Et voici le premier chapitre ! (oui je sais j'écris assez vite là mais bon, c'est les vacances alors je profite :p pendant les cours ça sera plus lent)
Bonne lecture en espérant que ce début vous plaira :D
Chapitre 1 : A golden cage is still a cage.
Je pouvais sentir le sol froid sous moi alors que des bruits venaient s'ajouter, d'abord faibles puis de plus en plus audibles, de plus en plus gênants. J'avais mal à chacun de mes muscles, mal à la hanche et mal au bras. Je grognais de douleur et aussitôt, j'entendis quelqu'un qui s'approchait de moi. Cependant, je percevais également les tintements d'un objet en bois, mais chacun des chocs semblait être amortis par quelque chose. Je me demandais bien de quoi il s'agissait. J'ouvris lentement les paupières mais la lumière m'aveugla et je les refermais avant de retenter à nouveau l'expérience. Ma vision était trouble et je distinguais très mal ce qu'il se passait autour de moi. Mais par chance, tout se précisa et je distinguais à nouveau les chaussures que j'avais aperçues la veille avant de sombrer dans l'inconscience. J'avais échoué. Je m'étais faite rattraper par ces hommes et ils m'avaient emmenée je ne sais où. Mais en tout cas je n'étais pas en sécurité. Je me redressais difficilement et fixais l'homme qui me sondait de ses yeux marron. Je remarquai la porte à droite et je m'élançai pour m'enfuir mais je fus stoppée dans ma course, étranglée par une chaine. Mon souffle fut coupé et je tombai en arrière. Je posai mes mains sur le métal pour le repousser loin de moi mais je me rendis compte qu'il était solidement attaché autour de mon cou.
Je baissais les yeux vers mes mains. Elles étaient pourvues de griffes acérées, couvertes de poils noires et ne ressemblait plus du tout à des mains mais à des pattes d'animal ! Je poussais un cri d'effroi qui se mua en rugissement et me reculai précipitamment jusqu'à heurter quelque chose. Je sursautai et me retournai, c'était une armoire, et j'avais eu le temps de voir une queue noire qui visiblement m'appartenait. La panique me submergea et la chaine se mit à m'étrangler. Je me jetai au sol, et roulai sur le dos, ruai dans des mouvements désespérés pour me débarrasser de cette attache mais aussi parce que je ne contrôlais aucune de mes actions. La queue me gênait, mes quatre pattes aussi. C'était impossible ! Je ne pouvais pas être un animal. Je grognai, continuant de mes débattre contre des ennemis invisibles, cherchant à briser cette chaine qui m'entravait, me retenant prisonnière, me privant de ma liberté et me rendant soumise à n'importe quelle personne.
Un coup sur la tête me stoppa dans mes mouvements, me tirant un gémissement de douleur. Je me roulai sur le côté pour me retrouver sur le ventre et je me remis laborieusement debout. Je toisais l'homme et me rendit compte qu'il m'avait frappé avec sa canne. Je laissais échapper un feulement sans m'en rendre vraiment compte et les souvenirs de la veille me revinrent en tête. La douleur. C'était ça. J'étais tellement paniquée et aveuglée par la douleur que je n'avais pas remarqué que je n'étais plus humaine. J'étais dominée par mon instinct animal. D'ailleurs, je ne comprenais pas cette transformation. Pourquoi étais-je devenue un félin ? Pourquoi maintenant ? Et surtout, qui était cet homme ?
