Saint Seiya:The Lost Canvas: Les immortels
Chapitre Un: Mémoires
Des siècles plus tard...
L'aube pointait dans le ciel, Doko, chevalier D'or de la balance, se redressa dans son lit. D'un geste las, il se massa les épaules et la nuque. L'air frais rentra par la fenêtre entrouverte. La chambre vaste de Doko très meublée semblait désuette. Son immense lit prenait presque toute la place. Une petite table de chevet trônait près de celui-ci. Doko, épuisé, alluma la lampe et contempla les lieux. Subitement, les murs beiges le déprimèrent. Le jeune homme décida qu'une douche était de rigueur. Rapidement, Doko bondit hors du lit. Nu, il traversa la pièce et se dirigea directement vers la salle de bain. Celle-ci exigue lui tira un sourire. Debout devant le minuscule miroir, il extirpa ses accessoires pour se raser. Tout doucement, le chevalier s'étendit de la crème à raser et fit son travail du matin. Propre, il se glissa dans la douche et tourna le robinet. L'eau gicla et doko régla la température. Vivement, l'homme se savonna et se rinça. Sorti de la douche, Doko se sécha avec empressement. Enroulé dans une serviette, il s'en alla à la cuisine. Torse nu, il se cassa deux oeufs, trancha un oignon, rajouta des morceaux de jambons et se prépara une omelette. Deux coups furent frappés à la porte. Après avoir juré, arrêté ses ronds et reserrer sa serviette autour de ses hanches, il marcha vers celle-ci. Très sûr de lui, Doko ouvrit et resta estomaqué. Un jeune homme d'une beauté déconcertante et irréelle se tenait dans l'encandrement. Ses cheveux bleus attachés en queue basse dissimulés par une casquette, ses yeux bleus pâles, son corps mince et élancé, moulé dans un jeans noir. Il portait un blouson en cuir noir avec un chandail à manche courte blanc. Comme deux étrangers, ils se jaugeaient. Puis le jeune homme inclina la tête sur le côté et s'écria avec amusement:
- Doko, c'est moi, idiot! Albafica!
La bouche ouverte, Doko, l'observa, abasourdi. Albafica soupira et éclata franchement de rire.
- En plus, je ne suis plus toxique, lâcha-t-il, entre deux fou rire.
Doko, un peu offensé, donna une tape à Albafica pour le faire taire.
- Rentre avant d'ameuter le voisinage.
Heureux, Albafica rentra et Doko jeta un coup d'oeil aux alentours. On est jamais trop prudent, songea-t-il en fermant la porte. Il la verrouilla et mit l'écrou de surêté. Si quelqu'un avait suivit Albafica, eh bien, sa course s'arrêtait là.
Albafica contempla les lieux, amusé. Ses yeux s'arrêtèrent sur la table en chêne avec deux chaises capitaines. Doko l'invita à s'asseoir pendant qu'il préparerait son déjeûner. Après avoir accepté son offre de manger avec lui, Albafica s'installa à la table. Dehors, le soleil se levait et éclairait la pièce. Les oiseaux chantaient et Albafica se détendit. Le chevalier d'or des poissons aimait la nature plus que tout. En réalité, il ne faisait qu'un avec celle-ci. Doko, toujours enroulé dans sa serviette, lui servit une omelette onctueuse avec des tomates fraîches et du pain. Le chevalier d'or de la balance s'excusa pour aller s'habiller. Il revint quelques minutes plus tard. Vêtu d'un pantalon en molleton gris et un polo bleu ciel. La robustesse et l'impulsivité incarné, Doko de la balance était un bel homme dans son genre. La féminité d'Albafica contrastait durement avec la virilité de Doko. Pourtant, tous deux faisaient un sublime portrait. Doko prit son assiette sur le comptoir et rejoignit Albafica à la table. Tous deux prièrent Athéna, puis entamèrent leur repas. Silencieusement, ils mangèrent. Tendrement, Albifica le complimenta pour ses dons culinaires. Moqueur, Doko blagua sur ses dons de jardinier. Albafica lui proposa de s'occuper de son jardin. Empressé, Doko acquiesça. D'un bond, Doko alluma la machine à café. Malgré le temps qui avait passé Doko rappelait que le chevalier d'or des poissons préférait le thé. Lorsqu'il lui amena sa tasse, Albafica le remercia pour cette intention. Paisiblement, les deux anciens chevaliers savourèrent leurs boissons. Quelque chose se passa à ce moment-là. Tous deux furent électrifiés par un cosmos extrêmement puissant. Albafica et Doko bondirent de leurs chaises. Celle de Doko heurta le sol et se fracassa en plusieurs morceaux. Le chevalier d'or de la balance avait relâché son cosmos sans s'en appercevoir et la chaise en avait payé le prix. Albafica s'approcha de la fenêtre et scruta les alentours. Doko l'imita, soucieux. Ce cosmos...songea Doko en serrant les poings. Abasourdi, Albafica pivota sur ses talons pour observer les traits de Doko. Comme deux guerriers dans une arène, ils se toisèrent. Le premier à parler fut Albafica.
- Tu crois que c'est Shion? Murmura-t-il d'une voix hésitante.
- Shion du Bélier, se contenta de lâcher Doko, tristement.
- Nous devons le retrouver! S'emporta Albafica en se dirigeant vers la porte.
