Hello hello les cocos !
Commençons par le commencement : Merci beaucoup pour vos reviews, follow, fav... Ca me fait vraiment plaisir et je suis heureuse de voir que cette histoire vous plait :) Vous êtes géniaux !
Pour la peine, je vous poste le chapitre 2 qui marque une nouvelle étape dans la chute de Regina vers les enfers, ou la jeune reine, malgré sa volonté de ne pas succomber au mal, se laisse entrainer dans les abysses. Je vous poste le chapitre un jour en avance, parce que je suis de bonne humeur (je viens de finir mes oraux de bac ! Plus que les écrits, yay !), en espérant qu'il vous plaise ;)
Trêve de blabla, passons à la lecture !
Bonne lecture à tout le monde :)
Chapitre 2 : Troubles in Paradise.
« Arrête de réfléchir ! La magie, c'est des sentiments, des émotions. Puise dans ton cœur ! Utilises ce que tu ressens. »
« Je ne sais pas comment faire ! »
« Quel est le moment qui t'a rendu hors de toi ? Folle de rage ? »
« … »
« Il doit forcément en exister un ! »
« … Bien sûr ! Bien sûr qu'il en existe un… » Elle soupira. « Un jour… Emma a été courtisée par cet homme… Son nom était Killian, Killian Jones. Un vulgaire pirate. »
« Continue… »
« J'avais dix-huit ans, Emma quinze. J'étais amoureuse, elle était trop jeune pour le voir. Et quand cet… imbécile l'a abordé, elle s'est jetée dans ses bras. Elle le trouvait beau, et gentil, mais pour moi, il n'était rien de plus qu'un bandit. Un pauvre imbécile qui pensait qu'il pouvait m'enlever ma princesse, ma fin heureuse. Dès l'instant ou mes yeux ont croisés les siens… je l'ai haïe. Cette haine… n'était pas de moi.»
« Que voulais-tu lui faire ? »
« Je voulais le tuer. Le voir souffrir, suppliant à genoux de mettre fin à sa misérable vie… Et je l'aurais regardé. J'aurais ris. Je l'imagine, en larme, à mes pieds. Et j'aurais pris son épée. Et j'aurais tranché sa main. Il y aurait eu du sang, beaucoup de sang. Et plus jamais il n'aurait touché à ma précieuse Emma. »
« S'il était devant tes yeux, le ferais-tu ? »
« Oui. »
« Et comment te sentirais tu ? »
« Bien. Terriblement bien. »
Elle était effrayée, terrifiée par ce que ses mains venaient de produire, et par le regard de cet homme posé sur elle, ses yeux sans couleur définie, mais qui semblait la fixer avec cet espèce d'adoration, d'espoir. Elle craignait ses mains qui se posaient sur ses épaules avec fiertés, ses longs ongles qu'elle sentait rentrer dans sa peau propre, ces ongles si sales, si longs. Elle frissonna, muée dans l'horreur de l'acte qu'elle venait de commettre. Ses mains tremblaient, son corps entier semblait pris de convulsions, sous la lune glacée. Comment avait-elle pu en arriver jusqu'ici ? Regina avait accepté le marché de Rumplestiltskin depuis quelques mois à présent, et chaque soir, à l'heure ou s'assombrissait la campagne, a l'instant même où sa fiancé sombrait dans un profond sommeil, la reine troquait sa robe de reine pour devenir, histoire de quelques heures, l'apprentie du Ténébreux. Depuis quelques mois, elle apprenait la magie. Tel était le marché qu'ils avaient conclu.
« Qu'est-ce que j'ai fait ? Mon dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait ? »
L'homme était allongé à ses pieds, la bouche ensanglantée, les yeux révulsés, mort. L'homme était allongé à ses pieds, et c'était elle qui l'avait tuée. Tuer. Ce mot la révoltait. Elle n'avait pas voulu que cela arrive. Elle s'était juste emportée, rien de plus. Regina était en colère, et elle l'avait tuée. Comme Cora l'avait fait avec de nombreux ouvriers. Pauvre homme, il avait seulement planté une rose rouge parmi les nacrés qui devaient figurer dans le jardin, tout autour de la fontaine. Tout cela pour une rose de la mauvaise couleur. A présent… Il ne ferait plus jamais de fautes…
« Ca, mon enfant, c'est de la magie. »
La reine tomba à genoux devant le cadavre du fleuriste, dont la nuque avait été brisée, s'effondrant telle une poupée de chiffon sous le poids de son crime, de la culpabilité, de sa frustration. Les épaules voutées, penchée au-dessus du visage livide, la reine pouvait observer la mort en face. Une mort à la fois terrifiante et choquante, une mort qu'elle avait causée. De grosses larmes roulaient sur ses joues pâles, des perles délicates qui avaient le gout de l'horreur. Sa respiration était saccadée, troublée par la peur, par l'incompréhension. Et dans les yeux de sa victime brillait un visage. Celui de sa mère. Celui de la femme qu'elle était en train de devenir.