Je le détaillais et remarquais qu'il s'appuyait sur sa jambe gauche, ce qui signifiait qu'il avait besoin d'une canne parce que sa jambe droite était inutilisable. Il était mince et pas vraiment grand pour un homme. En tout cas, il faisait moins d'un mètre quatre-vingt, ça c'était certain mais je ne pouvais pas vraiment estimer sa taille exacte vu que je n'étais plus humaine à mon grand malheur. Quant à son visage, il avait la peau pâle qui faisait ressortir ses lèvres fines et légèrement rosée. Mais ce qui me captiva le plus chez lui était son regard clair et expressif. Je pouvais observer sa détermination mais aussi une lueur malicieuse qui m'étonna. Je sentais également le doux parfum de lys qui flottait dans la pièce à chacun de ses mouvements. Je tentais de m'asseoir mais je ne réussis qu'à m'écraser la queue. Agacée, je retentais l'expérience pour l'écarter de la place que je visais mais de toute évidence, contrôler ce nouveau membre n'était pas des plus aisés. J'y parvins enfin et ramenai mes pattes avant contre mon corps pour m'y appuyer. L'humain s'approcha de moi, une main tendue en signe d'apaisement et surtout, pour que je lui fasse confiance. La paume tournées vers le ciel, elle n'était pas menaçante, je le savais pour avoir eu moi-même des chats et avoir employé cette méthode pour gagner leur confiance. Je ne bronchais pas et continuais de l'observer, me demandant bien qui il était car il ne ressemblait à aucun de mes poursuivants. Et force était de constater que vu le mobilier, je n'étais pas dans un cachot mais dans une maison. Je lançais un coup d'œil à mon flanc et remarquais un bandage autour de mon poitrail. Il y avait des tâches de sang qui semblaient dater un peu. Il m'avait soigné… Je me tournais à nouveau vers lui et l'examinais pendant qu'il faisait son petit manège.
- Je ne compte pas te faire de mal, calmes toi.
Je me laissai tomber, allongée face à lui et attendais qu'il approche sa main pour faire mine de la renifler. Je ne voulais pas me faire passer pour un animal, j'étais une humaine même si pour le moment, je n'en avais pas l'apparence. Je n'en pouvais plus, épuisée par tous ces évènements qui succédaient à une vitesse sidérante. Quand le vieil homme était apparu devant ma porte, j'avais été très surprise par sa tenue qui n'était pas du tout habituelle. D'autant plus que même s'il avait tenté quelques mots de français, il avait tout de suite enchainé avec l'anglais, fort heureusement pour moi, j'avais un très bon niveau dans cette matière dû à mes voyages linguistiques nombreux et réguliers. Cependant, quand il s'était mis à parler de son école pour les gens comme moi, j'avais commencé à avoir peur. Je savais que je pouvais faire de la magie, je le savais depuis mes quatorze ans mais peut-être qu'on s'en était rendu compte et qu'on voulait m'interner… Je n'étais pas folle et je ne faisais de mal à personne, je n'avais aucune raison de partir dans cette « école » qui à mon sens avait plutôt l'air d'être un asile. J'avais pris un taxi pour rejoindre l'aéroport et avais acheté un billet pour rejoindre New York, remerciant mentalement ma grande tante et mon grand-père pour le compte en banque qu'ils m'avaient ouvert avant de mourir. Je sentis le contact de la main sur le haut de ma tête et je repris connexion avec la réalité. Je l'observais, il n'était pas très loin de moi. Et la caresse me tira un frisson de plaisir qui se répercuta tout le long de ma colonne vertébrale et un léger ronronnement m'échappa.
- D'où tu viens toi ? Tu t'es échappée d'un zoo ? Questionna-t-il d'une voix douce où j'entendais quelques notes d'un accent qui m'était inconnu mais qui n'était pas du tout déplaisant.
J'aurais bien voulu répondre que j'étais une humaine, que non je ne m'étais pas échappée d'un zoo et que j'étais une française en fuite. Mais malheureusement, je savais que j'en étais désormais incapable et que la seule chose que je pouvais faire était émettre des grognements. Il se redressa et posa ses deux mains sur sa canne pour s'y appuyer avant de secouer la tête avec un air désabusé.
- Comme si tu allais me répondre, tu n'es qu'un animal. Soupira-t-il.
Je grognai et me redressai en signe de mécontentement, ma queue battant l'air de façon automatique. Mes oreilles se plaquèrent en arrière et mes babines remontèrent, découvrant mes crocs qui devaient surement être assez menaçant. En tout cas il se recula de deux pas et me lança un regard surpris puis il eut un sourire ironique.
- Arrête de grogner veux-tu, tu n'es pas en position de force dearie.
