NOTE: Merci beaucoup pour vos commentaires encourageants et vos favoris et alertes. Cela me va droit au coeur :-) Concernant le "vrai" Percival, nous ne connaissons pas grand chose de lui, mais je me plais à croire qu'il a un caractère assez proche de celui que l'on voit dans le film car Grindelwald a dû bien l'étudier avant de se faire passer pour lui, puisque personne ne s'est rendu compte de la supercherie. Le Percival de mon histoire est donc plutôt réservé, accro au boulot, charmeur quand il en a envie et parfois même sans le vouloir!, pas toujours très agréable… mais c'est aussi un homme qui a souffert, physiquement et sentimentalement, et qui essaie de n'en rien montrer…
CHAPITRE 2 – LE TREFLE VERT
"Vous avez perdu la tête?!" Je m'écrie, l'agrippant par le col tandis que les briques du mur se mettent à bouger et à former une arche pour laisser apparaître la porte du Trèfle Vert. "Avez-vous la moindre idée de ce que vous risquez, à utiliser votre baguette au beau milieu de New-York?!" Il secoue la tête, l'air aussi apeuré qu'un animal sauvage qui vient de se faire piéger. "Article 57-B du code pénal magique des Etats-Unis d'Amérique: l'usage de la baguette est strictement interdit dans tout lieu fréquenté par des Non-Majs, sauf en cas de légitime défense et uniquement s'il n'y a pas disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte," je récite. "Alors, regardez un peu autour de vous et dites-moi, Mr Dragonneau, est-ce que vous voyez une personne, ou une chose, susceptible de menacer votre vie?" Il met un peu plus de temps à secouer la tête et je dois reconnaître que je suis un peu peiné, seulement un peu, à l'idée qu'il puisse me considérer, même quelques secondes, comme une potentielle menace. Je relâche son col.
"Je croyais que vous étiez le directeur de la Sécurité du MACUSA," il marmonne d'une voix à peine audible.
"Je le suis," je réponds en fronçant les sourcils, quelque peu destabilisé par sa réaction.
"Et que la décision d'arrêter, d'emprisonner ou de condamner à mort un suspect vous revenait."
"C'est exact. Même si en réalité, c'est un peu plus compliqué que ça." Ma patience est mise à l'épreuve. "Ecoutez, je ne vois pas bien où vous voulez en venir…"
"Vous me feriez arrêter pour avoir utilisé ma baguette dans une impasse déserte, avec pour seuls témoins vous-même et un rat d'égout, et dans le but de révéler la porte du restaurant dans lequel vous souhaitiez m'inviter à déjeuner?"
Exception faite de Grindelwald, personne n'avait osé me tenir tête ainsi depuis bien longtemps. Je devrais être outré. Scandalisé. Furieux. Je ne le suis pas. Je n'y arrive pas. Il est là, devant moi, le regard fuyant, les oreilles écarlates, serrant si fort la poignée de sa valise que les jointures de ses doigts deviennent blanches, et tapant nerveusement la pointe de son pied contre un pavé. Je le toise et j'essaye de penser 'effronté', 'impudent', 'éhonté', mais le premier mot qui me vienne réellement à l'esprit est… 'adorable'. Dans sa bouche, l'insolence est douce et innocente et je commence à penser que je me suis mis dans de sacrés beaux draps.
Je laisse échapper un soupir, regrettant presque de l'avoir sermonné alors que je lui dois ma liberté, et je m'éclaircis la voix.
"Et puis d'abord, comment connaissiez-vous le mot de passe?" je demande, d'une voix beaucoup plus calme.
"Vous l'aviez prononcé deux fois juste avant."
"Prononcé? Je l'ai à peine murmuré!"
"Eh bien… Je sais lire sur les lèvres. J'ai appris grâce aux marmouducks. (1) Ce sont de petites créatures qui vivent à Madagascar et qui ressemblent à des ouistitis mais avec des pattes arrières palmées. Ils sont très intelligents. Ils peuvent apprendre jusqu'à cent-vingt mots! Mais comme ils sont incapables de reproduire les sons, il faut savoir lire sur leurs lèvres pour les comprendre."
