Storm (Partie 2)

Ils restèrent une bonne partie de la nuit à discuter, Cuddy sursautant au moindre bruit.
Ils somnolaient de temps à autre, puis se réveillaient brutalement : les volets claquaient, le vent s'infiltrait à travers les tuiles arrachées, en un sifflement horriblement aigu.
Ils étaient toujours enlacés. Lorsque Cuddy frissonnait, House la réconfortait par une caresse dans son dos, dans ses cheveux... Et elle s'apaisait encore...
Le tout sans un mot, sans une réflexion.
Il était là, tout simplement.

Lorsque Rachel se réveillait, il se levait, la prenait dans ses bras et la berçait jusqu'à ce qu'elle se rendorme.
Il revenait ensuite s'asseoir à côté de la doyenne et la recueillait automatiquement dans ses bras.
Et ils attendaient longuement...
Parlant de l'hôpital, de Rachel..
Evitant les sujets fâcheux comme eux deux par exemple.
Les bougies se consumèrent lentement et s'éteignirent les unes après les autres.

Avant que la dernière ne les plonge tous trois dans l'obscurité, Cuddy redressa la tête et plongea son regard dans celui du diagnosticien. Elle caressa sa joue rugueuse et murmura un merci. Elle approcha ensuite sa bouche et l'embrassa doucement à la commissure de ses lèvres. Il ne bougea pas, se contentant de la fixer.
L'obscurité soudaine brisa cet aparté et Cuddy se lova de nouveau contre le torse de House. Elle sentit qu'il remontait la couette et elle se laissa aller, écoutant le souffle du vent, déjà moins vigoureux.

La lueur du petit jour se montra sous la porte de la salle de bain.
Cuddy se redressa lentement, tentant de dénouer son dos douloureux.
Elle chuchota pour ne pas réveiller Rachel.
- Quelle heure est-il ?
- 6h30.
- Comment va votre cuisse ?
- Bien.

Elle n'en crut pas un mot. Il se leva à son tour, par pallier, laissant le temps à sa cuisse de se chauffer. Cuddy ouvrit le tiroir du meuble puis se tourna vers lui, lui tendant deux vicodin et la bouteille d'eau.
Pas de commentaires. Il apprécia.
Il avala les deux comprimés et attendit l'apaisement pendant que la doyenne récupérait Rachel dans ses bras, toujours emmitouflée dans la couverture.
Enfin, ils sortirent de leur cocon sécurisant.

Ils avancèrent lentement dans la maison, inspectant chaque pièce méticuleusement. House avait posé sa main dans la bas du dos de la jeune femme et ils avançaient ensemble.
Dehors, le vent soufflait plus mesurèment...

La chambre de Cuddy...
La chambre de Rachel... Toutes deux intactes.
Le couloir...
Ils se figèrent tandis que le vent les accueillait de plein fouet. De l'entrée du salon, ils pouvait apercevoir la rue. Tout le pan avant de la maison s'était écroulé sous le poids de l'arbre qui emplissait le salon.
- Oh mon dieu...

Les yeux de Cuddy s'humidifièrent et elle se mit à sangloter, ne pouvant se retenir.
Sa maison... Sa belle maison !
Elle sentit la main de House se poser sur son épaule et la presser. Elle se colla encore une fois à lui.
Le vent s'engouffrant dans la brèche réveilla Rachel qui se mit à gémir.
House les entraîna dans la chambre de la doyenne, à l'abri du vent. Ils s'assirent sur le lit, complètement abattus.
- Qu'est-ce que je vais faire maintenant ?
- Vos valises.
- Quoi ?

La doyenne fixa le médecin, pleine d'incompréhension. Il évita son regard et avoua, tout en fixant un point sur le plancher :
- Et bien, mon appartement est sécurisé. Il peut vous recevoir vous et... le sumo !
- Ma fille n'est pas un sumo !
- Ben, elle n'est pas légère hein pour son âge !

Elle sourit, sachant que ces derniers échanges allaient le mettre plus à l'aise. Elle lui confia Rachel et leva les yeux au ciel lorsqu'il fit celui qui ne pouvait la porter tellement elle était lourde !
Elle prit une valise et y fourra pêle-mêle ses vêtements et ceux de sa fille. Elle prit aussi quelques jouets.
Elle déposa sa valise dans le couloir et retourna auprès de House.
Elle s'appuya contre la chambranle de la porte, soudain gênée :
- Je peux aller à l'hôtel vous savez.

Il la fixa longuement avant de répondre sereinement :
- Mon appartement est insonorisé. Votre sumo pourra hurler comme bon lui semble !

C'était sa façon à lui de refuser l'hôtel. Elle n'insista pas et le soulagea du bébé. Il secoua exagérément le bras.
- Elle pèse combien ?
- House....

Il prit sa valise et avança vers la porte. Elle le suivit amusée. House redevenait House. Mais elle savait que l'humour lui servait une nouvelle fois d'échappatoire à une situation peu habituelle pour lui.
Sous cette couche ironique, il continuait d'être là pour elles et de prendre soin d'elles.
Elle sortit de la maison et fit face à un paysage digne d'un film catastrophe : Des tuiles arrachées, des voitures abîmées, son arbre déraciné...
Elle avança dans l'allée et jeta un dernier regard à sa maison dévastée.
- On y va... Lisa ?

Elle hocha douloureusement la tête et le suivit, les yeux embués. Ce n'était pas demain qu'elle pourrait de nouveau vivre dans sa maison.

House se glissa sous les draps éreinté. La journée avait été difficile. Il avait effectué de nombreux aller-retours entre son appartement et la maison de Cuddy, rapportant à chaque voyage des affaires pour le bébé.
Il avait ensuite fait en sorte que l'intérieur de la maison soit protégé de toute tentative de vol, en stockant le plus coûteux chez un garde-meuble, usant de toute son énergie et de toute sa stratégie pour trouver des déménageurs disponibles immédiatement.

Il était maintenant plus de 23 heures et il pouvait enfin se détendre. Il avait laissé sa chambre à Cuddy et à Rachel, prenant lui-même le canapé.
Sa vie allait être bouleversée pendant un long moment mais il ne regretta pas sa décision une seule seconde.
Il soupira et ferma les yeux, détendu.

Il sentit soudain un corps chaud se glisser à ses côtés et se blottir contre lui.
- Cuddy, il fallait me le dire avant que mon corps d'athlète vous attirait ! Je n'aurai pas défait mon canapé !
- Chut House ... Dormez maintenant.

Il sourit dans la pénombre et serra la jeune femme contre lui...

FIN.