Une meurtrière.
Un monstre.
Non, elle ne voulait pas être comme Cora. Elle refusait d'être comme cela.
Elles n'étaient pas pareilles. Elle avait un cœur.
Non. Elle ne pouvait pas devenir comme Cora. Et l'homme le regardait. Elle n'avait jamais voulu ce regard. Elle ne pouvait plus le supporter.
Regina cria.
Cria de toutes ses forces sa peur et sa colère.
De nouvelles larmes touchèrent le sol.
« C'est bien, continue. Exprime-toi. »
Sa voix la fit frissonner. Cette voix si moqueuse, étrange, terrifiante. Regina avait accepté un marché sans vraiment en comprendre les conséquences. La recherche du bonheur ultime était en train de l'en écarter. Emma ignorait toujours qu'elle pratiquait la magie. Emma passait la plupart de son temps dans le royaume, à rendre visite aux familles de malades afin de les aider.
Emma qu'elle avait épousée il y a quelques semaines.
Emma avec qui elle fonderait une famille.
Emma. Il fallait qu'elle pense à Emma.
Et quand elle ouvrit les yeux, Regina découvrit un spectacle tragique. Tout autour d'elle, toutes les fleurs blanches s'étaient fanées, tombant sous le poids de sa colère, comme carbonisées. L'une d'elle, la plus résistante surement, vacillait, refusant de se plier devant la reine à présent triste et vide. Et quand la jeune femme caressa ses pétales encore blancs, dans un espoir vain de la sauver, celle-ci s'écroula dans un dernier soupir.
« Je n'en veux pas ! Je ne veux pas de cette magie ! Je refuse de faire le mal autour de moi ! Je refuse de devenir comme ma mère ! »
« Mais dearie… Les ténèbres se sont déjà emparées de toi. Elles t'entourent, elles te lèchent comme un chien la main de son maître. Ne les sent-tu pas ? Elles sont là, au plus profond de ton cœur. Elles aiment ta saveur, elles te collent à la peau… »
Et Regina pleura, pleura toutes les larmes de son corps.
Mais ce n'était plus la mort de l'homme qu'elle regrettait.
La reine venait de réaliser l'affreuse et obscure réalité.
Elle avait aimé cela.
« Ou vas-tu ? »
« Me promener. »
« Attend moi, je viens avec toi. »
« Non, Emma, je préfère y aller seule. Il est tard. Tu dois être fatiguée. »
« Toi aussi. Tu es cernée. »
« J'ai besoin de prendre l'air. »
« Regina ? »
« Oui ? »
« Promet moi… que quand je me réveillerais tu seras là. »
« Je te le promet. »
Un rire éclatant.
Ses cheveux dansaient au vent, dansaient pour le vent, venant parfois se coller contre son visage d'ange. Ses bras étaient ouvert au soleil, ce soleil éblouissant qu'elle aimait tant, éclairant le moindre de ses traits. Leurs chevaux galopaient en symbiose, callant leurs pas sur celui de l'autre, et les deux femmes s'aimaient.
Et Emma riait. Emma riait à gorge déployée, telle l'enfant qu'elle n'avait jamais vraiment cessé d'être, laissant apparaître d'adorables faussettes.
Et Regina souriait. Elle souriait parce qu'elle était heureuse. Ou du moins, c'est ce qu'elle pensait.
Et les plaines laissaient apparaître des montagnes, et les montagnes des vallées.
Ensemble, elles chevauchaient, traversant le royaume dans l'unique but de passer un peu de temps rien que toute les deux. Comme auparavant. Comme lorsqu'elles étaient enfant et qu'elles aimaient se promener vers le lac pour faire des couronnes de fleurs.
