Blessures
(Star Wars)
Bonjour à tous !
Voici la deuxième et dernier partie de ce petit texte.
Sans plus de blabla je vous laisse à votre lecture en m'excusant pour les fautes d'orthographe
Disclaimer : les personnages et l'univers de Star Wars sont la propriété de George Lucas.
Partie 2 : Un Jedi blessé
Le noir, profond et infini, c'était la seule chose qu'il percevait en cet instant. Un sentiment d'urgence le fit s'agiter, tentant de reprendre pied avec la réalité. Mais la vague de douleur qui fit danser des centaines de petits points blancs sous ses paupières l'en dissuada brutalement. Où suis-je ? Se questionna-t-il. Ses sens se remirent peu à peu en fonction, il avait conscience de la surface dur et inconfortable sur laquelle il était allongé, ainsi que du sifflement aigu qui lui vrillait les tympans. Que s'est-il passé ? Il tenta de remettre de l'ordre dans ses pensées. Son maître et lui avaient été envoyés sur une planète gelée, dans le but de soutenir le gouvernement menacé par des extrémistes. Une mission de routine en somme... Mais c'est ainsi que commencent la plupart des missions, n'est ce pas ? Y compris parfois celles qui se terminent très mal... Obi-Wan bougea un peu, mais sentit une grimace tordre son visage, alors qu'une onde de douleur irradiait l'ensemble de son corps.
Il se couvrit un peu instinctivement les yeux de son avant-bras, voulant se protéger de la lumière qui s'infiltrait sous ses paupières et augmentait sa migraine."Dire que Qui-Gon m'avait promis une mission facile et sans armes", pensa-t-il avec ironie. En effet son maître lui avait affirmé que leur présence seule suffirait à dissuader les terroristes. En un sens il n'avait pas eu tort, car dès qu'ils les avaient vu, les extrémistes infiltrés au cœur même des bâtiments gouvernementaux avaient pris la fuite. S'en était suivie une course-poursuite en spiders qui les avait mené loin de la ville principale. Les fuyards s'étaient réfugiés dans un vieux bâtiment de pierre, battu par les vents glacés. En y entrant, Obi-Wan se souvenait parfaitement avoir fait part du mauvais pressentiment qui lui tordait les chairs. Son maître lui avait répondu avec un sourire : "C'est parce qu'un Jedi peut sentir le danger qu'il peut s'y préparer". Ça, c'était juste avant qu'une explosion souffle tout le bâtiment... Obi-Wan eut un rictus sarcastique avant de totalement retrouver sa lucidité. L'explosion !
Le Padawan maudit un instant son étourderie en se forçant à bouger pour de bon, faisant un rapide inventaire des dégâts subi par son corps. Tous ses muscles étaient douloureux, il avait sans doute quelques brûlures et coupures, mais tout ceci semblait superficiel. Il n'avait rien de cassé, et constata avec une certaine satisfaction qu'il n'était pas bloqué sous des débris non plus. Était-ce un cou de chance, ou bien avait-il appelé instinctivement la Force pour le protéger ? Peut-être que son maître l'avait aidé ? Son maître... Obi-Wan se força à se lever pour de bon, ignorant la douleur qui faisait crier ses muscles. Il chancela, puis se stabilisa, s'aidant une poutre effondrée près de lui.
_ Maître... Appela-t-il faiblement.
Obi-Wan secoua un peu la tête, dans un espoir idiot de chasser la migraine qui l'alourdissait, mais aussi les restes de ce sifflement insupportable. Il ouvrit les yeux, et ses paupières papillonnèrent face à la lumière agressive. Il avança d'un pas mal assuré puis voulut inspirer un peu d'air, mais la suie âcre le fit tousser.
_ Maître. Réessaya le disciple un peu plus fort.
Mais il n'obtient aucune réponse, pourtant il sentait la présence affaiblie de son mentor à travers la Force, là tout près. Après quelques pas supplémentaires, le Padawan remplit ses poumons d'air, ignorant l'irritation dérangeante de la suie.
_ Maître ! Réussit-il à crier.
