Titre: Croire en l'impossible.

Chapitre 1.

Point de vue de Bella:

Alors, c'était comme ça ? Monsieur avait décidé qu'il avait trop joué la comédie et, donc, c'était pourquoi il me laissait au beau milieu d'une forêt ! Non, mais… Pour qui me prenait-il, cet âne pompeux ?

Revenant à la réalité, je regardai autour de moi pour me voir perdu au milieu de nulle part, et, cela, je ne savais où, au milieu des bois environnants de Forks. Tout ce que je savais, c'était quelque part près de la maison de Charlie.

Je soupirai d'irritation à cause de ce vampire maudit et de ses manières. Bon Dieu ! Sa mère, ou du moins Esmé, ne lui avaient-elles pas apprit de ne jamais laisser une jeune femme, ou une femme tout court, dans un endroit isolé et paumé au milieu de nulle part sans moyen de retrouver son chemin ? Apparemment, non !

Une dizaine de minutes plus tard, j'inspirai profondément, afin de calmer la colère qui montait petit à petit à la surface, tout en tirant mes cheveux dans la frustration avec moi-même.

Merde ! Le jour où j'avais décidé de me fondre dans la masse de la population de la ville, j'aurais dû me briser une jambe ! Heureusement, dans toute cette histoire que les Cullen n'avaient pas découvert mon acte ou le secret que j'avais gardé caché d'eux. Dire qu'ils croyaient vraiment que j'avais appris sur les vampires à cause d'eux… Quelle bande de crétins !

Fermant les yeux, je visualisai rapidement la maison de Charlie et, un instant plus tard, je me retrouvai debout derrière celle-ci. Ah… le transplanage ! Très pratique et rapide. Vite fait, j'entrai à l'intérieur de la maison par la porte arrière.

« Bella ? » Demanda la voix de Charlie Swan alias Charlie Wesley.

Rapidement, je marchai vers le salon où se trouvait Charlie.

En arrivant dans la pièce, je le vis avec une note dans sa main et il me regarda avec des sourcils froncés, lorsqu'il me remarqua.

« Tu peux m'expliquer le sens de cette note parce que, là, je ne comprends rien… » Demanda-t-il.

« Que veux-tu dire ? » Le questionnais-je à mon tour dans la confusion.

« Eh bien, d'après cette note, tu es censé être partit faire une promenade dans les bois avec ce crétin d'Edward Cullen, mais je connais parfaitement ton écriture et ce n'est pas la tienne. Une bonne imitation, certes, mais pas ton écriture. » Déclara-t-il en guise d'explication.

« Cet âne ! D'un, il me quitte au milieu d'une forêt et, de deux, il se permet aussi de se faire passer pour moi en écrivant à ma place une note ridicule ! » Fulminais-je en serrant mes poings sur mes côtés.

« Il a fait quoi ? » S'exclama Charlie avec des yeux abasourdis. « Je ne peux pas le croire ! » Rajouta-t-il en secouant la tête.

« De toute façon, ce n'est pas une grande perte. Tu sais que je ne l'aimais pas vraiment. La seule raison pour laquelle j'étais avec lui, c'était pour surveiller qu'il ne découvrait pas mon secret ou le tien d'ailleurs. » Expliquais-je d'un haussement d'épaules nonchalant.

« Je ne comprends toujours pas comment ils n'ont pas réalisé que nous n'étions pas des humains ordinaires. » Se moqua Charlie en roulant des yeux.

« Ouais, je sais… Pour des vampires, ils n'étaient pas très futés et intelligents, même si je suis sûr que Jasper avait un doute. Cependant, je sais qu'il ne dira rien, car je m'étais lié d'amitié avec lui. Le reste des Cullen le sous-estime. S'ils savaient seulement qui il était vraiment et le danger qu'il représente pour eux… » Soupirais-je. « En plus, ils auraient dû sentir la magie dans notre sang et celle nous entourant. Une autre chose, nous sommes tous les deux des sorciers assez puissants. Je pense qu'ils ont confondu notre sang avec celui d'un chanteur. L'odeur de notre sang est beaucoup plus forte et plus puissante qu'un autre, à cause de notre magie. Edward m'a dit que j'étais sa chanteuse et les autres ont dit que mon sang était enchantant et enivrant. Je pense qu'ils ont confondu un chanteur et le sang d'un sorcier. » Commentais-je avec une expression pensive, dessinée sur mon visage.

Avant que Charlie puisse ajouter quelque chose de plus, une chouette de couleur beige entra dans la pièce et se posa sur le dossier de l'un des fauteuils, tout en me regardant fixement et attentivement. Je la reconnus immédiatement pour appartenir à la famille Tonks.

Je m'inquiétai aussitôt… était-il arrivé quelque chose à Teddy ou à Andromède ?

Très vite, je marchai vers la chouette et je lui pris le morceau de parchemin, accroché à l'une de ses pattes.

Bella,

Tu dois revenir au pays au plus vite. Je suis malade et il ne me reste plus beaucoup de temps. Je ne vais pas entrer dans les détails par cette lettre, mais tu dois savoir que c'est à cause d'une malédiction de magie noire, que j'ai reçue de l'un des mangemorts du Seigneur sombre durant la guerre, lorsque Ted et moi avons été attaqués. Les effets sont de pire en pire et les guérisseurs de Ste Mangouste ne me donnent pas beaucoup de temps. Je sais que j'aurais dû t'en parler avant, mais je savais que tu avais besoin d'être loin de tout pendant un certain temps.

À présent, tu es le seul parent de Teddy avec ton frère, mais j'ai beaucoup plus confiance en toi pour s'occuper d'un enfant de bas âge, que ton frère qui est endoctriné par les Wesley.

Je n'aime pas le faire de la sorte, mais reviens. Je vais mourir et Teddy a besoin de quelqu'un pour s'occuper de lui.

Avec mon affection et ma tendresse.

Andromède.

À ces mots, je relevai la tête vers Charlie avec des larmes dans les yeux. Ma vision était floue, tellement mes yeux étaient remplis de larmes contenues.

Enfin, après quelques secondes, mes larmes s'écoulèrent d'elles-mêmes, sans que je puisse les arrêter.

Juste après la guerre, j'avais passé autant de temps que possible avec Andromède, ainsi que Teddy, et je m'étais attaché à elle. Ça faisait mal de savoir qu'à son tour, elle allait mourir et que j'allais devenir la seule famille que Teddy aura. Je ne voulais pas ça pour lui, mais je savais que je ne pouvais rien y faire. Je savais une chose, j'allais être présente pour lui.

« Andromède est malade… Il faut revenir en Angleterre. J'avais déjà décidé de retourner là-bas, mais on dirait que c'est plus tôt que prévu. Il est temps d'y aller ! » Dis-je avec un boule gênante dans ma gorge, tout en réprimant le sanglot voulant sortir de ma bouche.

En réponse, Charlie hocha la tête, montrant sa compréhension et son consentement.

Ensemble, nous montâmes les escaliers vers l'étage supérieur de la petite maison, afin de préparer nos affaires, et je n'oubliai pas de prendre ma baguette, que j'avais cachée sous une latte du plancher de la chambre. Bien entendu, l'emplacement avait été protégé jusqu'à présent avec un enchantement de désillusion.

Ma baguette était fabriquée à partir de bois de rose et d'un crin de licorne. Elle avait une longueur d'environ 27 centimètres. Cette baguette était très utile, lors des métamorphoses et enchantements. Elle était également flexible et rapide dans les réflexes. C'était ma toute première baguette, depuis le début, lorsque j'avais été la chercher chez Ollivander, avant mon entrée à Poudlard. Elle m'avait choisi et, depuis, je ne m'en étais jamais séparé.

Une fois que nous fumes prêts, Charlie et moi, nous activâmes le portoloin international d'urgence, qui allait nous ramener en Angleterre, après, bien sûr, que Charlie et moi, nous fîmes cesser le glamour, cachant nos traits originaux et montrant ceux de Charlie Swan et Isabella Swan. Vite fait, nous redevînmes Charlie Wesley et Isabella Potter.

Que ça faisait du bien de voir le vrai moi et de revoir Charlie dans sa vraie forme et dans son corps d'origine…

Quelques heures plus tard.

Après des heures et des heures à discuter des arrangements à finaliser avec Andromède, mais aussi à régler toute la paperasserie officielle avec le ministère pour la garde permanente de Teddy, je fus désigné comme la tutrice légale de Teddy Sirius Lupin. Je n'aurais jamais pensé que si jeune, je devrais assumer le rôle de mère.

Finalement, avec Charlie et le petit Teddy, endormi dans mes bras, nous arrivâmes devant la porte de square Grimmaurd. Maison dont j'avais hérité de Sirius, après sa mort.

Surprenant tout le monde et moi la première, il m'avait tout laissé et il m'avait faite son unique héritière. Je n'avais jamais compris la raison derrière ce fait d'ailleurs, étant donné que mon frère était son filleul. Bien sûr, il lui avait légué quelques babioles et une certaine somme d'argent, mais ce n'était rien comparé à ce que j'avais eu ma possession. D'ailleurs, pour être honnête, il n'avait pas été le seul à le faire.

« Ça va aller ? » Demanda Charlie une fois que nous fumes entrer dans la maison et que j'eus trouvé une chambre pour Teddy, après l'avoir dépoussiéré à l'aide d'un coup de baguette.

Heureusement qu'avant mon départ pour les États-Unis, j'avais préparé une chambre pour Teddy et que j'avais commencé à remettre à neuf la maison Black. Tout n'était pas en état, mais c'était habitable. J'allais devoir retravailler sur la maison.

« En réalité, je n'en sais rien pour être honnête avec toi… J'ai peur de ne pas être à la hauteur ou d'être une assez bonne mère. Merde ! Je ne sais même pas moi-même ce que c'est. J'ai été privé de connaitre le sentiment. Je veux assumer ce rôle parfaitement, mais je suis inquiète si quelque chose de mal se passe. Je sais que je ne serais jamais Tonks et je ne veux pas l'être. Je ne comprends pas pourquoi Remus et elle m'ont choisi pour ce rôle, lorsque le temps était venu. Je veux dire… Harry est aussi son parrain, mais c'est à moi qu'ils ont voulu confier Teddy, si Andromède ne pouvait pas le faire ou s'il lui arrivait quelque chose. » Répondis-je dans un murmure, après m'être appuyé contre le comptoir de la cuisine avec mes mains posées sur le rebord.