« Allez Kisos, plus vite ! »
Le ravissant étalon blanc de la reine s'élança à toute allure dans la prairie, dépassant celui de la brunette. C'était un jeu qu'elles avaient eu l'habitude de faire dès leurs plus tendres enfances, dès qu'elles avaient su monter à cheval. Un jeu qu'Emma tentait de reproduire.
Regina arqua un sourcil, son regard croisant celui fière de la blondinette qui la dépassait de maintenant quelques bons mètres.
« Et si nous leur montrions de quoi nous sommes capable Rocinante ? »
La femme donna un coup sur les étriers et son cheval s'engagea lui aussi dans une course effrénée. Bientôt les deux amantes se retrouvèrent l'une à côté de l'autre, toute deux refusant de laisser l'autre gagner.
Cela n'était qu'un jeu d'enfant.
Et pourtant.
Pourtant, quand devant les chevaux, une petite paysanne vint à passer, la réalité, brute, dure, la frappa.
L'enfant s'écroula.
Le cheval d'Emma se rua.
Le rire se transforma en cri.
Avec horreur, Regina aperçu les mains de sa femme quitter les rênes.
La jeune femme glissa de sa monture.
Regina sentit son cœur se glacer.
Instinctivement elle plaça les mains devant elle, comme pour empêcher l'impact d'avoir lieux.
« Emma ! »
Mais Emma ne toucha jamais le sol, protégée par la magie de la conjointe, immobilisée à quelques centimètres du sol. Emma ne toucha pas le sol, mais son regard était empli de peur et de méfiance, dirigé vers les mains violettes qui avaient empêchées sa chute. Et le cheval s'en alla en courant, s'enfuyant à travers la foret. D'un geste gracieux, la brunette descendit de son cheval afin de porter secours à celle qui faisait battre son cœur. Celle qu'elle aurait pu perdre.
La petite quant à elle, était tombée à la renverse lors de l'impact et gisait à présent sur le gazon vert, terrifiée par cet acte qu'elle n'avait pas vu venir.
« Emma ? Est-ce que tu vas bien ? »
Ses mains parcoururent son visage d'ange simplement secoué par les émotions qu'elle venait de traverser, ce corps frêle qui portait sa progéniture, ce corps qui aurait pu être brisé en deux à cause de cette maudite gamine.
« Oui, je n'ai rien… »
Un soupir s'échappa des lèvres rouges, soupir d'exaspération et de soulagement. Se relevant doucement, les yeux de la reine se posèrent sur la personne responsable d'un tel désastre. Deux lames de poignards, deux iris rempli de colère et de haine. D'un pas déterminé, la brune s'approcha de la fillette effrayée, blessée. Croisant son regard, Regina sentit monter en elle une vague de haine, le besoin terrible et irrésistible de briser cette petite chose fragile qui gisait à ses pieds. Eradiquer la menace une bonne fois pour toute.
« Tu aurais pu la tuer ! Tu as failli la tuer ! Je vais t'apprendre à attenter à la vie de ceux que j'aime. Personne ne me retirera ma fin heureuse !»
Ses mains tremblaient, laissant apparaître un nuage violet, signe que sa magie réagissait. Avec un sourire de satisfaction, la reine imaginait le meilleur moyen de terminer la vie de cette chose qui avait osé mettre en péril la vie de son grand amour. Un poison ? Un sort ? Une lame ?
Ses pensées furent interrompues par le visage d'une belle blonde, par sa voix, par deux pupilles vertes.
« Regina ! Ce n'est qu'une enfant. Elle n'a pas fait exprès. Elle est innocente. »
« Tu aurais pu mourir de cette chute.»
« Je vais bien. Cesse de menacer cette pauvre demoiselle qui est aussi effrayée que toi. Ce n'est pas celle que tu es Regina. »
Celle que tu es.
Mais qui était-elle réellement ?
Avec regret, la reine laissa la gamine s'échapper.
Cependant il n'y aurait pas de seconde chance.