Cette fois-ci, au milieu des crépitements des quelques feu laissés par l'explosion et des hurlements du vent glacé qui soulevait sa cape abîmée, le Padawan put entendre un très faible gémissement. Il suivit le son pour découvrir son maître évanouit face contre terre, les jambes bloquées sous les restes d'un mur. Obi-Wan sentit la peur s'instiller dans ses veines, mais il se força à rester calme. S'approchant de son mentor, il ne perçut qu'au dernier moment le tir de blaster et eut tout juste le temps de dégainer son sabre laser pour le dévier. Visiblement, l'un des extrémistes avait jugé utile de revenir finir le travail que l'explosion avait commencé. Le Padawan se campa sur ses appuis et raffermit sa prise sur son arme, s'il s'éloignait trop de son maître cela pourrait très mal finir... Il réussit à dévier plusieurs autres tirs, mais chaque mouvement envoyait des ondes de douleurs dans son corps. Obi-Wan se concentra, sachant que ce combat ne devait pas s'éterniser, il chercha à localiser son ennemi grâce à la Force. Il y parvient, alors qu'un énième rayon d'énergie fendit l'air dans sa direction. Orientant son sabre avec précision, Obi-Wan renvoya le tir en pleine poitrine de son agresseur. Par acquit de conscience, le Padawan se sentit obligé d'aller vérifier l'état de son adversaire. Mais, comme il s'en doutait, l'homme était mort. Obi-Wan se mordilla nerveusement la lèvre, puis décida qu'il n'avait fait que se défendre. De plus, au vu des blessures de cet homme, il avait sans doute été lui aussi pris dans l'explosion et n'aurait peut-être pas survécu.
Obi-Wan retourna ensuite rapidement au chevet de son maître, celui-ci avait de sérieuses blessures à la tempe ainsi qu'à l'épaule, toutes deux sanguinolentes. Qui-Gon ne réagit pas aux différentes secousses que lui imposa son Padawan, visiblement sévèrement sonné. Obi-Wan décida que le plus urgent était de dégager son aîné des décombres, aussi il se concentra sur le pan de mur effondré, priant la Force de l'aider. Il faillit abandonner tant l'objet lui paraissait lourd, mais au prix d'un dernier effort, Obi-Wan réussit à soulever le morceau de mur et à le faire basculer en arrière dans un bruit sourd. Il tomba assit près de son maître et se permit un profond soupir, passablement épuisé par les récents événements. Examinant rapidement les jambes de Qui-Gon, il se demanda vaguement si les os avaient été brisés par le poids des débris. Néanmoins, ne pouvait rien y faire pour le moment, il préféra passer à autre chose.
Il sentit une angoisse monter en lui quand il s'aperçut que leur spider avait été détruit par l'explosion. Vu l'état de l'engin, qui se résumait à de la tôle froissée, il aurait été vint d'essayer de le redémarrer. Obi-Wan nota distraitement que le vent gelé qui lui foutait la peau lui semblait plus violent que tout à l'heure, et il frissonna en rajustant sa cape autour de ses épaules. Puis il attrapa son comlink, appuyant nerveusement sur l'objet qui devait le mettre en communication avec la garde rapprochée du gouverneur qui avait sollicité la venue des deux Jedi. Obi-Wan avait conscience que, sans aide, son maître et lui seraient en très mauvaise posture. Aussi il se raccrocha aux ''bips'' réguliers de l'appareil comme à un fil de survie. Quand enfin, son comlink cracha la voix de l'un des gardes, Obi-Wan s'empressa de répondre:
_ Ici le Padawan Obi-Wan Kenobi, mon maître et moi somme tombés dans une embuscade, nous avons besoin d'aide. Je répète, nous demandons de l'aide.
Mais la réplique du garde ne lui parvient jamais, la communication grésilla puis s'interrompit brutalement. Au même moment, une rafale de vent chargée de neige vint secouer avec violence la tresse du Padawan, décontenancé. Il leva ses yeux soucieux vers le ciel nuageux qui se colorait des nuances du crépuscule. En temps normal, il aurait pu trouver ça beau, mais dans l'immédiat cela ne le rassurait pas du tout. De plus il sentait un tiraillement désagréable dans la Force, la nuit était en train de prendre le pas sur le jour, amenant avec elle une véritable tempête de neige.
_ Super ! Fit Obi-Wan avec amertume. A défaut de mourir de la perte de sang, on pourra toujours mourir de froid !