« Je pense, qu'au fond, Remus, avait une intuition que quelque chose pourrait arriver et il savait qu'entre toi et Harry, c'était toi la plus mature et la plus responsable des deux. Il savait aussi que c'était toi, qui assumais entièrement toutes les responsabilités et les conséquences de tes actes. Il savait que tu pourrais te sortir d'une situation difficile et que tu serais prête à tout pour protéger son fils. Remus avait énormément confiance en toi. La preuve, il t'a confié son enfant, afin que tu l'élèves comme ton propre. En plus, il te voyait comme sa propre fille. Il te connaissait mieux que quiconque. Il t'a élevé et il savait, que s'il lui arrivait quelque chose, tu prendrais soin de son petit et c'est exactement ce que tu vas faire à partir de maintenant. »Dit Charlie avec conviction et aucune hésitation.

« Je sais… Il me manque tellement. Il a toujours été comme un second père pour moi. Là, où Sirius l'était pour Harry. » Sanglotais-je en mettant ma tête dans mes mains.

Me voyant dans cet état, Charlie vint me serrer dans ses bras puissants, quelques instants, afin de me consoler. Il savait à quel point je me sentais. Il savait tout ce que j'avais perdu à cause de cette guerre. Je n'avais plus rien, ni de f amille.

Mon propre frère avait préféré faire une croix sur moi et croire les bobards d'une petite garce, ainsi que des rumeurs circulant dans les couloirs, que moi. Ça, ça faisait vraiment mal, ça faisait le plus mal, surtout en sachant comment notre relation avait toujours été complice et fusionnelle.

« Que comptes-tu faire ? Si tu veux, tu peux rester ici, il y a largement la place. J'ai prévu de faire quelques travaux supplémentaires de ce que j'avais déjà fait, avant notre départ, mais à part ça… » Dis-je en me reculant, afin de croiser ses yeux bleu clair. « Tu vas aller au Terrier ? » Demandais-je dans la curiosité.

« Non, je vais surement aller voir George, puis je vais retourner en Roumanie. Mes dragons me manquent. » Sourit-il sincèrement et avec anticipation.

« Bien sûr… dis à George que je lui dis salut et que je viendrais dans quelques jours, le temps que je m'installe et que je m'habitue à ma nouvelle vie, en tant que parent. » Dis-je en souriant et avec un clin d'œil.

« Pas de problème, je le ferais. Je vais tout lui expliquer, ainsi il saura à quoi s'attendre. Si tu as besoin d'aide ou n'importe quoi d'autre, tu sais où me joindre. Je serais là au plus vite en cas de soucis. Pendant ce temps, on reste en contact. » Répondit-il, avant de me serrer une dernière fois dans ses bras, pour ensuite sortir de la cuisine, me laissant ainsi seule à réfléchir sur tout ce qui s'était passé dernièrement.

En effet, je n'étais nullement Isabella Swan comme les Cullen le pensaient tant. Non, j'étais bien différente de cette fille timide et naïve. J'étais le contraire.

En fait, j'étais réellement Isabella Lily Potter, sœur jumelle d'Harry James Potter, et fille de James ainsi que de Lily Potter tués par Lord Voldemort, lorsque j'avais à peine quelques mois, tout comme mon frère.

Effectivement, nous avions tous les deux survécu grâce au sacrifice de notre mère et son amour inconditionnel pour nous. Nous sommes sortis de cette épreuve avec une cicatrice chacun. Mon frère l'avait sur son front et, moi, elle était sur mon épaule droite, car, apparemment, j'avais protégé mon frère avec mon petit corps, même si c'était mon frère qui avait été visé à l'origine.

Après cela, lorsque nous avions été trouvés, mon frère a été confié à la sœur de notre mère à cause des liens de sang, qui protégeraient Harry contre les disciples de Voldemort, tandis que moi, j'ai grandi avec Remus Lupin parce que Dumbledore pensait que je ne courais pas autant de risque que mon frère. Pour pouvoir s'occuper de moi, Remus avait dû se battre avec acharnement, afin que je ne sois pas placer dans un orphelinat. D'après Dumbledore, il était préférable qu'Harry et moi étions séparés, car il y aurait moins de risque d'attaque, mais, moi, je savais que c'était des conneries et un tissu de mensonges.

Depuis le premier jour où j'avais rencontré ce vieux sorcier, j'avais su qu'il n'était pas clair et que c'était un manipulateur.

En vivant avec Remus, j'ai eu une enfance agréable et il ne m'a jamais gardé dans l'obscurité ou le secret comme le voulait Dumbledore. Il m'a donné des cours particuliers et il m'a enseigné beaucoup de choses sur le monde des sorciers, mais aussi sur la vie en général. Il m'a aussi raconté tout sur mes parents.

À mes onze ans, j'ai été à Poudlard et c'est là que j'ai rencontré mon frère jumeau. Lorsque je me suis présenté à lui, il ne savait pas qui j'étais. Personne ne lui avait dit qu'il avait une sœur. J'avais alors entrepris par la suite de lui raconter et de lui enseigner tout ce que je savais.

Les années ont passé et notre relation fraternelle était des plus fortes, même si nous avions nos différences, ainsi que nos divergences d'opinions et un différent type d'amis. Lui, il trainait avec Ron et Hermione principalement, tandis que moi, j'étais toujours en compagnie de Fred et de George ainsi qu'Hermione.

Finalement, la fin de la guerre arriva, mais aussi la fin de notre histoire à mon frère et à moi. Voulant me distancer de tout, je m'étais éloigné. Charlie Wesley m'avait accompagné. Il voulait partir aussi loin que possible de tout. Ce fut pendant cette période que je rencontrai les Cullen.

Me revoilà donc à ma vraie vie, en tant qu'Isabella Potter, le vrai moi et non un faux semblant comme je le prétendais avec les Cullen.

À présent, tout ce qui me restait après la guerre, c'était mon filleul, Teddy. Je ne pouvais même pas compter sur mon frère. Pas après la façon dont il m'avait traité et humilié. Les seules personnes qui me restaient dans mon cercle de proches étaient George, Charlie, Luna, Neville, Dean, Hermione ainsi que Drago.

Surprenant, je sais, mais Drago et moi avions toujours été amis, depuis notre entrée à Poudlard. Beaucoup n'avaient jamais accepté ce fait et l'avaient vu comme une trahison de ma part, mais je m'étais toujours foutu de ce qu'ils pensaient de mes choix et de mon comportement. C'était d'ailleurs pour l'une de ces raisons, que je ne m'étais jamais vraiment entendu avec Ron Wesley. Il n'avait jamais supporté mon amitié avec un serpent et, surtout pas celui-là. Harry et Hermione, eux, l'avaient respecté, même si Hermione l'acceptait plus facilement que mon frère.

Soupirant, je secouai la tête, afin de sortir de mes pensées du passé, et je sortis de la cuisine, puis je montai vers les étages supérieurs pour trouver une bonne nuit de sommeil, même si c'était un petit espoir, étant donné que Teddy était en pleine période où il commençait à faire ses dents.

Une fois dans la chambre, je changeai rapidement les draps du lit, qui n'avaient plus servi depuis le jour de la mort de Sirius, et je me glissai sous les couvertures, lorsque ce fut fait. Heureusement que j'avais jeté un sort sur la chambre de Teddy, afin d'être prévenu lorsqu'il se réveillait.

Trois ans plus tard.

« Bella ! » Entendis-je une voix me parvenir dans ma brume de sommeil. « Bella ! » Répéta plus fortement la voix, ce qui me provoqua de me réveiller complètement.

Difficilement, j'ouvris les yeux et je gémis d'agacement, puis je me redressai dans le lit, pris ma baguette, se trouvant sur la table de chevet sur mon côté droit, et je lançai le sort Tempus, afin de vérifier l'heure. 1h00 du matin…

Bon sang ! Qui était assez fou et suicidaire pour réveiller à une heure pareille ?

J'eus très rapidement ma réponse, puisque la porte de la chambre s'ouvrit pour révéler Luna, qui me fit un sourire penaud et rempli d'excuses.

« Luna… Tu as plutôt intérêt d'avoir une sacrée bonne raison pour me réveiller à une heure aussi avancée ! »Lui reprochais-je en la fusillant du regard

« Désolé de te réveiller à cette heure de la nuit, Bella… Je ne l'aurais pas fait dans le cas contraire. Je sais à quel point tes nuits ont été courtes et agitées récemment avec Teddy, ainsi qu'avec tes cauchemars. Je te jure que c'est une urgence et elle est médicale à cela. » Déclara-t-elle en se tenant à la porte.

« Très bien… » Soupirais-je en me frottant le visage d'une main et en jetant les couvertures de moi, pour ensuite balancer mes jambes du lit.

« Que se passe-t-il ? » Demandais-je en me levant.

« Désolé, mais je ne peux rien te dire dans les détails. J'ai besoin de ton aide en tant que guérisseur. Prends ton sac et on y va. Nous n'avons pas le temps de trainer. » Me poussa fermement Luna.

À cela, je fronçai les sourcils dans la confusion, puis je changeai mes vêtements de nuit dans un jean, une chemise et des bottes sans talons. Très vite, je m'emparai de mon sac médical et je le tendis à Luna.

Une fois que je fus sorti de la chambre, je marchai vers celle d'en face et j'allai prendre mon petit garçon, sans le réveiller, tout en l'entourant d'une couverture. Avec un coup de baguette, je préparai un sac pour lui.

« Neville va le garder durant quelques jours, le temps que tout soit réglé et normal. Il attend dans le salon. »M'informa Luna en prenant le sac et la peluche de loup de Teddy.

Je hochai la tête en signe de réponse et nous sortîmes de la chambre, pour après faire notre chemin vers le salon.

À l'intérieur de la pièce, Neville prit les affaires de Teddy, les réduits de taille, les glissa dans l'une des poches de son manteau de sorcier et il me prit Teddy des bras, qui dormait toujours profondément. Je déposai un baiser sur son front, puis Neville disparut par la cheminée.

« Allez… Allons-y… Le temps presse… » Décida Luna en me tendant mon sac et mon manteau, avant de sortir du salon et de descendre les marches menant jusqu'au rez-de-chaussée.

Assez vite, je suivis Luna et, ensemble, nous longeâmes le corridor, menant à la porte d'entrée.

En quelques minutes, Luna et moi, nous nous retrouvâmes à l'extérieur de la maison et nous marchâmes, jusque dans le petit parc environnant, se trouvant en face de l'ancienne maison Black. Très vite celle-ci disparut de notre vue.