Avec rapidité, Doko l'arrêta en lui saisissant le bras. Les deux restèrent surpris. Albafica n'avait jamais eu un contact humain et Doko se méfiait de la beauté légendaire du chevalier d'or des poissons. N'importe quel homme pourrait y succomber, lui y compris. Et il était amoureux de Shion. Mal à l'aise, Albafica dépris son bras et fixa Doko. Le chevalier d'or des poissons avait senti un frisson quand Doko l'avait touché et il détestait ça. Albafica se détourna et continua son chemin. Subitement, il pivota sur lui-même et s'écria:
- Celui qui trouve Shion prévient l'autre!
- D'accrod, où habites-tu? S'enquit Doko, simplement.
- En bas, appartement 102, fit Albafica avec un sourire en coin. Je vais déménager à un moment donné, par contre, l'avertit-il en partant.
Une fois la porte fermée, Doko éclata d'un rire sonore. La vie était vraiment étange. Albafica, le chevalier d'or des poissons était, lui aussi, de retour, pensa Doko, visiblement hébété.
Après plusieurs jours, Doko retrouva la trace de Shion du Bélier. Comme convenu, il décida de prévenir Albafica. Doko n'était pas enchanté par cette perspective. Une semaine s'était écoulée depuis leur dernière rencontre. Albafica l'intriguait. Cette beauté fragile jouait gravement avec ses nerfs. Il ne pouvait pas se permettre de tomber sous le charme d'Albafica. À une époque, Shion s'était éperdument épris d'Albafica et Doko s'en souvenait comme si c'était la veille. Malheureusement pour lui, Albafica ne pouvait donner aucun câlin ni baiser. Empoisonné par les roses, Albafica était condamné à la solitude. Shion, toujours amoureux, mais résolu à vivre sa vie, c'était tourné vers Doko. La mort d'Albafica, causée par le spectre Minos, avait dévasté Shion du Bélier. Malin, Doko l'avait consolé à sa manière. D'un côté, Doko savait qu'il allait perdre la bataille pour regagner Shion si Albafica se mettait de la partie. L'amour et l'amitié que Shion lui portait n'était rien par rapport à ce qu'il ressentait pour Albafica. Cela embêtait grandement Doko. Habillé pour courir, Doko décida d'affronter le chevalier d'or des poissons. Il lui avait promis de l'avertir lorsqu'il trouverait Shion et cela s'était produit. Vêtu d'un pantalon en molleton noir et d'un t-shirt cintré blanc, il descendit l'escalier qui le menait à l'appartement d'Albafica. Devant la porte, le chevalier d'or de la balance frappa deux coups. Cela prit seulement quelques minutes avant qu'Albafica, torse nu et ne portant qu'un jeans troué aux genoux, lui ouvre la porte. Son épaisse crinière bleue traînait sur ses épaules et son dos. Une rose embellissait sa chevelure. Tout doucement, Albafica lui sourit et Doko sentit son coeur s'emballer. Ça, c'était mauvais signe. Ses yeux bleus rieurs ravirent Dolo. Seigneur Dieu, faites que je ne tombe pas dans le même panneau que Shion, pensa Doko en tentant de se ressaisir. Albafica s'écarta de l'entrée pour qu'il puisse passer. Dans l'entrée, Doko ôta ses souliers de course. Estomaqué, il observa l'appartement de son hôte. Des roses jonchaient le parterre. Les murs beiges propres presque étincelants, le plancher en bois francs, le divan usé, mais visiblement confortable, la table en vitre dans la salle à manger et la petite cuisinière à deux ronds. Le tout semblait particulièrement charmant. Doko marcha derrière Albafica et il remarqua le mouvement sensuel de ses hanches. Rapidement, Albafica enfila un polo. Bruyamment, Doko inspira. Il manquait cruellement d'Air avec cette beauté tout près. Athéna devait lui en vouloir pour avoir fait ça. Le plus plausible était qu'elle ne savait pas qu'ils étaient un triangle amoureux. Un sourire timide aux lèvres, Albafica l'invita à s'asseoir pendant qu'il leur préparait une limonade. En sifflotant, Albafica se mit à la tâche. Doko déclara en s'assoyant:
- J'ai retrouvé Shion.
Souriant, Albafica revint avec leurs verres de limonade rose. D'un geste calme, il en tendit un à Doko. Celui-ci le prit et le remercia. Albafica s'installa confortablement.
- J'imagine que tu l'as trouvé depuis un bon moment, mais tu as peur. (Doko le dévisagea, ouvertement.) Je te laisse une longueur d'avance, va le voir en premier. Peut-être arriveras-tu à lui faire oublier qu'il est amoureux de moi, largua Albafica en le fixant durement.