"Je vois…" je réponds, un peu trop vexé par le parallèle établi entre ma personne et un singe avec des pattes de canard pour être pleinement convaincu. "Après vous," je dis, lui indiquant de la tête la porte du restaurant.
Nous entrons et tous les visages se tournent vers nous, excepté celui de Caoilfhoinn Halloran, la maîtresse des lieux, trop affairée à préparer un cocktail derrière le comptoir.
"Tiens, tiens, ne serait-ce pas Monsieur Graves?" dit-elle, sans même relever la tête, des fruits tournoyant dans les airs autour d'elle.
"C'est un plaisir de vous revoir, Caoilfhoinn," je réponds poliment.
Les fruits retombent en petits morceaux dans un grand verre et elle fait le tour du comptoir pour s'approcher de moi, repoussant une mèche de boucles rousses de ses yeux.
"Perci! Tu n'es qu'un charmeur! A t'écouter, on pourrait croire que tu ne m'as pas vue depuis des lustres alors que tu as encore traîné tes sales pattes ici tous les jours de la semaine dernière!"
Je serre les dents. Grindelwald ne m'a pas seulement volé mon apparence et mon identité. Il a volé mes habitudes. Mes endroits préférés. Mes connaissances. Sans que personne ne remarque quoi que ce soit. Le seul qui ne se soit pas laissé duper, c'est… quelqu'un qui ne me connaissait absolument pas. Quelle ironie. Je jette un regard furtif à Dragonneau. Ce garçon n'est définitivement pas comme les autres.
"Oh, mais tu as amené de la compagnie!" Caoilfhoinn s'écrie en l'apercevant. "Qui est-ce, ce beau jeune homme?"
"Norbert. Norbert Dragonneau, Madame," Dragonneau incline timidement la tête, la main droite sur le coeur.
"Hmm… Un vrai gentleman anglais, comme je les aime!" Elle lui dit avec un clin d'oeil lourd de sous-entendus et pendant un instant, Dragonneau a vraiment l'air sur le point de prendre ses jambes à son cou. "Il me fait penser à cet autre anglais que tu as amené ici il y a quelques mois," elle me glisse en aparté. "Celui avec des yeux bleus à tomber par terre. Il avait un peu le même sourire. Comment s'appelait-il déjà? Orphée? Persée?"
Mon sang se glace. Thésée. Son nom, c'est Thésée. Et oui, le sourire est le même.
Alors il est venu jusqu'ici pour rencontrer Grindelwald. Même si cette révélation ne fait que confirmer mes théories, j'ai l'impression que l'on m'arrache le coeur. Le sortilège Doloris me paraîtrait presque supportable comparé à cette douleur. Je m'appuie au dossier d'une chaise pour ne pas perdre à nouveau l'équilibre.
Lui qui n'a jamais voulu me suivre aux Etats-Unis… Y a-t-il pire trahison que celle de venir pactiser avec l'ennemi ici même? Voir mon visage à la place du sien, le laisser voler ma vie tandis que j'agonisais au fond d'un trou à rat? Peut-on faire table rase du passé et dénigrer à ce point ceux qui en faisaient partie? Je ne sais même pas si je suis dévasté ou furibond. Probablement les deux. Je sens les larmes me monter aux yeux. Celles que je retiens depuis si longtemps. Il ne faut pas. Pas ici. Pas maintenant. Surtout pas.
"Caoilfhoinn," je dis, ignorant sa question car prononcer le nom de Thésée à voix haute me serait trop douloureux à cet instant. "Mr Dragonneau et moi avons besoin de parler. Au calme."
Elle hoche la tête en signe de compréhension.
"La petite table à l'étage?"
"Parfait. Un ragoût d'agneau pour moi, et une tarte aux asperges pour Mr Dragonneau."
"Et une bouteille de vin de canneberge?"
"Vous me connaissez trop bien," je réponds, un sourire hypocrite aux lèvres. Si bien que vous n'avez pas su faire la différence entre Grindelwald et moi, je me retiens d'ajouter.