Sans son maître pour le guider, le Padawan se sentit plus perdu que jamais. Il ferma les yeux un instant et, en quelques respirations profondes, essaya d'évacuer sa peur grandissante qui ne pouvait qu'obscurcir son jugement. Puis il se demanda ce que lui conseillerait Qui-Gon dans cette situation. Suis la Force. Obi-Wan rouvrit les yeux et tenta d'abord de se rassurer, il était probable que le garde est bel et bien reçu son appel de détresse par comlink. Une aide allait finir par arriver, restait à tenir jusque-là... Le Padawan regarda vers la ville, elle n'était même pas visible par delà l'horizon, essayait d'y retourner à pied aurait été du suicide. Le bâtiment autour de lui avait été entièrement détruit par l'explosion et n'offrait aucun abri. En revanche, plus loin, Obi-Wan distingua un défilé rocheux dans le soleil couchant. Peut-être qu'il trouverait là-bas de quoi passer la nuit en sécurité ? Le Padawan posa les yeux sur son maître inconscient, puis décida que tenter l'impossible était préférable à la passivité. Obi-Wan fut méthodique, il détacha la balise de repérage de sa ceinture, l'activa et la déposa en évidence parmi les décombres. En toute logique, si recherches il y avait, elles commenceraient ici. Ensuite, il prit Qui-Gon sur son dos, arrachant un gémissement étouffé à ce dernier. Puis, le jeune homme se mit résolument en route vers les montagnes, espérant simplement que la Force lui donnerait raison.
Avancer dans la neige, alourdi par le poids de son maître, et sur une pente toujours plus raide fut une véritable épreuve pour Obi-Wan. Et il dut faire appel à la Force plusieurs fois pour éviter de mettre genou en terre. Mais ce fut surtout son combat contre lui-même, contre les doutes qui envahissaient son esprit, qui lui sembla le plus difficile. Allait-il trouver un abri ? Avait-il bien fait de quitter les lieux de l'explosion ? Son maître survivrait-il à ses blessures ? Et alors que le soleil finissait de disparaître sous l'horizon, il avançait péniblement entre les conifères d'une forêt clairsemée. C'est à ce moment qu'un renfoncement dans une paroi rocheuse attira son attention. Des stalagmites barraient l'étroite entré d'un boyau s'enfonçant sous la surface, sans doute créé par l'écoulement des eaux. Dégageant l'une de ses mains, Obi-Wan utilisa son sabre pour créer un passage suffisant, puis avança précautionneusement dans le tunnel en pente douce.
Il glissa à plusieurs reprises sur la pierre humide, s'écorchant les jambes sur les bords coupants. Rajustant sa prise sur son maître, il parvient enfin à la sortie du boyau, débouchant dans un espace plus vaste. Obi-Wan ne pu que s'arrêter un instant devant la beauté du lieu, des stalagmites et stalactites ornaient la grotte, elles-même décorées par une couche étincelante de givre. Par endroits, les concrétions se rejoignaient pour former des structures naturelles, à l'architecture compliquée. Des mousses à la douce phosphorescence bleutée, couvraient les pierres, diffusant une lumière apaisante. De temps en temps, des cristaux incrustés dans la roche, dévoilaient leurs couleurs pastel. Obi-Wan soupira, puisant dans la majesté de ce lieu un peu de courage. Il trouva une cavité un peu protégée des brises glacée qui parcouraient l'endroit, puis y allongea doucement Qui-Gon. Ce dernier respirait encore, bien que faiblement, et cette constatation rassura légèrement son Padawan. Il refusa pourtant de s'asseoir pour s'accorder un peu de repos, ne sachant que trop bien qu'il n'aurait plus jamais la volonté de se relever. Obi-Wan décrocha la balise de repérage de la ceinture de son maître, puis remonta vers l'entrée de la grotte. Il répugnait à laisser Qui-Gon blessé et sans défenses, mais se promit de faire vite.