« Bon… Où allons-nous ? » Demandais-je en me tournant vers Luna et en la regardant avec un sourcil relevé.

« Tu verras lorsque nous y serons. » Se contenta-t-elle de répondre précipitamment, avant de prendre mon bras avec sa main.

Je ne pus répondre quoi que ce soit, parce que, très vite, je sentis les effets familiers du transplanage. Un instant plus tard, je me tenais debout, devant le Chaudron Baveur. Sans attendre, Luna m'entraina avec elle à l'intérieur et elle nous dirigea vers l'une des cheminées.

« Hey, Hannah ! » Saluais-je en souriant, lorsque je passai devant la nouvelle propriétaire du pub.

« Hey… Que faites-vous ici toutes les deux de si bonne heure? » Demanda-t-elle d'une voix ensommeillée.

« Ça, je n'en sais rien. Miss Luna a décidé de me réveiller à 1h00 du mat pour mes talents de guérisseuse. »Plaisantais-je à la légère en maugréant.

« Désolé de ne pas trainer avec toi, Hannah, mais nous n'avons pas le temps. C'est urgent. On se voit plus tard. » S'excusa Luna à notre vieille compagne de Poudlard.

« Ce n'est rien, on se verra une autre fois. » Répondit joyeusement Hannah. « De toute façon, je vais aller dormir, j'attends Abby pour me remplacer. »Ajouta-t-elle en nous faisant signe de la main, avant de se retourner et de s'occuper au bar.

Luna et moi, nous hochâmes toutes les deux nos têtes et Luna me tira dans l'ouverture de la cheminée.

« Ministère de la magie ! » Déclara Luna en articulant chaque mot qu'elle prononça.

Malheureusement, je ne pus riposter quelque chose, car nous fumes engloutis dans les flammes vertes et je me sentis entrainer dans un tourbillon de couleurs et de lieux divers, avant que le décor du grand hall du Ministère se dessine.

« Luna ! Bon sang ! Pourquoi m'as-tu amené ici ? » M'exclamais-je avec reproches et fureur, tout en plissant mes yeux sur elle.

« Viens ! » Dit-elle en sortant de la cheminée et en commençant à marcher rapidement dans le hall, tout en veillant à ignorer mes tentatives pour m'échapper de cet endroit dans lequel je m'étais promis de ne plus jamais remettre un seul pied.

Soupirant de défaite, de résignation et de frustration, je sortis à mon tour et je la rattrapai, très vite, pour ensuite continuer à marcher sur son côté. J'étais tout de même soulagé de ne croiser personne dans l'Atrium, où nous nous trouvions. Je n'avais pas vraiment envie ou je n'étais pas vraiment d'humeur à faire face à toutes ces personnes, qui auraient voulu me parler.

Bon sang ! Parfois, ça craignait vraiment d'être une Potter et, maintenant, que j'avais hérité de la succession Black et Rogue, c'était encore pire qu'avant.

« Tu veux bien m'expliquer ! » Poussais-je Luna en perdant patience, une fois que nous eûmes atteint l'une des cabines d'ascenseurs.

« OK… Je ne t'ai pas dit où nous allions, parce que je savais que tu n'aurais pas voulu venir volontairement, mais, là, c'est important. Je sais que tu ne voulais plus mettre les pieds dans le Ministère, depuis la mort de Sirius, parce que ça te provoque de mauvais souvenirs, mais je n'avais pas d'autre choix, que de faire appel à toi et de demander ton aide. Je ne pouvais pas m'adresser à Ste Mangouste, car, il y aurait eu trop de questions auxquelles, je n'aurais pas pu répondre. » Expliqua-t-elle en tournant sa tête vers moi et en appuyant sur l'un des nombreux boutons, tout en m'adressant un regard rempli de remords et de regrets.

« Je suis vraiment désolé de te faire subir ça et de te faire revivre la perte de Sirius, mais je n'ai pas d'autre choix. » Ajouta-t-elle dans un murmure.

« OK… Je te suis et je comprends ton raisonnement, mais pourquoi tant de mystère ? » Lui demandais-je. « Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »Insistais-je avec un regard significatif, lui faisant aussi comprendre, que je n'allais pas reculer sans avoir une réponse décente et satisfaisante.

« Tu sais que je suis une Langue de plomb… Eh bien, depuis que je travaille ici, dans le département des mystères, j'ai entrepris des recherches avec mon superviseur. Finalement, après un très long travail de recherches, nous avons découvert quelque chose d'intéressant et nous l'avons essayé en ne sachant pas que ça allait réellement fonctionner ou pas. Étonnement, cela a résulté quelque chose, dont nous nous n'attendions pas du tout. Nous avons eu un résultat plus que suffisant et positif. C'est pourquoi j'ai besoin de ton aide médicale. »Déclara Luna avec un air grave peint sur son visage. « Crois-moi, je savais que ce genre de chose était risqué parce que ça demandait une magie ancienne, mais, finalement, je suis satisfaite, que ça ait plutôt réussi. » Ajouta-t-elle avec un petit sourire complice, exprimant quelque chose que je ne pouvais pas identifier à ma plus grande frustration et irritation.

« D'accord, je vois… mais où allons-nous au juste ? » La questionnais-je curieusement, mais en ayant aussi peur de la réponse, qu'elle allait me donner.

Je savais que le département des Mystères pouvait être très grand et très vaste, mais, là, en parlant à Luna de tout cela, j'avais comme un sentiment, que ça n'allait pas forcement me plaire. Je me sentais, tout d'un coup, très anxieuse, angoissée et craintive.

« Je suis désolé, mais si tu - … » Commença Luna, avant d'être interrompu par l'arrêt de la cabine d'ascenseur.

« Niveau neuf: Département des Mystères… » Annonça la voix robotique de l'ascenseur.

En entendant cela, j'écarquillai les yeux. Bien sûr, j'avais un pressentiment, que c'était là que nous allions nous rendre, mais c'était une autre chose, que de vraiment y être, après tout ce temps.

Ce jour-là, le jour de la mort de Sirius, je m'étais juré de ne jamais remettre un seul pied dans ce département. Ce lieu où j'avais vu mourir l'une des personnes les plus importantes de ma vie.

« Luna… » Murmurais-je d'une voix tremblante avec une larme, s'échappant de mon œil sans que je puisse la retenir.

« Je sais que c'est difficile pour toi, je sais que tu en fais toujours des cauchemars, mais j'ai besoin de tes talents hors du commun de guérisseur. Tu es la meilleure que je connaisse et je ne dis pas cela, parce que tu es mon amie. Tu es reconnu pour aider ceux, qui sont dans le besoin. Tu as fait ta réputation pour cela et pour aider, ainsi que soigné ceux qui n'en ont pas les moyens. Tu t'es fait un nom et ça n'a rien à voir avec ta célébrité. Tu es reconnu pour tes soins et tes talents. Je te demande juste ce service. Tu verras, tu ne le regretteras pas. »Dit-elle en souriant et en me prenant la main libre, avant de me tirer avec elle en dehors de la cabine.

« Très bien… En devenant guérisseur, je me suis fait le serment d'aider les personnes, qui en avaient besoin, peu importe la situation. »Répondis-je en souriant, même s'il était contrit.

Luna ne répondit rien et nous marchâmes, pendant quelques minutes, avant d'emprunter un long couloir interminable et très sombre. Le sol était fait de marbre noir et très bien ciré. Les murs étaient recouverts de carrelage de couleur noire et, tous les cinq mètres, se trouvaient une torche. Elles étaient présentes sur les deux pans de murs latéraux, jusqu'à la porte du fond. Celle-ci était faite de chêne et de couleur noire. Elle avait une grosse, unique et ronde poignée dans le centre. Très vite, nous nous arrêtâmes devant une porte et Luna l'ouvrit, après quelques secondes.

Sans un mot, nous entrâmes à l'intérieur de la pièce. Avec Luna, nous nous arrêtâmes dans le centre de la pièce et je l'observai un instant. Elle était éclairée par des torches, comprenant des flammes bleues. Il y avait également douze portes, menant à différentes salles. Cette salle était un véritable casse-tête pour les personnes, ne faisant pas partie du personnel de ce département, car, à chaque fois, les murs se mettaient à tourner et, donc, personne ne savait dans quelle salle nous allions aboutir. Heureusement que j'étais accompagné de Luna.

« Dans quelle salle devons-nous nous rendre ? » Demandais-je en redoutant la réponse.

Je savais que ce n'était pas un hasard si nous étions ici et que Luna m'avait demandé mon aide. Elle comme moi savions qu'elle aurait pu aller à Ste Mangouste, parce que certains guérisseurs intervenaient pour le Département des Mystères, comme certains autres étaient réservés uniquement pour soigner les Aurors. Si elle avait fait appel à moi, c'était qu'elle avait une bonne raison de le faire, lorsqu'elle savait, très bien, que je ne voulais plus me rendre dans cet endroit.

« La Salle de la Mort. » Répondit Luna avec compassion en faisant un sourire crispé, lorsqu'elle vit mon visage se décomposer et je dus me retenir difficilement pour ne pas m'effondrer sur le sol.

La Salle de la Mort… Je hoquetai à la réalisation et je déglutis difficilement. Il fallait que je le fasse, malgré mes craintes et mes souvenirs. C'était mon devoir en tant que guérisseur.

« Très bien. » Concédais-je à contrecœur en prenant une profonde inspiration encourageante.

Luna sortit sa baguette et fit un mouvement fluide avec elle sur l'ensemble des portes.

Un instant plus tard, l'une d'elles s'ouvrit d'elle-même. Sans hésitation, nous franchîmes la porte pour pénétrer dans une immense salle très sombre et circulaire.

Il y avait des gradins faits de pierre, menant à un sol de pierre et où étaient disposés plusieurs rochers. Dans le centre de l'espace se dressait un socle surmonté d'une arcade avec des runes anciennes dessinées dessus. Les personnes ayant perdu une personne par la mort étaient les seules à pouvoir voir un voile et entendre des murmures. Comme Luna, j'étais dans ce cas-là. Ce voile séparait le monde des vivants de celui de la mort. Le seul éclairage de cette pièce était celui des torches accrochées sur le mur circulaire de la salle.

Après avoir pris une autre inspiration profonde et, aussi vite que possible, tout en veillant à ne pas tomber en descendant les marches des gradins, je les dévalai en courant et j'atteignis le bas en quelques minutes avec Luna à mes côtés.