Le chevalier d'or de la balance, l'impétueux Doko, arrêta sa moto en face du gaz bar où travaillait l'amour de sa vie. La casquette enfoncée sur la tête et les yeux cachés par ses lunettes de soleil, Doko passait presque inaperçu. Quelques passant le dévisageaient parfois. Le soleil brillait de mille feux, mais Doko n'avait pas chaud vêtu d'un short en jeans et d'une camisole blanche. Ses bras musclés saillaient, sa taille étroite souligné habilement par le short le rendait très sexy et il le savait. Très sûr de son charme, Doko de la balance n'avait peur de rien excepté de perdre Shion. Les yeux de Doko fixèrent l'homme qui buvait du coke appuyé contre la glacière. Shion, chevalier d'or du Bélier, portant un pantalon bleu ciel et un t-shirt assorti ressemblait à celui qu'il avait connu. Ses cheveux blonds relevés en queue de cheval négligé, ses yeux bourgogne et cet air doux, tout ça, c'était son Shion. Par contre, il n'était pas aussi adroit qu'avant. Le Shion des temps moderne échappait presque tout ce qu'il touchait et se cognait sur plusieurs objets. À la fois amusé et dépassé par cet étrange comportement, Doko devait admettre qu'il aimait bien le nouveau Shion. Sexy en diable et terriblement maladroit. Sans se départir de son sourire ravageur, Doko s'approcha du Shion des temps modernes. Celui-là leva la tête et le fixa de ses yeux bourgognes ahuris. Visiblement, il ne le reconnaissait pas. Doko bouillonnait de rage contenue. De son côté, Shion regardait l'inconnu, intrigué. Il ne l'avait jamais vu dans le coin et ça, il en était persuadé. Un sublime spécimen ne passait pas inaperçu dans le quartier. D'un regard aigu, Shion observa ses bras musclés, sa taille étroite et ses jambes puissantes. La bouche en forme de coeur de Shion esquissa un sourire amusé. Cet inconnu resplendissait de charme viril et ressemblait étrangement au chevalier de ses songes. Il ne manquait que l'armure. Cette armure faite en or pur. Sa chevelure scintillait au soleil et prenait des reflets rouges foncés. Shion rencontra le regard de Doko et tous deux s'observèrent avec déférence. Shion guettait le premier geste que ferait Doko. Celui-là se contenta d'incliner la tête sur le côté et de sourire. Après un moment, Doko tendit la main vers Shion. Fasciné, Shion fixa cette main offerte puis la saisit. Une décharge électrique les traversa. Prestement, Shion retira sa main. Les sourcils froncés, Doko le contempla. Il cherchait des traces de leur amour sur son visage. Malheureusement, il n'y trouva que la peur et la méfiance. Frustré et triste, Doko voulut le toucher de nouveau, mais Shion recula. Hors de lui, Doko l'empoigna par les épaules et le brassa comme un prunier. Une gifle monumentale l'arrêta dans son délire. Les yeux de Shion brillaient d'une lueur assassine. Avec ironie, Doko dut admettre que c'était bien son Shion qui était caché là-dessous.
- Ne vous approchez plus de moi! S'écria Shion en partant comme un coup de vent.
Tout doucement, Doko ricana en se frottant la joue. D'un pas lent, il se rendit à sa moto et l'enfourcha. Sans un regard derrière lui, il démarra en trombe. À toute vitesse, Doko fila vers son immeuble. De retour chez lui, il s'arrêta devant l'appartement d'Albafica puis continua son chemin. Doko n'avait certainement pas besoin d'un dispute de plus. Déjà qu'Albafica lui avait fait clairement comprendre qu'il allait courtiser son amant. Son ancien amant du moins. Furibond, Doko claqua la porte de son appartement.
En colère, Shion ferma le gaz bar et monta au deuxième, là où il vivait depuis maintenant deux ans. Cet homme l'avait perturbé et il détestait ça. Personne ne le perturbait. D'un calme déconcertant, Shion ne paniquait jamais. En fait, jusqu'à maintenant. Cet étranger avait brisé ses défenses. Ses barrières de protections s'étaient effondrées comme jamais. Rapidement, Shion déverrouilla la porte de son appartement. Une fois à l'intérieur, il contempla les lieux, avec un air serein. Sa minuscule cuisine aux murs beiges usés, une table en chêne avec quatre chaises, un sofa fini et une petite télévision. Tout en se déshabillant, il se dirigea vers sa salle de bain. Celle-ci très étroite, le fit sourire jusqu'aux oreilles. Toute sa vie se trouvait dans cette immeuble. Nu, Shion ouvrit le robinet et se glissa dans la cabine de douche. L'eau chaude mouilla ses cheveux blonds malgré le chignon élevé, mais il s'en foutait royalement. Tendrement, il se massa les épaules et sa nuque raidie. Une fois bien lavé, il s'extirpa de l'espace restreint et commença à s'essuyer. Avec vivacité, il s'enroula dans son peignoir. Le velour le réchauffa et le rassura. À l'aide du séchoir, il réussit à ôter l'humidité de sa chevelure abondante. Un peu mieux dans sa peau, Shion se persuada qu'il devait manger. Pas qu'il en ait très envie car il avait l'estomac noué, sauf qu'il allait être incapable de dormir s'il ne mangeait pas. Après un long soupir de lassitude, Shion marcha vers le réfrigérateur. Bon, je vais me faire un spaghetti, songea-t-il en sortant deux casseroles. De l'eau à bouillir dans l'une et sa sauce tomate dans l'autre. Shion alluma les ronds. Puis il alla à la télévision et zappa sur un poste de musique. D'un pas tranquillement, il revint à ses chaudrons. Dans la tête de Shion, Doko tournoyait comme un démon venant le hanter. Shion finit de préparer son dîner et s'attabla. En silence, il mangea en tournant les pages du journal. L'esprit ailleurs, il ne se rendit même pas compte qu'il pleuvait à l'extérieur. Ce fut seulement lorsque l'eau rentra dans l'appartement qu'il le réalisa. D'un bond, il alla fermer ses volets. Il balaya le ciel du regard. Des éclairs déchiraient celui-ci. Shion revint vers la cuisine et se servit un verre de vin rosé avant de s'asseoir. Doucement, il trempa ses lèvres et sourit. Shion termina son repas et nettoya sa vaiselle avant de rentrer dans sa chambre. Les murs roses pâles, le lit aux draps beiges, le mobilier acajou rendait la pièce un peu rustique, mais Shion aimait les contrastes. Elégamment, il enleva son peignoir et le jeta au pied du lit. Nu, il se glissa dans les draps chauds. Shion s'assoupit plus vite qu'il ne l'aurait cru. Malheureusement, il rêva au chevalier d'or et de l'inconnu à la carrure imposante. Shion se réveilla en sursaut. Vivement, il tourna la tête vers le cadran et jura, hors de lui. Il était six heures du matin. Il irait travailler dans une heure. Rageur, il repoussa ses draps et enfila son peignoir. Par réflexe, il pivota la tête vers la fenêtre et vit l'inconnu. Les yeux de Shion se posèrent sur Doko, chevalier d'or de la balance et leurs regards s'accrochèrent comme magnétisé. Shion remarqua l'étrange beauté animal qui émanait de Doko. Furieux, il rabaissa le volet et s'en alla se préparer du café pour entamer sa journée.
