Merci à tous pour vos commentaires, je suis très contente que ma fic vous plaise !

J'espère que vous continuerez à la lire après ce chapitre 2...

Chapitre 2 : cœur meurtri

Elle s'était réveillée dans une chambre d'hôpital nimbée de soleil, Jane et Cho assis de chaque côté du lit, Grace et Rigsby assis au fond de la pièce. C'est Cho qui avait parlé le premier.

Salut Patron, comment vous sentez-vous ?

C'était une question rhétorique car ça ne pouvait pas aller bien.

Ça va Cho, merci, je suis juste un peu endolorie.

Je sais que vous êtes fatiguée mais on doit vous poser quelques questions.

Je connais la procédure, y'a pas de problème.

Elle avait croisé furtivement le regard de Jane et son expression était indéfinissable, mélange de soulagement et de colère. Elle avait très vite détourné le regard, sachant très bien ce qu'il pourrait y voir.

Ils avaient attendu un long moment dans cette chambre qu'elle se réveille. Il s'était assis à côté du lit et avait tenu sa main, voulant la sentir bien vivante sous ses doigts. Il avait eu si peur pour elle après que Red John ait répondu à sa place. Son cœur s'était arrêté de battre. Il était persuadé qu'il la retrouverait morte, que Red John allait la lui prendre, elle aussi. Après leur dispute au restaurant, il avait essayé de l'appeler mais elle n'avait pas répondu. Alors il avait laissé un message pour s'excuser et lui dire qu'ils devaient en parler mais elle ne l'avait certainement pas eu. Elle allait mourir sans qu'il ait eu le temps de s'excuser, de lui expliquer qu'il avait juste peur pour elle, qu'elle ne devait pas se mettre en danger. En rentrant dans cette maison, les images de sa femme et de sa fille lui étaient revenues en mémoire. Il s'attendait à une troisième vision d'horreur, la seule personne qui comptait désormais morte à cause de lui. Quand il l'avait vu étendue sur le sol, Cho à genoux à ses côtés en train de défaire ses liens, il était resté sur le pas de la porte, la peur le clouant sur place. Et puis, il avait lu sur le visage de Cho qu'elle était vivante et s'était précipité pour la prendre dans ses bras. Red John s'était montré moins cruel cette fois, il la lui avait laissée. Mais après le soulagement, alors qu'ils attendaient son réveil, une colère sourde s'était insinuée en lui. Oui, il était en colère. Contre Red John bien sûr mais aussi contre lui-même car il l'avait mise en danger en lui parlant de la liste et en étant trop proche d'elle. Pire encore, il était en colère contre elle d'être allée là-bas toute seule, de s'être mise en danger, de n'avoir pas vu le piège qui se refermait sur elle. Il en était là de ses réflexions quand elle commença à expliquer ce qui s'était passé.

Elle expliqua l'appel reçu au CBI qui correspondait à l'adresse où se trouvait Partridge, le bruit qui l'avait poussé à entrer pour ne pas le laisser s'échapper, le corps de Partridge tombé d'un placard et les mots qu'il avait prononcés « tigre, tigre » avant de mourir, le pistolet électrique et son réveil avec Red John dans la pièce dissimulé derrière son masque, quelques bribes de leur conversation dont l'évocation de Loreleï et Miranda, son départ quand il avait entendu les sirènes. Elle avait bien sûr omis le plus important. Cho le savait mais n'avait pas relevé, respectant ainsi la promesse qu'il lui avait faite.

J'oublie certainement des choses mais je suis un peu fatiguée, on pourra reprendre plus tard ?

Bien sûr, Patron.

Jane s'était alors levé, visiblement énervé.

- Laissez- moi résumer Lisbon : Vous êtes allée là-bas toute seule et vous n'avez pas attendu le groupe d'intervention pour rentrer dans la maison en sachant très bien qu'il était certainement à l'intérieur. Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva ! Red John vous a neutralisée, ligotée et a gentiment discuté avec vous. ll vous a eue comme une bleue, oui ! Vous vous rendez compte qu'il aurait pu vous tuer ? Je vous avais pourtant prévenue mais non, vous n'en avez fait qu'à votre tête, comme une gamine capricieuse. Vous vous êtes jetée dans la gueule du loup comme je l'avais dit. Et non seulement vous n'avez pas été foutue de vous défendre mais vous n'avez rien remarqué de particulier, un détail, une odeur, n'importe quoi ! Vous parlez d'un agent du CBI, même un enfant de chœur aurait fait mieux ! J'étais à deux doigts de l'avoir et vous avez tout foutu en l'air !

Elle le regardait sans vraiment croire ce qu'il disait, sans vraiment croire la rancœur et le mépris qu'elle voyait dans ses yeux. Ses coéquipiers ne comprenaient pas plus sa réaction, seul Cho osa s'opposer à Jane.

Jane, arrête ça tout de suite, tu ne sais pas ….

Mais Lisbon le stoppa net.

Non Cho, il a raison, je n'ai aucune excuse.

Mais...

Non Cho, je me suis faite avoir comme une débutante.

Elle a raison, Cho, ce n'est pas défendable.

Il sortit de la chambre en claquant la porte. Grace et Rigsby n'avaient pas ouvert la bouche tandis que Cho, si calme d'habitude, fulminait.

Vous ne pouvez pas le laisser vous traiter comme ça, pas après …

Jamais Cho, quoiqu'il arrive, vous m'avez promis !