Un groupe de plus ou moins cinq personnes étaient agenouillées sur le sol de pierre et elles étaient penchées sur ce qui semblait la personne dont je devais jeter un coup d'œil.

« Bella… » Dit nerveusement Luna en prenant ma main en la serrant dans une prise ferme.

« Prépare-toi, ça va être un choc… » M'avertit-elle avec précaution.

À cela, je tournai ma tête vers elle et je la fixai avec mes sourcils froncés dans la confusion et l'incompréhension.

Pourquoi devrais-je me préparer ? Que se passait-il vraiment ? Que me cachait-elle ?

Enfin, après quelques petites minutes, je me reconcentrai sur la tâche à accomplir.

« Laissez-moi la place, je suis guérisseur ! » Déclarais-je fermement et avec autorité en me précipitant à toute hâte vers le groupe de personnes, formant une espèce de rempart, me bloquant de la vue.

« Guérisseur Potter… Vous ne devez parler de ceci à personne. Cela doit rester strictement dans cette salle. » Parla un homme grisonnant en se relevant du groupe.

« Je n'en ai pas l'intention, Monsieur. Cette salle représente que malheur pour moi et j'en ai un mauvais souvenir. En plus, une fois que j'ai examiné cette personne, je ne compte pas m'attarder dans ce lieu. » Répliquais-je vivement, faisant ressentir mon tempérament, et en utilisant un ton, restant poli, malgré ma nervosité évidente dû à l'endroit.

« Très bien… » Consentit-il d'un hochement de tête, puis le groupe de personnes se releva d'un même mouvement, révélant ainsi un homme inconscient.

Aussitôt, je marchai d'un pas précipité vers cet homme et je m'agenouillai à ses côtés. Ce fut seulement lorsque j'examinai son visage, que je le reconnus, même si j'avais eu un doute en voyant sa tenue, et qu'un hoquet choqué et de stupeur sortit de ma bouche, tout comme je couvris celle-ci avec ma main et regarda cet homme avec de grands yeux larmoyants.

« Sirius… » Soufflais-je dans un murmure tremblant. « Comment est-ce possible ? » Demandais-je à personne en particulier. « Je croyais qu'il était mort. Je l'ai vu moi-même tomber dans le voile et être englouti par celui-ci, pour ensuite disparaitre. Tout ce temps, je croyais qu'il était mort. » Commentais-je.

« Nous le pensions aussi, mais j'ai remarqué les runes et j'ai décidé de faire des recherches. Ça nous a pris un moment, mais, pour finir, nous avons trouvé que le voile était en réalité une sorte de prison, pendant un certain temps, jusqu'à ce que, finalement, ces âmes aillent, une fois pour toutes, dans le monde de la mort. Si nous avons pu récupérer, Monsieur Black, c'est parce qu'il est innocent des crimes, qui lui ont été injustement reprochés. Si ce n'était pas le cas, il aurait disparu, depuis longtemps. Avec Luna, nous avons essayé, car, elle, comme moi, nous étions persuadés que Monsieur Black était innocent. Cependant, nous ne savions pas si ça allait fonctionner. Heureusement, c'est le cas. » Expliqua le responsable du Département des Mystères.

Je pris une profonde inspiration, afin de calmer mes nerfs, car je tremblais comme une feuille, et je m'armai de courage, puis je me mis rapidement au travail en exécutant des mouvements complexes avec ma baguette sur tout le corps de Sirius, tout en restant uniquement concentré sur lui et sur mon travail.

Au bout de longues minutes, je soupirai de soulagement en ne trouvant aucune complication ou problème dû aux effets secondaires de sa période dans le voile. Fouillant dans mon sac, je pris une potion de nutrition et de sommeil sans rêves, afin de lui permettre de récupérer et de dormir paisiblement afin qu'il se repose convenablement.

« Depuis quand est-il sortit du voile ? » Demandais-je sans quitter des yeux Sirius, tout en remettant quelques mèches de ses cheveux en place et en caressant son visage.

« Un peu avant que je vienne te chercher. Est-ce qu'il va bien ? » Répondit Luna avec soucis dans sa voix.

« Oui, il va bien, étant donné les circonstances. Il a juste besoin de reprendre des forces, un peu de repos et d'être nourri correctement. Je vais procéder lentement pour ce dernier, car je ne sais pas comment son corps va réagir, depuis qu'il n'a plus eu de nourriture et, ça, depuis un sacré bout de temps. Je vais également lui faire faire des exercices, afin de détendre ses muscles. Par contre, je ne sais pas exactement comment son corps va se comporter ou s'il va y avoir des effets secondaires. Je ne peux pas le dire à l'avance. Il faut juste être patient et attendre. Je vais garder un œil très attentif sur lui. Dans ces circonstances, il ne peut pas être transféré à Ste Mangouste. Je vais le prendre chez moi et prendre soin de lui. Heureusement, j'ai le matériel qu'il me faut à disposition. » Murmurais-je en poussant un soupir de soulagement.

« Tenez, je vous ai fait un Portoloin, afin de vous rendre chez vous, plus facilement et sans complication, Guérisseur Potter… De notre côté, nous allons nous charger de la paperasse, afin de réintroduire, Monsieur Black, dans la société, mais il faudra un peu de temps pour cela. Heureusement, il a été innocenté, juste après la fin de la guerre, grâce aux souvenirs que vous nous avez fournis de Peter Pettigrow. » M'indiqua le chef des Langues de plomb.

« Heureusement que j'y ai pensé, avant que Dobby nous ait sortis du manoir Malfoy. J'ai simplement eu de la chance que, Remus Lupin, m'avait appris comment le faire. » Répondis-je avec un hochement de tête, tout en prenant le morceau de pierre, qu'il me tendit.

« Il s'enclenchera dans quelques minutes. Luna, allez avec, afin de l'aider à installer, Monsieur Black, puis prenez, donc, votre semaine. Vous l'avez bien mérité. » Déclara le Langue-de-plomb en se tournant vers Luna et en lui souriant aimablement.

« Merci, Monsieur. » Répondit Luna, avant de s'agenouiller sur l'autre côté de Sirius et de placer sa main sur son bras.

Soudainement, une lumière bleutée émana de la pierre dans ma main et j'eus juste le temps de poser ma main libre sur mon sac et de poser ma main avec la pierre sur le torse de Sirius, avant que nous fumes, tous les trois, attiré dans un tunnel flou et brumeux.

Quelques instants plus tard, nous atterrîmes dans le parc familier en face du square Grimmaurd. Sans m'attarder, je jetai un sort de Désillusion sur Sirius, puis je le fis léviter jusqu'à l'entrée du square, tout en surveillant les alentours, lorsque je marchai jusqu'au perron. Luna ouvrit la porte, dont j'avais déverrouillé avec ma magie, puis j'entrai à la suite de Sirius, toujours en lévitation, et je fus suivi de Luna.

Au bout d'un certain nombre de minutes, je désactivai le sortilège de Désillusion et nous passâmes devant le portrait de Madame Black, qui écarquilla les yeux en voyant le corps inconscient de son fils, mais je ne lui laissai pas le temps de prononcer un mot ou de m'attarder sur elle, parce que j'avais besoin d'installer Sirius confortablement.

Très vite, j'entrai dans ma chambre, qui était aussi anciennement celle de Sirius, et je le posai sur le lit.

« Ça va aller ? » Demanda Luna en revenant de la salle de bain avec une bassine d'eau et une éponge dans ses mains, ainsi qu'une serviette propre installée sur son épaule.

« À vrai dire, je ne sais pas… mais je pense que oui… J'ai encore du mal à réaliser, mais je vais y faire face plus tard, lorsque ça sera le moment. Pour l'instant, je dois m'occuper de Sirius et de son état de santé. Tu devrais retourner chez toi rejoindre Neville et Teddy. Prends soin de mon petit garçon en attendant que celui-ci se rétablisse correctement. Il a besoin de tout le repos possible et, ça, sans interruption. » Dis-je en hochant ma tête vers Sirius, pour ensuite aller vers le vieux coffre en chêne, se trouvant au bout du lit où étaient encore de vieilles affaires appartenant à Sirius. Je n'avais pas eu la force de m'en débarrasser et, heureusement, que je ne l'avais pas fait, en fin de compte.

« Bien sûr, je comprends et je vais le faire. Ça fera de l'entrainement pour plus tard. De toute façon, ce n'est pas la première fois, que nous le gardons et nous aimons avoir Teddy à la maison. Dis-moi, que comptes-tu faire au sujet d'Harry ? » Demanda Luna avec soucis d'un ton concerné.

« Pour être honnête avec toi, je n'en sais rien. Je pense qu'il est préférable d'attendre un peu et de voir l'état de Sirius, puis je contacterais, soit Hermione, soit George, afin qu'Harry soit mis au courant de la nouvelle situation. Franchement, je n'attends plus rien de lui, que ce soit pour Sirius ou pour Teddy. J'ai essayé d'entrer en contact avec lui, à plusieurs reprises, après la mort d'Andromède, mais, à chaque fois, ça a été un échec. Tous les courriers, que je lui ai envoyés, me sont revenus. Au fil du temps, j'ai abandonné tout espoir qu'il soit dans la vie de Teddy en tant que parrain. J'ai essayé de lui envoyer des lettres, mais elles me reviennent continuellement. J'ai essayé le réseau de cheminées, ça a eu le même effet. Soit Ginny, soit Madame Wesley me bloquent. Je vais peut-être en parler aux gobelins, afin qu'ils envoient une lettre officielle à Harry et de l'informer de la situation actuelle. C'est ma seule solution. »Soupirais-je, tout en secouant la tête de façon dépitée, pour ensuite fouiller dans le coffre en bois à la recherche de vêtements appropriés pour habiller Sirius et qu'il soit à l'aise.

« Je sais, Bella, je sais… Je ne comprends toujours pas ce qui s'est réellement passé pour qu'Harry change si radicalement. J'étais présente, lorsque ça s'est passé, mais je n'arrive toujours pas à comprendre. Je veux dire, toi et lui, vous étiez si proches. Vous étiez inséparables et, là, du jour au lendemain, plus rien… Il y a un truc de louche là-dedans. Qu'est-il arrivé pour que tout cela change ? » Commenta Luna en venant près de moi, tout en passant sa main dans mon dos en le caressant avec affection, car elle savait à quelle profondeur, ça me touchait.