Je sais ce que la plupart des gens pensent de moi. Je sais ce qui se dit dans mon dos. Je sais quels surnoms on me donne. Mais durant ma captivité, je n'ai cessé d'espérer qu'au delà de leur mépris, ces gens finiraient par se rendre compte de la supercherie. Ce n'est jamais arrivé.
Je suis austère. Je suis froid. Je suis distant. Je suis autoritaire. Je suis exigeant. Je suis caustique. Je suis orgueilleux. Oui, d'accord, je suis tout ça. Mais je ne suis pas malfaisant.
C'est du moins ce que je pensais.
"Alors, comment est votre tarte?" je demande, après plusieurs longues minutes de silence.
Il ne parle pas beaucoup, et je ne suis pas un grand bavard non plus. Toutefois, le silence en sa compagnie n'est ni pesant, ni ennuyeux. Il a même quelque chose d'étonnamment confortable.
"Hmm…" Il avale la bouchée qu'il avait dans la bouche. "Délicieuse! Et votre râgout?"
"Divin. C'est le premier vrai repas que je fais en sept mois et c'est bien appréciable."
"Ils ne vous ont rien donné à manger à l'hopital?"
"Si, bien sûr. Mais leur purée de pois ressemblait à du vomi et je suis sûr qu'un troll avait éternué dans leur gelée de mirabelle," je réponds d'un air détaché.
Contre toute attente, il éclate de rire et son rire est si contagieux que je finis par rire de bon coeur moi aussi. Je ne sais pas depuis quand cela ne m'était pas arrivé. Je ne parle pas simplement de ces derniers mois. Je parle des dernières années aussi. J'avais oublié combien cela faisait du bien. Ca réchauffe le coeur, et le temps d'un instant, on oublie tout.
"Je voulais vous remercier encore une fois," je lui dis, après avoir retrouvé mon sérieux. "Si vous n'aviez pas démasqué Grindelwald et si vous, enfin… si Archibald ne m'avait pas trouvé, Merlin sait combien de temps mon calvaire aurait encore duré."
Ses pommettes se teintent de rose, et il fixe son assiette, remuant un morceau de tarte du bout de sa fourchette.
"Arrêtez, c'est gênant… Vous me faites passer pour une espèce de héros…"
"Vous en êtes un. Il faut un sacré courage pour affronter un Obscurial déchaîné et un puissant mage noir."
"Non." Il secoue la tête. "Non… Mon frère est un héros. Moi…"
"Votre frère…" je répète distraitement, comme hypnotisé par la couleur rubis du vin que je fais tourner dans mon verre.
"Oui. Mon frère. Thésée Dragonneau. Vous avez probablement déjà entendu son nom."
Je vide mon verre d'une traite. Comme si l'alcool avait le pouvoir d'effacer les souvenirs douloureux.
"En effet."
"C'est un héros de guerre. Il a été nommé chef du bureau des Aurors de Londres après l'armistice. Et il est pour ainsi dire tout ce que je ne suis pas. Ambitieux. Populaire. Charismatique."
Je sens une pointe d'amertume dans sa voix, et je sais pourquoi elle est là.
"C'est une chance que vous ne lui ressembliez pas."
Il relève les yeux vers moi et me fixe quelques instants, avant de hausser les sourcils et de secouer la tête d'incrédulité.
"Je connais beaucoup de gens qui ne seraient pas de cet avis, Mr Graves."
Je ne peux qu'imaginer ce que grandir dans l'ombre de Thésée a dû être.
"Alors peut-être vont-ils changer d'avis. Votre frère est en état d'arrestation."
Sa fourchette lui échappe et tombe lourdement sur le bord de son assiette.
"Qu'est-ce que vous dites?"
"Il va être jugé et envoyé à Azkaban."
"Ca n'a pas de sens. Personne n'envoie mon frère à Azkaban. C'est lui qui envoie les gens à Azkaban."
"Votre frère a été le contact privilégié de Grindelwald au Royaume-Uni durant l'ascension de ce dernier en Europe de l'Est. Il l'a par ailleurs aidé à rejoindre les Etats-Unis il y a deux ans, et lui a transmis des données confidentielles qui lui ont permis, entre autres, de me voler mon identité et de s'infiltrer au MACUSA. J'ai également de bonnes raisons de penser qu'il soit mêlé aux meurtres obscurs de plusieurs Non-Majs en Angleterre."
