée, elle avait même deux enfants et vivait toujours à Stars Hollow quel mal pouvait il y avoir à s'installer quelque part avec l'homme qu'on aime même si on est très jeune.

Alors elle s'était plongée dans le travail négligeant tout le reste, jusqu'à sa famille et ses amis. Elle voulait réussir pour se prouver qu'elle n'avait pas fait la plus grande erreur de sa vie.


« Il n'y a qu'un remède à l'amour : aimer davantage. » Henry David Thoreau