Une fois à l'entrée du boyau, il activa la balise et la cala entre les stalagmites, espérant qu'une équipe de recherche serait en mesure de la retrouver. La nuit était tombée, et la tempête avait gagné en puissance. Aussi Obi-Wan rajusta sa lourde cape, et se battit contre le vent et la neige afin de trouver un peu de bois dans la forêt qu'il avait traversé en venant. S'ils devaient passer la nuit dans cette grotte, la chaleur d'un feu, même faible, leur serait utile. Dans l'obscurité quasi complète, la forêt paraissait particulièrement hostile. Le vent, par ses hurlements, empêchait le Padawan d'entendre quoi que ce soit d'autre, et refroidissait davantage son corps déjà éprouvé. Obi-Wan battit vite en retraite, ne voulant pas s'éloigner de peur de ne jamais retrouver l'entrée de la grotte. Il se contenta donc des maigres branchages qu'il avait pu trouver et revient auprès de son maître, d'un pas pressé. Un peu trop pressé même, puisqu'il chuta lourdement à la moitié du boyau rocheux et en termina la descente sur son séant. Il émit un grognement de douleur, avant d'enfin rejoindre Qui-Gon dans l'alcôve rocheuse où il l'avait laissé.
Ce n'est qu'une fois assis, qu'il prit conscience des violents tremblements qui agitaient son corps frigorifié. Il ne faisait pas vraiment moins froid dans la grotte qu'au-dehors, mais au moins ici, ils étaient à l'abri du vent glacial. Obi-Wan se hâta de déposer le peu de bois qu'il avait pu amasser, et utilisa la chaleur de son sabre laser pour allumer un petit feu. Le Padawan se recroquevilla ensuite sur lui-même, s'enroulant dans sa lourde cape, cherchant à se réchauffer un peu. Il songea un instant à laisser son sabre allumé, dans l'espoir d'y trouver un peu plus de chaleur. Mais, d'une part cela pouvait s'avérer dangereux s'il s'endormait sans s'en rendre compte. Et en plus, la chaleur d'un sabre laser ne diffuse que très peu autour de la lame, contrairement à celle d'un feu par exemple. Aussi, Obi-Wan préféra rengainer son arme, puis il posa les yeux sur son maître.
Qui-Gon avait la peau pâle, bien plus qu'à l'accoutumée, il était couvert de poussière et ses vêtements étaient déchirés par endroits. Vraiment, le Jedi faisait peine à voir et Obi-Wan se demanda distraitement dans quel état pouvait bien être son propre corps. Si la plaie à la tempe de Qui-Gon avait cessé de saigner, elle avait laissé une grosse trace rougeâtre sur sa joue. Le Padawan, peiné de voir son maître aussi peu présentable, tendit le bras et se servit de sa manche pour éponger un peu le sang qui maculait son visage. Qui-Gon, sentant le contact étranger remua, et finit même par ouvrir les yeux, à la grande surprise de son Padawan qui lui adressa néanmoins un sourire soulagé.
_ La Force Vivante peut faire des miracles en cicatrisant les blessures. Expliqua le Jedi d'une voix rauque à son apprenti, ayant senti son étonnement. Que s'était-il passé ? Demanda-t-il ensuite.
Son Padawan entreprit de lui raconter les événements survenus depuis l'explosion, butant parfois sur ses mots, tant son corps tremblait de froid. Mais plus il parlait, plus le doute s'insufflait dans son esprit fatigué. Avait-il bien agi ? Un Jedi était censé toujours faire passer sa mission avant tout le reste. Or leur mission ici était de protéger le gouvernement et ce n'était pas bloqués dans cette grotte qu'ils l'accompliraient. Aurait-il dû retourner vers la ville à tout prix ? Finalement, Obi-Wan termina son récit d'une voix tremblante, à cause du froid et de la fatigue, mais aussi car il craignait désormais la réaction de son maître. Qui-Gon, percevant les doutes de son disciple, leva sa main pour venir la poser contre sa joue, dans un contact apaisant, chassant au passage un peu de poussière qui s'y était collée.
_ Rassure-toi Obi-Wan, tu as très bien réagi. Un Jedi doit toujours veiller à réussir sa mission, et tout faire pour nous garder en vie est un bon moyen d'y arriver. Lui dit-il avec une pointe d'humour et un sourire rassurant.
_ Mais si j'avais fait une erreur de jugement ? Répliqua le Padawan. Et si j'avais pu nous ramener jusqu'à la ville ?
Qui-Gon secoua légèrement la tête avant de répondre.