Il vide lui aussi son verre d'une traite, mais pour d'autres raisons. Et à la façon dont ses yeux s'écarquillent, il y a fort à parier qu'il n'ait pas l'habitude de l'alcool.
"Non. Non… Il doit y avoir erreur sur la personne… Mon frère est… Il est particulier, c'est vrai. Il s'est laissé aveugler par le pouvoir et... il est égoïste, et calculateur, mais un fanatique de Grindelwald? Un meurtrier? C'est absurde."
Je sais. J'ai mis beaucoup de temps à l'accepter, moi aussi.
"J'aimerais vous donner raison, Mr Dragonneau, mais cela fait des années que j'enquête sur votre frère. Des années que je suis convaincu de son allégeance à Grindelwald et de son implication dans diverses affaires sordides… Les évènements récents m'ont fourni les dernières preuves qu'il me manquait. Je suis désolé."
"Non. Non, ça va… Thésée et moi… Nous… Eh bien, nous ne sommes pas exactement en bons termes. En réalité, on ne s'est plus adressé la parole depuis 1913. C'est juste que… Ca reste mon frère et… Je n'arrive pas à…"
Il y a des trémolos dans sa voix et je voudrais trouver des mots réconfortants, mais je n'ai jamais été doué pour ça. Et pourtant, je vois exactement ce qu'il veut dire… J'aurais dû envoyer ce mandat d'arrestation au Ministère de la magie britannique sans le moindre remord, mais la vérité, c'est que je l'ai fait la boule au ventre. C'est l'un des étranges pouvoirs de Thésée. Il vous manipule. Il se sert de vous. Il vous traîne dans la boue. Il vous brise le coeur. Et puis il vous sourit, et vous n'arrivez pas à le détester. Foutu sourire.
Dragonneau ferme les yeux un instant, comme pour recentrer ses pensées.
"Ce repas, ce n'était pas un simple repas pour me remercier, n'est-ce pas?" Il finit par demander.
"Non, en effet", je réponds parce que ce serait mentir de dire que je n'avais pas plannifié cette conversation au sujet de son frère.
Une profonde tristesse s'installe dans ses yeux et je voudrais tellement la faire disparaître. Revoir son sourire.
Le même sourire que Thésée.
"J'aurais dû m'en douter. Je veux dire… Qui m'inviterait à déjeuner juste pour passer du temps en ma compagnie?"
"Ce n'est pas ce que vous croyez…"
"Non?" Il regarde par la fenêtre comme pour fixer son attention sur toute autre chose. "Ca y ressemble pourtant… Ecoutez, si vous m'avez fait venir ici pour m'extirper des informations sur mon frère, c'est peine perdue. Je vous l'ai dit. Cela fait treize ans que je n'ai plus aucun contact, ni avec lui, ni avec mes parents, ni avec personne de ma famille."
"Noooon! Non, ce n'est pas… Mr Dragonneau, mon invitation était sincère et j'ai passé un très bon moment en votre compagnie, et croyez-moi, ça veut dire beaucoup parce que, d'habitude, je n'apprécie la compagnie de personne à part la mienne. Mais je me devais de vous parler de l'arrestation de votre frère, et aussi de votre sécurité."
"Ma sécurité?"
"L'arrestation de Grindelwald a fait couler beaucoup d'encre à travers le monde et autant vous dire que vous ne vous êtes pas fait que des amis parmi ses sympathisants. L'arrestation de votre frère ne va faire qu'envenimer les choses, particulièrement en Angleterre. Vous n'êtes plus en sécurité nulle part. Que vous fuyiez dans le désert marocain ou au fin fond de la jungle équatoriale, ils vont trouveront."
Il hoche la tête, l'air pensif.
"D'accord. Merci de m'avoir prévenu."
Je manque de m'étrangler.