De quel droit osait-il me parler comme ça cet imbécile ?! Je n'étais pas son petit toutou. Enfin, vu que j'étais attachée par une chaine et qu'en plus de cela j'étais blessée, il n'avait pas vraiment tort sur le fait que je ne pouvais pas vraiment le menacer. En tout cas, ce n'était pas un de mes agresseurs, il ne savait pas que j'étais une humaine donc il n'était pas avec eux car si une chose était sûre, c'est qu'ils m'auraient retrouvés sans aucun problème car une panthère dans les bois, ça ne courait pas les rues. Et ils avaient connaissances de mes capacités surnaturelles, pas que je me sois déjà transformée ainsi, mais ils devaient surement imaginer que c'était dans mes cordes. D'habitude, je pouvais repousser des gens sans les toucher ou sous le coup de la colère, j'avais coupé la respiration de certains, ne sachant pas vraiment comment j'avais été capable de faire ça. Au début, mes dons m'avaient effrayée, puis j'avais appris à les maitriser au bout de nombreuses années mais visiblement, cette part de moi-même ne cessait de me surprendre car je n'aurais jamais imaginé être capable de repousser ce jet enflammé hier, et surtout, de me transformer en animal. Le problème était que je n'avais aucune idée de comment me retransformer et que la possibilité que je passe ma vie sous cette forme ne me tentait pas vraiment.
L'homme se retourna et attrapa un sac à main noir. Je le connaissais bien parce qu'il s'agissait du mien. Celui où je laissais toujours mon ordinateur et quelques-unes de mes affaires de dessin. C'était un sac bien particulier que j'avais acheté à Paris dans une boutique cachée dans une rue très peu fréquentée. Ils y vendaient des objets magiques, la femme qui gérait le magasin m'avait pris sous son aile et m'avait proposé un poste à mi-temps quand elle avait appris que je ne connaissais rien de la magie hormis ce que je savais en manier. Elle m'avait un peu parlé de son monde, de l'école Beauxbatons, une école de sorcellerie française qui visiblement, n'avait pas jugé intéressant de me donner des cours et de m'inscrire en son sein. Elisa, la propriétaire du magasin, me rémunérait en gallions, la monnaie sorcière et au bout de quelques mois, j'avais pu m'acheter ce sac bien pratique.
Quand j'avais pris la fuite, c'était la seule chose que j'avais pu prendre dans la précipitation et quand j'avais volé la moto, je l'y avais attaché. Cependant, lorsque j'étais tombée et que j'avais dû courir dans les bois pour échapper aux hommes, je n'avais pas pensé à le prendre, effaçant son existence de ma mémoire pendant tout le temps de la course poursuite que j'avais subi.
Je regardais à nouveau l'humain et je le vis sortir mes vêtements. Un pantalon noir qu'il laissa tomber sur le sol, comme la plupart de mes autres habits. Je rougis en voyant mes sous-vêtements rejoindre le carrelage mais dans un sens, je n'étais pas sûre d'avoir vraiment pu rougir vu ma forme, en tout cas, ça ne se voyait pas ce qui était plutôt une bonne chose. Il tomba sur mon ordinateur et fronça les sourcils, surpris. Il enfonça son bras dans le sac jusqu'à arriver à l'épaule et le ressortit pour se tourner vers mois, l'air des plus surpris.
- Qui que soit la personne à qui appartenait ce sac, elle n'est visiblement pas une simple humaine. Ou en tout cas, elle a au moins un objet magique.
Etonnamment, bien qu'il eut montré sa stupéfaction, il ne semblait pas effrayé, énervé ou méfiant. Non. Pour lui, c'était comme si c'était normal, voire fascinant. A croire qu'il avait déjà vu ce genre de choses, que c'était courant pour lui. Pourtant, si c'était si commun à ses yeux, il devait être un sorcier également et aurait donc normalement dû se rendre compte que je n'étais pas un animal mais bien une humaine. D'ailleurs, vu mon gabarit, je n'étais pas dans le rang petit chat trop mignon mais bien dans celui des grands félins, et comme j'avais un pelage noir ponctué de taches plus foncées, presque invisibles, je me doutais que j'étais une panthère noire. Toujours était-il que l'homme connaissait la magie.