Sa tasse à la main, Shion revint près de la fenêtre. Amusé, il vit Doko partir. C'était du harcèlement, conclut Shion en buvant son carburant. Installé confortablement dans son vieux divan, il alluma la télévision. Son esprit vagonbonda librement. Il repensa à Doko et cela l'irrita. D'un bond, Shion, chevalier d'or du bélier, se leva et décida de se préparer des oeufs. Sans comprendre pourquoi, il sut qu'il passerait une journée riche en émotion. Shion termina sa tasse de café et se reservit. Habilement, il tourna ses tranches de bacon . Le soleil imbibait la pièce et Shion se sentait énergisé. Une fois son assiette remplie, il se trancha deux tomates miniatures et les arrosa de vinaigrette. Voilà, c'est parfait, songea-t-il en gagnant la table. Shion se régala puis lava sa vaiselle. Rapidement, il se doucha et brossa son épauisse chevelure. Le jeune homme se rasa avec vivacité. Un peu trop car il faillit se couper. Shion s'habilla prestement. Vêtu d'un pantalon kaki et d'un chandail bleu, il était ravissant. La crinière libre, Shion se contenta de poser une casquette sur le dessus de sa tête. Chaussé, il marcha vivement vers la sortie. De son pas calme, il descendit l'escalier après avoir verrouillé la porte. Shion poussa la lourde porte en chêne qui le menait au gaz bar. Il se prit une barre granola et la déballa. Après avoir mangé sa collation, le jeune homme alluma sa caisse et les lumières. Les yeux dans le vague, Shion comptabilisa son argent. Un bruit attira son attention vers l'entrée. L'homme qui entra l'éblouit totalement. Sa crinière bleue ciel, ses yeux bleus marine et cet air angélique mystifièrent Shion. Il n'avait jamais vu plus bel homme. Albafica portait un t-shirt gris et un jeans noir. Il s'approcha de Shion et lui sourit. Un sourire ravageur. Intrigué, Shion, lui tendit la main. Albafica observa cette main tendue et la saisit.
- Je me nomme Shion.
- Moi, Albafica.
- Voulez-vous quelque chose en particulier?
- J'ai trouvé ce que je cherchais, merci, chuchota Albafica d'une voix douce.
Sur ce, il repartit. Shion le suivit du regard et fronça les sourcils. L'homme qui l'avait agressé attendait le dénommer Albafica. Shion se sentit jaloux et il se traita mentalement d'idiot. Albafica, de son côté, marcha vers Doko qui le fixait intensément. Malgré les lunettes de soleil, les yeux de Doko était perçant comme ceux d'un rapace. Avec un soupir irrité, Albafica croisa les bras sur son torse.
- C'est toi qui m'a demandé d'y aller.
- Cela ne veut pas dire que ça me plaît.
- Doko, Doko, Doko. Ne t'enflamme pas, sursura Albafica tout sourire.
En riant, Doko demanda:
- Il t'a reconnu?
- Non, il n'a aucun souvenir, par contre, il me trouve à son goût, précisa Albafica en mettant le casque de moto qu'il lui avait donné.
Doko lui lança un regard assassin.
- Je devrais peut-être te laisser marcher...
- Non, tu as promis que tu me ramènerais, lui rappela surnoisement Albafica.
Doko pouffa et laissa Albafica grimper derrière lui.
- Tu peux t'appuyer sur moi si tu veux. As-tu faim?
- Terriblement, admit Albafica en passant un bras autour de sa taille.
Un délicieux frisson traversa Albafica et il sourit.
Installé confortablement sur le divan de Doko, Albafica dégustait une lasagne préparer par celui-ci. Le plat de salade césar trônait sur la table basse. Doko, assis en indien au sol, était appuyé contre le divan. Sa bière près de lui, Doko se sentait détendu, même si la présence d'Albafica l'angoissait un peu. Plus il y réfléchissait, plus il se disait que ce n'était peut-être pas de l'angoisse, mais de l'excitation. Albafica, beau et désirable l'excitait, voilà tout. Et il passait beaucoup de temps en sa compagnie. Albafica se sentait seul et totalement dépassé. Doko essayait de l'aider du mieux qu'il pouvait. Par instinct, Doko leva la tête et regarda Albafica qui buvait du vin rosé.
- Comment te sens-tu? S'enquit-il en saisissant sa bouteille de bière.
- Je ne sais pas encore.
- Qu'est-ce que cela signifie? L'apostropha Doko, abasourdi.
- Je ne me comprends pas...
- Si tu parles de nous deux...
- Non, ça personne ne comprends, se moqua Albafica.
Doko s'esclaffa.
- Tu as raison.
- Je veux en profiter, Doko. C'est ma deuxième chance. Si je m'installais chez Shion...
- Pourquoi ne pas venir ici?
Doko faillit jurer en se rendant compte de ce qu'il venait de dire. Il ne manquait plus qu'Albafica dorme près de lui. Albafica le fixa avec amusement.
- Tu me supportes à peine, Doko.
- Te supporter? Arrête, je t'aime bien, c'est juste que...