_ Étais-tu plus sûr de trouver un abri en venant jusqu'ici ? Son disciple eut un mouvement négatif de la tête. Tu as suivi la Force Obi-Wan, tu as fait ce qu'aurait fait tout bon Jedi.
L'intéressé parut se détendre, du moins autant que les tremblements incessants de son corps le lui permettaient, puis posa sa main sur celle de Qui-Gon, restée sur sa joue. Leurs deux corps étaient aussi froids l'un que l'autre, mais ce contact était rassurant.
_ J'ai eu peur de vous perdre, maître. Déclara-t-il la gorge serrée.
_ Je suis plus résistant que cela ! Lui assura Qui-Gon.
Pourtant, il sentait la fatigue le gagner, alors que le froid éprouvait davantage son corps épuisé. Constatant que son Padawan trembler toujours sous ses doigts, Qui-Gon glissa sa main de la joue à l'épaule, et attira son disciple prés de lui. Obi-Wan, docile, s'allongea aux côtés de son maître et se serra un peu contre lui, espérant ainsi partager le peu de chaleur qu'il lui restait et la conserver un peu plus longtemps. Il sentit bientôt avec effrois son maître retomber dans les méandres de l'inconscience, alors que sa respiration se faisait faible et régulière. Prit d'une peur panique qu'il avait bien du mal à museler, le jeune Padawan enfouit sa tête contre l'épaule de Qui-Gon. Des larmes coulaient le long de ses joues sans qu'il puisse les retenir. Et il se battait farouchement contre le sommeil, serrant fébrilement le bras de son maître. Obi-Wan avait peur qu'ils ne se réveillent jamais, ni lui ni son mentor. Son corps était lourd, douloureux, affaibli au point qu'il n'avait même plus la force de trembler.
Le Padawan s'obligea alors à respirer plus calmement, cherchant instinctivement du réconfort dans la Force. Cette aura douce et protectrice qui l'entourait, elle ne laisserait pas mourir son enfant, n'est ce pas ? Obi-Wan sentit ses muscles se détendre et sa peur se dissoudre, tendit qu'il s'enfonçait de plus en plus dans les méandres de la Force. Alors, il effleura son lien mental avec Qui-Gon, et il sourit. Il n'était en place que depuis quelques mois, mais cet échange psychique permanent sans être invasif lui apportait beaucoup. Le Padawan se souvint que, lorsqu'il avait été malade, son maître s'était servi de ce lien pour l'épauler. Alors Obi-Wan accentua davantage son osmose avec la Force, et projeta son esprit à travers le lien, comme l'avait fait Qui-Gon. Le disciple fut un peu maladroit, et dû s'y reprendre plusieurs fois par manque de pratique. Néanmoins, il réussit à atteindre l'esprit de son maître, et il faillit bondir de surprise quand il sentit ce dernier chercher le contact à son tour. Son corps était peut-être inconscient, mais son esprit était toujours puissant et rassurant.
Il n'y eut aucune parole, de toute façon leurs deux corps étaient pratiquement à leurs limites. Mais le lien parlait pour eux, leur permettant d'échanger bien plus qu'avec de simples mots, dans un contact intime mais pourtant si agréable. Obi-Wan sentit son maître le guider pour stabiliser le lien, lui non plus ne voulait pas rompre cet échange, et cette constatation provoqua une bouffée de bonheur dans la poitrine de son Padawan. Encouragé, par la réaction de son maître, il voulut même approfondir encore davantage le contact, partager jusqu'à sa propre Force Vitale avec lui. Ils survivraient ensemble, ou ils ne survivraient pas. Sentant les intentions de son Padawan, Qui-Gon fut retissant, le lien devait rester dans la limite de raisonnable. De plus, il s'agissait là de pensées indignes, voir même dangereuses, pour un Jedi. Il flasha donc un avertissement à son disciple, mais la seule chose qu'il reçut en retour fut sa détermination.
