Alperona : Encore merci pour ta review :)

Macy : Oh, tu sais, avec deux personnes qui publient une fois tous les deux ans, pour la régularité, on ne peut pas faire de promesse :')


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


Rating : T


JOUR 10 : un bar, une bière, un message


« Quoi ? Mais pourquoi tu ne viens pas ? »

Mirajane fronce les sourcils en posant son verre sur la table. Le brouhaha ambiant du bar, situé tout près de son appartement, est suffisant pour étouffer les prochains marmonnements de la demoiselle. Elle en sourit presque, amusée de la voir aussi déçue pour une simple fête. C'est vrai quoi ; pratiquement tous les jeudis et vendredis soir, des soirées sont organisées tout au long de l'année, alors en louper une…

« Je dois réviser. Le programme est chargé tu sais. Ce n'est pas le moment pour déjà prendre du retard.

- Mais tu peux passer faire un coucou, non ?

- Peut-être ? Si j'ai bien avancé, ça peut se faire. »

Ses doigts caressent distraitement les rebords de l'immense pinte posée entre elle. Les restes de chips sur la coupelle lui rappellent qu'elle a sauté le repas du midi et, accessoirement, que manger quelque chose de gras et consistant lui paraît être une bonne idée. De toute façon elle ira brûler tout ça à la salle de sport, le lendemain.

« Mis à part ça, commence son amie en se penchant vers elle, quoi de neuf dans la trépidante vie de mademoiselle Scarlett ? Des choses intéressantes à raconter ? Par exemple, ce gars qui te tourne autour, dans ta promo. »

La rouquine met un certain temps à analyser le sens de sa question. Pourquoi ? Et bien, premièrement, parce que son attention a trop été focalisé sur son verre vide qu'elle doit absolument remplir pour réfléchir. Ce qu'elle fait donc, avant de s'appuyer contre le dossier de la banquette rouge. Ses jambes se croisent sous la table et le talon de sa botte tapote le pied du meuble.

« Je crois qu'il s'appelle Simon, poursuit Mirajane en grignotant une chips.

- Tu as l'air mieux renseignée que moi… »

Et deuxièmement, parce qu'elle n'a pas la moindre idée de quoi elle peut bien parler ; depuis son premier jour, elle n'a aucunement pris le temps de faire la connaissance des autres personnes de sa faculté. Après tout, de base, elle a commencé les études pour réussir, non pas pour se lier d'amitié. Son cercle est déjà plutôt rempli, à quoi bon en rajouter ?

« Roh, fais un effort. Un grand brun, baraqué. Tu ne peux pas le louper ! »

Erza secoue lentement la tête, de façon négative, ne voyant vraiment pas ce gars. À la place, en parlant de brun, elle se rappelle de celui avec lequel elle a partagé une nuit. Et aussi de cet autre type, plus tard, incroyablement malpoli. Sérieusement, il ne s'est même pas excusé de l'avoir bousculé.

D'ailleurs.

« Au fait Mira, tu connais ce numéro ? »

L'étudiante fait glisser son portable vers son amie qui s'en saisit, intriguée. Le bar s'est un peu vidé, les quelques étudiants présents étant partis vers la grosse fête qui se passe à la plage, cette fois-ci. Un futur carnage à l'horizon.

« Tu penses que je connais tous les numéros ou quoi ?, marmonne-t-elle.

- Non mais je sais que tu as les numéros de tout le monde alors…

- Sérieusement ? Mais j'ai quel genre d'étiquette dans ta tête ? »

Bonne actrice qu'elle est, sa voix prit une tonalité vexée. Malgré tout, ses yeux pétillent de malice quand elle prend son propre téléphone pour vérifier ses contacts.

« Alors ? »

Ce n'est pas qu'elle est impatiente de savoir qui la harcèle depuis deux jours, mais un peu quand même. Juste un chouïa. Bon, oui, elle aurait pu bloquer le numéro si cette situation est aussi agaçante qu'elle le laisse entendre mais… elle est curieuse et elle a besoin de savoir. Son instinct la taquine beaucoup ces temps-ci.

« Effectivement… je l'ai. »

Un rire lui gratte la gorge mais la rouquine n'en fait rien. À la place, elle se redresse un peu en buvant un coup. La mousse de la bière s'accroche sur sa lèvre supérieur, quelques secondes seulement parce que sa langue vient la faire disparaître.

« C'est Gerald… Fernandez ? Wow, j'attaque les espagnols maintenant…

- Tu as l'air surprise, rit la rousse.