Il posa le sac sur la table basse qui nous faisait face et vu que nous étions dans une salle à manger, je me demandais vaguement comment il avait pu m'attacher à quelque chose de suffisamment solide pour me retenir sous cette forme, quoique… En me retournant, je venais de me rendre compte que la chaine me rattachait à un radiateur en fonte. J'observais à nouveau l'homme qui sortit mon classeur de dessins ainsi que mes crayons. Je savais qu'il était remplit de portraits d'acteurs et d'actrices que j'aimais bien, mais également d'esquisses des personnages que j'avais imaginé pour le dessin animé que je créais grâce à un logiciel installé sur mon ordinateur. C'était ce qui était bien dans la fac de dessin où j'avais choisi de faire mes études. J'assistais à des cours pour apprendre à créer des dessins animés, j'apprenais à créer des logos et surtout, je pouvais dessiner des modèles vivants ce qui était tout simplement génial.
L'inconnu tira un fauteuil et s'assit face à moi, me lançant quelques regards pour voir ce que je faisais, surement pour être sûr que je n'allais pas à nouveau tenter quelque chose. Je n'aimais pas qu'il fouille dans mes affaires ainsi mais c'était peut-être le seul moyen que j'avais pour qu'il comprenne que je n'étais pas un félin mais bien une humaine et qu'il m'aide à retrouver mon apparence originelle s'il en était capable. Il ouvrit le classeur et s'intéressa aux dessins, semblant détailler les personnages avec une attention assez étrange. Pourquoi ne pas survoler cette partie ? Ce n'était pas ça qui allait l'aider à comprendre qui j'étais.
- Tiens, Anthony Hopkins, le dessinateur a de bons goûts. Sourit-il.
Je penchais la tête de côté, étonnée qu'il apprécie cet acteur que je trouvais tout simplement génial ! Tout comme Jeremy Irons. Il fronça les sourcils et se pencha pour mieux observer un dessin. Je savais duquel il s'agissait, celui de mon père biologique tel que je me l'imaginais. Je n'avais aucune connaissance sur son identité ou celle de ma mère. Ils m'avaient abandonnés sans me laisser la moindre chance de les retrouver, d'au moins savoir quelque chose d'eux. La seule chose qu'ils avaient bien voulu me donner était mon prénom. Ce n'était pas faute d'avoir cherché pourtant. Mes parents m'avaient annoncés à mes seize ans qu'ils m'avaient adoptée mais bien qu'ils aient essayés de m'aider du mieux qu'ils pouvaient, il s'était avéré qu'ils ne savaient pas plus de choses que moi sur mes géniteurs. J'avais donc décidé de freiner mes recherches, acceptant enfin que s'ils m'avaient abandonnés, c'était parce qu'ils ne voulaient pas de moi et visiblement, ils ne voulaient pas non plus que je les connaisse maintenant que j'étais adulte.
- Abandonné aussi… Murmura l'homme.
Je me tournais vers lui et remarquais que son regard s'était voilé de tristesse et qu'il caressait le dessin du pouce. Il semblait vraiment troublé par ce qu'il voyait et il finit par tourner la page alors que je me demandais bien pourquoi il avait réagi ainsi. Avait-il été abandonné lui aussi ? J'aurais voulu lui demander mais j'en étais bien incapable et il ne me restais plus qu'à deviner, imaginer sa vie pour comprendre qui il était. Mais surtout, il fallait que je trouve un moyen de redevenir humaine.
- Plutôt la dessinatrice à vrai dire… Il y a trop de portraits d'hommes, et son écriture est légère, féminine.
Je clignais un instant des yeux, stupéfaite qu'il ait réussi à deviner ça rien qu'à mon écriture et au contenu du classeur qu'il referma et posa sur la table avant de me fixer avec une intensité telle qu'elle me mit mal à l'aise. Je frottais le sol de ma patte et il s'approcha de moi doucement pour ne pas m'affoler. Je me relevai et attendis qu'il soit en face de moi, à quelques centimètres.
- Tu n'es pas des plus agressives pour une panthère dangereuse qui serait capable de me broyer la main en un rien de temps, dearie.
Je frottais ma tête contre sa main pour lui signifier que je ne comptais pas le blesser et qu'il pouvait s'approcher sans crainte. Après tout, je n'allais pas faire de mal à la seule personne qui pourrait m'aider à sortir du pétrin dans lequel je m'étais fourrée. A croire que j'avais un don pour m'attirer les pires ennuis.