« Emma ? »
« Hm ? »
« J'ai peur. »
« De quoi donc ? »
« Et… Et si je n'étais pas une bonne mère ? »
« Voyons Gina…Qu'est ce qui te fais penser cela ? »
« Je ne sais pas. Je ne peux pas m'empêcher d'y penser. J'ai peur Emma… J'ai peur de lui ressembler. Tu sais comme elle m'a fait souffrir. Je ne veux pas leur faire cela. Je ne peux pas. »
« Regina ? »
« … »
« Tu n'es pas comme elle. Je te le promets. Tu es la femme la plus extraordinaire qui m'ait été donné de rencontrer. Regina, regardes moi. Je t'aime. Et tu m'aimes aussi. Voilà pourquoi tu es si différente. Tu as un cœur Regina. Et je peux aussi t'assurer que tu feras une excellente mère. »
Il y avait du sang, du sang sur ses mains, son visage, devant ses yeux, sur ses lèvres. Du sang partout, encore chaud, une vie qui s'écoule sur le marbre blanc, glacé, qui rampe sur ce sol. Souillé. Une bouche entrouverte, fraîche comme la rosée, un cri muet, une douleur insoutenable. Et des larmes salées dans ses yeux. Des perles brillantes dans lesquelles se reflétait un visage, son visage, celui d'une meurtrière, d'une femme cruelle, des larmes qui dansaient, étincelait comme des diamants.
Pourquoi a-t-elle avancé ?
Son corps étendu. Ses cheveux emmêlés. Un ange sans aile, créature déchue. Dans sa main entrouverte une plume était déposée. Une plume dorée, comme cette petite flamme au fond de ses iris noirs. Comme cette lueur que renvoyait sa chevelure. Sa peau blanche, douce, aussi belle que les plumes d'une colombe. Cette peau qu'elle savait chaude, plus pour longtemps, une texture qu'elle connaissait par cœur, une odeur envoûtante, un goût sucré. Et le sang.
Pourquoi as-tu avancé ?
Un gémissement. De la douleur. De la peine. Des larmes qu'elle ne pouvait plus stopper. Quelques soubresauts. Elle s'agite et se débat.
En vain. La mort est là, tapie dans l'ombre, prête à l'enlever. La mort est là et personne ne peut y échapper. Pas même Emma.
Emma.
« Emma… »
Regina se réveilla en sursaut, trouvant à son chevet l'amour de sa vie qu'elle venait de voir mourir. Et sa main chaude vint caresser son visage endormi, vérifiant la régularité de sa respiration. Et ses yeux purs se posèrent sur ses traits. Dans son rêve, Emma était morte. Et c'était elle qui l'avait tuée.
« Pose ta main, là. Voilà ne bouge plus. Tu les sens ? »
« Oh, Emma… C'est… »
« C'est eux. C'est nos enfants. »
« Bonjour mes bébés, bonjour. »
« Oh, ils viennent de me donner un coup de pied ! »
« Je vous aime, mes deux petits monstres. J'ai tellement hâte de voir vos petits visage, de pouvoir vous serrer dans mes bras. Vous en valiez la peine. Tout ce que nous avons traversé, vous en valiez la peine. »
Une inspiration.
Ses mains tremblent. Ses yeux sont remplis de larmes.
Elle a peur. Peur de tout, peur de rien. Elle voudrait que cela cesse.
Que la voix dans son esprit se taise a jamais.
Elle souhaiterait n'avoir jamais conclu ce marché. Ce marché qui la perdait.
Une expiration.
Elle ne veut pas relever la tête. Elle ne veut plus rien voir. Plus jamais.
Et les larmes roulent sur ses joues. Dans son cou.
Et ses mains se resserrent sur la table. Si fort que le bois grince.
Elle essaye de garder le contrôle. Elle doit garder le contrôle.
Quelqu'un toque à la porte.
« Regina ? »
« Pas maintenant s'il vous plait. »
Sa voix est faible, trop faible, hésitante. Elle sent ses lèvres trembler. Elle se déteste.
Il faut qu'elle reste forte. Elle est la reine après tout.
Elle n'aurait jamais accepté ce marché. Maudit Rumple !
Elle a l'impression d'être sourde, d'étouffer.
Elle ne veut pas entendre cette voix à nouveau, cette voix dans son esprit.
Il rit, il rit parce qu'il est en train de gagner.
Et les ténèbres sont tout autour d'elle.
« Regina, c'est moi, c'est Emma. Ouvre-moi. Qu'est ce qui se passe ? Regina ! »
Elle cherche à répondre mais sa gorge ne laisse s'échapper qu'un cri étranglé.