- Tu veux me sauter!
Doko s'étouffa bruyamment avec sa bière et Albafica éclata d'un rire sonore.
- Où as-tu appris des mots aussi vulgaires?
- Dans les livres.
- Est-ce que tu l'as fait?
- Bien sûr que non, lâcha Albafica avec amertume.
- Quand tu auras trouvé la bonne personne...
- Ne me fais pas rire encore, le prévint Albafica en souriant jusqu'aux oreilles.
Doko se servit de la salade et l'arrosa de sauce aux fromages. Il passa le bol à Albafica et commença à manger.
- Shion, tu l'aimes, Albafica?
- Je ne sais pas. Je veux m'approcher de lui, mais je ne veux pas le...
- Ne dis plus ce mot, mes oreilles cillent, ironisa Doko en le foudroyant du regard.
En riant, Albafica faillit s'étouffer. Il but quelques gorgées de son vin rosé.
- D'accord.
- Merci.
- Tu veux que je dise «Faire l'amour» ? Le taquina Albafica.
- Juste Ciel, plasmodia Doko en levant les yeux au ledit-ciel.
- Mais quoi?
- Ne parlons plus de ça...
- Tu l'as déjà fait?
- C'est du harcèlement, ma parole! S'exclama Doko en contemplant Albafica qui souriait.
- Doko, réponds...
- À ça? Jamais! S'emporta l'impétueux Doko en envoyant une branche de salade à Albafica.
Celui-là saisit la branche et croqua dedans. Doko rit avec Albafica et à ce moment là, il se sentit heureux.
Le gaz bar de Shion illuminait de mille feux dans la nuit noire. Doko avait déposé Albafica en face. Il se tenait là, vêtu de son blouson en cuir et sa paire de jeans bleu délavé. Sa crinière bleutée traînait sur ses épaules et son dos. Ses yeux bleus observaient les alentours. De son pas dansant, Albafica marcha en direction du gaz bar. L'écriteau rougeâtre scintillait. Le panneau ouvert brillait. Albafica poussa la porte vitrée et Shion leva la tête de la caisse enregistreuse. Ses cheveux blonds relevés en queue de cheval paraissait presque doré. Impassible, il servit le vieil homme qui payait. L'inconnu, maigre et recourbé, esquissa un sourire édenté à Albafica avant de partir. Celui-là se contenta d'hocher la tête. Les regards des deux anciens chevaliers d'Athéna se rencontrèrent et la tension devint palpable. Albafica remerqua le désir dans les yeux de Shion. Cela ne le troubla pas le moindre du monde. Albafica se savait bel homme. Le plus beau chevalier d'or d'Athéna. Le jeune homme n'avait pas obtenu ce titre honorifique pour rien. Même s'il trouvait cela aussi insultant que d'être comparé à un pur sang. Une vraie bête de foire. Parfois cela le déservait même. Par exemple avec Doko, cela le rendait méfiant à son égard. Shion, quant à lui, le dévorait du regard comme s'il allait le manger tout cru. Après avoir essuyé ses mains sur son jeans usé, Shion contourna le comptoir pour s'approcher d'Albafica. Celui-là eût un mouvement de recul, un réflexe du passé. Incapable de se souvenir du passé, Shion ne comprit pas et fronça les sourcils. À bonne distance d'Albafica, il le fixa sans ambage et lui demanda d'une voix douce:
- Que me vaut l'honneur de vous revoir?
Avec un sourire tendre, Albafica déclara:
- J'ai vu que vous cherchiez un colocataire. Et aussi un employé... Je suis venu postuler.
Simplement, Shion sourit.
- Eh bien, pourquoi pas? Quand voulez-vous aménager?
- Demain, je suis libre.
- C'est un peu rapide, non? S'étonna Shion, surpris.
- Pas pour moi.
La tête inclinée sur le côté, Shion répliqua:
- Demain, à onze heure, cela vous va?
- Oui, c'est parfait. Merci, dit Albafica en partant.
Intrigué, Shion le suivit du regard pendant qu'il s'éloignait dans la noirceur. De son côté, Albafica, pensif, se dirigeait ver l'endroit où Doko l'attendait. Celui-là, vêtu d'un manteau en jeans et d'un pantalon en molleton gris, le fixait, amusé. D'un geste de la main, Albafica l'empêcha de parler. Certain qu'il endurerait les sarcasmes Doko, Albafica le dévisagea avec froideur. D'un bond, Doko se redressa et contempla Albafica comme s'il ne l'avait jamais vu. Du bout de l'index, il effleura sa joue d'une douceur florale. Un petit gémissement échappa de la bouche d'Albafica. En riant, Doko chuchota d'une voix grave:
- Heureux que tu ne vives pas chez moi, jolie rose.
- Je t'avais dit que mon idée était meilleur que la tienne.
- Demain, tu me présenteras?
- Bien entendu! S'écria Albafica, outré.
Doko ne manifesta aucune émotion face au comportement d'Albafica. Pour lui, Albafica était un rival potentiel, ils ne pouvaient pas s'entendre. Malheureusement pour Doko, le charme d'Albafica lui embrouillait déjà les neurones.