Il m'effleura la colonne vertébrale dans une caresse douce qui me fit faire le dos rond pour finalement reprendre ma posture initiale, des ronronnements s'échappant de ma gorge sans que je ne puisse les retenir. C'était très étrange comme sensation mais en même temps, très plaisant. Je sentais des frissons qui parcouraient mon corps tandis que ma cage thoracique se gonflait à un rythme régulier alors que mon cœur, lui, battait la chamade. Ses mains se glissèrent vers mon bandage et il l'enleva avec précaution. Je sentis une vive douleur au niveau de la plaie et je grognais. Il attrapa d'autres bandes qu'il avait disposées à côté de lui et l'enroula autour de mon corps afin de panser la blessure qu'avait dû me faire ce sorcier à qui j'avais mordu l'épaule. C'était à partir de ce moment que j'avais eu mal au flanc de toute façon. Il s'éloigna ensuite de moi après une dernière caresse et quitta la pièce.
Je me retrouvais donc seule dans cette salle à manger, au mobilier de style ancien. En effet, il y avait une grande horloge en bois usé, comme celles dans les cafés d'antan. Un canapé sombre en cuir à l'air confortable. Il y avait également une télévision avec un lecteur dvd mais vu le peu de place que prenaient ces objets, je me doutais qu'ils n'étaient pas des plus importants pour lui. Je remarquais également un rouet dans un coin avec un tabouret non loin.
Je vis mon « sauveur » revenir, apportant avec lui une assiette contenant un gigot cru. L'odeur était délicieuse et aussitôt, je sentis la faim faire surface. Je voulais cette viande et pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'être dégoutée. C'était de la viande crue ! Bon d'accord j'étais sous une forme animale qui ne se préoccupait pas de savoir si sa viande était cuite ou non mais j'étais aussi humaine ! Je pensais comme un humain et il était hors de question que je mange ça. Mais l'odeur était envoutante et ma partie de prédateur m'ordonnait d'arrêter mes caprices de star et de manger. Il déposa l'assiette à quelques centimètres de moi et la résistance se fit nettement plus dure alors qu'il s'éloignait à nouveau et revenait pour déposer un bol remplit de lait. Cette odeur aussi était alléchante et en plus de cela, je savais que c'était mangeable sans risque en tant qu'humaine. Cependant, restait à savoir comment boire. Je me rapprochais doucement du bol et décidais de tremper ma gueule dedans, oubliant momentanément que mon nez était juste au-dessus. Je sentis que le liquide entrait dans mes narines et je me reculais brusquement, crachotant et soufflant pour expulser le lait. Je vis un large sourire moqueur se dessiner sur les lèvres de l'homme.
- Quel étrange animal tu fais. Tu n'es pas vraiment douée…
Je lui lançais un regard noir et sortis la langue pour laper la boisson même si je trouvais cette technique longue et fastidieuse. Je parvins tout de même à boire la quantité que je voulais avant de me reculer et d'observer le gigot qui me faisait de l'œil. Je mourrais de faim et il fallait bien se rendre à l'évidence. Je n'étais pas une humaine pour le moment et mon corps ne réagissait pas de la même façon. Il n'y avait qu'à voir les sensations que me procurait une simple caresse sur la tête. Je posais une patte sur l'os et mordis dans la viande à pleine dents, arrachant des lambeaux de peau et les mastiquant avec application, profitant de la saveur fondante et tout à fait délicieuse de la nourriture. Je ne me serais pas attendu à ça mais au final, c'était vraiment bon !
L'homme, lui, ouvrit mon ordinateur portable mais resta bloqué devant le mot de passe. Visiblement, il n'était pas un professionnel de l'informatique et avec ce qu'il savait de moi, il était impossible qu'il trouve le code qui n'avait pas de rapport avec les personnes que je dessinais ou mes affaires. J'étais très mal partie pour retrouver ma forme originelle. D'ailleurs, est-ce que je la retrouverais seulement un jour ? Un vent de panique me submergea et mon cœur s'accéléra alors que ma queue fouettait l'air. Je grattais le sol de mes griffes mais il était clair qu'elles n'allaient pas traverser le carrelage. Elles émirent un crissement assez sinistre et il releva la tête pour m'observer. Il poussa un juron et reposa l'ordinateur sur la table basse avec un agacement visible.