Elle veut lui dire de partir parce qu'elle sait qu'elle va exploser.
Elle ne veut pas lui faire de mal. Elle a peur de lui faire du mal.
Une inspiration.
Elle se noie dans ses larmes. Dans le regret. Dans la peur.
Et les ténèbres l'entourent.
La dévorent.
Elle sent leur dent acérée entrer dans sa chair.
Leur venin s'infiltrer dans ses veines.
Elle voudrait crier. Mourir. Revenir un arrière. Tout recommencer.
« Regina ! »
Emma crie, derrière la porte. Emma est inquiète. Elle le sait.
Regina relève la tête.
Et dans le miroir se reflète un visage.
Son visage.
Non, cela n'est pas vrai. Cela ne peut pas être elle.
Elle ne peut pas supporter cette vue. Ce visage de meurtrière.
Elle se voit dans le miroir. Et tout son monde éclate.
Se brise.
« Non, ne me regarde pas ! Tu n'es pas moi ! Tu n'es pas moi ! » Murmure-t-elle
« Regina ? »
Elle n'arrive plus à supporter ce regard froid, et ce visage glacé. Regina a l'impression de voir quelqu'un d'autre.
Elle veut que tout s'arrête.
Pourquoi a-t-elle accepté ce marché ?
Les ténèbres se sont déjà emparées de toi. Elles t'entourent, elles te lèchent comme un chien la main de son maître. Ne les sent-tu pas ? Elles sont là, au plus profond de ton cœur. Elles aiment ta saveur, elles te collent à la peau…
« Ca n'est pas vrai ! Ca n'est pas vrai, ça ne peut pas être vrai ! Je ne suis pas toi ! Je… Je… JE TE DETESTE ! JE TE HAIS ! LAISSE-MOI ! »
Elle tremble de tout son corps. Ses mains brillent.
Une explosion.
Du sang.
La porte s'ouvre. Une femme crie et se jette sur elle.
Regina est par terre, sa lèvre saigne abondement.
Regina est à terre et les ténèbres dégustent sa détresse.
« Gina, mais que s'est-il passé ? »
Emma est maintenant là, une main autour de son corps recroquevillé, une main dans ses cheveux trempés par la sueur. Emma est là avec son ventre rond, et sa belle robe de la couleur de l'aube. Emma est là et la reine tremblante sent la protection de son amour.
Regina ne bouge plus, et sent que la magie a cessé de bouillir dans son sang. Quelque chose semble avoir changé en elle, quelque chose s'était brisé, révélant un trou béant. Elle est vide. Elle se sent étrangement paisible.
Mais quand elle relève les yeux, elle ne croise qu'un océan de paix, d'amour, de tendresse.
« Emma »
« N'ai pas peur… Je suis là. Je serais toujours là. Shhhh… »
« Mon nom est Regina. Je suis la reine de la forêt enchantée, mariée à Emma Swan. J'aime ma femme, et bientôt, je serais mère de deux enfants. Je possède de la magie mais ne compte pas l'utiliser à de mauvaises fins. Mon… Mon nom est Regina. Je suis reine. J'aime Emma, et bientôt, je serais mère. Je possède de la magie… Je possède de la magie. Je suis gentille…. Je veux… Je suis… une femme, et une future mère… Je suis Regina, Regina, la reine, et ma magie est plus forte que moi. J'ai fait un deal avec le diable afin d'assurer mon bonheur, j'ai fait un pacte avec le démon en personne, et je serais mère. Je suis… Regin-Regina. Je suis… la méchante reine… j'ai tué, et j'ai aimé cela. Ma magie me permet de commettre les plus terribles souffrances. Je suis la reine, et ce pays m'appartient. Personne, non personne ne pourra se mettre son mon chemin. Mon nom est Regina. Et je les détruirais tous.
« Regina ? »
La reine ne sourcilla pas, continuant à observer son reflet dans le miroir de leur chambre nuptiale. Ses yeux étaient vide, ses paupières tirées, son regard lointain. Tout sur ce visage de pierre montrait le néant. L'anéantissement. Le feu des ténèbres, avalant son corps, son âme, son existence. Elle était vivante. Elle semblait morte. Elle voulait mourir, fière, belle. Et pourtant, contrastant avec la pâleur de son visage trempé de sueur, une robe d'un noir profond, fait de dentelles et autres ornements habillait la reine en ce jour. Il n'était pas dans ses habitudes de porter de tels vêtements, si sombre, si… tristes. A la voir dans un tel accoutrement, on aurait pu penser que Regina était en deuil. L'était-elle ? Nul ne le savait. Cela faisait des semaines que la brunette n'avait prononcé mot. Pas un son. Pas un bruit.