Le jour du déménagement, Doko crut qu'il allait mourir. Albafica lui ouvrit la porte, torse nu. Le jeune homme l'avertit qu'il pouvait faire comme chez lui pendant qu'il se préparait. La seule chose que Doko remarqua fut ses hanches étroites et son torse svelte. Mon dieu, quelle beauté! Songea Doko en se dirigeant vers la cafétière. Pourquoi diable Albafica avait-il une cafétière alors qu'il buvait du thé? Pensa Doko, amusé. Les tasses serrées dans les boîtes en carton lui semblèrent hors de portée, il prit donc un verre. Tranquillement, Doko versa du café chaud dans le verre et y ajouta un peu de lait. Heureux, Doko le porta à ses lèvres et but quelques gorgées en silence. Une voix douce et mélodieuse interrompit sa rêverie. Il tourna la tête en direction de la voix et rit, moqueur. Albafica chantait sous la douche, cela l'émut profondément. Appuyé contre le comptoir, il fixa les boîtes et remarqua les roses dans un vase en verre. Celles-ci, éblouissantes, perdaient des pétales. Doko s'approcha et en toucha quelques uns. Il les froissa puis soupira, nostalgique. Est-ce qu'Albafica était heureux? Pensa Doko en observant les roses. Albafica ne se plaignait pas. Il savait enduré, mais jusqu'à quel point? Doko termina sa boisson et nettoya son verre. D'un geste rapide, il l'emballa et le remit dans la boîte. Doko entendit des bruits de pas, pivotant sur ses talons, il tomba face à face avec Albafica. Vêtu d'un jeans bleu et d'une camisole blanche, il était extrêmement désirable. En voyant l'expression de Doko, Albafica éclata de rire. Cela gêna Doko qui rougit malgré son teint tanné. Rapidement, Albafica releva ses cheveux en queue de cheval. Tout sourire, Albafica dévisagea Doko habillé d'un pantalon en molleton gris et d'une camisole bleue, Doko ne pouvait pas être plus sexy. Celui-là conscient de son charme esquissa un sourire sardonnique.
- Allez, Beauté, on doit être chez Shion avant treize heures, l'avertit Doko avec douceur.
- Avant treize heures? Marmonna Albafica en saisissant une boîte.
Doko, en riant, en attrapa une plus lourde et marcha en direction de la porte. Avec souplesse, il l'ouvrit et se glissa hors de l'appartement. Suivi de près par Albafica, Doko se rendit au camion de déménagement. Vivement, ils remplirent le camion. Une fois plein, Doko et Albafica montèrent à l'avant. Doko démarra sans trop d' bonnement, il s'engagea sur la route principale. Albafica contemplait les maisons qui défilaient. Dans le rétroviseur, Doko regardait le sublime profil d'Albafica. Doko revint à la réalité lorsqu'une automobile le coupa et qu'il dut klaxonner avec rage. Mort de rire, Albafica faillit s'étouffer. D'un regard assassin, Doko le réduisit au silence. Sans se départir de son sourire, Albafica continua sa contemplation. Doko se concentra sur la route. Songeur, il se demandait s'il pourrait oublier Albafica. Sincèrement, il en doutait. Comment le pouvait-il? Albafica lui plaisait et cela l'enrageait. Shion était toute sa vie. Qu'est-ce qui lui prenait à la fin? Arrivés dans le stationnement du gaz bar, il se gara, bloquant la plupart de la place. Shion, vêtu d'un polo gris et d'un jeans noir, sortit pour les aider. Doko le vit se diriger rapidement vers Albafica et il se sentit jaloux comme jamais.
Une fois les boîtes rangées dans la pièce réservé à Albafica, Shion se proposa de faire à manger. Doko demanda à Albafica de le suivre à l'extérieur et Albafica accepta. Dehors, Doko l'entraîna près d'un arbre. Il s'y appuya et dévisagea ouvertement Albafica.
- Alors quel est ton plan? Largua Doko avec amertume.
Sans comprendre, Albafica le regarda.
- Que veux-tu dire?
- Ne fais pas l'idiot! L'apostropha, durement, Doko.
- Oui, je te parle de Shion! Tiens-toi loin de lui...
- Sache qu'il a un faible pour moi, ironisa Albafica en tournant les talons.
Doko jura et lui empoigna l'avant-bras.
- Albafica, le menaça Doko, furibond.
- Ôte tes pattes, Doko, fit glacialement Albafica en se libérant.
Doko regarda Albafica partir avec mélancolie. Et voilà, il avait tout gâché. Quel abruti! Songea Doko en embarquant dans le camion. Il démarra en trombe et disparut dans la nuit sombre. Shion qui avait assisté à toute la scène eût une vision, Albafica, vêtu d'une splendide armure en or, baignant dans son sang. Ses cheveux bleus ciel scintillait comme des joyaux. Ce fut une main sur son épaule qui le tira de ses souvenirs. Brusquement, il pivota sur ses talons et trouva Albafica qui le fixait étrangement. Shion détourna le regard et s'enfuit dans sa chambre. Albafica resta seul à contempler le ciel étoilé. Dévoré par la faim, il décida de préparer le souper. Albafica se dirigea vers la cuisine et extirpa quelques ingrédients du réfrigérateur. Il allait se faire une salade césar. Sa nourriture prête, il s'installa dans une vieille chaise avec sa bouteille d'eau à la main. Albafica toucha la rose dans un vas près de la fenêtre. Il sourit, pensif.
Shion se tourna dans son lit, il se redressa et but un peu d'eau froide. Les yeux écarquillés, il aperçut Doko en songe. Furieux de voir cet homme, Shion se leva de son lit et s'habilla. Sortit de sa chambre, il se dirigea vers la cuisine. Intrigué par un bruit sur sa droite, il marcha en direction du salon. Ce qu'il vit le stupéfia. Albafica, recouvert d'un peignoir en velours, dormait sur le sofa. Son souffle régulier résonnait dans la pièce. Sa beauté sans égal resplendissait. Sa crinière bleutée éparpillée autour de son visage lui conférait un air féerique. Shion s'approcha d'Albafica. D'une main tendre, Shion caressa ses cheveux soyeux. Sur une impulsion, il se pencha et posa ses lèvres sur la bouche pulpeuse d'Albafica. Le baiser ne dura que quelques minutes, mais Shion se retrouva changé. Lorsqu'il se décolla d'Albafica, celui-là remua, mais resta endormi. Redressé, Shion retourna à sa chambre. Nu, il grimpa dans son lit et se recoucha. Avec une facilité déconcertante, il se rendormit d'un sommeil profond.