- Ta maitresse ou qui que ce soit d'autre n'a pas l'air d'avoir envie de m'aider. Soupira-t-il. D'ailleurs je me demande bien ce qu'une panthère faisait dans la forêt et comment tu t'es fait ces blessures.
Il était évident que les panthères ne couraient pas dans les forêts des Etats-Unis et ne se mutilaient pas… Je commençais vraiment à douter de sa capacité de déduction mais espérais qu'avec ces questions qu'ils se posaient, il parviendrait à comprendre que je n'étais pas un vrai animal. En attendant, je me roulais en boule et l'observais alors qu'il réfléchissait.
- Normalement, si tu es ici, c'est que tu viens d'un conte. Comme le loup du Shérif qui était en fait le chasseur. Cependant, si on prend exemple sur les amis de cette chère Cendrillon, comme la souris Gus, tu es normalement sensée être devenue humaine si tu es Bagheera. A supposer que ce conte-là soit réel puisque je n'ai jamais entendu parler de Mowgli.
La surprise me cloua sur place. Pourquoi parlait-il de contes sensés réellement exister ? Alors soit il avait carrément pété un plomb et j'avais « élu domicile » chez un fou, soit il disait la vérité et des personnages de contes existaient réellement. Cependant, le fait qu'il parlait d'une transformation chez la souris de Cendrillon m'indiquait qu'il y avait eu des changements dans ces contes. Est-ce qu'il y avait un monde parallèle au notre ? Ou caché comme celui de la magie ? Ou alors était-ce juste une façon de parler et les contes étaient justes modernisés et des personnes avaient vécues les mêmes histoires ?
Cependant, le fait qu'il n'ait pas semblé étonné par la magie me faisait retirer la dernière hypothèse. Et comme la magie existait, que je le savais et que l'homme avait tout de même un comportement normal. Enfin, non, on n'accueillait pas des panthères chez soi et on ne la dorlotait pas comme un bébé alors qu'on l'avait trouvée errante dans les bois et que visiblement, on n'avait jamais eu d'autres animaux de ce genre. Mais il n'avait pas de troubles compulsifs ou toute autre chose indiquant une névrose. Et de toute façon, depuis mes quatorze ans, j'avais sérieusement revu ma définition de la normalité et de l'impossible. Donc à mon sens, il était plutôt sain d'esprit.
- Donc tu es forcément d'ici. Peut-être l'animal de quelqu'un qui depuis la malédiction, errait dans les bois. Pour ça, il va falloir que je demande à cette chère Regina vu que c'est elle qui a défini les nouvelles vies dans ce monde. Cependant, elle ne sait pas que je me souviens de qui je suis, donc je ne peux pas lui poser ce genre de questions sans lui faire comprendre que je tire les ficelles. Il va donc falloir que je trouve par moi-même qui tu es.
Bah mon vieux, ce n'était pas gagné… Je ne savais pas du tout qui était Regina et d'ailleurs, je ne savais pas qui il était lui, même dans cet autre monde, vu qu'il laissait entendre qu'il y en avait un second. En tout cas, ils étaient là par le fait d'un sortilège, qui devait sans doute être très puissant pour transporter tout un peuple. Parce que oui, je ne doutais pas qu'il avait amené beaucoup de monde ici vu qu'il parlait de plusieurs contes, sous entendant que la plupart existaient.
Il se leva et me lança un bref regard.
- Je vais y aller dearie. Essaie de ne pas mettre la pagaille pendant mon absence. Il faudra que je te trouve un nom en attendant, même si dearie te va bien…
Il me lança un regard moqueur puis quitta la pièce et je poussais un grognement dépité. J'étais de nouveau seule et des centaines de questions se bousculaient dans ma tête. Je ne savais pas qui il était mais il venait d'un autre monde et surtout, je ne comprenais pas pourquoi il pensait que je venais de son monde. Se pouvait-il que mes parents soient nés là-bas ?
Dans tous les cas, j'étais très mal partie et ça m'étonnerait qu'il trouve mon prénom. L'unique souvenir de mes parents. Lilwen.
Et voilà ! La suite prochainement :D J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à poster une review ça fait toujours plaisir et si des choses vous paraissent bizarres, je pourrais peut-être vous éclairer :)
Bonne journée !