Ils étaient partis quelques minutes après pour la laisser se reposer. Une fois seule, elle laissa libre cours à ses larmes. Elle qui n'avait pas pleuré pendant que Red John la violait ne pouvait plus s'arrêter. Elle ne s'était pas attendue à une telle réaction de sa part. Elle pouvait comprendre sa colère, ils étaient près du but et lui si près d'accomplir sa vengeance. Il avait raison dans un sens, elle l'avait laissé filer. Pourtant, elle ne méritait pas qu'il la traite ainsi. En quelques phrases, il l'avait traitée de gamine capricieuse et avait souligné son inconscience et son incompétence. Elle était blessée, son cœur était blessé, blessé qu'il puisse penser ça d'elle. Elle savait bien que, sous le coup de la colère, les paroles dépassaient souvent la pensée mais à ce point... Il était en colère mais il ne pensait pas à ce qu'elle avait dû endurer, elle ! Quel égoïste il faisait ! ... Et pourtant, elle ne voulait pas qu'il sache, il ne devait jamais savoir car elle savait bien ce qui arriverait : il s'en rendrait coupable, alors que Red John avait voulu la punir elle tout autant que lui. Il vivait déjà avec le poids de la culpabilité depuis tant d'années, elle ne pouvait pas faire ça. Elle devait le protéger malgré tout, lui dire et le faire souffrir n'atténueraient pas sa peine à elle. Elle arriverait à vivre avec, du moins le croyait-elle, mais pas lui.

Le défilé des médecins avait occupé le reste de la journée. Elle avait eu droit à tous les examens d'usage, aux traitements anti-viraux et à la visite de la psychologue. C'est cette dernière consultation qui avait été le plus pénible. C'est elle qui lui avait appris pour l'empreinte laissée par Red John, un smiley gravé au couteau au dessus de son sein gauche. C'est seulement à ce moment là qu'elle en ressentit la douleur. Jusque là, elle n'avait pas eu mal et n'avait même pas remarqué le pansement. C'était là la preuve que les blessures psychologiques sont parfois plus douloureuses que les blessures physiques. Il avait dû lui faire ça quand elle était inconsciente et la peur l'avait ensuite comme anesthésiée. Sur les conseils de la psychologue, elle retira le pansement pour regarder cette marque. Il l'avait marquée comme un vulgaire animal et chaque fois qu'elle verrait cette marque, elle penserait à lui. La psychologue l'avait rassurée en lui disant que la marque n'était pas très profonde et que la chirurgie plastique pourrait arranger ça très bientôt. Effacer les traces du corps serait plus facile que celles figées dans sa tête et dans son cœur.

Elle passa quelques jours à l'hôpital. Très vite, la colère avait succédé à la fatigue, l'abattement et l'incompréhension. Jane avait essayé de l'appeler plusieurs fois mais elle avait rejeté ses appels. Il avait tenté de lui rendre visite, lui portant une plante d'orchidées blanches, ses préférées, pour se faire pardonner. Mais sa chambre était gardée et malgré les ruses, il n'avait pas réussi à duper les gardes. Quand il apprit sa sortie, il se rendit chez elle mais trouva porte close. Arrivé au bureau, il décida de questionner Cho.

Ecoute Cho, il faut que je lui parle mais elle n'est pas chez elle et elle ne répond pas à mes appels.

Cho, qui était déjà très en colère contre lui, resta pourtant très calme, ce qui rendit ses paroles encore plus dures.

Ah... et tu ne comprends pas le message ? Vu la façon dont tu l'as traitée et les horreurs que tu lui as dites, tu as le culot de vouloir lui parler ? T'es un minable !

Tu as raison, je me suis comporté comme le dernier des idiots, je ne sais pas ce qui m'a pris, je veux m'excuser et …

Tu es inexcusable ! Comment peux-tu espérer qu'elle t'excuse ? Ou alors veux-tu simplement soulager ta conscience même si je doute que tu en aies une …. Finalement, c'est Red John qui avait raison : tu es arrogant, imbu de toi même et égoïste, ainsi que le roi des charlatans ! Tu peux être fier de toi, on est tous tombés dans le panneau ! Tu ne mérites pas des amis comme nous et surtout comme Lisbon. Alors fiche-lui la paix, elle a déjà beaucoup trop souffert par ta faute !

Tu te trompes sur moi, Cho.

J'aimerais...

Les paroles faisaient mal mais le mépris dans ses yeux était encore pire.

A sa sortie d'hôpital, elle avait décidé de partir à Chicago chez ses frères. Ils s'inquiétaient pour elle et elle ne voulait pas rester seule. Ce séjour lui avait changé les idées, toute cette agitation avec les enfants l'avait empêchée de trop réfléchir. Ses frères s'étaient contentés d'être là pour elle, comme elle l'avait fait pour eux quand ils étaient enfants. Toute cette histoire aurait au moins un point positif, elle avait renoué avec eux. Ils lui avaient posé quelques questions et elle leur avait juste expliqué le minimum. Pour l'instant, elle ne voulait pas en parler, elle voulait juste oublier, oublier Red John, oublier Jane et ce qu'il pensait d'elle, juste oublier.

Quand elle était partie de Chicago près de quinze jours plus tard, elle avait l'impression d'aller mieux même si ses nuits étaient hantées par des cauchemars et que l'appétit l'avait abandonnée. Mais une fois seule chez elle, la réalité la frappa de plein fouet. NON elle n'allait pas bien et Oui elle était en colère !