Le levé du soleil réveilla Albafica. Celui-là remua et faillit tomber du sofa sur lequel il dormait. Il bondit sur ses pieds et repoussa son épaisse chevelure. Rapidement, il la regroupa en chignon. Des mèches traînèrent près de son visage, il les glissa derrière ses oreilles. Sans comprendre pourquoi il se rappela sa querelle avec Doko. Cela l'attrista. Albafica frictionna l'endroit où Doko l'avait touché comme s'il l'avait brûlé. Le toucher de Doko l'émouvait et cela le frustrait énormément. Il ne comprenait pas pourquoi il souffrait de voir Doko se comporter ainsi avec lui. Visiblement, Doko et Albafica commençaient à ressentir une certaine attraction sexuelle qui ne plaisait à aucun des deux. Rendu à la cuisine, Albafica extirpa des oeufs et du bacon du réfrigérateur. Il saisit un oignon et le trancha avec habileté. Sur un coup de tête, il décida de faire une omelette et il mélangea ses ingrédients dans un bol en verre. Les yeux rivés sur la fenêtre, Albafica sourit devant cette belle météo. Subitement, Albafica songea à Doko et son sourire s'évanouit. Que fait-il en ce moment? Pensa Albafica en versant son mélange dans la poêle.
Doko se réveilla fort de mauvaise humeur, ce matin-là. Il alla faire sa course matinale et prit comme résolution de voir Albafica. Énervé, il monta les escaliers qui menaient à son appartement en rouspétant. Il claqua la porte derrière lui et se dépêcha de se glisser sous la douche. L'eau chaude réchauffa ses membres endoloris. Une fois lavé, Doko s'habilla avec vivacité, se prépara du gruau et une bonne tasse de café arabica. Doko le but près de la fenêtre. Quand son gruau fut à point, il s'installa dans une chaise capitaine et entama son repas. Lentement, il savoura son plat. Malheureusement, il pensait à son comportement vis à vis d'Albafica. Il n'aurait jamais dû s'emporter ainsi. Doko le savait. Intuitif, Doko admettait qu'il devait s'excuser. Mais il ne se sentait pas très sûr de comment il comptait s'y prendre. Albafica lui en voudrait, il en était persuadé. Doko jura en finissant son repas. Il empoigna son blouson et son casque de moto. Vivement, il partit de chez lui en direction du gaz bar.
Le levé de Shion fut totalement différent de celui de Doko. Il se réveilla en superbe forme. Heureux et paisible. Visiblement, embrasser Albafica l'avait ragaillardi. Il bondit hors de son lit et se rua vers la salle de bain. Sous la douche, il savonna avec fougue en chantonnant. Propre, Shion vêtit un t-shirt gris et un jeans bleu délavé troués aux genoux. Shion se dirigea vers la cuisine, attiré par l'odeur du bacon frit. Cette divine senteur l'amena vers Albafica. Celui-là toujours en peignoir était sublime malgré son air nostalgique. Les sourcils froncés, Shion maudit silencieusement Doko. C'était sa faute si Albafica était dans cet état, il le pressentait. Shion se rapprocha et Albafica leva la tête. Ses yeux bleu marine s'accrochèrent à ceux bourgogne de Shion. La tête penchée sur le côté, Albafica esquissa un sourire tendre. Rougissant, Shion baissa les yeux vers l'omelette.
- Tu as faim? Demanda Albafica en tournant l'omelette.
- Très.
- C'est parfait, alors, chuchota Albafica en mettant du pain dans le grille-pain.
Shion gagna la table et s'assit sur une vieille chaise qui grinça douloureusement. Albafica vint le rejoindre un peu plus tard avec du pain et l'omelette. Ils entamèrent leur repas silencieusement. Shion termina son assiette et déclara doucement:
- Je vais chercher l'horaire dans ma chambre.
Sur ce, il se leva et laissa Albafica, songeur.
Shion lui transmit l'horaire et Albafica finit de manger. Il but tranquillement son thé avant de prendre sa douche. Shion était en train de laver la vaiselle quand il entendit la voix mélodieuse d'Albafica. Souriant, Shion s'approcha de la porte entrouverte et jeta un bref regard. Les yeux bourgogne de Shion s'agrandirent de stupéfaction. Nu, Albafica se lavait énergiquement. Ses cheveux bleutés relevés en chignon relâché frisottaient. Sa peau luisait d'humidité. Shion jura et s'enfuit, mal à l'aise. Qu'est-ce qui lui avait prit de regarder? Shion verrouilla la porte derrière lui et se dirigea d'un pas décidé vers le gaz bar. Il alluma la caisse, tourna le panneau ouvert-fermé et déverrouilla la porte d'entrée. Après une profonde inspiration, il tenta de chasser l'image enchanteresse d'Albafica, en vain. Comment allait-il réussi à regarder celui-là en face après ça? Shion soupira et son regard erra à l'extérieur du gaz bar. Doko, sur sa moto, vêtu de son blouson en cuir, se gara et débarqua. D'un pas décidé, il marcha vers le gaz bar. Lorsqu'il ouvrit la porte, un vent chaud s'engouffra dans la pièce. Doko le dévisagea et sourit lentement. Les dents serrés, Shion marmonna:
- Que fais-tu ici?