La perte de mon frère avait failli me détruire… Si ce n'avait pas été pour mes amis, pour Teddy et Andromède, je ne sais pas ce que j'aurais fait…

« Je ne suis pas sûr de ce qui s'est réellement produit pour qu'Harry devienne cette personne cruelle et froide, mais j'ai peut-être une idée. Je trouve ça, tout de même, étrange qu'il tombe raide dingue amoureux de cette garce et, qu'avant cela, il ne lui avait jamais épargné un second regard. Pour t'avouer tout, la seule fille qui l'intéressait, c'était Hermione, mais il n'a jamais rien fait à cause de Ron. Je lui ai pourtant dit que c'était stupide, parce qu'Hermione et Ron n'étaient pas du tout compatibles pour être ensemble. Pour Harry, Ginny était juste la sœur de Ron et c'était tout. Je suis persuadé, qu'elle a dû avoir fait quelque chose et elle l'a préparé longuement à l'avance. Elle a planifié son plan un bon moment avant de le réaliser. Lentement, elle a tissé sa toile en attendant le moment opportun pour attaquer et pour piéger Harry. Ça a d'abord commencé après la mort supposée de Sirius, car elle savait combien il était important pour Harry et à quel point Harry prenait mal sa mort, mais aussi à quel point il était vulnérable et n'oublions pas le fait qu'il avait baissé sa garde à ce moment-là. Après cela, il y a eu la mort de Dumbledore. C'est à partir de là, qu'elle l'a emprisonné, une bonne fois pour toutes. Le moment crucial, c'était à la fin de guerre, lorsqu'il ne restait plus rien pour Harry, mais moi. » Murmurais-je amèrement avec une note de colère et d'agressivité, tout en ayant une mâchoire crispée.

« Ginny a utilisé toutes les rumeurs, qui circulaient à mon sujet dans les couloirs, afin de me faire passer pour une mauvaise personne dans l'histoire. Elle l'a nourri de tous les mensonges possibles, mais aussi de sa colère. Ça a été très facile pour elle de le manipuler comme une marionnette. »Ajoutais-je en sifflant entre mes dents avec venin et haine.

« Tu crois qu'Harry pourrait être sous l'effet d'un philtre d'amour ou un truc dans ce genre ? »Demanda Luna inquiète.

« J'en suis sûr, mais je n'ai pas la preuve. Crois-moi, je vais l'obtenir et je sais comment le faire. Ne trouves-tu pas étrange comme coïncidence, que, Madame Wesley, soit une bonne potioniste ? En plus, tout le monde sait qu'elle l'a fait à, Monsieur Wesley, lorsqu'ils étaient à Poudlard. »Dis-je avec un clin d'œil significatif, pour ensuite aller sur le côté du lit et m'assoir sur le matelas près de Sirius, afin de prendre soin de lui et de le nettoyer.

« Lorsque tu le mets ainsi, ça a du sens quand on y réfléchit vraiment. » Se mit d'accord Luna en utilisant une voix pensive. « Bon… Je vais y aller. Tiens-moi au courant de toute amélioration ou autre. Si tu as besoin d'aide, fais-le-moi savoir. » Déclara-t-elle, avant de me donner une brève étreinte et de sortir de la pièce.

Une fois que Luna fut sortie de ma chambre et de la maison, je m'assurai de verrouiller et de bloquer l'entrée des cheminées, ainsi que des appels. La seule exception était pour Luna, George, Charlie et Drago.

Cela fait, je déshabillai très lentement avec douceur et délicatesse Sirius en veillant à ne pas le réveiller. C'était vraiment bizarre de le voir et, en plus, dans les mêmes vêtements que ceux du jour où nous avions été confrontés aux mangemorts dans le Ministère. Ce qui était le plus troublant et le plus frappant, c'était qu'il n'avait pas pris une seule ride. Au contraire, il paraissait avoir le même âge que moi. Il n'avait pas vieilli, mais rajeuni de cinq, si pas dix ans à la place.

Merde ! Heureusement que pendant ma formation de guérisseur, j'avais appris à être devant un homme nu parce que, là, c'était tout un spectacle et étrange à cela. En général, les hommes, auxquels j'étais confronté, étaient des personnes, que je ne connaissais pas, mais Sirius, je le connaissais très bien.

Bon, je devais avouer que, depuis le début, lorsque je l'avais rencontré dans ma troisième année, je l'avais, dès le début, trouvé très attirant et attractif, mais, là, c'était une tout autre histoire.

Me secouant de mes pensées lubriques, je me reconcentrai dans ma tâche, qui consistait à laver Sirius. Après cela, je le séchai et l'habillai d'un bas de pyjama. Vite fait, je fis disparaitre la bassine et la serviette, avant de recouvrir Sirius de la couette du lit. Satisfaite, je jetai plusieurs sorts de surveillance sur lui, puis je sortis de la pièce et je descendis jusque dans la cuisine. En chemin, je me dévêtis de mon manteau de sorcière et j'enlevai également mes bottes, afin de me promener pratiquement pieds nus.

Une dizaine de minutes plus tard, j'entrai dans la cuisine, j'allumai les bougies et torches d'un coup de baguette, puis je me dirigeai vers le comptoir de la cuisine, pour ensuite m'y appuyer et frotter mon visage de mes deux mains, tout en soupirant de lassitude, ainsi que d'épuisement.

« Maitresse devrait dormir à cette heure avancée de la nuit. » Réprimanda Kreattur en s'approchant de moi, tout en tenant une tasse de café dans ses petites mains.

« Je sais, mais il y a eu une situation d'urgence à laquelle je devais être présente et aider. Sirius est bien en vie. » Dis-je en prenant la tasse dans une de mes mains.

« Je pensais que mauvais Maitre Black était mort ! » S'indigna Kreattur dans le mécontentement.

« Je le pensais aussi, jusqu'à il y a peu et jusqu'à ce que je le vois moi-même. » Soupirais-je, avant de boire quelques gorgées de café qui allaient me maintenir réveiller un peu plus longtemps.

« Avez-vous besoin d'autre chose de Kreattur, Maitresse ? » Demanda-t-il dans l'attente.

« Non, Kreattur, merci pour le café. » Répondis-je en souriant de reconnaissance.

« Reposez-vous ! » Ordonna-t-il, avant de sortir de la cuisine.

À cela, je secouai la tête de façon amusée, face à son comportement autoritaire. Kreattur pouvait être une vraie mère poule des fois. Depuis que j'étais en charge de lui, il était plus vivable et plus agréable. Je m'étonnais encore parfois qu'il m'ait reconnu comme sa maitresse et qu'il ait refusé d'obéir à Harry, lorsqu'il avait fallu décider, qui serait son nouveau maitre.

Enfin, je bus le reste du café de la tasse, mis celle-ci dans l'évier, puis, à mon tour, je sortis de la cuisine.

Assez tôt, je me retrouvai dans ma chambre où Sirius était toujours en repos. Vérifiant si tout allait bien, j'allai prendre une tenue de nuit, qui consistait d'un simple débardeur et un short, dans ma garde-robe, puis j'entrai dans la salle de main attenante, je déposai les vêtements de nuit sur le comptoir, j'enclenchai l'eau de la douche et je préparai une serviette.

Lorsque je me fus assuré que l'eau était à une bonne température, je me dévêtis complètement, puis j'entrai dans la cabine de douche et sous le jet d'eau chaude en veillant à refermer la porte vitrée derrière moi.

Une bonne dizaine de minutes plus tard, je sortis de la salle de bain, tout en séchant mes cheveux avec la serviette, puis, avec ma baguette, j'invoquai un fauteuil à bascule, que j'utilisai pour bercer Teddy lorsqu'il avait des difficultés à s'endormir à cause de la pleine lune ou pour une autre raison, et je me laissai tomber dedans.

Réalisant que je n'étais pas encore prête à tomber endormie, je m'emparai d'un livre, me couvris d'une couverture et je commençai à lire dès que je fus plus ou moins bien installé dans la chaise, tout mettant un oreiller contre le haut du dossier, afin que je puisse y appuyé ma tête.

Finalement, au bout d'un long moment à lire, je m'endormis avec le livre toujours dans mes mains.

Plusieurs heures passèrent, lorsque je sentis mon visage, étant frappé par une éclaircie, ce qui me provoqua de me réveiller. Au bout d'un instant à rester ainsi, j'ouvris péniblement mes yeux, étant encore quelque peu dans un abime de sommeil, et je frottai mon visage de mes mains. Ensuite, je tournai la tête de chaque côté pour constater, que le jour s'était levé. Faisant rapidement un Tempus, je remarquai qu'il était 7h30 du matin. Temps pour un petit déjeuner bien nécessaire pour la journée qui était prévue.

En moins de temps qu'il en fallait pour le dire, j'invoquai une potion de nutrition, ainsi que le bon vieux remontant énergétique de Madame Pomfresh, qui allait fournir toutes les vitamines et tous les minéraux dont Sirius avait besoin, et une potion déshydratante, afin qu'il ne soit pas desséché. Très vite, elles arrivèrent toutes les trois depuis mon laboratoire du sous-sol à proximité de la cuisine.

En faisant attention à ne pas réveiller Sirius et à ne pas l'étouffer avec les différents liquides, je versai les trois potions dans sa bouche. Satisfaite qu'il eût bien avalé les trois breuvages, je jetai un rapide Récurvite sur Sirius, afin qu'il ait une bonne hygiène de vie en attendant, que je le lave moi-même plus tard dans la journée, mais, pour le moment, ça allait devoir suffire. Vérifiant son état de santé d'un mouvement de baguette assez complexe le long de son corps, j'en concluais, en deux temps trois mouvements, un bon résultat. Il reprenait des forces, peu à peu, et sa magie s'était déjà bien restaurée comme il le fallait. Le résultat était très satisfaisant.

Soulagée de ce fait, je me redressai du lit, me tournai puis je me dirigeai et entrai dans la salle de bain par la suite.

Après m'être lavé, brosser les dents et, que je me fus habillé d'un jean clair, d'une chemise blanche et de ballerines blanches, je sortis de la salle de bain, m'emparai de ma baguette et je quittai la chambre, mais pas sans une dernière vérification sur Sirius.

Une fois que j'entrai dans la cuisine, Kreattur m'inaugurera à m'assoir à la table et il vint déposer une assiette d'œufs brouillés, de bacon avec des toasts beurrés, ainsi qu'un verre de jus de citrouille et une bonne tasse de café chaud. M'asseyant, je mangeai le tout en feuilletant les nouvelles intéressantes, se trouvant dans la gazette des sorciers.