Alors il décida de laisser faire, mettant son manque de résistance sur le compte de la fatigue. Mais en réalité, il était fier que son Padawan pense et agisse ainsi, même si c'était quelque peu en désaccord avec certains principes de l'Ordre, car lui-même partageait ce genre de convictions. Obi-Wan accentua donc clairement le contact, son maître fut même tenté de l'aider, mais son disciple était doué et n'en eut pas besoin. Alors leurs esprits fusionnèrent presque, dans un échange intimiste aux limites de l'indécence. Mais sans qu'aucun d'eux n'en profite pour faire du voyeurisme dans le mental de l'autre, par un respect mutuel et acquit. Obi-Wan soupira d'aise, alors qu'il ressentait dans ce contact la présence rassurante de son maître, inébranlable point de repère. Qui-Gon y trouvait lui aussi son compte, avoir un tel instant de partage avec son Padawan le comblait de joie. Même si c'était dans une situation particulièrement peu enviable. Ils passèrent la nuit ainsi, unissant leurs forces contre le froid, la douleur et l'épuisement.
Au petit matin, les rayons dorés du soleil réussirent enfin à percer les nuages, restes de la tempête de veille, et inondèrent l'entrée de la grotte. Les cristaux incrustés dans la roche y étincelèrent de mille couleurs, et c'est au milieu de ce spectacle presque irréel que l'équipe de recherche retrouva les deux Jedi. Deux corps éprouvés couverts de poussière aux reflets rougeâtres, serrés l'un contre l'autre, baignés par cette lumière qui semblait créer une aura protectrice autour d'eux. Les soldats s'empressèrent de ramener les Jedi à la capitale où ils pourraient être soignés. Le mouvement tira Obi-Wan de l'inconscience et il ouvrit péniblement les yeux. Il put distinguer l'un un soldat lui murmurer des paroles rassurantes, tout en l'encourageant à se reposer. Le Padawan tourna son regard vers Qui-Gon, son maître respirait encore. Alors Obi-Wan se laissa happer à nouveau par les ténèbres de l'inconscience, un sourire rassuré sur les lèvres. Il fallut quelques jours aux Jedi pour se remettre de leur mésaventure. Ensuite ils furent rappelés au Temple, les autorités de la planète faisaient des progrès de jour en jour face aux terroristes, que l'arrivée inopportune des Jedi avait quelque peu désorganisés. De plus, un séjour sur Coruscant leur permettrait de se reposer correctement après cette dure épreuve.
A leur retour, maître et Padawan furent convoqués par le Conseil pour faire leur rapport. A cette occasion, les maîtres Jedi adressèrent des félicitations à Obi-Wan pour son comportement exemplaire. Le jeune Padawan avait alors rougi farouchement, profondément gêné. Néanmoins, maintenant qu'il était confortablement installé dans son lit, il sentit le contentement l'envahir, il avait sans doute sauvé sa vie ainsi que celle de son maître. Il avait rendu Qui-Gon fier de lui, et c'était au final ce qu'il voulait le plus. Mais cette fois-ci, même les maîtres du Conseil avaient souligné ses compétences. Alors pour une fois, le jeune Padawan habituellement peu sûr de lui, s'accorda de savourer sa fierté, intimement convaincu au plus profond de lui-même qu'il avait fait ce qui était juste. Obi-Wan laissa ensuite son corps se détendre totalement, là en sécurité dans les appartements du Temple qu'il partageait avec son maître. Il ouvrit ses sens, et se laissa plonger dans la Force. Il sentit alors pulser son lien avec Qui-Gon, présence puissante et bienveillante, aux portes de son esprit. Le Padawan effleura ce lien si intime, et constata sans mal qu'il avait été clairement renforcé par leur dernière mission. Obi-Wan eut un sourire satisfait, néanmoins ne voulant pas déranger son maître, il se retira. Mais Qui-Gon le retient, dans un effleurement doux et rassurant. Le sourire de son Padawan s'élargit davantage, et il s'endormit ainsi, bercé par la présente apaisante de son maître.
Merci de m'avoir lu !
Voilà, je voulais juste écrire une petite histoire, une simple fenêtre, pour mettre en scène ces deux personnages à l'aura si particulière. Je dois avouer que, pour cette partie, j'ai cru m'arracher les cheveux car je ne trouvais pas de façon cohérente pour qu'Obi-Wan découvre un abri. J'ai repris cette partie plusieurs fois, j'espère que le résultat est correcte.
J'espère que ce texte vous aura plu, n'hésitez pas à me donner votre avis !