- Même pas de bonjour? Je suis vexé, avoua Doko sans se départir de son sourire. Bonjour, Shion.
- Bonjour, Doko, fit simplement Shion.
- Est-ce qu'Albafica est là? Demanda poliment Doko.
- Que lui veux-tu? S'enquit Shion avec force.
- Lui parler...
- Tu ne trouves pas que tu l'as assez blessé...
Les yeux de Doko s'assombrirent.
- Tu devrais te mêler de tes affaires, Shion.
- Va-t-en, Doko, lui cria Shion, furieux.
Doko leva la main et voulut l'abattre sur la joue de Shion, mais Albafica lui saisit le poignet au vol.
- Doko, qu'est-ce qui te prends? Lâcha Albafica en le repoussant.
Shion, blême, fixa Albafica puis Doko et déclara simplement:
- Tu commences dans vingt minuts.
Shion tourna les talons et s'en retourna à la caisse. Albafica entraîna Doko à l'extérieur. Doko l'observa, furibond.
- C'est à cause de toi que tout ça arrive!
Les sourcils froncés, Albafica contempla Doko.
- Vraiment? Fit Albafica, sarcastique.
- Tu l'as monté contre moi!
- Toi et tes complots! Le seul complot qu'il y a c'est celui d'Athéna...
- Ferme-la! C'est de ta faute, point barre!
- Il m'aime, je n'y peux rien. Si je n'avais pas été empoisonné ni tué, nous aurions été ensemble.
- Tu ne t'en tireras pas comme ça, Albafica, hurla Doko en partant.
Doko enfourcha sa moto et démarra en trombe. Albafica revint au gaz bar. Shion le regardait, hébété.
- Ne t'en fais pas, il va se calmer, lui dit Albafica avec amusement.
- Je n'en suis pas si sûr...
- Bien entendu! Le rassura Albafica en prenant la place à la caisse.
Un client rentra et Shion commença à trier la marchandise pendant qu'Albafica servait habilement le client en souriant. Malgré tout ça, Albafica se sentait mélancolique.
L'avant-midi passa plus vite que les deux jeunes hommes l'eurent cru. Albafica, derrière le comptoir, triait l'argent que le gaz bar avait empoché. Les clients avaient abondés durant les premières heures après l'ouverture. Albifica se débrouillait comme un charme pour servir la clientèle. Sa politesse l'aidait beaucoup. En plus d'être élégant et beau. À la dérobée, Shion l'observait de ses yeux bourgogne. Leurs regards se croisèrent en haut de la caisse et Shion baissa la tête, rougissant. Le souvenir encore vif du matin le remplissait de honte. Shion n'avait jamais épié quelqu'un qui prenait sa douche. C'était trop malsain pour lui. Le voyeurisme ne lui seyait pas. La preuve apparaissait noir sur blanc, il ne pouvait même plus regardé Albafica en face. Quelle risée! Pensa Shion en fixant sa montre. L'heure de la pause. Debout, il s'approcha d'Albafica. Celui-là lui dédia un superbe sourire. Shion lui rendit et s'appuya contre le comptoir.
- C'est l'heure de la pause.
- Je la prendrais plus tard, l'avertit Albafica doucement.
- Ce type, Doko, c'est quoi son problème...
- Il est fou d'amour, c'est tout.
Perplexe, Shion écarquilla les yeux.
- Pour toi?
Tristement, Albafica sourit.
- Non, pas pour moi.
Sur ce, Albafica se mura dans le silence. Abasourdi, Shion le laissa à ses sombres pensées. Dans l'escalier, il comprit. Doko était amoureux de lui. C'était pour ça qu'il ne supportait pas son affection pour Albafica. Furieux, il ouvrit la porte de son appartement et tomba nez à nez avec Doko qui mangeait une pomme. La tête inclinée sur le côté, Doko eût un grand sourire. Shion referma la porte avec un claquement sonore. Cela démontrait toute sa colère. Il bouillonnait de rage contenue envers Doko. Celui-là termina sa pomme et lança le coeur dans la corbeille. Ses longues jambes étirées devant lui, Doko ne se départit pas de son sourire en fixant Shion. Celui-là lui jeta un regard mauvais.
- Pourquoi ne me laisses-tu pas en paix, Doko?
- Parce que je t'aime.
Avec un rire cynique, Shion lâcha:
- Tu me connais depuis quelques jours seulement.
- C'est faux! Si tu pouvais te souvenir...
- Me souvenir de quoi?
- De nous! Hurla Doko en brandissant un doigt vers son coeur.
Rapidement, Doko fut sur lui. D'une main habile, mais brusque, il attira le beau visage de Shion vers le sien. Avec fougue, Doko lui prodigua un long baiser. Shion ferma les yeux et se laissa dériver dans les bras puissants de Doko. Accroché à sa veste de cuir, Shion humait le parfum boisé de Doko. Par instinct, Shion le repoussa et lui administra une gifle monumentale. Mort de rire, Doko s'enfuit par la fenêtre. Shion le regarda pendait qu'il enfourchait sa moto et partait en trombe. Shion caressa ses lèvres meurtries par le baiser passionné de Doko de la balance. Ses yeux errèrent quelques instants encore avant qu'il se resaisisse et maudisse le fougueux Doko. Pourquoi s'obstinait-il à le vouloir? Shion se promit de questionner Albafica. Résolu, il se prépara du café et s'installa près de la fenêtre pour relaxer, songeur.
Fin du Chapitre Un.