Enfin, je terminai mon assiette et je me levai afin de débarrasser, mais je n'eus pas le loisir de le faire, car Kreattur fut plus rapide que moi et il s'en chargea lui-même.

« Que peut faire Kreattur pour Maitresse ? » Demanda-t-il en me fixant.

« Rien pour l'instant. Peux-tu, par contre, garder un œil sur Sirius durant le temps que je contacte Luna par la voie du réseau de cheminées ? »Lui demandais-je d'une voix douce en sachant que ça allait aider à l'amadouer.

Kreattur fit une grimace contrariée et de mépris, mais il hocha, tout de même, la tête à contrecœur en sachant que je pourrais le lui ordonner de le faire.

Voyant son acceptation, je sortis de la cuisine et je montai aux étages supérieurs, jusqu'au salon, pour ensuite me diriger vers la cheminée de la pièce. Je pris par la suite une pincée de poudre de cheminette, je me mis sur mes genoux, je jetai la poudre dans l'ouverture de la cheminée et je mis ma tête dedans.

« Luna Lovegood ! » Appelais-je bien fort et bien distinctement.

« Bella ? » Demanda sa voix rêveuse quelques minutes plus tard.

« Je voulais avoir des nouvelles de Teddy et voir si tu pourrais me le ramener, mais aussi si tu pouvais venir garder un œil sur Sirius, pendant le temps, que je fais quelques courses sur le Chemin de Traverse. »Quémandais-je en guise de réponse.

« Ça a été… Il a dormi toute sa nuit sans interruption et tout va bien. Je lui ai expliqué que tu devais t'occuper d'une personne, qui était malade et que, c'était urgent, c'est pourquoi il était ici à la maison. En se réveillant, il était confus et il t'a demandé, donc, nous lui avons informé de la situation, sans les détails. Si tu veux, je peux venir avec Teddy, dès que j'ai fini de le préparer. » Dis Luna.

« Merci, Luna. Tu es la meilleure. » Souris-je en relief.

« Pas de quoi. Tu peux tout me demander. » Répondit-elle.

Avec un dernier hochement de tête, je mis fin à la conversation, enlevai ma tête du feu de cheminée et je me redressai afin de me tenir debout.

En attendant l'arrivée de Luna et Teddy, j'allai m'assoir dans le canapé de la pièce et je réfléchis quelques instants à ce que j'allais devoir faire aujourd'hui. J'espérais seulement qu'aucun problème ne se produirait, durant mon absence pour Sirius.

Une vingtaine de minutes plus tard, Luna et Teddy apparurent dans le trou de la cheminée. Luna eut juste le temps de faire un pas, afin de sortir de l'espace de la cheminée et de déposer Teddy sur le sol, que celui-ci se précipita dans ma direction avec ses petites jambes, pour ensuite se jeter à moi en s'accrochant avec ses bras autour de mes jambes.

« MAMAN, MAMAN, MAMAN… » Cria Teddy avec bonheur et portant un sourire joyeux ainsi qu'excité.

« Hey là, bonhomme… » Fis-je en souriant avec bonheur, tout en l'attrapant dans mes bras, lorsqu'il se détacha de mes jambes.

« Tu t'es amusé chez tante Luna et tonton Neville ? »Lui demandais-je.

« Oui, tonton Neville m'a montré ses nouvelles plantes magiques. Il y en a même une, qui me faisait des chatouilles. »Dit Teddy avec enthousiasme en frappant de ses mains avec ses cheveux virant au violet, signe qu'il était heureux et de bonne humeur.

« Il n'a pas pu s'en empêcher, tu le connais. » Sourit Luna en haussant les épaules.

« Neville ne serait pas Neville s'il ne le faisait pas. » Plaisantais-je avec un grand sourire et des yeux rieurs.

« Tu as sans doute raison, mais je ne l'aimerais pas autrement. C'est ce quifait de lui, ce qu'il est. Comment va Sirius ? Des améliorations ? »Demanda-t-elle soucieuse et préoccupée.

« Je l'ai retiré, ce matin, de son coma magique dans lequel je l'avais plongé. Je lui ai aussi administré une potion de nutrition, de vitamines et de déshydratation. J'ai également vérifié qu'il n'y avait aucun problème majeur ou effet secondaire. Pour l'instant, tout va bien de ce côté-là. Sa magie s'est régénérée en grande partie d'elle-même et Sirius reprend des forces, petit à petit. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre son réveil. Je ne sais pas quand ça sera. Il faut juste être patient que son corps et son esprit récupèrent complètement. Dieu, seul, sait ce qui s'est véritablement passé, lorsqu'il était dans ce voile… Tu as juste à lui tenir compagnie, durant mon absence. J'ai tout fait, afin qu'il soit à l'aise, et j'ai lancé un sortilège de surveillance, qui m'avertira au cas où il se réveille ou s'il y a un problème, voir une complication, pendant le temps que je ne suis pas là. Si c'est le cas et que ça venait à arriver pour les deux éventualités, je serais là en quelques secondes. De toute façon, je n'en ai pas pour longtemps. Je dois acheter des vêtements neufs pour Sirius, mais aussi le nécessaire, afin de concocter des potions pour continuer son traitement. Je dois également aller voir quelqu'un et je vais rendre visite à George, afin de discuter avec lui de tout ça. » Dis-je en la fixant gravement.

« Ce quelqu'un dont tu parles… Il concerne Harry, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle avec connaissance de cause.

« En effet, je veux obtenir plus d'informations sur mes doutes, avant d'agir. Qui de mieux qu'un expert en potions ? » Répondis-je en hochant la tête.

« Très bien, mais fais attention à toi, tout de même. Je sais que tu peux facilement prendre soin de toi, mais reste tout de même sur tes gardes. On ne sait jamais ce qui peut arriver. » Déclara-t-elle, pour ensuite sortir du salon et se rendre dans la chambre où se trouvait Sirius.

« Nous deux, nous allons faire une promenade et faire quelques magasins. Ça te dit ? » Demandais-je à Teddy, quelques minutes plus tard, en retournant mon attention sur lui, tout en lui caressant sa joue avec douceur et tendresse.

« Oui ! » S'extasia-t-il de joie. « Dis, on pourra aller voir, tonton George ? » Demanda-t-il avec une moue.

À sa demande et à son impatience, je roulai des yeux, tout en secouant la tête. Chaque jour, je voyais de plus en plus de Tonks en lui, même si physiquement, il ressemblait à Remus.

Vérifiant qu'il était bien habillé, je nous fis entrer dans la cheminée, après m'être vêtu de mon manteau de sorcière, et je m'emparai d'une poignée de poudre de cheminette.

« Chaudron Baveur ! » Déclarais-je avec confiance, avant de laisser tomber la poudre sur le sol.

Un petit moment plus tard, le décor du Chaudron Baveur apparut devant mes yeux et je sortis de l'espace de la cheminée. Ce fut seulement lorsque je vérifiai sur Teddy, afin de voir s'il allait bien, que je remarquai les changements, qu'il avait opérés sur lui. Effectivement, il avait pris mes traits comme bien souvent d'ailleurs, à part pour les cheveux, qui étaient d'une couleur jaune.

Contrairement à mon frère, qui était le portrait craché de mon père, moi, j'avais quelques différences. J'avais les cheveux de la même couleur, que ceux de mon père, et j'avais aussi hérité de ses yeux bleus, mais j'avais la texture des cheveux de ma mère, ainsi que le même visage qu'elle. Point de vue caractère, j'avais un parfait mélange des deux, là où mon frère avait plus celui de mon père.

Sans m'attarder trop longtemps dans le pub sorcier et avec Teddy dans mes bras, je me dirigeai vers la cour arrière, tout en ignorant la présence de Ron Wesley, se trouvant au bar occupé de déjeuner.

Une fois sur le Chemin de Traverse, je marchai le long de la rue commerçante, tout en entrant dans différentes boutiques à la recherche de ce dont j'avais besoin.

Au bout d'une bonne heure ou deux, je me dirigeai vers une boutique toute récente, qui faisait un carton. Une boutique spécialisée dans les ingrédients et le matériel nécessaire pour créer des potions.

« Bonjour… Puis-je vous - … » Commença le sorcier beau et élégant de derrière le comptoir en levant la tête vers où je me trouvais à la porte d'entrée de la boutique.

« Eh bien ça, si ce n'est pas une merveilleuse surprise ! Ça fait un bout de temps que je n'ai pas vu ta belle frimousse en personne, Potter ! »M'accueillit-il avec un sourire radieux et un clin d'œil complice.

« La ferme, Malfoy ! » Rétorquais-je en souriant largement à mon ami de longue date.

« Que me vaut ta visite ? Vu ton visage, ce n'est pas une visite de courtoisie ou pour le plaisir de voir mes beaux yeux… » Demanda-t-il en plaisantant et en faisant le tour du comptoir, pour ensuite s'appuyer contre celui-ci avec ses bras croisés et ses chevilles de la même façon, tout en me fixant avec un sourcil relevé en ne perdant pas sa grâce et son arrogance, faisant de lui un Malfoy.

« Tu me connais, que trop bien… Toi, qui es un excellent Maitre de potions, tu vas pouvoir me donner certains renseignements, dont j'ai besoin… » Débitais-je en posant Teddy sur le comptoir près de Drago.

« Très bien… Et qui est ce petit homme ? » Demanda-t-il avec un hochement de tête vers Teddy.

« Je m'appelle Teddy Sirius Lupin-Potter. » Répondit mon fils poliment en tendant sa petite main vers Drago avec sa tête bien haute dans la fierté et l'assurance.

« Enchanté de te rencontrer, petit homme. Je suis Drago Lucius Malfoy. » Se présenta formellement Drago en prenant la main de Teddy et en la secouant à la légère.

« Lupin ? » M'interrogea-t-il, lorsqu'il eut fini de se présenter à mon fils.

« C'est le fils de Remus et de Tonks. Je l'ai adopté officiellement, après la mort d'Andromède, peu de temps après que je sois revenu. Je suis désolé de ne pas être venu avant, mais avec mon travail et m'occuper de lui, j'ai été très occupé et je devais régler toutes les choses, qui devaient être prises en charge. » Expliquais-je avec un sourire d'excuses.