"Quoi?! Je suis en train de vous expliquer que votre tête est mise à prix, et tout ce que vous avez à dire, c'est 'd'accord'?!"
"Que suis-je censé dire d'autre?"
"Je ne sais pas! Vous pourriez vous énerver, dire que vous n'avez jamais voulu être mêlé à ça… je n'en sais fichtre rien! Mais vous ne pouvez pas me répondre 'd'accord' comme si tout cela ne vous était d'aucune importance!"
Il hausse les épaules.
"Si c'est arrivé, c'est que cela devait arriver. Rien n'arrive par hasard."
Je me passe les deux mains sur le visage, d'un geste exaspéré.
"Mr Dragonneau, je ne peux pas vous laisser quitter l'Amérique. Pas tant qu'une mesure de protection n'aura pas été mise en place."
"Et si moi je n'ai pas envie de rester ici, qu'allez-vous faire pour m'y obliger? Me mettre derrière les barreaux pour avoir utilisé ma baguette dans une impasse déserte?!"
Je soupire.
"Non. Vous avez raison, je ne peux vous retenir à New-York contre votre gré. Sauf si vous faites encore quelque chose de stupide, comme laisser une valise pleine de créatures magiques entre les mains d'un Non-Maj…"
"C'était un fâcheux concours de circonstances." Il détourne le regard. "Je n'ai jamais…"
"Je sais," je l'interromps. "Ecoutez, je sors tout juste de l'hopital, je n'ai pas encore repris mes fonctions au sein du MACUSA, laissez-moi juste un peu de temps pour réfléchir à votre sécurité et à la meilleure façon de vous protéger… Vous pourriez venir habiter chez moi quelque temps. Ma maison a été fouillée de fond en comble par le MACUSA après l'arrestation de Grindewald et ils ont lancé un puissant charme de bouclier pour la protéger. Vous y serez en sécurité. Et j'ai une chambre d'amis. Je ne vous importunerai pas."
Il prend une longue inspiration.
"Est-ce que je peux vous poser une question, Mr Graves?"
"Oui," je réponds, un peu déconcerté. "Oui, bien sûr."
"Pourquoi tenez-vous tant à me protéger?"
Je pensais que c'était évident.
"Parce que protéger les gens, c'est mon travail. Et parce que… je m'inquiète pour vous."
"Eh bien, ne vous inquiétez pas, parce que moi, je ne m'inquiète pas. J'ai pour philosophie que s'inquiéter, c'est souffrir deux fois."
"On peut aussi choisir de ne pas souffrir du tout."
"C'est une option que je n'ai jamais considérée. Oh! Mince! Est-ce que vous avez l'heure? J'ai dit à Tina et à sa soeur Queenie que je passerais prendre le thé chez elles pour leur dire au revoir, elles m'attendent pour 14h30, je n'aimerais pas être en retard…"
Je fouille dans la poche de mon manteau et en ressors ma montre à gousset.
"Il est presque deux heures," je dis, en replaçant aussitôt la montre dans ma poche.
"Je ferais mieux d'y aller!" Il s'exclame et je voudrais le prier de rester et de poursuivre notre conversation mais il est déjà en train d'enfiler son manteau.
"Avant de partir," je lui dis, "promettez-moi de réfléchir à ce que je vous ai dit."
"Bon après-midi, Mr Graves." Il répond, ignorant ma demande et empoignant sa valise. Durant une fraction de seconde, je crois voir dépasser deux petites pattes griffues mais lorsque je regarde à nouveau, elles ont disparu. Je me demande vraiment ce qu'ils ont mis dans mes potions. "Et merci pour le déjeuner, la tarte aux asperges était vraiment délicieuse." Il commence à descendre l'escalier puis fait demi-tour. "Oh, au fait, Mr Graves?" Je me tourne vers lui. "Avant de protéger les autres, pensez à vous protéger vous-même."
J'ouvre la bouche pour protester mais il est là, à me regarder avec un grand sourire, et je reste bouche bée.
Foutu sourire.
Merci d'avoir pris la peine de lire! :-)
(1) Inutile de chercher ce mot sur google, c'est une créature que j'ai inventée (marmouset + canard/duck)…
