« It, was, fate, Henry »
J'avais crû, oui, j'avais vraiment crû que je pouvais devenir une mère. Une vraie. Malgré l'appel du sang. Je désirais tellement avoir un enfant... Cela devait être un caprice égoïste pour calmer ma solitude et combler le trou dans mon cœur, je le reconnais. Ce désir insatiable d'enfant ne devait être qu'une satisfaction toute personnelle et égocentrique, je ne le nierai pas. Du moins, c'était le cas au départ.
Parce qu'à peine ai-je posé les yeux sur mon fils que j'ai su, oui, j'ai su au plus profond de moi que je l'aimerai plus que ma vie. Henry, mon Henry. Cette petite chose si fragile qu'on m'avait confiée... Les débuts avaient été difficiles, pour qu'il m'accepte comme sa mère – il devait déjà, sans doute, sentir les Ténèbres en moi – et je songeai même un moment annuler l'adoption... Mais parfois, il y a des liens qui défient le sang, et je me rendis compte qu'il m'était impossible à présent de vivre sans lui, qu'il fallait, oui, fallait, que je garde cet enfant.
Sans doute le Destin me jouait-il là un tour bien ironique, en m'attachant aussi solidement au fils de celle qui détruirait tout mon travail... Mais je m'en moque.
Ensemble, nous étions bien, seulement tous les deux. La vie se passait comme dans un rêve... Oh, bien sûr, tout n'était pas aisé : je découvrais avec lui la difficulté d'être mère, et tous les problèmes que l'on peut avoir, toutes les inquiétudes que l'on peut ressentir... Je me souviens de tout : des mauvais moments, comme des bons. Pour rien au monde je ne voudrais les oublier.
Son premier sourire. Son premier mot. La première fois qu'il a marché, qu'il a parlé. Son premier jour d'école. La première fois qu'il s'est cassé une jambe. Ses pleurs terribles lorsque ses dents ont poussé. Ses cauchemars qui me tenaient éveillée des nuits durant. Ses câlins tout doux. Les devoirs qu'il fallait faire ensemble parce qu'il buttait sur un exercice...
J'avais formé ces souvenirs au fil du temps passé avec lui, mon bébé. Devenue une vraie mère pour ce petit bout-de-chou. Henry. Mon fils.
x
Et ma plus belle réussite.