« Ouais, je m'en doute. Alors… Dis-moi… Qu'as-tu besoin de ces connaissances, qui ont besoin de mon avis, car, je sais, que toi-même, tu es très bonne en potions ? » Demanda-t-il d'un ton intéressé.

« Voilà… Je me demande s'il était possible qu'Harry soit sous l'influence d'un quelconque philtre d'amour, et si oui… Connais-tu un antidote assez puissant, qui pourrait agir immédiatement, après avoir été avalé ? » Le questionnais-je sérieusement.

« Euhm… ça expliquerait beaucoup de choses et ce changement de comportement aussi drastique et soudain, surtout, qu'en général, il était rare que l'on vous voyait l'un sans l'autre. Vous étiez quasiment collé ensemble, malgré la différence dans le type d'amis que vous aviez. Peut-être, que ce qui s'est passé lors de notre septième année a un lien avec ça, et que ça a été causé par une potion. Merlin sait, depuis combien de temps, il en est sous l'influence… »Réfléchis Drago d'une voix pensive avec ses lèvres serrées ensemble dans une ligne droite, dès qu'il eut terminé de parler.

« Tu as sans doute raison à ce sujet, mais ce n'est pas pour autant, que ça change les choses ou que je pourrais oublier et pardonner les mots cruels, ainsi que blessants qu'il a prononcés ce jour-là. Merde quoi, il est allé jusqu'à m'accuser de la mort de Sirius ! Moi, j'avais une bonne adhérence sur l'Occlumancie. J'ai essayé de la lui enseigner en sachant comment Rogue se sentait à ce sujet, mais, à chaque fois, c'était un échec. » Soupirais-je de façon dépitée en passant mes doigts dans mes cheveux.

« À ce propos… Tu pourrais me dire pourquoi ma mère a senti un changement se faire dans la lignée Black ? La dernière fois qu'elle a eu cette sensation, c'était à la mort de tante Andromède et, lorsque tu as commencé à assumer ton rôle en tant que Dame Black. » Déclara Drago avec des yeux persistants.

« Ouais, à ce sujet… » Dis-je en me grattant l'arrière de la tête, afin de chercher les bons mots.

« J'allais venir en parler à Narcissa ou à toi d'ailleurs. Je ne peux pas exactement l'expliquer en détail ce qui s'est vraiment passé parce que je suis sous un serment avec les Langues de plombs, mais en résumé, Sirius est vivant et il se trouve au square en ce moment même. Il est encore inconscient et je m'occupe de lui. » Répondis-je en passant une main dans mes longs cheveux noirs, tout en révélant ce que je pouvais.

« Merde ! Je comprends mieux… » S'exclama Drago avec de grands yeux. « En parlant de ma mère… Pourrais-tu lui rendre visite, lorsque tu en as l'occasion ? Elle ne se sent pas très bien, ces derniers temps. Je ne sais pas ce qu'elle a et je m'inquiète. Elle m'a dit que je ne devais pas et que ce n'était rien, mais je préfère avoir ton avis. » Demanda-t-il d'une voix préoccupée.

« OK, pas de problème. Je passerais, lorsque j'ai un moment de libre entre mes visites régulières à mes divers patients. Qu'a-t-elle comme symptômes ? » M'inquiétais-je à mon tour.

« Fatigue et vertige. » Répondit-il.

« Je passerai dès que possible. Peux-tu te charger de la situation avec Harry ? Je ne peux pas l'approcher ou entrer en contact avec lui. S'il est bien sous l'effet d'un philtre… Pourrais-tu t'occuper de l'antidote et de la lui administrer toi-même ? »Le priais-je avec des yeux de chiots et innocents.

« C'est bien parce que c'est toi… » Soupira Drago de résignation. « Potter et moi, ça n'a jamais été le grand amour. Peux-tu me dire comment suis-je censé lui faire prendre une potion d'antidote qui se boit ? » Demanda-t-il avec un sourcil relevé.

« Tu es un Serpentard, tu viendras surement avec un plan bien établi au moment venu. Tu es rusé et intelligent. Je ne pense pas, que je doive te donner de brillantes idées. » Répondis-je en souriant avec signification et connaissance.

« Bien, bien… » Abdiqua-t-il en relevant les mains de façon dramatique.

« Je vais le faire, mais c'est pour toi, pas pour ton idiot de frère. Je suppose que je t'envoie les ingrédients, que tu achètes d'habitude… » Déclara-t-il avec un regard significatif.

« Bien sûr. Je dois refaire mon stock, Maitre Malfoy… » Le taquinais-je, avant de reprendre Teddy dans mes bras.

« Allez, viens… On va aller voir, tonton George. » Dis-je à son attention, pour ensuite saluer Drago d'un geste de la main, avant de marcher vers la sortie de la boutique.

Après m'être arrêté au Chaudron Baveur avec Teddy et d'avoir mangé un morceau, ainsi qu'une glace en dessert pour mon petit bonhomme, nous allâmes vers la boutique de George.

À l'intérieur de la boutique, je remarquai que comme d'habitude et, bien souvent, elle était remplie de monde. Faisant mon chemin plus profondément dedans, je recherchai des yeux George et je le trouvai, bien vite. Il était debout sur une échelle magique occupé à réapprovisionner les rayons de marchandises en ayant besoin.

« Bella ! » Salua-t-il avec enthousiasme, lorsqu'il m'eut repéré.

« Georgi ! » Répondis-je avec joie en souriant.

George descendit de l'échelle, puis il vint vers l'endroit où je me trouvais avec Teddy, que j'avais repris dans mes bras, afin qu'il ne se fasse pas bousculer par les gens présents dans le magasin.

« Hey, grand homme ! » Le salua George en ébouriffant ses cheveux, qui devinrent roux comme les siens, pour qu'ils prennent une couleur noire par la suite.

« Je ne savais pas que tu venais. » Dis George avec prudence, lorsqu'il se tourna vers moi.

« Ce n'était pas prévu au départ, mais il s'est passé quelque chose d'imprévu, pendant la nuit, et j'ai dû venir acheter certaines choses, dont des ingrédients de potions, afin de refaire mon stock. Que se passe-t-il ? Pourquoi agis-tu de façon si étrange tout d'un coup ? Ce n'est pas toi… » Demandais-je soupçonneuse avec des yeux plissés.

George ne répondit pas. À la place, il jeta un coup d'œil à peine visible vers un coin de la boutique, pour ensuite reconcentrer son regard sur moi.

Avec confusion et des sourcils froncés, me demandant ce qui pouvait le faire agir aussi bizarrement, je tournai ma tête dans la direction que George m'avait indiquée, pour remarquer la présence d'Hermione, mais aussi celle d'Harry. Tiens… C'était bien ma veine…

« Bella ! » S'excita Hermione en venant à moi, tout en souriant largement avec des yeux brillants, pour ensuite me serrer avec Teddy dans ses bras.

« Hey, Mione. » La saluais-je chaleureusement.

Harry, lui, se contenta de rester à sa place appuyée contre un mur avec ses mains dans les poches avant de son jean et de me lancer un regard froid. À cela, je souris tristement au fait qu'il ne voulait pas faire d'effort pour venir saluer Teddy à cause de ma présence, puis je secouai la tête et reconcentrai mon attention sur George et Hermione.

« Désolé… » Murmura-t-elle sincèrement en souriant de façon peinée.

« Ce n'est pas de te faute. De toute façon, j'y suis habitué maintenant. » La consolais-je avec un sourire forcé.

« Bon sang ! Il a énormément grandi et changé, depuis la dernière fois, que je l'ai vu. Je vois qu'il aime toujours prendre tes traits. » Sourit-elle plus franchement en changeant de sujet.

« Tu l'as vu, il y à peine un mois. Il n'a pas changé tant que ça, mais, oui, il adore changer ses traits et prendre les miens, surtout lorsque l'on sort. »Commentais-je.

« Sait-il ? » Demanda Hermione d'une voix sérieuse en faisant allusion aux parents de Teddy

« Bien sûr, que je lui ai raconté et, maintenant ,qu'il est à l'âge de mieux comprendre ce genre de choses, je lui parle d'eux et je lui raconte des histoires, les concernant, surtout au sujet de Remus, puisque je le connaissais bien, ayant été élevé par lui. »Répondis-je avec un doux sourire en pensant à ces précieux moments, que j'avais passés avec mon second père.

« C'est bien que tu ne lui caches rien. » Complimenta-t-elle.

« Je ne suis pas Dumbledore, je te le rappelle ! » Rétorquais-je vivement et de façon contrariée qu'elle pourrait penser, un seul instant, que je puisse garder de si gros secrets de Teddy.

« Bella, je - … » Commença-t-elle pour être coupée par George, qui prit la parole.

« Bon… Julie, peux-tu garder la boutique en mon absence ? » Demanda-t-il à l'une de ses employés, se trouvant près du comptoir et étant occupés à la caisse.

« Bien sûr, patron ! » Répondit-elle avec un pouce levé, lui montrant son accord.

« À plus, Mione… On se voit plus tard. » Dis-je en me tournant vers la sortie, suivit de George, tout en ignorant la présence de mon frère et son regard fixe sur moi.

Durant quelques longues minutes, George et moi, nous marchâmes le long de la rue commerçante dans un silence plutôt confortable et aisé. Depuis que nous étions sortis du magasin, qui était à présent plus qu'à lui, même si j'étais son associé, j'avais posé Teddy sur le sol et il marchait entre George et moi avec ma main dans la sienne.

« Qu'est ce qui se passe, Georgi ? Tu as l'air irrité et en colère. Quelque chose, qui est assez rare pour toi. » Rompis-je le silence en tenant plus.

« OK… Il y a certaines rumeurs, ainsi que ragots, qui circulent et beaucoup de monde les croit. » Commença-t-il en se frottant d'une main l'arrière du cou et en me jetant un coup d'œil sur le côté, attendant ma réaction.

« Rien de nouveau là-dedans. » Commentais-je avec désinvolture en relevant un sourcil, afin de lui demander silencieusement, depuis quand il prenait une toute nouvelle importance au sujet des ragots divers qui se disaient.

« Je sais, mais, là, ça va trop loin. Ça te touche de près et ça ternit ta réputation. Certains disent de très mauvaises choses sur toi à ce sujet. Ça vaencore aggraver la situation avec ton frère. » S'agaça George avec une expression dure.

« Il n'est plus mon frère, depuis le jour, où il m'a humilié devant tout le monde à Poudlard ! » Rétorquais-je sèchement et une voix froide. « Bon… Dis-moi plus de ces rumeurs… » L'invitais-je en faisant un signe de ma main libre.