Rien.
« Regina ? Chérie ? »
Les mains d'Emma caressaient ses cheveux bruns, massant le cuir chevelu avec attention. Cherchant à provoquer un semblant de réaction chez cette femme qui semblait étrangère.
Etrangère à elle-même, d'abord, et surtout.
Mais aussi étrangère à sa femme.
Elle ne bougeait pas, seule sa poitrine se soulevait régulièrement. Elle ne bougeait pas, comme si elle ne la voyait pas, ne l'entendait pas.
La jeune reine tremblait. Sa fatigue, son inquiétude pouvait se lire sur son visage cerné, bouffi, tiré. Elle n'avait pas dormi. Elle avait peur. Peur pour cette personne qu'elle aimait plus que tout au monde. Peur pour ces enfants qu'elle allait mettre au monde.
Du terme qui approchait dangereusement.
Et Emma avait pleuré. Pleuré parce que sa femme ne dormait plus à ses côtés, passant son temps sur cette chaise, devant le miroir.
Elle inspira fortement. Le docteur lui avait indiqué qu'il fallait se ménager. Sa main trouva sa place sur le haut de son ventre gonflé, ou-elle pu sentir s'agiter les petits êtres qu'elle portait. L'un semblait plus agité. Sans doute donnerait-elle naissance à un héritier.
Quelques larmes se formèrent dans les yeux jades. Quelques larmes de fatigue, d'anxiété, d'amour.
« S'il te plait, parle-moi. Dis-moi. Dis-moi ce qui ne va pas. Je veux t'aider Regina. Je t'aime. Je t'aime trop. Je ne peux pas te regarder ainsi. Je ne veux pas Regina. Tu n'as pas le droit de m'infliger cela… De nous infliger cela. » Murmura-t-elle doucement, sa voix se brisant dans sa gorge sous l'émotion.
Une vague de tristesse passa pour la première fois dans les yeux de la majestueuse reine qui cligna des yeux. Revenant à elle, Regina soupira doucement. Dans ses yeux sombres dansaient des larmes.
« Emma ? » Souffla-t-elle, relevant ses yeux vers la pureté incarnée.
Emma se pencha, enlaçant de ses bras chaleureux la femme de sa vie, celle qu'elle n'avait pas reconnue pendant si longtemps. Son cœur battait a tout rompre, sa respiration entrecoupée par les sanglots. La blondinette ne cessait de répéter son nom, Regina, comme pour s'assurer qu'il s'agissait bien d'elle. Comme apeurée de la perdre à nouveau.
La brune restait stoïque, touchée par l'amour qu'on lui offrait, perturbée par quelque chose de plus profond encore. Sa main trouva doucement le ventre de sa femme, se posant dessus avec douceur.
« Je ne vois plus le soleil. » Finit-elle par avouer, avant de se retourner à nouveau vers le miroir.
« Esclave du miroir magique, accours du plus profond des espaces. Par les vents et les ténèbres, je te l'ordonne. Parle ! Et montre-moi ta face. »
« Que veux-tu voir ma reine ? »
« Miroir magique au mur, fidèle soldat, existe-t-il dans ce monde une personne plus forte que moi ? »
« Célèbre est ta force, Majesté. Pourtant, une personne a été créée, hélas, pour te tuer. »
« Montre la moi. »
Et le visage du miroir s'effaça laissant apparaître celui familier, de la femme qui partageait sa vie. Elle dormait, une main sur son ventre gonflé.
Regina n'eut plus aucun doute.
Les enfants qu'elle avait créés allaient la détruire.
Et voilà pour ce chapitre 2 ! J'espère qu'il vous a plu ! N'hésitez pas à me faire parts de vos réactions, espoirs, et pensées, cela me fait toujours plaisir :)
A dans un petit mois, après les exams et tout, pour la dernière phase de cette chute dans les enfers.
D'ici là, portez vous bien ! Et bon courage à ceux qui, comme moi, passent le bac !
-RedSnow1