- Assez, oui. Je ne me souviens même pas de cette soirée.

- Ce type ne t'as vraiment pas marquée… tu commences les mauvais coups, maintenant ? »

Une moue frustrée chatouille les lèvres de la demoiselle.

« Je n'ai même pas de photo, bougonne-t-elle.

- Tu as vraiment une photo de tous ces mecs ?

- Hé, c'est important pour éviter des situations gênantes ! »

Cette fois-ci Erza ne se retient pas de rire puis prend une nouvelle gorgée de sa boisson. La chaleur de l'alcool commence à s'installer sur ses pommettes.

« Quand est-ce que tu vas arrêter de mettre le grappin sur tous ces garçons ?

- Quand le bon m'aura fait tourner la tête ?, propose-t-elle en levant son verre.

- Ça me paraît convenable, approuve l'étudiante en trinquant.

- En attendant, est-ce que tu vas lui répondre ? »

Son index caresse un peu l'écran de son téléphone qui s'allume automatiquement.

« Je ne connais pas de Gerald, finit-elle par répondre. Ça n'en vaut pas la peine. »

Ça n'a pas l'air de plaire à son amie qui se met brusquement debout.

« Mais non ! Au contraire ! »

Sa voix a été plus forte que la musique et tous les regards des clients se sont posés sur elle. Un gémissement plaintif sort de la gorge d'Erza qui se laisse glisser sur la banquette, mettant la capuche de son gilet sur sa tête ; elle veut être tranquille ce soir, pas être remarquée par des lourds parce que Mirajane a fait une scène.

« Ce type a forcément cherché ton numéro !

- Oui. Il est cinglé.

- Chérie, il faut être cinglé pour avoir envie de s'accrocher à toi.

- Qu-

- Donc, j'insiste ! Et puis ça ne te coûte rien de lui répondre. »

Ceci étant dit, la jeune femme se réinstalle après avoir remis en place son décolleté plongeant. Elle rejette quelques mèches argentées derrière son épaule, l'air de rien, comme si deux minutes avant elle n'avait pas crié haut et fort des arguments inutiles.

« Ce type est chiant, Mira. Je peux te le dire d'emblée. Non sérieusement, qui envoie plusieurs "coucou" à la suite pendant… »

Une seconde, le temps qu'elle vérifie ses prochains dires.

« … sept minutes exactement. Il n'est pas net ! »

Sauf que ça a bien l'air de l'amuser, elle, vu le sourire qui tord ses lèvres.

« Moi, ce que je vois, c'est que tu ne l'as pas bloqué. Tu espères peut-être que ce soit quelqu'un en particulier ? »

Ses lèvres s'entrouvrent, peut-être parce qu'elle se sent soudainement attaquée par ce propos ; et surtout parce que l'image d'un visage arrogant a traversé son esprit le temps d'un instant. C'est sans doute ça qui a déclenché cette légère montée de colère. Et d'incompréhension ? Qu'est-ce qu'elle en sait, de toute façon. Ça fait bien longtemps qu'elle n'a pas ressenti ça. Elle peut faire fausse route. Mais pourquoi elle dit tout ça ?

« Ne dis pas bêtises, soupire Erza en jouant avec la coupelle de chips. Je te l'ai dit : je n'ai pas le temps de m'intéresser à quelqu'un. »

Malgré son regard qu'elle espère blasé, elle ne semble pas convaincue. Mirajane n'est pas naïve, encore moins idiote même si elle s'amuse à le faire croire. Au contraire. Et là, vu l'expression taquine sur son visage, elle sait qu'elle ne lâchera pas le morceau.

Donc elle sait aussi qu'elle ne doit certainement pas s'éterniser dans ce maudit bar.

« C'est ta tournée, déclare la rousse. La prochaine fois, ce sera la mienne. »

Elle ne perd pas un instant pour quitter les lieux, mains dans les poches, dans l'espoir que son esprit se calme. Son téléphone effleure ses doigts pendant tout le trajet mais c'est uniquement une fois rentrée qu'elle se décide. Elle est installée dans son lit, coincée entre ses coussins, le visage balayé par le faible courant d'air qui passe par la fenêtre ; elle doit sérieusement penser à investir dans un ventilateur.

Son pouce effleure la touche, puis la presse.

Une simple discussion dans un bar, un banal message, et tout bascule parce qu'elle sait.

Elle sait qu'elle vient d'ouvrir une porte.