« Eh bien, il y en a une comme quoi, toi et moi, nous serions ensemble plus intimement, que de simples amis… » Débita-t-il.

« N'importa quoi ! En plus, tu es mon meilleur ami et ça n'arrivera jamais entre nous ! » Répliquais-je en roulant des yeux à la stupidité.

« Je sais ça et, de toute façon, je ne suis pas pour ce bord-là, même si tu es très attrayante. » Sourit-il.

« Qui a lancé cette débilitée ? » Demandais-je.

« Ron, bien sûr ! Parce que tu passes une très grande partie de ton temps avec moi, cela signifie pour lui, que l'on - … » Commença-t-il en bouchant les oreilles de Teddy avec ses mains. « … que l'on couche ensemble. » Reprit George en chuchotant discrètement en faisant attention à ce que Teddy n'entende pas le moindre mot.

« Bon sang ! Quand va-t-il grandir et arrêter d'être immature ? Il ne peut pas se mêler de ses histoires à la place, non ? » Dis-je avec incrédulité et en secouant la tête.

« Oh ! Ce n'est pas la seule rumeur ! Apparemment, tu n'es pas seulement proche de moi ! Toi et Charlie, vous baisez ensemble. C'est ses mots, pas les miens. » Rajouta George en retirant ses mains des oreilles de Teddy, lorsqu'il eut fini.

« Je ne peux pas le croire ! Charlie et moi sommes amis et ça s'arrête là. Bon, c'est vrai, que nous flirtons, de temps en temps, mais c'est seulement pour plaisanter. Ce n'est rien de grave. En plus, Charlie n'est pas mon genre. » Fis-je remarquer.

« Trop baraqué ? »Demanda George, avant que nous entrions dans le Chaudron Baveur et que nous nous installâmes à une table dans un coin isolé.

« Oui, c'est la raison. En plus, je préfère les gars plus élancés, grands et avec des muscles certes, mais pas autant que ceux de Charlie. » Murmurais-je.

« À ce propos… » Commença-t-il avec un sourire malicieux et diabolique.

Oh non ! Ça, je ne le sentais pas du tout. Lorsqu'il portait ce sourire-là, ça ne présageait jamais rien de bon. Je détestais ce foutu sourire à cause de la signification. En le voyant, je savais qu'il avait un truc bien précis sur son esprit.

« Balance ! Ne te retiens, surtout pas ! » Le devançais-je en plissant mes yeux dans l'appréhension.

« Entre toi et Fred… S'est-il passé quelque chose à tout hasard ? » Demanda-t-il en remuant ses sourcils de manière significative et suggestive.

« Oui, il s'est bien passé quelque chose entre nous deux, mais une seule fois… C'était un peu avant la bataille de Poudlard. » Répondis-je avec un sourire en me souvenant de cette expérience intime avec l'homme en question.

« Pas étonnant alors, qu'il était tout décoiffé, que ses vêtements étaient froissés et qu'il était tout débraillé, mais qu'il portait aussi un sourire niais et qu'il se trouvait dans un état second. »Commenta-t-il en secouant la tête, tout en ayant des yeux brillants de moquerie au souvenir.

« Je dois avouer que c'est moi, qui l'aie littéralement attaqué. Non, seulement, je savais son attirance extrême pour moi, parce qu'il ne l'a jamais caché, mais aussi, à chaque fois, qu'il était en ma présence, il en jouait. Pour être honnête, Fred a été mon premier. Je - … Je savais qu'il y avait une probabilité pour que je meure. Si je venais à vraiment mourir, je ne voulais pas le faire vierge. Fred a été le seul… il a été le seul, jusqu'à présent, d'ailleurs. Depuis lui, je n'ai été avec personne d'autre. Toutes ces rumeurs, qui ont circulé à Poudlard étaient toutes des mensonges et elles étaient infondées à cause de ce fait. J'ai eu beaucoup de propositions, ça, je dois l'avouer, mais je ne les ai jamais voulues. Je ne suis pas une - … » Bouchais-je les oreilles de Teddy à mon tour comme l'avait fait George plus tôt. « … une salope du genre de Ginny et comme elle m'a si bien peint aux yeux des autres. Je ne suis pas elle, moi. Je sais garder mes cuisses fermées. » Continuais-je sans remords.

« Tu peux dire ce que tu veux sur elle. Je m'en fou pour être honnête, parce que je sais, que c'est la stricte vérité. Elle a toujours été comme ça et elle le restera. Harry est tout simplement aveugle et stupide pour ne pas le voir. » Dis George en haussant les épaules, après que j'eus retiré mes mains des oreilles de mon fils.

Ce dernier me regarda curieusement, mais je secouai la tête, lui désignant que ce n'était pas une conversation pour lui. Il hocha la tête et s'occupa avec son dessin.

« À propos de mon cher frère… J'ai peut-être l'hypothèse, que ta très chère sœur lui donne un philtre d'amour, et, ça, depuis pas mal de temps déjà. J'ai demandé l'aide de Drago, afin qu'il vérifie mes dires. Cependant, je ne saispas ce qu'il compte faire, mais j'ai confiance en lui pour ne rien faire de trop drastique. » Dis-je en portant verre de Bièraubeurre à mes lèvres.

« Peut-être, mais ça n'excuse aucunement son comportement avec toi ou la façon qu'il t'a traité ! »Répliqua George avec assurance et colère envers mon crétin de frère, tout en étant en mode protection de moi.

« Oh ! Je n'ai pas l'intention de pardonner ça, de sitôt ! Je veux juste, que Teddy puisse avoir la chance de connaitre son parrain et de l'avoir dans sa vie, tout comme un enfant normal est censé en avoir un. En plus, il s'est passé quelque chose, dernièrement, de presque impossible. C'est pourquoi tu dois venir avec moi au square, car si je te le dis, tu ne vas peut-être pas me croire. Il faut que tu le voies de tes propres yeux. Moi-même, si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, je ne l'aurais certainement pas cru. » Dis-je en souriant de façon énigmatique à la fin, tout en terminant ma bière.

« Tu sais, très bien, que je te croirais, importe ce qu'il arrive… » Rétorqua George avec assurance et croyance.

« Je sais cela, mais je veux, que tu le voies par tes propres yeux pour ça. » Insistais-je en me levant du siège dans lequel j'étais assise.

« Viens, Ted, on rentre à la maison… »Dis-je vers mon fils en tendant la main dans l'attente, après avoir rangé ses affaires de dessin.

Teddy se leva à son tour, me prit la main, puis George fit de même, et, ensemble, nous marchâmes vers l'une des cheminées disponibles. En un instant, nous disparûmes, tous les trois, du pub et nous apparûmes, un instant plus tard, dans la cheminée du salon, appartenant au square.

Sans attendre, je montrai la voie et je montai les escaliers jusqu'à l'étage où se situait la chambre des Maitres, qui était également ma chambre.

Une fois à l'étage, j'ouvris tout doucement la porte et j'entrai. À mon arrivée, Luna leva les yeux de son magazine et elle sourit en reconnaissance de mon entrée.

« Putain de merde ! » S'exclama George avec de grands yeux fixés sur le lit où était couché un Sirius, toujours endormi.

« George ! » Lui reprochais-je en tournant un regard noir sur lui.

« Désolé… » Marmonna-t-il, pour ensuite me faire un sourire penaud, tout en se grattant l'arrière de la tête en gardant ses yeux fixés sur Sirius.

En temps normal, je n'aurais rien dit, parce que, moi-même, je jurais, mais, là, Teddy était présent et je voulais un peu de politesse en présence de mon fils.

« Alors… Tu vois qu'il fallait tes propres yeux pour le croire ! » Le taquinais-je au bout de plusieurs minutes de silence avec George, figé comme une statue.

Je secouai la tête et j'allai m'assoir à côté de Sirius, puis je fis un contrôle de son corps, après que Luna eut pris Teddy avec elle. Pendant ce temps-là, j'expliquai ce que je pouvais à George, sans oublier une chose.

Finalement, au bout d'un certain temps, et, lorsqu'il commença à se faire tard, George partit et je descendis vers le salon, afin de m'occuper de mon fils, pour ensuite le mettre dans son lit le moment venu.

Deux semaines plus tard.

Pourquoi sentais-je quelque chose caresser ma joue dans un geste répétitif ?

Petit à petit, et bien malgré moi, je sortis de ce monde de somnolence, puis une fois, qu'il n'y avait plus de brume et que je fus assuré que ma tête n'était plus remplie de coton, j'ouvris les yeux.

Tout doucement, je me redressai en étant désorienté, glissa une main dans mes cheveux emmêlés par le sommeil, puis je regardai autour de moi dans la confusion, me demandant pourquoi m'étais-je donc réveillé…

Je remarquai, très vite, que j'étais toujours dans ma chambre. Rien de spécial à ce niveau. J'étais également dans mon lit. Pas une nouveauté en soit, puisque j'avais décidé de dormir dedans, ne sachant pas combien de temps encore Sirius serait dans cet état d'inconscience. Ce qui était, par contre, inhabituel était qu'il faisait encore nuit en dehors de la fenêtre de la chambre. Il était pourtant rare que je me réveillais au beau milieu de la nuit, sauf si c'était à cause de cauchemars ou de Teddy. Je pouvais dire avec certitude que ce n'était ni l'un, ni l'autre.

Pourquoi m'étais-je réveillé alors ?

Soudainement, comme si pour me répondre à mes questions silencieuses, je sentis le lit bouger et j'écarquillai les yeux à la réalisation et à la signification, plus que probable de ce fait.

Vivement, je tournai ma tête vers le côté droit et je fus agréablement accueilli par un Sirius bien réveillé et très souriant de façon effrontée comme à son habitude et de façon moqueuse à mon expression sans doute.

« Sirius… » Chuchotais-je, n'osant pas y croire, pour ensuite me jeter sur lui et le prendre dans mes bras, ce qui lui valut de laisser échapper un rire.

« Il est bon de te revoir parmi les vivants ! » Commentais-je avec un sourire, lorsque je me détachai de lui.

« Il est - … » Commença-t-il en avalant difficilement et je lui procurai un verre d'eau à l'aide de ma baguette.

Sirius le pris avec un hochement de tête en remerciement, le bus, puis il reprit la parole.

« Il - … Il est bon d'être de retour… » Déclara-t-il d'une voix rauque et basse en souriant.